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La Formation en muséologie :

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Master MEM

lundi 19 août 2013

Musées d'entreprise : l'olive dans tous ses états

 Faut-il visiter encore ces musées d'entreprise où le caractère promotionnel n'a d'égal que la volonté de vous conduire à la boutique en sortant ? Le musée de l'Olive de Imperia en Ligurie (Museo dell'Olivo) est plutôt bien fait. Le discours est bien calibré, le séquençage adéquat, la scénographie satisfaisante, malgré quelques lourdeurs. Si les photographies sont d'assez mauvaises qualités, les collections sont belles et les médiations adaptées. Toutefois, le visiteur n'apprend pas grand chose qu'il ne sache déjà et surtout pas les questions sensibles, concernant la production intensive et ses effets sur l'environnement, par exemple. La différence de qualité des huiles n'est pas abordé ici, l'entreprise ne faisant pas dans la petite production artisanale ! Peu de choses non plus sur les hommes, paysans ou ouvriers des fabriques, mais en revanche l'histoire et les techniques y sont bien traitées. Rien de révolutionnaire, mais une proposition de musée touristique très calibrée, comme on pourrait l'enseigner en marketing muséal. C'est tellement formaté comme il faut que ça n'a pas beaucoup de saveur... 


samedi 17 août 2013

Muséo-nostalgie

La Maison-Musée de Colmars-en-montagne dans le Haut Verdon vaut le détour si l'on aime, comme nous, les lieux authentiques et les musées atypiques. Non que celui-ci soit fort ancien, puisqu'il a ouvert en 2004, mais il a toutes les apparences de ces lieux traditionnels qui semblent immémoriaux. Les bénévoles qui l'ont créé et qui l'animent encore aujourd'hui sont des passionnés, très représentatifs de tous ces lieux d'arts et traditions populaires qui n'existeraient pas sans eux. Les professionnels peuvent bien se gausser, ces endroits ont souvent plus de charme et sont plus attachants que bien des lieux rénovés. Rien n'y est fait dans les règles de l'art et avec les méthodes enseignées en muséologie, et l'on frémit souvent des conditions de conservation. Finalement, ce qui compte ici, ce ne sont pas seulement des collections parfois intéressantes et un lieu étonnant par lui-même, mais l'énergie et la qualité des relations sociales investies. Ce qui importe c'est sans doute que le musée sert à construire la communauté toute entière. C'est peut être ce qui explique le succès populaire de ces lieux, bien qu'ils ne soient guère aidés par la puissance publique. 

mercredi 14 août 2013

Maison de la Céramique

La Maison de la céramique du pays de Dieulefit conduit un travail d'animation fort utile sur un territoire riche pour son passé de poteries, mais aussi sa création actuelle. Le discours de l'exposition est sans concession, montrant les héritages, mais aussi les ruptures dans les traditions locales. Le lieu envisage de rénover ses espaces d'exposition permanente en valorisant davantage ses collections au moyen d'une scénographie adaptée. En attendant, le musée poursuit sa politique d'exposition temporaire en présentant différents aspects de la création contemporaine. Avec l'exposition Jeanne Lachièze-Rey, nous est donné l'occasion de découvrir le parcours d'une artiste originale. Après avoir étudié avec les plus grands artistes et apprivoisé des terres très différentes, et ainsi développé un travail artistique varié, l'artiste à affirmé sur la fin son goût pour la sculpture, et plus particulièrement les figurines et les portraits. Ses petites sculptures sont très expressives. À voir jusqu'au 29 septembre.

lundi 12 août 2013

La signalétique patrimoniale

Ouvrage technique qui intéressera tous les professionnels, notamment ceux qui doivent concevoir des lieux susceptibles d'accueillir du public (y compris en extérieur !), La Signalétique patrimoniale cosigné par Daniel Jacobi, chercheur au Centre Norbert Elias et Maryline Le Roy, graphiste, aborde tant les problèmes théoriques, de contexte et de communication, que la conception et la mise en oeuvre. Les questions de parcours, d'implantation, de mobilier, de mise en situation, de valorisation, mais aussi les questions de graphisme, d'emplacement vis-à-vis de ceux à qui elle est destinée sont passées au crible. La distinction entre différents types de signalétique (de réglementation, directionnelle, conceptuelle, patrimoniale) est utile pour sérier son action dans le domaine. Car il est nuisible de surcharger pour être opérationnel, mais il faut adopter et adapter la signalétique nécessaire, qui doit souvent résoudre une équation difficile : être à la fois discrète, esthétique et efficace. Enfin la signalétique participe souvent également d'une identité visuelle, ce que les auteurs n'oublient pas. Un bel ouvrage dans une édition de qualité, richement illustrée, avec un glossaire et des annexes appréciables. On s'étonnera tout juste que les graphistes ne soient pas toujours mentionnés dans le générique des photographies présentées.

samedi 10 août 2013

Photo de familles

Le Musée Nicéphore Niépce de Chalon sur Saone propose trois expositions durant l'été. La première de photographies contemporaines, de Charles Freger, d'un intérêt variable, une documentaire de Stanley Greene, souvent bouleversante et enfin une exposition sur les photos de famille, qui a l'intérêt de brouiller tous les registres. Avec "Ces photos qu'on ne jette plus", le musée poursuit ainsi sa réflexion dans la lignée de ses précédentes expositions, notamment sur les albums de famille. Manière d'interroger les délimitations tenues et de moins en moins évidentes entre les photos prises par des particuliers et les oeuvres reconnues comme relevant d'une démarche artistique. Car la qualité esthétique de certains clichés est indéniable et l'intérêt documentaire ou artistique également manifeste. En acquérant un fond spécifique, la donation Patrick Bailly-Maitre-Grand, le musée s'enrichit et poursuit son exploration de toutes les facettes de la photographie, historique ou contemporaine, artistique ou documentaire, professionnelle ou amateur. "Jetez, jetez il en restera toujours quelque-chose", mentionne le conservateur François Cheval, reflétant bien une exposition souvent empreinte de beaucoup d'humour. Le ton est pourtant plus grave lorsqu'il s'agit de s'interroger sur le devenir des photographies prises de nos jours avec les technologies numériques. Cependant comme elles sont de plus en plus mises en ligne, les chineurs de demain seront peut-être moins sur les marchés aux puces que dans le ventre du Web.

mercredi 7 août 2013

Gastronomie muséale

S'il vous prend l'envie de voir Vivement demain, parcours n°5, c'est-à-dire 5ème accrochage proposé par Alexia Fabre au MacVal, préférez à tout prendre une visite durant le week-end, vous pourrez ainsi profiter des petits pique-niques servis par La Petite Fabrique dans le jardin. Un régal qui pourrait bien vous amener la prochaine fois à trouver le prétexte de voir une exposition pour allez déjeuner ! Car le design culinaire auquel s'adonne Carole Belenus, l'instigatrice de ces fabuleuses réjouissances vaut bien des oeuvres. On se régalera, aussi bien par les yeux que par les papilles, et on comprendra que l'art fait vraiment du bien ! Wraps, tartelettes, glaces et même d'autres surprises ! Car la création est aussi charnelle et il est bien agréable de la croquer à pleines dents. A déguster durant tout l'été (mais laissez en pour les autres !!!).

lundi 5 août 2013

Ange Leccia

Avec l'installation Logical Song, Ange Leccia investit une partie du MacVal avec des images démesurées qui se répondent, dansent entre elles, et puis se font miroiter. En reprenant des films de sa vie, et en portant son regard sur l'adolescence, l'artiste joue des rythmes, des cadences, des sauts de l'image pour aller d'un écran à l'autre. Si les passages de karaoke sont un peu anecdotiques et dévaluent à nos yeux la beauté plastique de certaines séquences, ce qui intéresse Ange Leccia c'est de s'arrêter sur des détails, de prendre son temps pour flâner. Telle bouche, tel regard perdu, tel paysage se répercutent en échos infinis. Si le visiteur en accepte la proposition, il se prend à rêver puis à s'immerger dans ce gigantisme de l'intime. Parfois brutes, parfois travaillées les images se succèdent sans fin dans des séquences qui s'emboitent les unes les autres.

mardi 30 juillet 2013

In Secta

Le Festival de Chalon dans la rue vient tout juste de finir et une fois n'est pas coutume nous pouvons présenter sur ce blog non une exposition, mais un spectacle. Celui-ci est dans la lignée des spectacles jouant de l'effet de collections, des visites guidées ou des musées, en les tournant souvent en dérision, nous en avions proposé une recension dans un numéro de la Lettre de l'OCIM.
Le cabinet de curiosité que propose la Compagnie Des Femmes à barbe est bien intriguant. La compagnie ayant eu l'opportunité d'acheter une ancienne collection médicale à visée pédagogique la détourne comme il se doit pour s'inscrire dans une tradition foraine un peu oubliée. Cette collection rend pourtant compte de la frontière peu évidente entre les collections d'études et les présentations utilisées dans les expositions foraines pour jouer du sensationnel. Le film Venus noire, sur la Vénus Hottentote en rendait déjà compte, les collections ayant souvent transité d'un univers à l'autre. Nous avions rappelé, avec François Mairesse dans Expoland, la destinée de ces collections médicales, telle celles dévolues au musée forain du docteur Spitzner.
Il s'agit ici d'une collection que n'aurait pas dédaigné Krafft-Ebing pour écrire son Psychopathia Sexualis, car les cires prennent le sexe pour objet, sous toutes ces formes pathologiques. La compagnie les présente en jouant de la répulsion fascination que représente également les insectes pour induire une distance, et les accompagne également de lectures de lettres de confession... Entre 1925 et 1943 l'abbé Violet reçoit en effet des courriers particuliers, concernant la sexualité, correspondance dans laquelle la compagnie puise pour mettre en scène les cires anatomiques. N'en disons pas davantage, c'est une manière habile d'interroger les effets de la religion chrétienne sur la sexualité occidentale.
Voir quelques passages ici.

jeudi 18 juillet 2013

Nuages sur Arles

Non ce n'est pas mauvais temps, mais on comprend les gens du sud : un ciel toujours bleu c'est fatiguant. C'est si beau les nuages. Le rêve ne commence t-il pas en les regardant, "la tête perdue dans les nuages"... L'art ne surgit-il pas de ces imaginaires nébuleux ? Comment se répondent les visions ? Les ciels chargés de la peinture flamande évoquent d'autres ciels que ceux de Tiepolo. Sans doute cela a t-il inspiré Michèle Moutashar, commissaire de l'exposition Nuage (au singulier) qui se tient au musée Réattu à Arles jusqu'au 31 octobre prochain. Très belle exposition qui propose une déambulation thématique et c'est ainsi que l'art contemporain prend toute sa force, en dévoilant des approches différentes, complémentaires et singulières sur un même sujet. Nous avions eu grand plaisir, il y a longtemps, à visiter une exposition sur les insectes, et le plaisir est ici retrouvé. Avec plus de cinquante artistes exposés sur plus de 1000 m2, l'exposition offre un beau moment.

mardi 16 juillet 2013

Le repas des Gaulois

Exposition modeste mais qui permet de maintenir une activité au musée d'Amiens durant une période des travaux qui s'éternise parait-il depuis 1987... aucune date de réouverture ferme ne semblant de mise pour le moment (peut-être en 2014 ?), ni pour le Musée de Picardie ni pour le musée de l'Hotel de Berny. Le visiteur verra par conséquent bien peu de peintures, celles du Grand salon, et se contentera d'une très belle galerie de sculptures et des collections archéologiques au sous-sol. L'exposition A Table ! Boire et manger en Gaule du nord est assez minimaliste, présentant les ustensiles retrouvés et quelques victuailles possibles. Les textes, mal disposés, proposent au visiteur de découvrir le rapport des Gaulois au-delà des stéréotypes habituels hérités des lectures d'Astérix ! Le menu est quand même un peu maigre et le visiteur de musée a bien peu à se mettre sous la dent, car ce n'est pas, dans la même ville, la maison-musée Jules Vernes qui permet de tellement se rattraper. (Notons l'interdiction de photographies qui est faite aux visiteurs, sans justification satisfaisante, les collections étant tombées dans le domaine public depuis longtemps).

dimanche 14 juillet 2013

La Femme crocodile

Présentée vivante est le titre d'une exposition (?), du moins d'une installation d'objets dans une pièce obscure, au coeur du centre de conservation et de ressources, lieu de réserve des collections du MUCEM, à deux pas de la Friche de la Belle de Mai. L'exposition est étrange puisque l'on ne sait pas très bien ce qu'à prétendu faire Jean Blaise, le commissaire invité. Curieuse installation que l'on verrait avec plaisir dans un festival d'art de rue (on en a déjà vu beaucoup de ce type là), mais c'est franchement difficile de demander au public de se déplacer jusque-là juste pour ça ! D'autant que le site était fermé, malgré les horaires affichés et que les visites mentionnées dans le programme n'étaient pas encore mises en place lors de notre passage ! En insistant, nous avons pu malgré tout rentrer et se consoler en regardant le bâtiment original de Corinne Vezzoni. Difficile malgré tout de rester très longtemps pour écouter le texte de Joy Sorman qui passe en boucle dans la salle, car les curiosités sont au final assez limitées, même si cette femme-crocodile digne de Barnum est intrigante. Le lieu dédié à l'expérimentation expographique est en soi une bonne chose, mais fallait-il le faire dans cet endroit qui risque assez vite de devenir désert ?

samedi 13 juillet 2013

Métamorphoses des musées de société

Tenu en 2011, le colloque international organisé à Marseille par le MUCEM pronostiquait la métamorphose du musée, que met désormais en oeuvre le tout nouveau musée qui vient d'ouvrir ses portes. La publication de l'ouvrage, Métamorphoses des musées de société, sous la direction de Denis Chevallier avec la collaboration de Aude Fanlo, regroupe un trentaine de contributeurs sur les crises de ces musées, les apports du numériques, la question des publics, et le rôle des musées dans la cité. Un bel ouvrage, publié à la Documentation française, où alternent les articles de fond et des contributions courtes de professionnels sur tel ou tel sujet.

jeudi 11 juillet 2013

Evidemment le MUCEM

Il est là, on l'attendait tant, que l'on ne peut que se réjouir. On a vu et revu l'architecture de Ricciotti, sous tous les plans dans les médias, et c'est évidemment inévitable car le bâtiment, son emplacement, sa force est manifeste. Il n'est pas trop faux de prétendre que le MUCEM sauve l'opération Marseille 2013.  C'est le fait marquant qui s'impose. Très beau lieu dans lequel il sera certainement fort agréable de travailler. De ce fait, les expositions sont un peu occultées tant on a envie d'abord de prendre le temps d'apprécier le site. C'est ce que font beaucoup des visiteurs qui traversent le lieu, viennent découvrir le fort St Jean, magnifiquement réhabilité et la terrasse panoramique. La résille de béton est parfaitement méditerranéenne, d'un bel effet, même si on ne peut s'interroger sur la manière dont la structure va vieillir. Nous reviendrons ultérieurement sur les expositions, notamment permanentes, les deux expositions temporaires sont, elles, très différentes, et tiennent la route. Plus classique pour Noir et Bleu, un rêve méditerranéen et plus audacieuse pour Au bazar du genre. Cette dernière est salutaire et il est heureux d'ouvrir en évoquant un sujet aussi important en méditerranée. Même si on est loin de l'analyse du machisme et de sa déconstruction, la question est posée de la construction culturelle du genre. Etant donné les polémiques que l'on a pu entendre depuis deux ans, le sujet n'est pas superflu. Enfin, signalons une exposition dont François Cheval est le commissaire, Les choses de ce côté du monde, de photographies contemporaines, qui retiendra également l'attention.

lundi 8 juillet 2013

Frontières Dedans / Dehors

L'exposition Frontières Dedans / Dehors présentée à la Friche de la Belle de Mai à Marseille explore les limites, et pour ce faire développe un intéressant travail d'actions culturelles, notamment avec les détenus de plusieurs maisons d'arrêt, dont celle de Marseille, Milan et Barcelone. Mais ce sont aussi des créations partagées avec ceux du dehors, et avec des artistes. Lieu de rencontres et de métissages, les expositions réalisées sont l'occasion de dialogues multiples. En faisant travailler sur un fond d'archives de l'INA, l'exposition composée de vidéos propose ici des visions subjectives, des histoires de vie, des recompositions... Projet monté par l'association Lieux fictifs, l'opération est un bel exemple d'action culturelle et très émouvante à visiter. A voir Images en mémoires, images en miroir : plus d'infos sur le site de l'association.

vendredi 5 juillet 2013

Sculptures vivantes

Belle vidéo pour compléter l'exposition Rodin. La Lumière de l'antique, présentée par le musée départemental de l'Arles antique, exposition qui démontre les influences des sculptures antiques sur le maitre. Vidéo en trois ensembles très hétérogènes, et signée par la compagnie du théâtre équestre le Théâtre du centaure. Nous avions aimé leur Macbeth et surtout Les Bonnes de Jean Genêt il y a quelques années, aussi nous avons le plaisir de les retrouver dans le cadre de Marseille 2013 pour TransHumances, et ici plus précisément sur une commande inspirée d'une sculpture de Rodin. Ce centaure se promène de Paris à Arles, avant de s'incarner en une belle femme-cheval qui part à l'assaut de la Camargue, telle une figure mythologique. Dommage que certaines images soient moins réussies car l'ensemble est magnifique, comme l'est également la danse de l'homme-cheval se coiffant de la queue fournie de l'animal pour s'en faire des cheveux. Le musée présente les trois vidéos dans des conditions déplorables, que ce soit en qualité d'images, de sons, d'obscurité de la salle, de confort des visiteurs... c'est idiot car ce complément de l'exposition n'est pas le moins intéressant de l'ensemble. L'exposition étant par ailleurs très belle.

mercredi 26 juin 2013

Art contemporain africain : 10 ans d'actions

Etonnant endroit que cette Fondation Blachère, nichée au coeur d'une entreprise de luminaires, en pleine zone industrielle de Apt, à deux pas d'Avignon, et qui propose à la population, aux touristes, comme aux personnels intéressés de l'entreprise de découvrir des artistes africains contemporains. Pour ses dix années d'activités dans le secteur, la Fondation propose une exposition en deux volets, la première au printemps découvre les artistes que la Fondation a exposé tour à tour. Un second volet se poursuivra à l'automne. Lieu d'expositions, mais aussi d'acquisitions, car la Fondation possède des collections de première ordre, c'est aussi un lieu de résidence et de création. Ainsi, on aura pu apprécier des artistes aussi différents que Andries Botha, Soly Cissé, Ousmane Ndiaye Dago, Ousmane Sow, Siriki Ky, Chérie Benga, Samuel Fosso, sur près de 150 artistes présents en collection ! Modèle de développement culturel d'initiative privée qui, au vu des moyens consentis, doit évidemment faire rêver beaucoup d'institutions publiques. Des actions ont été conduites avec le MRAC de Tervuren ou avec les biennales du Sénégal, du Mali, d'Ethiopie... Notons le très bel ouvrage présentant la collection 2003/2013.

lundi 24 juin 2013

Paris la Nuit !

Le Pavillon de l'Arsenal propose une exposition au titre alléchant : Paris la Nuit, celle-ci invite à des ballades nocturnes dans un Paris comme on le voit peu souvent présenté. Avec plus de 500 documents de toutes périodes, on se plonge dans l'histoire d'un urbanisme qui inquiète ou crée au contraire les conditions du vivre ensemble. Intéressante manière de s'intéresser aux aménagements urbains, mais l'exposition perd un peu son visiteur à trop vouloir le conduire dans les espaces les plus reculés. Car le thème est foisonnant et l'exposition peut rassasier les plus curieux, mais aussi étouffer les plus courageux. Le visiteur peut y picorer de toute manière quelques documents passionnants s'il n'a pas le goût de tous les observer. Car la recherche considérable qu'on conduit les concepteurs de l'exposition, et notamment la recherche iconographique, est ici un peu noyée dans la masse considérable de données placées côte à côte. Soulignons l'originalité de cette exposition destinée à inviter à la réflexion sur l'urbanisme.

samedi 22 juin 2013

20 ans de Culture et Musées

Le 13 juin dernier se fêtait en Avignon les 20 ans de la Revue Publics et Musées devenue après ses dix premières années Culture et Musées. Nombre d'auteur.e.s de la revue étaient présents, malgré la grève des trains et des avions !, pour se réjouir de la pérennité d'une revue de recherche en muséologie, il est vrai si peu nombreuses dans le monde francophone. A cette occasion, un numéro hors série, intitulé La Muséologie : 20 ans de recherches, sous la direction des deux fondateurs et animateurs Hana Gottesdiener et Jean Davallon. L'éditeur Actes Sud était bien évidemment présent, ainsi que les principaux financeurs de la revue, la Direction Générale des Patrimoines du ministère de la culture et la région PACA, bien évidemment aussi l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse. Outre le sommaire des anciens numéros (que l'on peut en partie télécharger sur Persée, le portail des Revues scientifiques), ce hors-série regroupe les contributions d'une vingtaine d'auteurs que l'on prend toujours plaisir à lire.

samedi 15 juin 2013

Brandon Ballengée à Chamarande

Non seulement très belle, mais très forte par le message porté, l'exposition Augures d'innocence présentée au domaine de Chamarande pour sa programmation estivale Milieux, accueille l'artiste Brandon Ballengée. Poursuivant son dialogue entre art - création contemporaine et développement durable, Chamarande trouve avec cette programmation une belle cohérence. Les oeuvres commandées dans le parc ne manque pas d'intriguer le visiteur promeneur. On retiendra Le Bruit du frigo et ses étranges baignoires, Gilles Bruni ou encore Liliana Motta. L'exposition au Château est plus explicite par ses messages. L'artiste Brandon Ballengée y présente une série de travaux sur les grenouilles qui font froid dans le dos. Les malformations dues aux pollutions diverses sur la surface de la planète prend un tour étonnant en s'esthétisant transformées en superbes oeuvres, notamment en clichés photographiques. C'est très beau et très angoissant à la fois. Si l'hommage à Charles Darwin est plastiquement hypnotisant, l'installation  Prelude to the Collapse of the North Atlantic, "qui est consacrée à l’effondrement de la chaîne alimentaire et des écosystèmes marins des côtes atlantiques françaises", est d'une magnifique présence. Les oeuvres sont chargées de sens, ce qui ne fait pas de mal au sein d'une création contemporaine trop souvent insipide politiquement. Bravo à toute l'équipe qui a permis cette proposition aussi engagée qu'esthétique.

lundi 10 juin 2013

Un lieu d'exposition Place Taksim

 L'exposition ne devrait-elle pas être d'abord un lieu d'expression ? Un lieu de rencontres et de dialogues ? Non pas seulement une parole descendante adressée à un public réceptif plus ou moins passif, mais un outil de mise en partage, de discussion et de négociation ? C'est ce qui parait dans les formes spontanées. En mai 68, un festival d'affiches surgissait, produites par l'Atelier de l'Ecole des Beaux-arts.
Place Taksim aujourd'hui à Istambul, on peut visiter un pavillon de chantier reconvertit, et de ce fait une part de l'espace public investi par les manifestants qui viennent témoigner et même comprendre les méthodes de la police. A en croire ce reportage posté sur Dailymotion, exposer ses idées, même de façon précaire, demeure l'expression fondamentale, et peut-être avant tout symbolique, de la liberté. L'exposition est moins réalisée dans une visée instrumentale (transmettre, enseigner...) qu'elle n'est une manifestation symbolique de l'expression publique, de la capacité de création collective réappropriée.  Un symbole du musée, lieu de vie, pour et par tous ?

voir le petit reportage : http://www.dailymotion.com/video/x10n2wt_visite-au-musee-de-la-revolution-place-taksim-a_news

dimanche 9 juin 2013

Traits de génie à Lille

Il est de bon ton de se moquer, dans certains milieux autosuffisants de l'art contemporain, du goût trop facile et populaire qui s'enthousiasme devant les oeuvres d'Ernest Pignon-Ernest. N'en déplaise aux mondains, l'exposition présentée au musée des beaux-arts de Lille est magnifique. Non seulement parce que le travail de l'artiste est remarquable, notamment celui conduit à Naples, et ici revisité, mis en perspective par le rappel de la présentation dans la rue, les dessins préparatoires... Non seulement parce que la scénographie d'Ernest Pignon-Ernest est d'une intelligence soignée, mais aussi parce que le dialogue avec les dessins du legs Wicar est envoutante. Notons également le choix des médiations individuelles en salle, avec des intervenants remarquables qui donnent un plaisir supplémentaire à la visite.
A voir également Les Extases au musée de l'Hospice comtesse.

vendredi 7 juin 2013

Ricciotti Architecte

Exposition minimaliste à la Cité de l'architecture pour rendre hommage à celui qui connait la gloire sur le port de Marseille avec l'inauguration du MUCEM. L'exposition sur les créations architecturales de Rudy Ricciotti se résume à de grandes projections murales de ses réalisations, certes fort belles, à quelques matériaux négligemment posés au sol, auxquels on ne prête guère intérêt et à une table multimédia pour en savoir plus. Enfin, une interview du Maître permet de le découvrir sympathique quand il parle matériaux, bétons, et chantiers. Son franc parler, ses incertitudes, ses coups de gueule en font un architecte atypique, mais que l'on suivra moins dans ses envolées régionalistes et identitaires. Son lien charnel à la matière se ressent dans sa manière de modeler le béton, de lui faire prendre le soleil par des résilles et des ouvertures étranges. Sans nul doute son travail comptera et restera car il est marqué par une incontestable originalité. Ses prouesses feront-t-elles école ? L'avenir le dira.
Notons, qu'il est regrettable que les expositions d'architecture confondent toujours réalisations et projets dans les documents présentés, car pour le public non avertit la distinction n'est pas toujours claire, ainsi cette femme repartant convaincue que Ricciotti a signé le Quai Branly...

mercredi 5 juin 2013

De l'importance de la scénographie...

Etonnant article, au très beau titre : Scènes de musée, paru dans le Cahier spécial Cultures et Idées du Monde du samedi 1er juin à propos de la scénographie d'exposition. On croit rêver en le lisant ! D'abord confusion totale entre le métier de muséographe et celui de scénographe, la journaliste Roxana Azimi passant de l'un à l'autre sans distinction. Il faut dire que le Louvre lui-même ne semble pas encore comprendre la différence... Les métiers ont pourtant évolué depuis les années 50 et les cours de George Henri Rivière, et il serait quand même bon que les musées de beaux arts en prennent acte.
Mais surtout le fond de l'article est très réactionnaire. Cela commence par les propos de Rudi Ricciotti, à l'honneur cette semaine avec l'inauguration du MUCEM, qui prétend d'entrée de jeu que la scénographie est une démarche impéraliste qui colonise l'architecture. D'autres conservateurs estiment que cela parasite les oeuvres. Nous avions entendu de semblables propos lors de la construction du Quai Branly... L'article appuie sa démonstration très manichéenne sur de mauvaises expositions, notamment Bohèmes, et ce n'est pas Robert Carsen, son scénographe, qui se trouve être le meilleur avocat. Révoltante pourtant la manière d'ignorer l'importance de la scénographie, et sa signification profonde pour le discours de l'exposition. L'exposition n'est plus la simple addition des oeuvres et des discours tenus dessus, et si elle est autre chose, c'est par sa formulation spatiale et expérientielle. Le développement de la scénographie est un des grands apports de ces 30 dernières années, il semble que certains ne s'en sont pas encore aperçus, ou que cela les irrite... Heureusement, l'association des Scénographes dispose d'un site pour mieux expliquer le métier, et un collectif sort prochainement un Guide de conception des expositions, qui revient sur ces distinctions. Nous le présenterons sous peu.

mardi 4 juin 2013

Philippe Favier à la Maison Européenne de la Photographie

Plusieurs expositions intéressantes à la MEP, la Maison Europenne de la Photographie à Paris, notamment celle de Claude Levêque, avec quelques clichés humoristiques ou formant de belles compositions dans Un Instant de rêve. Mais c'est surtout le travail de Philippe Favier qui est assez étonnant. Orfèvre de l'image, Philippe Favier compose à partir de photographies, découpe, couds et intervient avec la délicatesse de la brodeuse. Travail très délicat, c'est aussi souvent drôle, voir émouvant. Cela tient aussi de l'entomologiste qui avec méthode épingle ses insectes en composant de mystérieuses généalogies. Cela fait penser également au travail de la compagnie OPUS qui dans les arts de la rue déploie de semblables univers.

dimanche 2 juin 2013

Une odyssée gauloise mais pas scénographique !


L'exposition proposée au musée d'archéologie de Lattes Henri Prades, LATARA, était pourtant prometteuse... Elle s'attachait à compléter semble-t-il l'exposition Gaulois, une exposition renversante présentée à la Cité des sciences ! En effet, c'était la Gauloise qu'on devait paraît-il découvrir dans Une Odyssée gauloise. Parures de femmes à l'origine des premiers échanges entre la Grèce et la Gaule. Mais le propos promis est assez vite oublié et le parcours s'étiole et s'évapore en habituelles considérations. Surtout la scénographie confine au catastrophique ! Pour une exposition classée d'intérêt national la proposition est assez décevante. 
Par ailleurs, le musée étant en montage d'exposition, la moitié du permanent, déjà peu important, était inaccessible au moment de notre passage, est-il alors raisonnable de faire honorer un droit d'entrée au visiteur, même modeste, dans ces conditions ? 

vendredi 31 mai 2013

Le Carré d'art invite Foster


Pour ses vingt ans _ et oui 20 ans déjà, "mon Dieu hier encore elle était si petite..." ! _ Il y a 20 ans en effet, la Petite Maison carré de Nîmes a accouché d'une sœur jumelle... Enfin, ça c'était le concept, car dans la réalité le Carré d'art a davantage vieilli que la demeure antique. Et l'on espère que le futur Musée de la Romanité que construisent Hélène et Christian de Portzamparc sera plus concluante. Car franchement, avec le recul le Carré d'art cela ressemble à un quelconque centre commercial de province. Ce n'est pas que cela soit particulièrement moche, c'est juste quelconque et sans grand intérêt. Pour ses 20 ans donc, le musée d'art contemporain à confié l'exposition anniversaire à son architecte... Lord Norman Foster pour en être le commissaire. Cela donne une exposition qui n'est pas particulièrement intéressante tant elle est disparate, sans aucun fil logique si ce n'est l'intérêt de Foster pour les œuvres choisies (certes, ok, mais en quoi cela ne nous concerne t-il ?). Il ne faudra pas compter sur le service culturel pour expliquer les motivations et les raisons de la sélection (au fait existe-t-il un service chargé de la médiation dans ce musée ? ) Pour toutes aides à la visite, le visiteur ne comptera que sur une feuille A4, s'il la trouve lui-même à l'entrée. De l'ensemble hétéroclite présenté, retenons les œuvres vidéos de Miguel Angel Rios, de Jonathas de Andrade, de Michal Rovner et les propositions de Thomas Saraceno avec des pièces architecturales évoquant la nature constructrice. Enfin, l'œuvre de Christian Boltanski, toujours prenante, même si sa mise en exposition est peu probante. 

jeudi 30 mai 2013

Les habitants de Ron Mueck

Impressionnantes les sculptures de Ron Mueck. Nous en avions déjà vu à la Fondation il y a quelques années, où nous l'avions découvert avant de le revoir ailleurs, notamment à Washington où il était permis - là-bas - de faire des photographies... La Fondation Cartier promet une exposition épurée et délicieuse à voir en nocturne, quand on se retrouve quasiment seul en tête à tête avec les curieuses créatures ! Il faut donc profiter des nouveaux horaires, puisque le lieu est ouvert jusqu'à 21 heures et même 22 heures le mardi. Ces sculptures réalistes déstabilisent non seulement par la variabilité des tailles qui ne manquent pas de troubler, mais aussi parce que la perfection du détail, la texture du grain de la peau des sujets est visuellement perceptible. Le travail n'est pas sans évoquer un univers bien différent, celui d'Elisabeth Daynes, qui dans l'univers des musées de science conduit aussi à des représentations étonnantes. Mais ici c'est en totalité l'imaginaire de l'artiste qui se déploie dans l'espace et qui nous atteint avec sa pleine évidence.

mercredi 29 mai 2013

Les musées de Montpellier


On ne sait ce que donnera la future Cité du corps humain voulue par Mme la Maire de Montpellier, ni si le musée de l'œuvre coloniale en Algérie (sic) voulu par l'inénarrable et défunt Georges Frèches se fera un jour, même rebaptisé (musée de la présence française en Algérie ?). Disons simplement que si Montpellier est une ville toujours séduisante et agréable, encore plus belle depuis que le tramway à chassé beaucoup de voitures du centre ville, devenu vraiment piétonnier, il reste heureusement que le musée Fabre demeure un joyau toujours aussi agréable à revoir. C'est un musée superbe, où les très belles collections sont bien mises en valeur dans ce cadre architectural soigné. L'écrin réalisé par l'agence Brochet, Lajus, Pueyo de Bordeaux, associés à l'atelier Nebout, propose sur 9200m2, un parcours agréable et intelligent. Les notices accompagnant les œuvres sont bien pensées. On ne peut pas en dire autant des autres musées de la ville ! 

dimanche 19 mai 2013

Debord, un art de la simulation

Crime de lèse majesté que d'oser critiquer Debord évidemment, mais quand même, il faut bien avouer que l'exposition de la BNF, loin de rendre seulement hommage au grand homme, dévoile sans en avoir l'air le visage d'un chef de groupe, certes révolutionnaire et sympathique, mais qui rivalise néanmoins avec les mouvements les plus sectaires et ésotériques, et qui derrière une apparence de refus des codes bourgeois cultive en réalité le culte de la personnalité. Le tableau des appartenances et des exclusions présenté dans l'exposition est à cet égard fabuleux. Car au final le mouvement finit par s'enfermer et lorsque des jeunes tentent de destituer le gouverneur, selon le rituel instauré, ils se font exclure ! La dérision du début à ses limites. Tout comme l'auto-organisation fédéraliste libertaire bientôt abandonnée au profit d'un bon centralisme des décisions, digne du comité central ! Comme bien des mouvements de l'époque, les situationnistes répondent aux mêmes réflexes un brin totalitaire. Passons sur les théories qui sont souvent fantaisistes pour ne pas dire foutaisistes. L'internationale lettriste puis situationniste, ne serait-ce donc que de petits groupes de fanatiques qui s'autocongratulent ? L'exposition laisse un drôle de goût si l'on n'arrive pas à priori en décidant de parcourir l'exposition en se prosternant. C'est quoi au final, le véritable apport de Debord ? C'est tellement intense, que cela parait indicible ou inintelligible ! Quand fera-t-on la lecture critique d'une époque qui n'a pas dédaigné participer du système tout en prenant la pause de ceux qui le refusent avec radicalité ? Ainsi la publication des ouvrages savamment calculée ! Quel génie du marketing ce Debord !
L'exposition, que l'on ne peut pas photographier (c'est bien la peine d'avoir acheté aussi cher ces archives !!), est malgré tout fort belle. Mais l'on peut aussi critiquer la manière dont l'institution BNF en intitulant l'exposition Guy Debord. Un art de la guerre, alors qu'il s'agit d'abord d'un mouvement collectif, travestie à la fois l'esprit et participe de la célébration trompeuse en nourrissant un individualisme peu en phase avec le sujet.

lundi 22 avril 2013

Chapeau au graphiste !

L'exposition de préfiguration de la future Cité de l'Economie à Paris, voulue par la Banque de France, est présentée en ce moment à la Cité des Sciences et de l'Industrie sous le titre L'Economie, Krack, boom, mue. Exposition originale, et complexe à appréhender pour le visiteur comme pour le muséographe, car le sujet n'est à priori par facile. Bravo aux muséographes qui ont oeuvré à rendre le sujet attractif. Si le propos demeure un brin trop classique et orthodoxe - on ne cherchera pas des discours révolutionnaires -, déroulant un fil un brin scolaire, en trois phases (Qui fait l'économie ? Comment ça marche ? Quel est l'état du monde ?) , malgré tout, il faut dire combien on se laisse prendre dans ce propos bien construit. Car l'exposition non seulement développe des manips et des interactifs efficaces, ce dont la Cité des Sciences a le secret, mais s'appuie aussi sur un travail de graphiste remarquable, sous la houlette de Fabien Hahusseau, travail qui contribue à rendre l'exposition plaisante et lisible. Les exemples développés sont probants, ainsi l'illustration pratique de la mondialisation qui invite à scanner des produits communs pour comprendre, ou encore les vidéos ou les données pertinentes. On pourra prolonger ou devancer la visite en se rendant sur le site internet de l'exposition, lui aussi très documenté et également remarquable. A visiter jusqu'en janvier 2014.

vendredi 19 avril 2013

Anticorps au BAL

Etonnant accrochage, d'une série intitulée Anticorps composée des photographies d'Antoine d'Agata, qui vient de s'achever au Bal à Paris. Jouant complètement sur le processus immersif, l'exposition conduit le visiteur à plonger dans la matière, en la démultipliant comme en des jeux de miroirs infinis. Telle série rebondit comme par ricochet sur telle autre, et ainsi de suite. Choisissant dans des milliers d'images, les commissaires de l'exposition Fannie Escoulen et Bernard Marcadé n'ont pas hésité à coller et faire se téléscoper et même se recouvrir les clichés comme pour faire ressortir l'aspect massif et totalisant de la matière. La mort, l'obscène, le sexe y sont omniprésents comme pour traduire la pulsion qui anime le photographe qui assurément ne démérite pas de Georges Bataille. Ce lieu d'exposition fort sympathique poursuit ainsi ses propositions fortes et originales. La prochaine exposition qui ouvre ses portes le 24 avril promet d'être également originale, avec une carte blanche PMU, intitulée Fouilles d'Olivier Cablat qui partagera sa vision des jeux.

vendredi 12 avril 2013

Sous influences

Sous influences, artistes et psychotropes, sous ce titre prometteur La Maison rouge nous promet des voyages intérieurs insoupçonnés. Etonnement peu d'expositions abordant la question de l'influence des drogues sur les processus de création n'avaient jusque-là été montées en France, c'est chose faite. Toutefois, il ne suffit pas de prendre des drogues pour être inspiré, et l'exposition aurait plutôt tendance à démontrer de leurs effets néfastes, car il y a peu d'oeuvres convaincantes. Beaucoup se résument à des gribouillis informes devant lesquels on passe en courant. L'exposition embrasse peut-être trop large aussi, en voulant aborder des univers d'artistes trop éloignés par le style et les motivations, le visiteur finit par perdre pied. De Jean-Martin Charcot à Damien Hirst en passant par Jean-Michel Basquiat ou Larry Clark, l'exposition entend tellement montrer qu'elle finit par créer un Gloubi-Boulga, avec presque 250 oeuvres d'horizons très éloignés. Prouesse que de rassembler toutes ces oeuvres et de donner un premier aperçu de l'étendue du sujet, mais au risque de mettre en lumière tous les absents. Evidemment, l'oeuvre immersive de Yayoi Kusama ne laisse pas indifférent et génère l'effet recherché, des troubles de la perception et des hallucinations visuelles qui rendent compte des substances. Beaucoup d'autres oeuvres sont davantage des productions sous influences, sans chercher à mettre le visiteur dans un état second. C'est l'ambiguité et la force de cette exposition que de jouer sur les deux tableaux. Mention spéciale pour la proposition des amis de La Maison Rouge qui avec Système adéquat de Vincent Mauger crée un bel effet.

samedi 6 avril 2013

Présentation de l'Objectif en Coulisses


Un reportage sur l'exposition L'Objectif en coulisses, réalisée par le groupe des étudiantes en master expographie - muséographie de l'Université d'Artois pour présenter les photographies de Robert Baronet :

Voir l'extrait de l'émission de Télé Gohelle qui présente l'exposition :

http://www.dailymotion.com/video/xyijjm_journal-du-vendredi-22-mars-2013-tele-gohelle_news&start=1711

Lire aussi ici la critique d'Isabelle Roussel-Gillet sur ce blog.


jeudi 4 avril 2013

The Museum of everything

Fin d'exposition pour ce musée très étrange, présenté cet hiver boulevard Raspail à Paris, avant de partir pour Londres, Moscou et ailleurs... L'exposition semble une bonne affaire, puisque l'on se presse pour voir des oeuvres d'art brut, peu innovante au fond, puisque beaucoup d'artistes sont déjà bien connus, mais "révélé" dans une ambiance trash pour faire plus vrai... Si vous aviez aimé le Palais de Tokyo, et sa friche d'attraction culturelle, puisqu'il s'agit en quelque-sorte d'un parc mimant l'univers alternatif, il est certain que vous trouverez le Muséum of Everything à votre goût. C'est juste un cran au-dessus dans la commercialisation de l'alternatif. Le parcours n'est pas soumis à l'accessibilité handicapé, semble-t-il, les musées privées peuvent ainsi s'émanciper des règles sévissant dans le public ? Et il est permis de mettre en scène avec trois francs six sous des collections produites par des marginaux et de remplir le tiroir caisse. Et comme il n'est pas de petit profit, la prise de photo est soumise à une amende de 1000 euros ! Transgression s'abstenir !

vendredi 29 mars 2013

Départs en stage !

Les étudiants et étudiantes du Master Expographie-Muséographie de l'Université d'Artois sont partis en stage en ce début avril... Impliqués pour la plupart dans des stages de 4 à 6 mois, les champs d'intérêts, ancrés en muséologie, sont multiples, ce dont la diversité des missions et des structures témoignent. Musées, agences, communautés de communes, centre d'arts... les lieux d'accueil sont aussi répartis dans toutes les régions et à l'étranger. Parmi les 35 étudiants (15 en master 1 et 20 en master 2), six effectuent leur stage à l'étranger : 2 en Suisse, 2 au Québec, 2 en Belgique. 10 étudiant.e.s font un stage en Nord Pas de Calais, et 25 sont à l'extérieur de la Région. Parmi les lieux d'accueil, citons par exemple le Musée de la Civilisation à Québec, le musée du Louvre, le Musée d'Ethnographie de Neuchâtel, la Friche Belle de mai à Marseille, le domaine de Chamarande, le FRAC Nord Pas de Calais, l'Adresse, musée de la Poste, l'Atelier-musée du papier à Angoulême, le musée de la Céramique de Dieulefit, le musée du jouet à Moirans, les musées Royaux de Bruxelles, le musée du Docteur Guislain à Gand, le musée archéologique de St Romain en Gal, le musée d'Art et d'Histoire de La Rochelle, la Ferme musée du Cotentin, le musée de l'Ailleurs à Yverdon, le Festival de l'Affiche à Chaumont, le Pôle Numérique, la Photothèque de Douai, La Piscine à Roubaix, le centre historique des soeurs de St Anne à Montréal, le musée de St Amand, le Centre d'Histoire Local de Tourcoing, etc, mais aussi une Fondation et quatre agences en muséographie-scénographie. En espérant que les partenariats avec les lieux d'accueil iront en se démultipliant. Bon stage  !

mercredi 13 mars 2013

Les musées d'ethnologie

Les Musées d'ethnologie. Culture, politique et changement institutionnel. Cet ouvrage collectif, sous la direction de Camille Mazé, Frédéric Poulard et Christelle Ventura, regroupe les contributions d'une dizaine de chercheur.e.s. Comme le mentionne l'introduction de l'ouvrage, les musées d'ethnologie connaissent des crises multiples et les auteurs tentent d'en rendre compte et d'esquisser des voix pour l'avenir. Plusieurs auteur.e.s reviennent d'abord sur l'histoire des institutions, le musée de l'Homme évidemment, mais aussi le Palais de la Porte Dorée, le Musée National des Arts et Traditions Populaires et d'autres sur leur devenir, le musée du Quai Branly, la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, et naturellement le MUCEM qui ouvrira prochainement ses portes. Mais d'autres contributeurs se penchent aussi sur des sites moins emblématiques et moins connus, mais qui forment également des études de cas représentatives de la diversité des musées d'ethnographie : musées du patrimoine industriel en Nord-Pas de Calais, musées de la ruralité en Picardie, écomusée de Saint-Nazaire pour l'activité portuaire.

Sommaire :
Camille Mazé, Frédéric Poulard et Christelle Ventura : Démantèlements, reconversions, créations. Contribution à l’analyse du changement institutionnel.
Des musées pour penser l’altérité
Fabrice Grognet : La réinvention du musée de l’Homme au regard des métamorphoses passées du Trocadéro
Christelle Ventura : Les « polyphonies » du musée du quai Branly ou l’art d’acclimater les discours
Anne Monjaret et Mélanie Roustan : La repatrimonialisation du Palais de la porte dorée : du musée des Colonies à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Des musées pour représenter la France
Richard Dupuis : De l’agriculture dans les musées aux musées d’agriculture de 1920 à 1980
Martine Segalen : L’impossible musée des cultures de la France. Le cas du musée national des Arts et Traditions populaires
Camille Mazé : Du MNATP au(x) MuCEM. Les vicissitudes du musée français d’ethnologie nationale
Des musées au service et à l’épreuve des territoires
Helène Melin : Le rôle des musées de patrimoine industriel dans les reconversions territoriales. Le cas de la Région Nord-Pas-de-Calais
Anne Hertzog : Les musées d’ethnologie au défi des recompositions territoriales. Le cas des musées consacrés à la ruralité en Picardie
Serge Chaumier : Écomusées : structures porteuses de ressources pour l’avenir. L’exemple de l’écomusée de Saint-Nazaire

lundi 11 mars 2013

Images à conviction


Frissonnante exposition au Grand Curtius à Liège sur les flics, disons sur la police. L'exposition Images à conviction démontre que les flics sont des hommes et des femmes comme les autres, participant de l'humanité, avec grandeurs et faiblesses. L'exposition donne à voir un métier difficile sans s'attarder sur l'analyse ou le commentaire. Non pas que l'exposition joue de la mise en scène sur un sujet qui aurait pourtant pu fournir occasion à mise en ambiance exceptionnelle. Les moyens sont ici modestes et l'intention est d'aller à l'essentiel. Les documents présentés sont suffisamment forts pour être prenant, car peu de photographies se veulent comiques, contrairement à celle qui illustre ce post. Essentiellement, ce sont des photographies présentant les activités des polices, et surtout des regards d'artistes, de photographes, mais aussi de vidéastes. Les pauses artistiques permettent de reprendre son souffle car les photos d'archives, si elles sont parfois drôles, sont plus souvent éprouvantes, si bien que l'exposition est déconseillée aux enfants et l'on comprend pourquoi en la visitant. En rappelant notre condition de mortels, l'exposition témoigne de toute la violence du monde. 
Conjonction de calendrier et pour poursuivre dans la légèreté, il se trouve que Liège commémore cette année la mémoire la Shoah et témoigne de la politique envers les juifs durant la seconde guerre mondiale, un mémorial et une exposition retrace l'histoire peu glorieuse de Liège durant cette période. Démarche courageuse. 

samedi 9 mars 2013

Visiteurs photographes au musée



Vient de paraitre Visiteurs photographes au musée, sous la direction de Serge Chaumier, Anne Krebs et Mélanie Roustan et rassemblant les contributions d'une trentaines de chercheurs, mais aussi de photographes.


Extrait de la 4ème de couverture :

Interdire, autoriser ou encourager la pratique photographique des visiteurs ? Quelle vision d’eux-mêmes et de leurs missions les musées livrent-ils à travers les choix qu’ils opèrent ? La photographie amateur, apparue dans les musées au xixe siècle, s’est généralisée avec la démocratisation de son usage privé, le développement du tourisme et le renouvellement des technologies. Elle fait aujourd’hui l’objet d’une controverse concernant les biens relevant du domaine public.
Cet ouvrage pluridisciplinaire fait d’abord le point sur les ressorts juridiques du débat et dévoile des enjeux de légitimité plutôt que de légalité. Puis, l’attention se porte sur l’expérience des visiteurs et sur la pluralité des usages de la photographie dans les musées : instrument de travail, support d’apprentissage et de formation du regard, mémoire de la visite ou source d’expression. Plusieurs études de cas s’intéressent aux formes d’appropriation des images numériques et explorent des pistes quant à leur intégration à une politique des publics ouverte au partage des savoirs ou à la créativité. Des interludes photographiques ponctuent les textes et portent un autre regard sur cette question.

Contributions

Michaël Bourgatte Nathalie Casemajor Loustau Serge Chaumier Sylvaine Conord Noémie Couillard Mélanie Dulong de Rosnay Jacqueline Eidelman Émilie Flon Séverine Giordan André Gunthert
Bernard Hasquenoph Annie Héritier Irène Jonas Anne Krebs
Pierre Lannoy Gaëlle Lesaffre Valentina Marziali Susanna Muston Martine Regourd Chloé Roubert Mélanie Roustan
Géraldine Salord Jean-Michel Tobelem Dominique Trouche Hécate Vergopoulos


Interludes photographiques 
Robert Baronet
Hilli Hassemer 
Gérald Ritter et ses élèves 

Corinne Vionnet 

vendredi 8 mars 2013

Journée d'étude sur la photographie au musée

Vendredi se déroulait au Louvre-Lens une journée d'étude co-organisée par le master Expo-Muséographie de l'université d'Artois, le Louvre Lens, le musée du Louvre et la direction des patrimoines du ministère de la culture et de la communication. 115 participants, dont un tiers d'étudiants, doctorants et deux tiers de professionnels des musées et de chercheurs, ont participé à cinq ateliers thématiques sur :

  • les usages et comportements des visiteurs photographes dans les expositions
  • les aspects juridiques attachés à la photographie dans les musées
  • l'usage sur internet et sur les réseaux sociaux
  • les actions culturelles conduites avec l'usage de photographie
  • les enjeux et effets de la photographie sur les institutions et les métiers 

Ces cinq ateliers, dont les étudiantes du master ont proposés les comptes rendus donneront lieu à des synthèses. Des professionnels du musée du Louvre, du Centre Pompidou, de Versailles, de la BNF, du musée d'Orsay, du MAHJ, du musée d'Hazebrouck, du réseau PROSITEC, du Forum de Bavay, de l'association des conservateurs Nord Pas de Calais, du Conseil Général Pas de Calais, du Centre des monuments nationaux, du musée des Beaux arts de Lille et de Valenciennes, le service de la conservation du diocèse de Cambrai, le LAM, le musée de la Céramique de Desvres, du musée de la dentelle de Calais, la Piscine de Roubaix, l'Espace 36, la Fédération des amis de musées, Universciences, le Forum des sciences, des musées universitaires de Bruxelles... mais aussi de Clic France, de Who Art You, de Culture Visuelle, du Louvre pour tous et des journalistes étaient également présents, ainsi que plusieurs universités au travers de la présence d'une quinzaine de chercheurs, du ministère, et de la Réunion des musées nationaux.