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lundi 3 octobre 2016

L'art de concevoir et gérer un musée, ou l'art de dire des bêtises ?

Le monde de l'édition est désespérant. On peut se démener pour publier des ouvrages, passer des années à essayer de comprendre et de clarifier. Ainsi deux associations professionnelles, l'Association des scénographes et l'Association des muséographes ont oeuvré, avec un certain nombre de personnes pour clarifier les missions de chacun, afin de comprendre les rôles et de tenter de mettre fin aux ambiguité et confusions constantes qui surviennent dans les projets de création de musées et d'exposition. Un guide a même été réalisé pour montrer la complexité des processus, guide que l'on peut toujours télécharger sur le site de l'association des scénographes. Malgré tout, voici que Claude Mollard et Laurent Le Bon éditent aux éditions du Moniteur un nouveau guide, et si l'intention est bonne, il est à déplorer des tas d'affirmations contestables (sur les centres d'interprétations, sur le PSC, sur les musées de société, etc.) mais surtout l'ouvrage fait un méli-mêlo entre les termes de muséographe et de scénographe, définition qui oscille et varie selon les pages, avec des variantes invraisemblables, à dormir debout ! C'est d'autant plus dommage que l'édition luxueuse en fait un beau livre,  mais dont il vaut mieux faire une lecture critique...

dimanche 21 février 2016

La culture pour tous. Quelle solution ?

La question de la démocratisation se pose et se repose depuis que les politiques culturelles existent. Même si les mots ne sont pas les mêmes, depuis la création du ministère de la culture, les recherches pour élargir le spectre d'influence et permettre la démocratisation n'ont pas donné les résultats escomptés et la constatation d'une persistance des inégalités est un leitmotiv. Ce qui est nouveau c'est que depuis dix ans ce souci ne semble plus animer les convictions des acteurs de la culture et du monde politique. Il est donc salutaire que Jean-Michel Tobelem s'empare du sujet et propose de refaire le point. Redire que les inégalités sociales persistent, que les classes ouvrières en pâtissent singulièrement, que les classes populaires n'ont pas disparu du paysage national, et qu'il est possible d'imaginer de nouvelles solutions est indispensable. A l'heure d'une perte des valeurs, et notamment des valeurs de gauche qui fondaient l'action publique, ce petit ouvrage remet en perspective des questions fondamentales.

mardi 8 décembre 2015

Comment visiter un musée

Etrange la manière dont les anglo-saxons ont souvent la capacité à écrire des choses banales avec la plus grande assurance, en assenant des leçons comme s'ils professaient de grandes pensées. C'est un peu le cas pour ce petit ouvrage de Johan Idema qui livre ses réflexions au grand public. Il nous invite de manière naïve à faire usage de nos sens dans les musées, d'oser regarder et ralentir, de s'arrêter, et même de bouger dans les salles d'exposition. Il nous encourage à faire des photos créatives et même à imaginer un monde intérieur grâce aux oeuvres. Au cas où le visiteur n'y aurait pas pensé, voilà qu'il est avertit. Du reste on remarquera que le titre de l'ouvrage ne pose pas de point d'interrogation, il est prescriptif. Le mérite de l'ouvrage est toutefois d'attirer l'attention sur le public, pour lequel le musée devrait normalement être fait. Dans ce sens ce petit ouvrage pourra intéresser, mais on se demande quand même s'il est vraiment utile de publier autant de livres.

mercredi 31 décembre 2014

L'attachement aux choses

C'est sous ce très beau titre L'Attachement aux choses, que Thierry Bonnot, chercheur au CNRS, spécialiste de la biographie des objets, convie à la réflexion. Question évidemment essentielle pour l'anthropologie matérielle, mais qui concerne au premier chef les musées. Car le rapport à l'objet n'a rien d'évident, que signifie-t-il et pourquoi serait-il plus fiable qu'autre chose malgré les apparences ? La déconstruction de la croyance envers l'objectivité de l'objet a été conduit par la muséologie de la rupture et il n'est plus possible aujourd'hui d'y souscrire aveuglément comme l'ont fait et comme continuent à le faire bien des expositions. C'est ce dilemme que discute Thierry Bonnot montrant les positions souvent encore opposées des chercheurs et des professionnels des musées. L'objet est-il témoin ou relique ? Cette formule continue d'être posée, comme le confirme le retour à des expositions d'objets esthétisés, au détriment souvent des discours et des médiations (dans beaucoup de musées d'ethnologie, mais pas seulement). On pourra voir une manifestation de ce débat dans le succès depuis une semaine de l'exposition sur les cabinets de curiosité à Confluences qui démontre s'il le fallait que les publics sont souvent encore fascinés par les objets comme dans une foire aux monstres, et qu'il se passe volontiers des discours des chercheurs... L'ouvrage de Thierry Bonnot, parfois assez austère dans ses discussions théoriques, apporte une contribution essentielle pour mieux comprendre les enjeux.

vendredi 19 décembre 2014

Les Bulles de Bilbao

A l'heure où s'ouvre un grand musée, mais aussi la Fondation LVMH toute resplendissante à Paris, Jean-Michel Tobelem publie avec deux collègues un petit ouvrage fort sympathique qui revient sur les évolutions architecturales des musées à partir de l'expérience du Guggenheim basque, sous le titre Les Bulles de Bilbao. Les Mutations des musées depuis Franck Gehry. Trois textes fort stimulants. Et comme il est peu coutume en muséologie, des textes polémiques où les auteurs défendent des points de vue engagés. C'est salutaire, car cela donne à penser, à discuter, à débattre... La petite collection éditée par  Les éditions B2 est richement illustrée et d'un graphisme agréable. Jean-Michel Tobelem analyse les musées à l'heure du capitalisme triomphant, Luis Miguel Lus Arana revient sur l'expérience de Bilbao et John Ockman sur les aventures du Guggenheim.

jeudi 4 décembre 2014

Les musées et leurs publics : savoirs et enjeux

C'est sous ce titre que vingt après un colloque important, tenu en 1994, les musées de la civilisation à Québec, sous la houlette de Lucie Daignault et Bernard Schiele, ont réuni durant deux jours début décembre des intervenants proposant des communications concernant l'évaluation et les enquêtes de connaissance des publics.
Mieux que cela, un ouvrage est paru, sous la direction de Lucie Daignault et Bernard Schiele, qui fait le point sur bien des aspects et apporte une bibliographie conséquente en la matière, mais aussi un glossaire. Pas moins de 22 auteurs pour un ouvrage de 360 pages, un beau travail ! Merci pour cet outil qui sera nécessaire.

samedi 29 novembre 2014

Bringuebalés, mémoires d'immigrés

Pour ceux qui n'auront pas eu le temps de voir cette belle exposition à la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, en echo à la Galerie des dons, Mémoires tribulantes. Carnets d'objets sans frontières, un travail conduit par un collectif d'artistes sur les objets présentés à l'étage, il est toujours possible de se rattraper en consultant l'ouvrage édité Bringuebalés. Le collectif des Carnettistes tribulants regroupe une vingtaine d'artistes dont onze ont participé à l'exposition, par la broderie, la peinture, l'écriture, l'illustration etc. Le travail graphique est remarquable. Emouvants récits mêlant le biographique et la création qui prolonge un travail ethnographique par des regards décentrés et malicieux parfois. Là où la fiction poursuit le récit de vie et vient dialoguer par de subtiles jeux.

mercredi 5 février 2014

Guide de conception des expos

Enfin le voilà ! Le Guide de conception des expositions, intitulé Projet d'exposition. Guide des bonnes pratiques, document élaboré par un collectif auquel nous avons participé, et qui aura travaillé pendant presque trois ans pour présenter cette version définitive à l'occasion du Sitem 2014. Regroupant des membres de l’Association des scénographes, la Fédération des Etablissements Publics Locaux, des juristes, des assureurs, des représentants des maitres d’ouvrages, etc., sous la houlette de François Lejort, le guide a pour ambition, non de normer, mais d’apporter des conseils méthodologiques pour impulser de bonnes pratiques. Car les démarches sont souvent acadabrantesques, comme aurait dit un ancien Président !, le Guide vise par conséquent à apporter des éléments factuels et synthétiques. On se reportera à d’autres ouvrages pour compléter sur tel ou tel point, mais ce vade-mecum comble un vide dans le domaine. 
Téléchargeable gratuitement sur internet pour assurer une diffusion maximale, il était souhaitable d'en disposer d'exemplaires imprimés pour qu’il puisse prendre place physiquement parmi les ouvrages de références des multiples acteurs qui collaborent à la production des expositions.  

lundi 14 octobre 2013

La médiation culturelle


Il y a des fausses évidences et la médiation culturelle en est une. Ce terme aujourd’hui galvaudé et utilisé à toutes les sauces méritait quelques clarifications. C’est ce que nous avons tenté de faire avec mon collègue François Mairesse, en réalisant une synthèse de la littérature et tout en présentant une vision engagée de la médiation culturelle. Loin d’être un instrument de simple transmission d’informations, - c’est la vision pauvre et simpliste de la chose -, la médiation culturelle vise quelque-chose d’essentiel au sein même de la compréhension humaine et des interrelations entre les êtres. C’est son pouvoir de mise en relation, de création, d’expression et de révélation qui est fondamental.  Nous espérons que nous apporterons là quelques éléments susceptibles d’intéresser les professionnels et les futurs professionnels pour éclairer ce qui prime dans les modes d’action.

A noter qu'un colloque sur la question, Les Mondes de la médiation culturelle, est par ailleurs prévue à l’université Paris 3 les 17-18-19 octobre sur le même thème, il permettra d’apporter des exemples et de compléter les analyses par des études de cas aussi riches que variées. 

mardi 27 août 2013

La Fin des musées ?


 Drôle de titre que celui choisit sans doute par l'éditeur de Catherine Grenier pour son ouvrage La Fin des musées ? Car c'est plutôt une réflexion prospective à laquelle invite l'auteure, directrice adjointe du musée national d'art moderne. Véritable projet intellectuel, puisque c'est ainsi que Catherine Grenier nomme fort justement le projet général que doit se donner une institution, qui, selon l'auteure, doit être le projet d'un musée polymorphe, c'est-à-dire ouvert sur le monde, la cité, le présent, les publics, les artistes... Observatrice attentionnée de la mondialisation, du risque d'uniformisation des musées et de la pluralité de la création contemporaine, Catherine Grenier invite à un musée à la fois plus ouvert sur l'autre et plus cohérent dans sa définition. L'ouvrage s'il est intéressant, l'est d'autant plus qu'il énumère des idées généreuses, il est vrai très politiquement correctes, mais sans hélas vraiment préciser comment parvenir à transformer l'institution pour dépasser les apories que l'auteure recense très justement dans la première partie. Face aux différentes crises et aux dérives que nomme Catherine Grenier, le musée doit découvrir de nouveaux modes de fonctionnement et une nouvelle économie. L'imprécation est suffisamment généralisante pour former un bon projet d'établissement et emporter l'adhésion... L'ouvrage s'appuie sur l'analyse des grandes institutions d'art moderne de par le monde et propose de réaffirmer les missions fondamentales du musée, mais aussi d'en offrir une approche plus large et plurielle à l'avenir. Puisse cet ouvrage contribuer à convaincre les conservateurs de l'ancienne école... 

lundi 12 août 2013

La signalétique patrimoniale

Ouvrage technique qui intéressera tous les professionnels, notamment ceux qui doivent concevoir des lieux susceptibles d'accueillir du public (y compris en extérieur !), La Signalétique patrimoniale cosigné par Daniel Jacobi, chercheur au Centre Norbert Elias et Maryline Le Roy, graphiste, aborde tant les problèmes théoriques, de contexte et de communication, que la conception et la mise en oeuvre. Les questions de parcours, d'implantation, de mobilier, de mise en situation, de valorisation, mais aussi les questions de graphisme, d'emplacement vis-à-vis de ceux à qui elle est destinée sont passées au crible. La distinction entre différents types de signalétique (de réglementation, directionnelle, conceptuelle, patrimoniale) est utile pour sérier son action dans le domaine. Car il est nuisible de surcharger pour être opérationnel, mais il faut adopter et adapter la signalétique nécessaire, qui doit souvent résoudre une équation difficile : être à la fois discrète, esthétique et efficace. Enfin la signalétique participe souvent également d'une identité visuelle, ce que les auteurs n'oublient pas. Un bel ouvrage dans une édition de qualité, richement illustrée, avec un glossaire et des annexes appréciables. On s'étonnera tout juste que les graphistes ne soient pas toujours mentionnés dans le générique des photographies présentées.

samedi 13 juillet 2013

Métamorphoses des musées de société

Tenu en 2011, le colloque international organisé à Marseille par le MUCEM pronostiquait la métamorphose du musée, que met désormais en oeuvre le tout nouveau musée qui vient d'ouvrir ses portes. La publication de l'ouvrage, Métamorphoses des musées de société, sous la direction de Denis Chevallier avec la collaboration de Aude Fanlo, regroupe un trentaine de contributeurs sur les crises de ces musées, les apports du numériques, la question des publics, et le rôle des musées dans la cité. Un bel ouvrage, publié à la Documentation française, où alternent les articles de fond et des contributions courtes de professionnels sur tel ou tel sujet.

samedi 22 juin 2013

20 ans de Culture et Musées

Le 13 juin dernier se fêtait en Avignon les 20 ans de la Revue Publics et Musées devenue après ses dix premières années Culture et Musées. Nombre d'auteur.e.s de la revue étaient présents, malgré la grève des trains et des avions !, pour se réjouir de la pérennité d'une revue de recherche en muséologie, il est vrai si peu nombreuses dans le monde francophone. A cette occasion, un numéro hors série, intitulé La Muséologie : 20 ans de recherches, sous la direction des deux fondateurs et animateurs Hana Gottesdiener et Jean Davallon. L'éditeur Actes Sud était bien évidemment présent, ainsi que les principaux financeurs de la revue, la Direction Générale des Patrimoines du ministère de la culture et la région PACA, bien évidemment aussi l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse. Outre le sommaire des anciens numéros (que l'on peut en partie télécharger sur Persée, le portail des Revues scientifiques), ce hors-série regroupe les contributions d'une vingtaine d'auteurs que l'on prend toujours plaisir à lire.

mercredi 13 mars 2013

Les musées d'ethnologie

Les Musées d'ethnologie. Culture, politique et changement institutionnel. Cet ouvrage collectif, sous la direction de Camille Mazé, Frédéric Poulard et Christelle Ventura, regroupe les contributions d'une dizaine de chercheur.e.s. Comme le mentionne l'introduction de l'ouvrage, les musées d'ethnologie connaissent des crises multiples et les auteurs tentent d'en rendre compte et d'esquisser des voix pour l'avenir. Plusieurs auteur.e.s reviennent d'abord sur l'histoire des institutions, le musée de l'Homme évidemment, mais aussi le Palais de la Porte Dorée, le Musée National des Arts et Traditions Populaires et d'autres sur leur devenir, le musée du Quai Branly, la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, et naturellement le MUCEM qui ouvrira prochainement ses portes. Mais d'autres contributeurs se penchent aussi sur des sites moins emblématiques et moins connus, mais qui forment également des études de cas représentatives de la diversité des musées d'ethnographie : musées du patrimoine industriel en Nord-Pas de Calais, musées de la ruralité en Picardie, écomusée de Saint-Nazaire pour l'activité portuaire.

Sommaire :
Camille Mazé, Frédéric Poulard et Christelle Ventura : Démantèlements, reconversions, créations. Contribution à l’analyse du changement institutionnel.
Des musées pour penser l’altérité
Fabrice Grognet : La réinvention du musée de l’Homme au regard des métamorphoses passées du Trocadéro
Christelle Ventura : Les « polyphonies » du musée du quai Branly ou l’art d’acclimater les discours
Anne Monjaret et Mélanie Roustan : La repatrimonialisation du Palais de la porte dorée : du musée des Colonies à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Des musées pour représenter la France
Richard Dupuis : De l’agriculture dans les musées aux musées d’agriculture de 1920 à 1980
Martine Segalen : L’impossible musée des cultures de la France. Le cas du musée national des Arts et Traditions populaires
Camille Mazé : Du MNATP au(x) MuCEM. Les vicissitudes du musée français d’ethnologie nationale
Des musées au service et à l’épreuve des territoires
Helène Melin : Le rôle des musées de patrimoine industriel dans les reconversions territoriales. Le cas de la Région Nord-Pas-de-Calais
Anne Hertzog : Les musées d’ethnologie au défi des recompositions territoriales. Le cas des musées consacrés à la ruralité en Picardie
Serge Chaumier : Écomusées : structures porteuses de ressources pour l’avenir. L’exemple de l’écomusée de Saint-Nazaire

samedi 9 mars 2013

Visiteurs photographes au musée



Vient de paraitre Visiteurs photographes au musée, sous la direction de Serge Chaumier, Anne Krebs et Mélanie Roustan et rassemblant les contributions d'une trentaines de chercheurs, mais aussi de photographes.


Extrait de la 4ème de couverture :

Interdire, autoriser ou encourager la pratique photographique des visiteurs ? Quelle vision d’eux-mêmes et de leurs missions les musées livrent-ils à travers les choix qu’ils opèrent ? La photographie amateur, apparue dans les musées au xixe siècle, s’est généralisée avec la démocratisation de son usage privé, le développement du tourisme et le renouvellement des technologies. Elle fait aujourd’hui l’objet d’une controverse concernant les biens relevant du domaine public.
Cet ouvrage pluridisciplinaire fait d’abord le point sur les ressorts juridiques du débat et dévoile des enjeux de légitimité plutôt que de légalité. Puis, l’attention se porte sur l’expérience des visiteurs et sur la pluralité des usages de la photographie dans les musées : instrument de travail, support d’apprentissage et de formation du regard, mémoire de la visite ou source d’expression. Plusieurs études de cas s’intéressent aux formes d’appropriation des images numériques et explorent des pistes quant à leur intégration à une politique des publics ouverte au partage des savoirs ou à la créativité. Des interludes photographiques ponctuent les textes et portent un autre regard sur cette question.

Contributions

Michaël Bourgatte Nathalie Casemajor Loustau Serge Chaumier Sylvaine Conord Noémie Couillard Mélanie Dulong de Rosnay Jacqueline Eidelman Émilie Flon Séverine Giordan André Gunthert
Bernard Hasquenoph Annie Héritier Irène Jonas Anne Krebs
Pierre Lannoy Gaëlle Lesaffre Valentina Marziali Susanna Muston Martine Regourd Chloé Roubert Mélanie Roustan
Géraldine Salord Jean-Michel Tobelem Dominique Trouche Hécate Vergopoulos


Interludes photographiques 
Robert Baronet
Hilli Hassemer 
Gérald Ritter et ses élèves 

Corinne Vionnet 

jeudi 14 février 2013

Ecriture d’exposition : pour un traité d’expologie ?


Il est dans nos convictions que l’exposition ne sert pas seulement à montrer mais à démontrer. Que celle-ci sert à communiquer du sens, à tenir des propos si possible signifiant pour les visiteurs, à rendre intelligible le vécu de chacun, par la mise en avant d’idées, de sensations, d’émotions, de ravissements... C’est pour cela que nous visitons les expositions et apprécions leur diversité, cherchant à cerner leur efficacité et leur à propos. C’est ainsi que nous entendons sensibiliser les étudiants qui suivent une formation en muséologie. 
Pour parvenir à mieux comprendre les initiatives des concepteurs, nous proposons dans cet ouvrage une réflexion sur la mise en exposition et tentons un classement des démarches. En s’appuyant sur les différentes approches en muséologie, il s’agit de passer en revue les concepts et de sérier les évolutions. Car les modes de conception, mais aussi les raisons de concevoir et surtout de visiter les expositions se transforment. Aussi il faut tenter de voir plus clair en mettant à plat cette magnifique diversité au travers d’une analyse comparative. Nous proposons dans cet ouvrage une première tentative de classement des écritures de l’exposition, étape d’un cheminement réflexif que chacun pourra alimenter, nous l’espérons, par ses propres exemples et par ses propres visites.

dimanche 1 juillet 2012

Les manuels de conception des expositions sont encore très peu nombreux, ils sont donc fort utiles. L'idée est bonne, mais pour de nombreuses raisons, elle est très difficile à réaliser. Ainsi l'ouvrage édité récemment chez Eyrolles, intitulé Concevoir et réaliser une exposition, de Carole et Marion Benaiteau, Olivia Berthon et Anne Lemonnier est bienvenu. Hélas, le titre est mensonger, car il s'agit en réalité de Concevoir et réaliser une exposition d'art, les auteurs maitrisant très approximativement les approches non artistiques de la mise en exposition.
Pour ne pas entrer dans les détails ici et être synthétique dans notre compte rendu, appliquons une approche comptable. La question de la définition du contenu de l'exposition est réglée en 7 pages, suivies de fiches métier et d'interviews, principe au demeurant intéressant. On y aborde du reste aucunement les questions à se poser en amont sur la destination, l'adéquation avec les publics visés, la cohérence avec le lieu, etc. La question de la scénographie se voit attribuée ensuite 14 pages, mais la communication a droit, elle, à 19 pages ! On aura compris que ce n'est pas vraiment le sens et ce que l'on dit qui importe dans une exposition... Enfin, la médiation, au sens large, a droit pour finir à 10 pages fort générales. Le livre traite entre temps des questions de régie, d'édition et de graphisme, sans doute de façon plus réussie.
Une seule fois le mot de muséographie est utilisé dans un entretien (p.54), ailleurs les auteurs préfèrent celui de commissaire. Quoique l'on en pense, peut-on se passer de définir les termes ? Ce n'est malheureusement pas là le seul problème.
On y lit en filigramne la manière dont on pense et conçoit l'exposition dans le monde des beaux-arts, et des choses savoureuses sont écrites, ainsi page 17 : "une fois la sélection d'oeuvres terminée, l'équipe scientifique de l'exposition rédige le contenu didactique". C'est, hélas, vraie dans bien des cas, et c'est toute la différence entre l'exposition d'objets, dans laquelle ces derniers sont sélectionnés d'abord, avec un enrobage construit ensuite, et l'exposition de discours où les idées prévalent à la sélection des expôts. Mais ce type d'exposition n'est pas du tout abordé dans l'ouvrage. Ici, il suffit "souvent d'une simple feuille A4" pour définir les intentions du concepteur (p.13). Bref, nous connaissons certains muséographes qui vont tomber de leur chaise.
Enfin, pas un mot n'est dit de l'évaluation des expositions...
Il est malheureux que l'ouvrage ne se soit pas cantonné à l'exposition d'art et qu'il déploie une ambition généraliste. Les intentions étaient louables. Il sera toutefois utile pour entrer dans le sujet et servir de guide, à la manière de la célèbre collection de manuels, Expographie pour les nuls.

mardi 15 mai 2012

Quai Branly : toujours et encore !

La traduction en français de l'ouvrage de Sally Price, Au musée des illusions : le rendez-vous manqué du quai Branly vient s'ajouter à une longue liste de publications. Rarement un musée aura fait couler autant d'encre en si peu de temps. Si l'on considère l'histoire du musée de l'Homme et les polémiques qui entachèrent la création de Branly, puis sa réception, la littérature est impressionnante. La vision d'une célèbre anthropologue américaine est évidemment un regard inestimable. Il est dommage que le livre soit parsemé d'erreurs, de mauvaises compréhensions de certains aspects nationaux ou de parti-pris parfois un peu caricaturaux, ceci amenuise la portée d'un ouvrage qui demeure, malgré tout, important pour retracer l'histoire du lieu. Contrairement à d'autres témoignages d'acteurs impliqués, l'appréciation de Price pourrait paraitre plus objective. L'auteure apporte des éléments à la réflexion et dresse un sévère réquisitoire contre l'approche archaïque d'un musée qui se rêvait comme l'ouverture innovante du XXIème siècle. C'est tout-à-fait justifié. Toutefois, il est étonnant de voir que l'ethnologue qui comprend fort bien les Dogon, les Tifalmin ou les Paramaka, semble avoir beaucoup de difficultés en revanche pour comprendre la conception française de la laïcité ! Comme si l'intrication de la religion et du politique rendait la société américaine plus proche des sociétés traditionnelles... De même, on aimerait que la critique portée envers la France et de sa difficulté à aborder la période coloniale trouve son équivalent, car si les amérindiens gèrent le musée à Washington, nous n'avons encore guère vu d'exemples d'autoflagellation américaine sur les génocides remontant au temps des conquêtes ou sur les crimes contre l'humanité perpétrés pendant la guerre du Vietnam... Il est peut-être plus facile de donner la parole aux communautés que de s'adonner à une autocritique. Si nous avons beaucoup de désaccords avec les thèses défendues par l'auteure, notamment sur la politique des restitutions ou sur la légitimité de parole accordée aux descendants d'une culture (qui entérine un essentialisme que l'auteure critique par ailleurs), en revanche les analyses sur les idéologies qui sous-tendent le musée du quai Branly sont des plus pertinentes à examiner. Une lecture qui demeure par conséquent stimulante. 
et à écouter

jeudi 19 janvier 2012

Nouveau manuel de Conception des expositons

Vient de paraitre un nouveau manuel de conception des expositions que nous venons de lire. Signé par Pam Locker, professeur à l'Université Lincoln au Royaume-Uni. Nous sommes toujours heureux de découvrir des nouvelles publications en muséologie. D'un très bel aspect, richement documenté, avec des photographies de qualité, agréablement mis en page, le livre est d'une très belle facture. Il est très attractif. Toutefois, le problème réside dans la traduction et de ne pas réellement correspondre aux réalités des métiers tels qu'ils se développent localement, notamment en France. Outre que ce manuel parait très flou, dans sa démarche méthodologique et qu'il semble assez peu structuré dans son développement, il tend à confondre, comme c'est souvent le cas, - et comme nous avions déjà pu le déplorer déjà pour l'ouvrage Scénographie d'exposition de Philip Hugues - les concepts de muséographie et de scénographie. Il est frappant que le glossaire de fin d'ouvrage ne comporte ni le terme de muséographie, ni de muséologie, ni de scénographie, pas même de programme, d'avant projet sommaire ou d'avant projet définitif... Autant de termes usités en France, alors que l'ouvrage utilise le terme anglo-saxon de Brief ! C'est évidemment un problème que de voir un ouvrage traduit sans aucune prise en compte de la réalité professionnelle hexagonale, et plus largement francophone. Plus grave, le présent ouvrage s'intéresse beaucoup aux manières de présenter, mais assez peu à la construction intellectuelle qui devrait présider à la mise en exposition. Cela nous parait d'autant plus dommageable que c'est là un travers trop fréquent dans les institutions. On peut rester très dubitatif sur l'intérêt de cette publication qui cède souvent à l'anecdotique.

mercredi 14 décembre 2011

Les Musées au prisme de la communication

Le numéro 61 de la Revue Hermès, dirigé par Yves Girault et Paul Rasse, propose un important dossier sur les musées avec quatre entrées : Les Transformations de l'institution, Les enjeux esthétiques du musée dans le jeu de l'art contemporain, Le musée de société, débats sur les cultures du monde, enfin Entre vulgarisation et débat public, les stratégies des musées de science en question. Dominique Wolton signe une postface sur les musées aujourd'hui. Avec une quarantaine d'auteur(e)s, ce numéro propose une bonne introduction aux différents sujets à partir d'articles courts et synthétiques. Le lecteur peut s'y initier ou voyager de sujet en sujet, abordant tour à tour des problématiques contemporaines.

On pourra lire le sommaire complet ici :