CayVpNAT7ml2gRzbwqbd/1MvPCt81BAtirczG/NTy3s= MuséoGraphie-MuséoLogie: spectacle vivant
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dimanche 29 novembre 2015

Nés quelques part : bof...

Vraiment décevante si ce n'est affligeante, la proposition présentée actuellement au Pavillon Paul Delouvrier à la Villette, avec Nés quelques part. Nous avions un excellent souvenir de Un voyage pas comme les autres, car l'exposition se mariait avec bonheur au spectacle vivant pour une proposition aussi surprenante qu'originale. L'apport d'Ars Amina nous avait alors fortement impressionné par les questions posées. En se glissant dans la peau d'un personnage, un demandeur d'asile, le visiteur acteur devait suivre un parcours initiatique. La tentative de refaire une proposition en ce sens avec les questions du changement climatique (et même si l'on a bien compris que tout se tient et qu'il s'agit de traiter aussi des droits humains, du social, de l'économie si on veut résoudre les questions environnementales, comme nous l'enseigne le développement soutenable) conduit ici à une proposition aussi creuse sur le fond que mauvaise dans sa forme. Sous prétexte d'impliquer le spectateur, on assiste à un enchainement de stéréotypes et de paroles convenues et bien pensantes. Navrant.

mardi 27 janvier 2015

On a enfin trouvé le parfait médiateur !

Une fois n'est pas coutume, un petit clin d'oeil et un câlin sur le parfait médiateur... filmé par Bastien Guerry au musée Landowski :




samedi 13 décembre 2014

Exhibit B, parce que l'exposition est un spectacle

Ce qui est étonnant dans cette affaire, ce n'est pas le spectacle lui-même, belle cérémonie commémorative pour se souvenir ensemble des horreurs de l'histoire des hommes, ce qui est choquant ce sont les réactions que cette exposition-spectacle suscite. Avec Exhibit B, le metteur en scène Brett Bailey signe une oeuvre forte et suffisamment parlante pour ne pas être ambiguë. Le contenu n'est en soi guère nouveau, et l'exposition L'Invention du sauvage au Quai Branly il y a quelques années faisait déjà une démonstration similaire. Ceux qui prétendent qu'il s'agit là de zoos humains font la preuve de leur inculture en ne comprenant pas que ce sont ceux là-mêmes qu'ils contestent qui leur ont permis de faire surgir cette problématique historique (en autre Pascal Blanchard). Et puis exposer des êtres humains, Beaubourg l'avait fait à ses débuts, avec une exposition dénonçant la femme objet et les arts de la rue ont souvent exploré cette forme, comme Sérial Théâtre avec ses femmes monstres, ou encore Kumulus avec les SDF. L'exposition-spectacle prouve aussi la relation forte des deux approches, comme forme de création. Très belle performance donnée au 104, sous la garde de dizaines de cars de CRS, à cause de quelques abrutis incultes.
Voir notre article à propos des spectacles prenant l'exposition comme forme.

dimanche 1 septembre 2013

Spectacle vivant hors du musée !


Une fois n’est pas coutume, attardons nous sur une video mise en ligne par le Rijksmuseum d’Amsterdam. Toujours innovant sur les médiations, le musée avait, on s’en souvient demandé, il y a une dizaine d’années, à Peter Greenaway de réaliser une proposition artistique sous forme d’événementiel à partir de la Ronde de nuit de Rembrandt (voir aussi son film), véritable Joconde de l’institution. C’était dans le noir que l’on découvrait un tableau qui prenait vie sous l’effet d'un spectacle multimédia. C’était d’autant plus judicieux que ce tableau a connu des scénographies fort différentes par le passé, mais toujours mis en scène comme une pièce de théâtre, souvent avec rideaux rouges et apparition. Le 13 avril dernier, le tableau a été réinstallé suite à rénovation du musée, et il est donc temps de marquer les esprits et de fêter ça.
Dans l’expérience présente, nous sommes dans une autre dimension, mais toujours dans une filiation théâtrale, davantage du côté des arts de la rue si l’on veut. N’en disons pas trop, si ce n’est que performance artistique, médiation culturelle, communication et volonté de démocratisation se rejoignent ici de manière efficace. Quand le tableau s’incarne parmi nous... Très amusant : à voir sur You Tube


mardi 30 juillet 2013

In Secta

Le Festival de Chalon dans la rue vient tout juste de finir et une fois n'est pas coutume nous pouvons présenter sur ce blog non une exposition, mais un spectacle. Celui-ci est dans la lignée des spectacles jouant de l'effet de collections, des visites guidées ou des musées, en les tournant souvent en dérision, nous en avions proposé une recension dans un numéro de la Lettre de l'OCIM.
Le cabinet de curiosité que propose la Compagnie Des Femmes à barbe est bien intriguant. La compagnie ayant eu l'opportunité d'acheter une ancienne collection médicale à visée pédagogique la détourne comme il se doit pour s'inscrire dans une tradition foraine un peu oubliée. Cette collection rend pourtant compte de la frontière peu évidente entre les collections d'études et les présentations utilisées dans les expositions foraines pour jouer du sensationnel. Le film Venus noire, sur la Vénus Hottentote en rendait déjà compte, les collections ayant souvent transité d'un univers à l'autre. Nous avions rappelé, avec François Mairesse dans Expoland, la destinée de ces collections médicales, telle celles dévolues au musée forain du docteur Spitzner.
Il s'agit ici d'une collection que n'aurait pas dédaigné Krafft-Ebing pour écrire son Psychopathia Sexualis, car les cires prennent le sexe pour objet, sous toutes ces formes pathologiques. La compagnie les présente en jouant de la répulsion fascination que représente également les insectes pour induire une distance, et les accompagne également de lectures de lettres de confession... Entre 1925 et 1943 l'abbé Violet reçoit en effet des courriers particuliers, concernant la sexualité, correspondance dans laquelle la compagnie puise pour mettre en scène les cires anatomiques. N'en disons pas davantage, c'est une manière habile d'interroger les effets de la religion chrétienne sur la sexualité occidentale.
Voir quelques passages ici.

dimanche 21 octobre 2012

A votre bon coeur... brisé

Le 104 organise une collecte originale en vue de la construction d'une exposition qui se tiendra à partir du 19 décembre jusqu'au 20 janvier 2013. L'exposition s'appellera Le Musée des Coeurs Brisés (en rouge sang évidemment) et exposera les chagrins d'amour. Pour cela les dons sont les bienvenus, tout ce qui vous rappelle vos amours défuntes est collectable (non ce n'est pas une faute, amour au pluriel devient féminin, bizarre, bizarre...). Exposition du patrimoine immatériel, puisque ce sont les histoires qui accompagneront les objets qui seront au final importantes. Le principe est intéressant et mérite d'être observé. Cela n'est pas sans rappeler la fraicheur de certaines expositions réalisées par des compagnies d'arts de la rue. Une exposition qui va nous faire pleurer c'est certain, on s'en régale déjà !

mardi 4 août 2009

Des fouilles archéosoniques !

Une fois de plus la compagnie Décor Sonore aura su nous séduire en proposant un spectacle exigeant et cohérent, avec Les Chantiers archéophoniques de l’OREI. Cohérent, par son inscription dans une continuité avec les recherches conduites pas la compagnie depuis ses débuts sur le son, l’écoute et la sensibilisation à l’univers sonore. Exigeant, car vrai spectacle populaire accessible à tous, de 7 à 77 ans, drôle, il est aussi loin d’être futile et conduit le spectateur a s’interroger sur son rapport au monde, auditif ici. Si nous avons commis par le passé plusieurs articles sur d’autres spectacles de la compagnie, nous en parlons dans ce blog car le concept du spectacle repose moins sur une exposition du son, que sur sa recherche au travers d’un chantier archéologique. Il s’agit de découvrir les sons du passé, inscrits au profond de la matière et de ses capacités de réverbération de par les âges. Plusieurs stations ingénieuses sont prévus, mais nous n’en diront pas plus, laissons le plaisir de la découverte... Rendez-vous sur le site de la Compagnie, ici, pour les dates et lieux de représentations.

Pour regarder une bande annonce sur You-Tube : http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=wii6zyYkUd0

dimanche 14 décembre 2008

Musée haut musée bas, le film

Après la pièce de théâtre, le film. Si les lieux sont démultipliés et incarnent plus de véracité que lors de la représentation théâtrale, les dialogues eux sont fidèles au texte de la publication. Musée haut, musée bas, de Jean-Michel Ribes, est un pastiche de l’institution, et comme toute caricature, elle ne fait pas toujours dans la nuance ou dans l’exactitude, mais il ne s’agit pas de proposer un documentaire sur le musée. On appréciera l’humour qui sert un regard tendre mais sans complaisance sur l’institution. Quelques pointes décochées envers l’art contemporain doivent faire crisser les dents des intégristes du secteur, mais s’avèrent assez savoureuses. Le happening et le meurtre au musée comme œuvre d’art thérapeutique demeure le nec plus ultra qui reste à atteindre alors que tout à été déjà tenté et que l’idéal contemporain de la création n’est pas de parfaire mais d’innover.
La brochette d’acteurs qui sont invités à visiter les lieux est impressionnante, et sert à dresser une typologie des visiteurs qui fera sourire le spécialiste des publics. Le conservateur hanté par la dégradation et l’envahissement de ses collections par une nature qui entend reprendre ses droits est aux yeux de l’éternité assez juste, la volonté de conservation étant par essence contre-nature et au final assez vaine. Le raccourci qui est dressé par la mise en scène d’une fin du monde des musées fait frémir les amoureux des collections - ainsi cette petite danseuse de Degas chavirant au sol fait se raidir dans son fauteuil ! - mais à le mérite de rappeler notre incommensurable finitude, ce dont l’art traite toujours au final, pour évoquer la figure tutélaire de Malraux qui hante les débuts du film. Malgré certaines longueurs et quelques faiblesses, ce film grand public est assez plaisant à découvrir pour le muséologue !

lundi 21 juillet 2008

Des musées en spectacle

Nous avons proposé dans le numéro de janvier 2007 de La Lettre de l’OCIM un article sur les représentations du musée et des expositions dans les spectacles de théâtre de rue. Nous y avions recensé les propositions de visite d'expositions et musées fictifs. Comme chaque année, le festival de Chalon dans la rue a apporté son lot de nouvelles propositions.
Parmi elles, la compagnie OPUS (Office des Phabricants d’Univers Singuliers) invite à deux nouveaux spectacles, en restant dans la veine où elle excelle, celui des clins d’œil à l’art brut. Le premier, Le Collier de Nouilles, est une conférence exposition, présentée pour l’occasion dans les salles du musée Denon. Les petits tics des visites-conférences y sont délicieusement croqués. L’autre est une exposition commentée, petit cirque des curiosités initiées à la suite d’un voyage en Afrique de la compagnie et d’une rencontre entre artistes des deux continents. Tout en finesse, le jeu de regards croisés entre deux cultures se révèle au travers d’objets dadaïstes habilement racontés par le guide du Musée Bombana de Kokologo. Un moment d'anthologie.
Autre compagnie qui explore la même veine, La Muse de Jaracase propose la visite libre du Musée des oubliettes, dans un charme désuet et très branché à la fois de collage graphique, des petites expériences interactives digne du musée de sciences et techniques d’art brut ! De belles réalisations pour ce cabinet de curiosités peu ordinaire. (cf. ici les clichés de la compagnie).
Enfin Petits pains oubliés de Créatures compagnie serait plutôt un musée d’archéologie, amassant de bizarres collections, dont le guide fait jaillir le sens par l’interprétation qu’il nous propose de chaque objet exposé. Dans tous les cas, moments délicieux dans ces petites expositions non-prétentieuses qui ne pourront que ravir ceux et celles qui aiment les musées.
Des spectacles accessibles qui peuvent agréablement enrichir une programmation spectacle vivant dans un lieu d’exposition, et ainsi inviter à d’autres regards sur le musée, à sensibiliser autrement. Musée intéressé par une programmation en la matière en complément de vos expositions, n’hésitez pas à nous contacter, nous avons bien d'autres ressources à partager !