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Master MEM

lundi 30 avril 2012

Brûler les oeuvres avant de brûler les musées

On se souvient du titre de l'article de Jean Jamin en 1999 qui posait la question : "Faut-il brûler les musées d'ethnographie ?", il faisait écho aux provocations des surréalistes invitant à bruler les musées pour stimuler la création contre tous les conservatismes. Certains disaient même le Louvre, crime suprême ! Les musées avaient alors mauvaise presse chez les artistes. Les temps ont bien changé et ce n'est pas par désir révolutionnaire que l'on voit aujourd'hui un conservateur menacé de brûler les oeuvres, puis passer à l'acte. C'est par désespoir, frappé par la disette budgétaire. Le conservateur du musée d'art contemporain de Casoria près de Naples lance ainsi un cri d'alerte, relaté par bien des médias, dont le Monde. Avec l'autorisation et le soutien des artistes concernés, il commence à faire le vide. Il n'y aura ainsi plus besoin de crédits pour entretenir ce patrimoine. En Espagne, le conservateur du musée du Prado n'imagine heureusement pas de telles extrémités, mais reconnait également une baisse de 30% de ses subventions et il avertit également dans le Monde d'une situation qui va devenir dramatique et intenable pour bien des sites plus modestes. Quand est-ce que l'on change de modèle économique et que l'on invente autre chose ?

mercredi 25 avril 2012

Nouveau Palais de Tokyo

Nous attendions sa réouverture : il y a de quoi se perdre en effet dans ces nouveaux espaces immenses du Palais de Tokyo. Avec une double présentation, gratuite en partie pour les propositions de la Fondation Pierre Bergé et Yves Saint Laurent et payante pour la Triennale Intense Proximité, le Palais expose de multiples oeuvres de la création contemporaine. Comment s'y retrouver ? Comment lire et comprendre ? Aucun accompagnement des visiteurs, de vagues cartels scotchés sur les poutrelles en béton, et puis rien d'autre. Certes quelques médiatrices sont présentes pour répondre, mais à quoi ? On ne sait pas, car il faudrait pour que l'on entame le dialogue que les oeuvres donnent une quelconque envie de se poser des questions. La plupart sont jetées là et nous laissent complètement froids. Contrairement aux propositions de l'art contemporain tel qu'on l'aime, quand il est occasion de conduire et de susciter une réflexion sur un thème, on saute ici d'une chose à l'autre comme dans n'importe quelle biennale. Vaste supermarché de la création contemporaine. Il y a bien le thème de l'ethnologie qui se voit instrumentalisé et récupéré, parce que tout se recycle dans cette société de consommation fusse t-elle culturelle. Le lieu est curieux et toujours étonnant à surprendre dans ce XVIème arrondissement de Paris, toujours plus friche et plus mode, ou plus moche pour cette nouvelle version.

samedi 7 avril 2012

Joel-Peter Witkin

Exposition dérangeante, comme on les aime, à la BNF Richelieu, avec ces oeuvres photographiques de Joel-Peter Witkin dont nous avions eu le plaisir de découvrir le travail il y a longtemps déjà. Oeuvres morbides, glauques, improbables, mais qui font référence à bien des obsessions qui ont hanté les artistes depuis toujours. C'est l'intelligence des concepteurs que de mettre en parallèle les héritages du passé depuis Goya, Rops, Picasso et bien d'autres et les productions de cet artiste hors norme. Si les clichés évoquant l'univers forain sont malheureusement moins bien représentés dans cette exposition, et que les oeuvres les plus difficiles à regarder sont également moins présentes, il y a malgré tout un beau panorama de ses productions. Avec toujours des compositions très soignées. Là où l'esthétisation des cadavres chez Van Hagens semble déranger, il apparait peu de réactions offusquées contre Witkins : est-ce parce qu'il est moins connu ? Est-ce parce qu'il ne tourne pas avec des expositions pensées comme des superproductions ? Ame sensible s'abstenir...

lundi 2 avril 2012

Artemisia

Il est plaisant de découvrir de nouveaux artistes qui nous avaient échappé, de les redécouvrir. C'est d'autant plus plaisant quand il s'agit d'une femme artiste, pionnière de l'histoire de l'art. Une belle figure à enseigner pour que toutes les petites filles puissent disposer enfin de modèles d'identification ! Alors que l'on entendait dire il y a peu de temps encore que c'était une fatalité, et que nous n'avions malheureusement que peu d'artistes féminins dans l'histoire de l'art... Quand on cherche, on trouve ! Nous aimons Elisabeth Vigée Le Brun, mais Artemisia Gentileschi est également fort intéressante. Comme le Caravage, il aura fallu trop attendre pour la redécouvrir. C'est un véritable plaisir, non seulement parce que son histoire est touchante et exemplaire, mais aussi parce que sa peinture est souvent prenante. Curieuse époque où l'on prenait plaisir à se repaitre dans les représentation du meurtre et de la violence, mais est-ce si différent aujourd'hui ? !

Remarquons quand même la politique commerciale agressive du musée Maillol, allez jusqu'à proposer du parfum et des savonnettes au nom de l'artiste en boutique, quand même est-ce bien raisonnable ? ...

mardi 27 mars 2012

Exhibitions. L'Invention du sauvage

Prenez des tableaux, des têtes en cire, des artistes, des hommes politiques, des affiches de spectacle et des cartes postales des expositions universelles, et toute iconographie où figure une représentation de l'Autre, de celui que l'on nomme pour cette exposition présentée au Quai Branly, le sauvage : figures mythologiques de l'homme des bois, monstres et êtres difformes et surtout figures d'hommes et de femmes noirs... Tout est bon du moment que cela permet de créer un discours manichéen et très binaire, simpliste à l'excès, mais très politiquement correct pour dénoncer le méchant Occident qui a construit l'Autre. Le problème c'est qu'à force de pointer toujours dans le même sens cela devient suspect, car la thèse ne tient pas très bien. S'il y a mise en représentation des noirs, des indiens ou des papous, c'est que tout est mis en représentation, y compris les bretons, les alsaciens, mais aussi les bourgeois dans les comédies musicales... C'est le paradigme du XIXème siècle que de mettre en représentation et c'est là l'origine de la société du spectacle. N'extraire qu'une facette où ne figure que des noirs est problématique. Mélanger les noirs et les monstres dans l'exposition est tout aussi douteux que dans la réalité de l'époque. Sans évoquer non plus le voyeurisme que l'on suscite chez le visiteur lui-même et que quelques miroirs ne suffissent pas à questionner. De même, ne peut-on pas accuser cette exposition de déployer une conception raciste (malgré la présence de la Fondation Thuram) ? Car que signifie de montrer des rois et des ambassadeurs à la cour du roi ? Les gens de pouvoir n'attirent-ils pas toujours la curiosité ? Où commence l'exotisme de l'Autre ? La reine d'Angleterre déplace également les foules ! Pourquoi montrer par exemple ces gravures d'ambassadeurs de Louis Surugue de Surgis si ce n'est que ce sont des hommes venus d'Afrique ou d'Asie ? Le racisme ne commence t-il pas ainsi ? Il serait possible de faire bien d'autres remarques. Est-ce honnête de mélanger sans avertir réellement le public les représentations de ceux qui étaient déplacés et forcés de s'exposer dans les expositions universelles, de ceux qui l'étaient pas leur propre pays, de ceux qui étaient rémunérés pour cela et qui bénéficiaient de contrat de travail ? Les artistes qui viennent danser alors, comme du Royaume du Siam, sont-ils parfois si différents de ceux qui viennent aujourd'hui à la Maison des cultures du monde ou sur la scène du Quai Branly ? Pourquoi ne pas s'attarder sur la revue nègre quand Joséphine Becker finançait ainsi les expéditions de la mission Dakar Djibouti, source de certaines collections du musée ? Comment le musée du QB lui-même présente t-il les autres cultures en les traitant comme des isolats dans ses expositions permanentes ? Plutôt que de clamer pour finir la disparition des zoos humains, ne serait-il pas intéressant de faire réfléchir le visiteur sur certaine forme de tourisme international, quand des hordes d'Occidentaux vont photographier par exemple les tribus du nord de la Thaïlande ? Une exposition certes très belle, mais dont le contenu est fort discutable... Heureusement, il reste un très beau catalogue qui témoigne de recherches conséquentes.

vendredi 23 mars 2012

Roulez Carrosses !

Ils sont arrivés enfin à Arras les fameux carrosses tant espérés de Versailles, ils ont pris place au coeur de l'abbaye Saint Vaast, entourés de tableaux les mettant en scène, selon leurs usages, à la chasse, à la guerre, par les rues et les champs. De forts beaux tableaux historiques, même si nous préférons malgré tout celui de Natier ! Du carrosse de Louis XV au premier véhicule de la République. En relatant l'évolution technique de ce moyen de transport, l'exposition convie à la découverte d'un pan de l'histoire de France, et braque le projecteur sur de beaux objets, demeurés longtemps dans l'ombre et l'oubli, donnant ainsi l'occasion de les restaurer. Les explications sont essentiellement historiques. Il est vrai qu'il n'est guère besoin de s'attarder longuemment sur le statut social qu'ils représentent, la symbolique du pouvoir qu'ils charrient quand on constate leur richesse et leur somptuosité. On ne viendra pas dans l'exposition non plus pour comprendre comment on les utilisait, la vie de ceux qui en usaient, la dextérité des conducteurs, encore moins les conditions de vie des palefreniers. Pour ça, mieux vaut aller voir L'Adieu à la Reine ! Rien non plus sur ce que cela impose de contraignant ou de souffrance éventuelle aux chevaux ! Non le visiteur viendra pour admirer de magnifiques objets, s'intéresser à l'histoire de France, tout ébloui des ors de la monarchie ! Les révolutionnaires avaient raison, il était prudent de dépecer le carrosse du sacre de Louis XVI ! La force de beaux objets peut être ferments contre-révolutionnaire.

Belle scénographie très posée de Frédéric Beauclair. Regrettons seulement que celui qui fait oeuvre de scénographie soit appelé muséographe (ici, comme au Louvre-Lens...). A croire que les plus grandes institutions n'ont pas encore compris la différence qu'il conviendrait pourtant de faire pour s'y retrouver quelque-peu entre ceux qui travaillent aux contenus et ceux qui les mettent en forme et en espace... Bref, sujet d'éternels énervements en lisant les génériques d'exposition...
Signalons enfin le travail remarquable d'actions culturelles conduit localement par les chargés de mission pour donner à l'exposition toute son envergure et sa place dans la cité.

vidéo sur l'expo : http://dai.ly/GQRdW1

samedi 17 mars 2012

L'oeuvre et ses archives

Exposition aux allures hermétiques, mais qui recèle plusieurs niveaux d'intérêts sur la plan muséologique, avec L'Oeuvre et ses archives, le CAPC présente trois oeuvres de sa collection permanente de Daniel Buren, Mario Merz et Claude Rutault. A priori, ce sont moins les oeuvres en soi de ces trois artistes qui retiennent l'attention que la réflexion à laquelle elles engagent sur leur condition de présentation et de conservation par l'institution. En effet, ces oeuvres ont été présenté dans des contextes et avec des modalités différentes selon les expositions, dès lors que faut-il adopter à l'avenir comme références ? D'une autre manière, que faut-il patrimonialiser et conserver comme étalon ? L'artiste peut faire évoluer ses oeuvres, les retoucher, revenir et les transformer, mais l'institution qui les acquiert, qui les conserve et qui les remet en scène dans de nouvelles expositions doit adopter quel parti-pris ? Au travers de documents d'archives, le CAPC invite ainsi le visiteur à s'interroger non seulement sur les processus de création, mais aussi sur les problématiques muséologiques que l'on peut appréhender du point du vue du conservateur.

lundi 12 mars 2012

Aller Retour vers le futur

Le message n'est pas toujours des plus limpides et l'on ne sait pas toujours si le futur a une belle gueule, mais les oeuvres présentées nous invitent à l'étrangeté. Cascade inversée de Heewon Lee, Micro-ferme et jardins hors sols de Damien Chivialle, ou animaux peu câlins pour Pleix, collectif de 7 artistes, dans Hybrid, puisque ces gentils animaux deviennent féroces dès que l'on veut en approcher, toutes ces propositions pourraient nous faire croire qu'il s'agit de mettre en scène nos rapports à la nature. Cette exposition à la Gaieté Lyrique est davantage préoccupée par une exploration temporelle.

L'espace est agréable, dédié aux arts numériques, il permet de faire revivre un lieu longtemps laissé à l'abandon. On devra tester le dispositif audioguidé qui invite à revisiter l'histoire de cette salle de spectacle, de l'abri pour éléphants au rez de chaussé, jusqu'au foyer et aux musiques de la folle vie parisienne à l'étage. Des courts témoignages et des extraits d'entretiens sont proposés selon les lieux à partir des flash codes, que l'on peut même alimenter grâce à un dispositif contributif. La technique d'interprétation des lieux de KOM.POST & ORBE est en test, elle va gagner très certainement de nombreux endroits dans un proche avenir.

lundi 5 mars 2012

Iturria, la vie comme elle va

Original événement au succès garanti, l'exposition des dessins de presse d'Iturria pour le journal Sud Ouest présentée au musée d'Aquitaine de Bordeaux depuis vendredi est des plus agréable. Drôle, simple et efficace, pour en résumer l'esprit. Des dessins sur l'actualité politique des trente dernières années, mais aussi des enjeux de société, des planches de ses bandes dessinées sur le rugby et plus largement sur la vie régionale, aux fortes tonalités régionalistes. La manière de mettre en scène par le musée, avec des dessins en grand format, en silhouette découpée, est très plaisante et donne à l'exposition une forte présence. Notons le parcours spécifique pour les aveugles, avec un tracé au sol assez étrange, mais aussi des reproductions tactiles d'une sélection de dessins. La conférence d'ouverture avec Cabu et l'inauguration promet un beau succès pour cette exposition à voir durant les trois prochains mois.

lundi 27 février 2012

Centre Pompidou Mobile

Intéressante opération à analyser, pleine d'ambivalences et de paradoxes. C'est ce que les étudiants du master Muséo-Expographie ont tenté de saisir lors du voyage d'étude réalisé à Cambrai, seconde étape du Centre Pompidou Mobile, avec un dispositif initié par le Centre Beaubourg, et initié dans le cadre du feu Conseil à la Création artistique. Les collectivités territoriales se montrent particulièrement volontaires en finançant largement le fonctionnement et la venue des 15 oeuvres mises en scène sous la structure mobile imaginée par Patrick Bouchain. Les médiations mises en oeuvres sont originales, et constituent un pari risqué et imparfait, mais qui donne à réfléchir sur les difficultés et les impératifs d'une démocratisation souvent inaccessible. Le rêve que nourrissait déjà Le Corbusier dans les années 30 avec son musée itinérant trouve ici son lieu d'exercice. Il fallait le faire. Après Cambrai, la structure sera accueillie à Boulogne, puis poursuivra son tour de France bien singulier. Seule une évaluation permettra de dire si les objectifs d'accessibilité par de nouveaux publics seront atteints, et si ceux-ci se précipiteront ensuite dans les musées de la région, soudain frappés par la révélation de l'art !

samedi 25 février 2012

La bosse des maths

Exposition pour initiés ? En tous les cas, il faut être à l'aise avec les mathématiques pour y comprendre quelque-chose. On veut bien croire qu'il y a là des choses étonnantes, mais il faut le croire sur parole. La rencontre de l'art contemporain et des mathématiques laisse pantois, et l'on ne sait que penser de cette exposition fort peu attrayante. La Fondation Cartier pour l'art contemporain a certes eu une idée originale de marier ainsi des univers inattendus, mais le profane est quelque peu oublié en chemin. Que faut-il en retenir ? Qu'en retiendrons nous ? Pas grand chose sans doute. Huit scientifiques rencontres neuf artistes, l'idée est belle. Cependant, le dépaysement soudain laisse un peu de marbre, malgré que les artistes soient en principe convoqués pour nous faire vivre une expérience sensible. Comme un voyage dans une planète si lointaine que l'on ne sait même pas s'il a eu vraiment lieu.

mardi 21 février 2012

Danser sa vie

Exposition très convaincante qui déploie un magnifique panorama sur la danse, où les documents d'archives répondent aux tableaux et aux sculptures et évidemment aux documentaires et captations audiovisuelles de spectacle. Différents thèmes sont tour à tour abordés, les écoles et les mouvements artistiques, qui permettent de cheminer de manière logique et rationnelle, dans une optique pédagogique qui ne met pas à mal, pour autant, le plaisir que l'on peut avoir à flâner et découvrir au grès des découvertes. Une belle proposition qui confirme la maitrise de Beaubourg dans l'art de l'exposition. Mention spéciale pour les danseurs du lac majeur près d'Ascona, datant de 1914, descendants de cette utopie fouriériste, remplis d'amours, à l'aube d'une guerre qui se révélera l'effroyable boucherie que l'on sait. Et puis ces mises en perspective entre oeuvres et moments dansés. Un très beau télescopage, plein de sens.

mercredi 15 février 2012

L'Europe des esprits

Très beau thème pour une exposition dont la plus grande réussite aura été sans doute la communication, conduite de manière magistrale. Comme en atteste la revue de presse abondante, elle aura été remarquée de très loin, provoquant les déplacements vers Strasbourg où se tenait au musée d'art moderne et contemporain cette exposition L'Europe des esprits ou la fascination de l'occulte (1750-1950). A l'heure de son bilan, que pouvons nous en retirer ? D'abord que le thème exigeant est original, et que l'on se plait toujours à découvrir des expositions thématiques qui invitent à relire autrement l'histoire, et dont l'histoire de l'art n'est qu'un élément. Mais c'est peut-être un des écueils de cette exposition, de n'être pas allé assez loin dans l'élaboration d'une vraie réflexion transversale. En composant une exposition en trois parties, si ce n'est trois expositions rassemblées dans un même bâtiment, avec une partie consacrée à l'histoire de l'art réalisée par le musée, une partie à l'histoire et aux archives, réalisée par la bibliothèque, et enfin une partie sur les sciences réalisée par le Jardin des sciences, il y a une volonté de partager une même dynamique, mais cela ne fait pas une exposition transversale pour autant. Ainsi de mêmes thèmes sont abordés plusieurs fois, en laissant le visiteur assurer seul le dialogue et les connexions. Si bien que l'exposition produit ce qu'elle devrait dépasser, la séparation des disciplines ! En embrassant trop largement, elle produit aussi un grand bain dans lequel on surnage difficilement, au risque de se noyer. Sans parler de la muséographie et de la scénographie très inégales selon les parties de l'exposition, la tentative était belle, elle laisse un goût d'inachevé. Une belle accumulation d'objets et d'oeuvres, une recherche certes importante de pièces, dans toute l'Europe, au risque du reste d'une absence fatale de hiérarchies, mais surtout d'un manque de clarté évident dans le propos. L'exposition reste au milieu du guet, entre une exposition d'art et une exposition à thèse, telle qu'un Jean Clair a pu en proposer magistralement par le passé. Une exposition certainement produite trop vite.

vendredi 10 février 2012

Sept fois plus à l'ouest

Yann Kersalé expose présentement à l'Espace Electra à Paris les projets conduits principalement en Bretagne, sa terre de prédilection. Jeux avec la lumière, jeux malicieux et souvent astucieux pour faire ressortir autrement le quotidien de la nuit. Saisissant le passant par des jaillissements imprévus, l'artiste fait surgir une beauté nouvelle, fruit de l'électricité et de l'ingéniosité. En réinvestissant les idées pour en faire autre chose, l'exposition témoigne de la démarche, rend compte d'une situation en créant une situation nouvelle, celle de l'espace d'exposition dans les murs pour s'inspirer du hors les murs. Fort habile et surprenante, l'exposition invite à aller sur place, mais propose aussi une cohérence interne, et se visite pour elle-même, puisque ce sont souvent de nouvelles oeuvres qui font simplement des clins d'oeil à leur grande soeur. Sorte de poupée gigogne, de mise en abîme. Ainsi cette installation pour le centre des télécommunications de Pleumeur-Bodou. Mais il y a aussi les alignements de Carnac, le phare de l'Ile Vierge, le Sillon noir, le Chaos du Diable et bien d'autres noms de lieux inspirants !

jeudi 2 février 2012

La France en relief

Ce n'est sans doute pas véritablement une exposition de préfiguration, mais disons un avant-goût d'un projet qui se veut résolument tourné vers les territoires et vers la France entière. La future Maison de l'Histoire de France se veut une tête de réseau et entend fédérer les musées et lieux d'histoire disséminés ici ou là. Des têtes de réseaux qui avaient cette volonté, il y en a eu un certain nombre à Paris, dans bien des secteurs, espérons que cette volonté dans le champ de l'histoire ne tombera pas dans l'amnésie... Ce serait un comble ! Cependant si la mémoire est importante, elle est d'autant plus intéressante, à notre goût, quand elle est reliée aux problématiques contemporaines. Ce n'est pas vraiment le cas pour cette première exposition présentée aux Galeries du Grand Palais dédiée aux plans reliefs. Certes la mise en parallèle de la ville de Brest et sa destruction est émouvante. On peut découvrir quelques villes de France, fortifiées, et la splendeur d'un temps qui n'est plus, époque où le roi demandait à Vauban s'il construisait sa citadelle bisontine en or tant celle-ci était couteuse aux deniers de l'Etat. Les temps ont bien changé, et on ne peut pas dire que ni la restauration des monuments historiques, ni l'architecture contemporaine, ne bénéficient désormais de largesses. Reste que cette exposition est une mise en bouche, assez belle dans sa présentation, même si le contenu n'est pas renversant.

vendredi 27 janvier 2012

Musées (em)portables

Une fois n'est pas coutume, citons un article du Figaro ! Il rend compte du prix du Sitem décerné aux musées (em)portables. Intéressante initiative qui consiste à inviter les visiteurs à réaliser des films avec leurs portables et à les partager. Belle appropriation des musées par les visiteurs, et notamment, à l'instar de ce premier prix, des jeunes entonnent un rap franco-espagnol au musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. C'est étonnant, et l'on ne sait au premier abord ce qu'il faut en penser, tant le sujet est délicat, mais c'est peut être une manière différente de sensibiliser. Pourquoi ne pas admettre que l'on puisse développer de nouveaux rapports aux lieux, de nouveaux regards ? En tous les cas, l'exercice est intéressant dans ce qu'il signifie des nouvelles approches, participatives et investies des lieux de culture. Loin des institutions repliées sur elles-mêmes, l'exercice invite pleinement à penser le musée comme un lieu d'inventivité et de nouvelles pratiques. "Une nouvelle culture", pour citer Bernard Deloche.

La Franche-Comté se distingue par le premier et le quatrième prix, celui attribué à Yvain Reydy pour Les Tribulations d'un rouleau de scotch au musée, au musée de Dôle, que nous apprécions particulièrement, et que l'on pourrait dédier à Thomas Hirschorn ! Mais quand même, nous, notre préféré, c'est Mosquito... à découvrir...


samedi 21 janvier 2012

Bêtes Off

Très belle exposition présentée à la Conciergie à Paris après l'avoir été dans plusieurs sites gérés par le Centre des Monuments nationaux. Bêtes Off rassemble une belle anthologie d'artistes contemporains s'attaquant à la question animalière. Claude d'Anthenaise, le conservateur talentueux du musée de la Chasse et de la nature, assisté de Raphaël Abrille sont les commissaires, et signent une proposition qui trouve un beau succès auprès du public. Certes, il y a bien quelques grincheux qui, venus pour voir le bâtiment, protestent dans le Livre d'or, comme à chaque fois qu'il s'agit de faire vivre un lieu en lui trouvant d'autres fonctions que lui-même. Pour les autres, ils s'étonnent, admirent, s'amusent et s'enthousiasment en découvrant par exemple le repas singulier de Greta Alfaro, pour ne pas évoquer celui de Isabelle Lébvénez, les installations étranges de Nikolay Polissky ou encore l'esprit de la baleine illustré par Julie Faure-Brac différemment de Christian Gonzenbach. C'est plus de 50 oeuvres qui dialoguent et se télescopent (parfois un peu trop quand l'accrochage est peu élégant). Par dessus tout notre enthousiasme va à Claire Morgan avec Here is The End of All Things. Magnifique.

A voir jusqu'au 11 mars.

jeudi 19 janvier 2012

Nouveau manuel de Conception des expositons

Vient de paraitre un nouveau manuel de conception des expositions que nous venons de lire. Signé par Pam Locker, professeur à l'Université Lincoln au Royaume-Uni. Nous sommes toujours heureux de découvrir des nouvelles publications en muséologie. D'un très bel aspect, richement documenté, avec des photographies de qualité, agréablement mis en page, le livre est d'une très belle facture. Il est très attractif. Toutefois, le problème réside dans la traduction et de ne pas réellement correspondre aux réalités des métiers tels qu'ils se développent localement, notamment en France. Outre que ce manuel parait très flou, dans sa démarche méthodologique et qu'il semble assez peu structuré dans son développement, il tend à confondre, comme c'est souvent le cas, - et comme nous avions déjà pu le déplorer déjà pour l'ouvrage Scénographie d'exposition de Philip Hugues - les concepts de muséographie et de scénographie. Il est frappant que le glossaire de fin d'ouvrage ne comporte ni le terme de muséographie, ni de muséologie, ni de scénographie, pas même de programme, d'avant projet sommaire ou d'avant projet définitif... Autant de termes usités en France, alors que l'ouvrage utilise le terme anglo-saxon de Brief ! C'est évidemment un problème que de voir un ouvrage traduit sans aucune prise en compte de la réalité professionnelle hexagonale, et plus largement francophone. Plus grave, le présent ouvrage s'intéresse beaucoup aux manières de présenter, mais assez peu à la construction intellectuelle qui devrait présider à la mise en exposition. Cela nous parait d'autant plus dommageable que c'est là un travers trop fréquent dans les institutions. On peut rester très dubitatif sur l'intérêt de cette publication qui cède souvent à l'anecdotique.

mardi 17 janvier 2012

Paris sur grand écran

Magnifique dispositif, simple par sa présentation, mais impressionnant par sa réalisation, le Pavillon de l'Arsenal présente un multimédia sur Paris, qui est assez fascinant. Paris, la métropole et ses projets. Informations sur les projets d'urbanisme et architecturaux, mais survol aussi pour le simple plaisir des quartiers et découverte des aménagements. Ce projet soutenu par Decaux et Google composé d'environ cinquante écrans donne une vision de la capitale que l'on peut admirer depuis la mezzanine du Pavillon. Une présentation plus classique de trente projets de constructions de logements à Paris sont présentés à l'étage avec les différents concurrents. Au total environ 120 projets à comparer, de quoi nourrir tous les amateurs du genre.

A voir la remarquable vidéo de l'installation.

mardi 10 janvier 2012

3 grâces à Orsay...

Sur Louvre pour tous, (relayé sur le groupe Orsay Commons), Bernard Hasquenoph a raison d'attirer l'attention sur ce coup de pub. Prenant la logique de la performance, du happening, ou encore de la logique militante des actions surprises (style Greenpeace !), 3 mannequins surprennent les visiteurs d'Orsay en se mettant en petites culottes au sein des expositions. On se rappelle les mouvements de par le monde où l'on se met tout nu en guise de protestation. Voilà de la belle récupération par le système des actions de contestation, du Debord dans le texte. Outre que la vidéo montre une intervention très mauvaise, aucune réflexion sur les attitudes et les comportements qui auraient pu avoir peut-être un sens dans ce lieu où la représentation du corps dévêtu est omniprésente, il faut surtout noter que c'est ici de la pub pour une marque de lingerie célèbre qui l'affiche ainsi sur son site officiel. Bref, le musée d'Orsay pourrait réagir face à ce qui est une forme de publicité intrusive ou clandestine, sauvage, à moins que le musée ait donné son accord ? En tous les cas, c'est assez étonnant de voir qu'une marque peut filmer dans le lieu, et s'en servir pour ses bases besognes de réclames, mais que de simples visiteurs n'ont pas le droit de photographier dans ce musée !

lundi 9 janvier 2012

Mémoires du futur, la collection Olbricht

Très belle exposition, originale et troublante, La Maison Rouge propose de découvrir la collection de Thomas Olbricht, médecin allemand, qui a accumulé depuis vingt-cinq ans une formidable collection où se mêle l'art ancien et l'art contemporain. Cette façon de faire dialoguer les oeuvres du XVIè siècle, les Dürer par exemple, avec les propositions des artistes actuels est des plus passionnante. Non seulement cela témoigne d'une cohérence de collection, qui au travers des 2500 pièces acquises, revisite des thèmes intemporels, la mort, les naturalia, la vanité et la violence, les natures mortes, et les inévitables cabinets de curiosité, les figures religieuses, mais les rapprochements sont souvent troublants laissant presque à penser qu'il s'agit d'oeuvres de commande pour interpréter des oeuvres anciennes. Ainsi cette série Les Grandes Misères de la Guerre de Jacques Callot de 1633 revue par l'artiste suédoise Johanna Karlsson. La vidéo d'Antoine Roegiers à partir des gravures de Pieter Brueghel l'Ancien est captivante et souvent drôle. Elle pose aussi la question sensible d'une oeuvre médiatrice, à la fois artistique et culturelle. C'est le grand intérêt de cette exposition que de donner à découvrir des artistes peu connus en France. La liste des oeuvres et des artistes présentés est impressionnante. A voir très rapidement avant le 15 janvier.

dimanche 8 janvier 2012

Atelier photo au musée

Les jeunes ont de la chance ! Si vous avez entre 14 et 17 ans, l'Apple Store du Louvre vous propose un atelier photo en partenariat avec le musée du Louvre : vous prenez des photos au musée et ensuite vous apprenez à les retoucher et à créer vos albums avec les animateurs du magasin. Renseignement sur le site de l'Apple Store carrousel, dans les ateliers.

Prochain atelier le mercredi 11 janvier à 14h.
Une façon d'apprendre à regarder en cadrant et en cherchant les points de vue originaux, bref de développer la créativité au musée...
Et dire que pendant ce temps là, d'autres musées comme le voisin Orsay interdit la pratique de la photo dans ses salles pour mieux permettre la contemplation ! Et dire surtout que celui qui se rêve déjà en futur ministre de la culture d'un gouvernement de gauche, Christophe Girard, se prononce dans un livre récemment publié pour l'interdiction de la photo au musée. Un vrai progressiste !

samedi 7 janvier 2012

De la gratuité des musées

Lu dans les pages Débats du Monde du 4 janvier, une contribution des GRECs, Groupe d'études et de recherches sur la culture, réunissant des fonctionnaires travaillant dans le domaine culturel, intitulé Pour une autre politique culturelle visant à formuler des propositions en la matière. Au vu des idées énoncées dans l'article, il n'y a pas de révolution en perspective à attendre avec un éventuel retour de la "gauche" aux prochaines élections si ce sont les fonctionnaires qui inspirent les politiques !

Cependant une mention sur les musées peut nous faire bondir, elle vilipende "la coûteuse gratuité d'accès aux musées nationaux qui selon toutes les évaluations n'a pas permis de diversifier la fréquentation"... Et qui remplacerait "la politique des publics". Pourtant on peut s'interroger : la mise en place de la gratuité n'est-ce pas justement une mesure de politique des publics ? Mais ce n'est pas le plus grave, le problème sur le fond c'est que les études conduites démontrent au contraire l'efficacité et la diversification. Il faudrait pour l'admettre prendre la peine de lire les études existantes (rapportées par Jacqueline Eidelman, Claude Fourteau...) plutôt que de répéter les idées convenues de certains économistes de la culture, aux affirmations plus idéologiques que scientifiques, et qui n'ont réalisé eux aucune étude de terrain mais qui occupent les médias pour ressasser ce que beaucoup de conservateurs se plaisent à croire.

mercredi 14 décembre 2011

Les Musées au prisme de la communication

Le numéro 61 de la Revue Hermès, dirigé par Yves Girault et Paul Rasse, propose un important dossier sur les musées avec quatre entrées : Les Transformations de l'institution, Les enjeux esthétiques du musée dans le jeu de l'art contemporain, Le musée de société, débats sur les cultures du monde, enfin Entre vulgarisation et débat public, les stratégies des musées de science en question. Dominique Wolton signe une postface sur les musées aujourd'hui. Avec une quarantaine d'auteur(e)s, ce numéro propose une bonne introduction aux différents sujets à partir d'articles courts et synthétiques. Le lecteur peut s'y initier ou voyager de sujet en sujet, abordant tour à tour des problématiques contemporaines.

On pourra lire le sommaire complet ici :

lundi 12 décembre 2011

Walter Benjamin

Inutile de vous rendre au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme si vous ne connaissez pas la pensée de Walter Benjamin, vous n'y apprendrez rien sur l'approche du philosophe, sur son apport ou sur les controverses suscitées par ses analyses. L'exposition s'adresse aux connaisseurs et aux initiés, à ceux qui aimeront découvrir les témoignages sur la vie d'un homme et sur ses relations. Le parti-pris est de traiter du rapport de Benjamin aux collections et à l'archive. Ses notes sont certes fantastiques, d'une écriture minuscule fort étonnante, et les documents présentés sont parfois effectivement captivants. Cependant, n'est-il pas dommage de ne s'adresser qu'à un visiteur averti et de considérer que le public qui entre dans le lieu connait évidemment tout de la pensée de l'auteur ? Il est difficile de faire plus élitiste et davantage dans l'entre-soi. Même le texte d'introduction à l'exposition est déjà dans l'implicite d'une connaissance supposée du visiteur. La scénographie est assez belle, mais il y a comme un goût d'inachevé pour une exposition qui se termine en queue de poisson, sans véritable fin.

dimanche 11 décembre 2011

Casanova

Très belle exposition sur les pas de Casanova à la Bibliothèque Nationale de France, avec un vrai dialogue entre les pages du fameux manuscrit - acquis récemment grâce à l'apport d'un mécène volontairement anonyme (cela devient si rare à l'heure du sponsoring...) -, et des objets relatifs au contexte, notamment des gravures, des peintures, mais aussi des musiques... Des extraits de films sont élégamment projetés au cours de la visite. Il est ainsi possible d'exposer un manuscrit en établissant une véritable didactique avec d'autres types de documents et de rendre l'ensemble captivant par le dynamisme entretenu. Ce n'est pas seulement que le XVIIIème constitue le paroxysme et la quintessence de l'esprit du monde, mais que le tout est mis en scène en de subtiles alchimies.

D'une rare intelligence, la scénographie de Massimo Quendolo et Léa Seito vient servir la muséographie, par un jeu de scènes de théâtre enchâssées les unes les autres, en suivant la logique du théâtre d'optique présenté en introduction du parcours. Le théâtre d'ombre met ainsi délicatement le thème en avant pour chaque salle. Et chaque salle dissimule des regards et des ouvertures sur d'autres scènes... L'esprit du bal masqué imprègne les espaces. Un bel exemple d'une scénographie qui sert le propos et le fait vivre en trois dimensions. Il fallait cette délicatesse pour présenter ce grand séducteur, celui qui incarne la séduction douce, mimétique et féminine, à contrario du Don Juan évoqué en fin d'exposition.

vendredi 9 décembre 2011

Cachons nos rhynos

Le Journal des Arts rapporte un nouveau vol de corne de rhinocéros, cette fois au Musée de la Chasse et de la nature à Paris.

Citons : " Le 6 décembre 2011, vers 13h45, dans le quartier du Marais, au centre de Paris, deux malfaiteurs se sont introduits dans le Musée de la Chasse et de la Nature. Après avoir neutralisé les agents de surveillance à l’aide d’un gaz paralysant, les deux individus ont arraché la corne d’un trophée de rhinocéros blanc exposé au premier étage et s’en sont emparés, tandis qu’un troisième homme les attendait à l’extérieur. Selon la direction du musée, le trophée avait été capturé en Afrique du Sud dans les années 1980."

« Ce vol est un nouvel exemple d’une délinquance qui explose en Europe pour alimenter le marché d’Asie où la corne de rhinocéros, à laquelle on prête des vertus médicinales, peut se vendre plusieurs dizaines de milliers d’euros », conclut l’AFP. En France, en 2011, des vols similaires ont été perpétrés au Museum de Rouen, au Museum d’histoire naturelle de Blois et au Musée africain de l’île d’Aix. D’après la direction des Musées de France, le Museum de Bourges aurait également été victime d’une tentative de vol finalement échouée."

C'est d'autant plus désolant que si le musée de la chasse est si charmant, c'est justement par les conditions de proximité et d'intimité qu'il offre. Outre son absurdité, ce type de vol conduit à renforcer les mesures de sécurité très peu conviviales. Les musées victimes du marché et de la croyance.

Illustration de Amélie Claire

vendredi 2 décembre 2011

Soutenez le PASS

Cela fait plusieurs années que le PASS, centre de culture scientifique situé à Frameries à côté de Mons en Belgique, se trouve en situation fragilisée, et le cri lancé sous la forme d'une pétition face à la nouvelle coupure budgétaire est alarmant. Non seulement parce que c'est la manifestation de la Xième coupure que l'institution conçue dans les années 2000 doit assumer, avec des effectifs toujours en baisse, mais aussi parce qu'au-delà du PASS, c'est un signe sans doute annonciateur pour bien des structures culturelles... Il est à craindre en effet que ce type de pétition se multiplie dans les années à venir.

Il faut réagir quand il en est encore temps et redire combien nous sommes attachés à des institutions culturelles de qualité. On ne résoudra pas les difficultés du monde actuel en réduisant les lieux de culture, d'enseignements et de recherche. C'est une illusion que de croire que des économies aussi modestes effectuées sur ce secteur résoudront les problèmes d'une économie mondiale à la dérive. Ce sont au contraire eux qui peuvent permettre en les dynamisant d'inventer de nouvelles formes de vie, moins orientée vers la consommation et davantage vers le bien être. En signe prémonitoire, lors de sa conception, le PASS a inscrit en grandes lettres sur sa façade : "Le futur a t-il un avenir ?"
Or, ce sont les lieux déjà les plus fragiles, les moins bien soutenus qui risquent de faire les frais les premiers de la recapitalisation des banques. Un monde de choix... à nous de nous positionner.
Voir et signer la pétition ici :

mardi 29 novembre 2011

L'Oeil sur les rues

S'il ne fallait retenir qu'une oeuvre de cette exposition, ce serait sans doute celle du suisse Peter Aerscherman, intitulé Global City, pas seulement parce qu'elle est spectaculaire, inventive et photogénique, mais parce qu'elle propose une véritable vision de la mondialisation, par essence au coeur du concept de ville. Car la ville est le creuset de toutes les rencontres et ouverture sur l'altérité.

C'est un peu le propos de cette exposition présentée au pavillon Paul Delouvrier sur le parc de la Villette. 23 artistes venus du monde entier présentent 23 installations vidéos sur le titre L'Oeil sur les rues. Art vidéo et fragments de vie urbaine. Signalons l'improbable Garde l'Est de Francisca Benitez, Broken Mirror de Song Dong ou Mehmet de Shahram Entekhabi et encore Où vas-tu ? de Sylvie Denet. D'autres propositions sont en revanche plus anecdotiques, voire ennuyeuses. Une exposition originale, au parcours paisible et agréable.
On pourra voir des extraits sur le site.

lundi 28 novembre 2011

In Perceptions

Belle exposition expérientielle au 104, avec In Perceptions, et quatre installations originales. La façade de Léando Erlich est évidemment la plus spectaculaire et tellement photogénique (notre vignette) avec son décor adapté à chaque pays où l'installation est présentée. Oeuvre participative s'il en est, le public s'y amuse beaucoup, et pas seulement les enfants, elle permet d'interroger nos représentations et nos cadres de perceptions de l'espace. C'est également le cas pour les deux autres installations de Léandro Erlich, qui fonctionnent aussi très bien. Mais c'est surtout l'installation de Ann Veronica Janssens qui est renversante. L'expérience de la perte de la vue y est très forte, et cette installation fonctionne à merveille pour sensibiliser au handicap ! Mais il ne faut pas trop en dire et surtout ne pas lire le descriptif remis à l'accueil avant que de s'adonner aux expériences. A voir jusqu'au 4 mars.

vendredi 25 novembre 2011

Bel anniversaire pour La Piscine

"Bel anniversaire La Piscine !" Voici ce que clament les personnes interrogées présentées dans de courtes vidéos à l'entrée de chaque module de l'exposition. Dix modules comme dix grosses bougies pour rappeler les acquisitions réalisées durant dix ans d'activités. Classement thématique pour découvrir combien le musée s'enrichit d'année en année et poursuit sa route, avec même un nouveau projet d'extension pour ses prochains développements. On a envie de se joindre à l'exclamation de l'anniversaire, pas seulement à l'occasion de cette ingénieuse petite exposition, mais parce que le lieu est magnifique. Tout y est pensé en exquises sensibilités. On a beau y venir et y revenir, à chaque fois, l'effet est le même, l'enthousiasme pour un lieu où l'on se sent bien, un lieu agréable comme il en est peu. Un lieu où l'exigence rencontre le plaisir à chaque instant. "Le musée, ça fait du bien", titrait une rencontre à l'Auditorium du Louvre, il y a quelques années, cela n'est pas plus vrai que dans ce cas, cela fait du bien aux visiteurs, à Roubaix, à toute une ville. Merci La Piscine !

mercredi 23 novembre 2011

Collector au Tri postal

A voir avant le premier janvier, Collector, les oeuvres de la collection du Centre National des Arts Plastiques (CNAP), à Lille, au Tri Postal. Si les oeuvres ne sont pas toutes à notre goût, l'exposition est d'une très belle tenue et offre de belles réjouissances. Au travers de 150 oeuvres et de 86 artistes, on peut revisiter la création depuis les années 60. Si l'on est personnellement plus sensible aux propositions présentées dans les deux niveaux supérieurs qu'au rez de chaussée, l'ensemble forme un tout cohérent pour inviter à la réflexion sur la création contemporaine.

Mentionnons tout spécialement le générateur d'exposition virtuelle de Pierre Giner qui invite à construire son parcours d'exposition, oeuvre des oeuvres : métaoeuvre. Dispositif pour le moins inventif qui augure des potentialités interactives offertes aux visiteurs de demain. Une belle révolution en perspective. A télécharger ici :


lundi 21 novembre 2011

Ce que nous devons à l'Afrique

On l'aura compris, il s'agit là d'une exposition engagée, telle que sait les faire le musée Dauphinois. La première interpellation qui saisit le visiteur dès l'entrée de l'exposition au travers d'une apparition consiste à rappeler que l'Afrique à une histoire et que l'homme africain n'est pas démuni devant elle... On l'aura compris, l'exposition n'hésite pas à prendre parti, à dénoncer les clichés fussent-ils prononcés par les puissants. Certes, l'exposition malgré son engagement n'est pas sans faire ensuite dans le politiquement correct et dans la générosité convenue qui sied à tous discours sur l'Afrique. On ne rappellera pas ici des traditions contestables, la domination masculine et les inégalités économiques entretenues par les systèmes claniques. Non, c'est bien évidemment les responsabilités occidentales en matière de pillage des richesses qui sont pointées du doigt, et l'ingéniosité des femmes à s'organiser pour inventer de nouvelles solidarités. C'est un discours utile à rappeler, même si ce n'est qu'une face de la médaille.

L'exposition est, en elle-même, très inégale. Parfois très belle, pour exposer les photographies d'Hans Silvester, ingénieuse par le système d'alvéoles pour offrir des aires de consultation de vidéos ethnographiques, à la présentation assez ennuyeuse et convenue pour la première partie sur l'histoire... Les oeuvres d'art contemporain en fin de parcours sont très puissantes. Une exposition à voir, qui s'intègre dans un programme d'actions plus générales Afriquisère pour permettre de mieux se connaitre réciproquement.

dimanche 20 novembre 2011

Musée de la Chasse

Toujours de belles et audacieuses expositions au Musée de la Chasse et de la Nature, dans un lieu raffiné et luxueux. François Pétrovitch y expose jusqu'au 8 janvier, de délicieuses poésies peintes aux couleurs pastels, où le collage fait de légers clins d'oeil aux dessins d'enfants. La vidéo présentée est amusante, et l'exposition entre à merveille dans ce bel écrin qu'est le musée depuis sa rénovation. On y découvre des installations légères qui viennent redonner à voir autrement les salles du musée.

Un lieu où l'on retourne sans cesse avec plaisir et émerveillement, un véritable petit bijou muséographique. On y passe quelques instants et l'air de la forêt que l'on croit sentir jusqu'au coeur de Paris nous redonne énergie et passion. On l'aura compris, ce très beau musée est enivrant. De plus, on peu désormais y photographier semble t-il, il faut dire qu'il était assez absurde de l'interdire alors que Jacqueline Sommer avait converti son mari et l'avait convaincu à la fin de sa vie d'abandonner les fusils pour la chasse photographique. Le visiteur peut donc lui aussi être à l'affut de très beaux clichés d'exposition !

vendredi 18 novembre 2011

Musées et développement durable

L'ouvrage que nous avons eu le plaisir de coordonner avec Aude Porcedda sur les musées et le développement durable est paru à La Documentation française. Il explore l'intégration de ces questions dans les projets architecturaux et scénographiques, notamment par l'écoconception, mais aussi les questions de sensibilisation des visiteurs ainsi que la gestion des établissements. Chercheurs et professionnels alternent les présentations, avec nombre d'études de cas. Ce n'est pas moins de 25 contributions qui éclairent sous des jours différents ces questions, démontrant que le développement durable (pour retenir ce nom peu satisfaisant, mais compréhensible par le plus grand nombre) n'est pas qu'une question environnementale, mais pose des enjeux économiques, sociaux et culturels, ce que signifie pleinement l'écologie politique.

jeudi 17 novembre 2011

Océan, Climat et nous

Très belle exposition présentée à la Cité des Sciences sur les Océans affirmant davantage encore la Cité dans les problématiques du développement durable. Avec Energies, Transports, la Cité démontre sa volonté de poser et faire se poser des questions sur les modes de vie et les choix de tout un chacun, les conséquences sur le devenir de la planète. L'exposition Océan, climat et nous ne renonce pas à apporter des données scientifiques factuelles, mais donne une grande place aux questionnements, dès l'entrée de l'exposition avec une belle salle immersive qui donne le ton. Le changement climatique a des conséquences complexes, et c'est une grande force de l'exposition de donner à comprendre, à s'interroger, mais aussi à reconnaître des hypothèses et des questions encore sans réponse. En ce faisant modeste, la science prend plus d'impact et conduit à s'adresser au visiteur en le considérant pleinement. Si la seconde partie de l'exposition est plus aride, l'espace en forme d'agence de voyage qui donne la parole à des témoins prend à partie directement le visiteur. Enfin, signalons la borne multimédia qui permet de poser des questions directement à des scientifiques. Au-delà de la proposition originale, la procédure pour y répondre suppose une gestion complexe et assez lourde en arrière fond puisque tout un chacun peut poser une question, et recevoir sur sa boite mail une réponse personnalisée. Comme souvent la Cité n'hésite pas à s'engager et à explorer de nouvelles formes d'adresse au visiteur, mouvement à saluer.

mardi 15 novembre 2011

Fichés aux Archives

Nous redoutions l'exposition Fichés aux Archives Nationales, car ce sujet magnifique était évidemment une occasion unique de relier les archives aux problématiques contemporaines. Or, nous avions entendu que le projet se limiterait aux années 60 pour des questions de droit, parce que le secret sur les archives n'était pas levé. Déjà cette appréhension du sujet est hallucinante, comme si l'on ne pouvait pas aborder des thématiques d'exposition sans disposer des documents récents, comme si d'autres moyens n'existaient pas. Ainsi ce qui permettrait d'intéresser de nouveaux publics, car c'est un sujet passionnant et oh combien actuel, est gâché par une approche réduite à la seule vision d'historiens spécialistes. Il y a là un bel exemple de non sens muséologique. Exposition qui pourrait être captivante et qui est traitée de la manière la plus ennuyeuse qui soi. Aucune thèse n'est véritablement tenue, mais des séries de fichage, que le visiteur doit seul interpréter. Des fiches, des fiches, des fiches, de toutes sortes, de toutes couleurs, de toutes polices... Certaines très belles, d'autres qui font frissonner, d'autres encore qui étonnent. Oui d'accord, mais bon, on pourrait dire bien des choses en somme... Enfin, il y a malgré tout pour les amateurs des documents surprenants.

Le plus impliquant dans l'exposition se trouve dans la cour où les visiteurs se pressent, pour élaborer leur fiche dans une sorte de photomaton. Ni le parcours indigeste, ni la scénographie sans grâce de l'exposition, ne sont là pour rattraper le tout, pour donner vie au sujet. Dommage.
Alors que l'exposition repose sur la concomitance de la photographie et du développement du fichage, remarquons qu'il est interdit de faire des photographies dans l'exposition. Bien, on imagine que c'est peut-être pour protéger les personnes fichées exposées ?, cependant vous pourrez télécharger toutes les photographies des fiches que vous voulez sur le site internet des Archives ! Comprenne qui pourra !

lundi 14 novembre 2011

Le retour du musée ringard ?

Alors que sévissaient les agitateurs des musées aux arts décoratifs ce week-end à Paris pour MuséoMix, avec forces d'IPad et de capteurs, de puces RFID et bien d'autres innovations pour mettre le musée à l'heure d'après demain, le même week-end était inauguré en grandes pompes un nouveau musée en banlieue parisienne. Le Musée de la Grande Guerre à Meaux, musée qui est peut-être très bien, - nous ne l'avons pas encore vu (nous attendrons le départ des officiels pour apprécier dans le calme ces nouveaux espaces) -, cependant la campagne de communication qui a accompagné sa forte médiatisation nous a fait hésiter entre le rire et les larmes.

"50 000 objets, messieurs mesdames ! 50 000 objets à venir découvrir au musée de la Grande Guerre !" A la belle affaire, avec de telles collections, cela ne peut être qu'un grand musée ! Il y a eu l'Historial de Péronne, et l'on pensait alors (trop optimiste) que l'on ne pourrait jamais plus faire un musée désormais comme avant. Du moins que l'on ne trouverait pas, pour en faire la communication, sa gloire dans la quantité d'objets exposés ! Qu'après la nouvelle muséologie, on avait compris que ce qui importait n'était pas le nombre d'objets, pas même les collections, mais le discours que l'on portait... Hélas, les musées semblent en proie à des vents contraires, alors que certains filent vers demain avec énergie, d'autres nous ramènent à exposer comme grand papa.

dimanche 13 novembre 2011

Muséomix. (Re)mixer le musée

MuséoMix c'est parti ! Après trois jours pleinement réussis (bravo aux organisateurs ! ) de rencontres au musée des arts décoratifs à Paris, ce véritable laboratoire d'expérimentation et de recherche a réuni près de soixante dix personnes actives dans les groupes de travail et de nombreux curieux intéressés par les restitutions. Ce qui est formidable c'est le processus, l'idée de mixer des origines professionnelles différentes pour accoucher d'idées et d'expérimentations, dans le but d'intégrer davantage encore les nouvelles technologies dans les musées. Même si certaines propositions peuvent ressembler à des choses déjà vues ici ou là, ce qui compte c'est ce générateur participatif d'idées, ces mélanges, ces hybridations qui font que le musée devient champ d'expérimentations, de créations, de recherches. La volonté de prendre en compte les publics, de les inviter à mieux interagir avec les oeuvres et les savoirs par l'intermédiaire des nouvelles technologies est captivant. Ainsi, ce sont onze projets qui ont vu le jour, et parmi ceux-ci décernons une mention spéciale pour Les dromadaires modernes, pour Géométrie des frisages, pour le Rhinocéros détourné ou encore pour Les assises du siège. Quatre propositions riches d'inventivité et de promesses. Plus que le résultat, c'est le processus de ces rencontres, l'intérêt toujours renouvelé pour le musée de la part de générations différentes, l'envie de partage...

Saluons enfin les arts déco d'avoir su relever ce très beau défi. C'était d'un grand courage de la part de tous les acteurs. Parions que cela va faire de nombreux petits Muséomix qui deviendront grands !

samedi 12 novembre 2011

Photo pour le Bal

Ce nouveau lieu dédié à la photographie, à proximité de la place Clichy à Paris, est à taille humaine. On y vient boire un café dans une petite cafétéria sympathique, on y feuillette les ouvrages à la librairie, on visite évidemment l'exposition proposée. C'est un lieu tranquille, à l'abri des files d'attente des lieux plus en vue. A l'instar de la Fondation Henri Cartier Bresson dans le 15ème, lieu également apaisant, où nous avons pu admirer récemment les photographies prenantes de Lewis Hine. Celles-ci ne sont pas sans faire écho à la pauvreté et à la misère que l'on voit resurgir aujourd'hui dans nos rues, et laisse songeur sur l'avenir du monde... A voir jusqu'au 18 décembre.

Le Bal, lui, à l'opposé de Paris, offre également de belles propositions. L'exposition actuelle est originale, exploration de la guerre au travers de ses paysages. Topographies de la guerre est curieusement également présentée jusqu'au 18 décembre ! On peut y voir notamment une installation de Luc Dalahaye et Eyal Weizman qui retient l'attention de nombre de visiteurs avec une réflexion très poussée sur les stratégies de l'armée israélienne, qui s'abreuverait selon les auteurs aux courants de la philosophie pour élaborer ses stratégies. Cela fait frémir sur la responsabilité des intellectuels ! D'autres formes, vidéos notamment, des curieux clichés de An-My Lê de camps d'entrainement en Californie simulant l'Afghanistan sont également troublants.

mercredi 9 novembre 2011

Ticket pour une expo !

L'exposition Métro présentée au musée des arts et métiers actuellement est de bonne tenue, elle offre un beau panorama sur... le métro parisien. Car contrairement à ce que son titre pourrait laisser entendre, vous n'y apprendrez absolument rien sur les autres métropolitains dans le monde. Exclusivement tournée vers la gestion du métro parisien, le plus gros reproche que l'on pourrait adresser à l'exposition est de confiner à l'exposition promotionnelle de la RATP. On ne voit pas très bien ce qui pourrait dépareiller pour un musée d'entreprise. Peu d'informations sur les usagers, aucune parole donnée aux revendications éventuelles, aux systèmes alternatifs d'exploitation et de gestion du réseau, l'exposition se cantonne à indiquer ce qui est, nullement ce qui pourrait être. C'est assez dommage, car de ce fait on ne sort guère des techniques, de leur histoire si ce n'est pour aller sur les aspects prospectifs liés aux projets du grand Paris, et entendre les élus et techniciens présenter leurs propositions. C'est intéressant de s'intéresser enfin au contemporain et même à la prospective, mais on pourrait faire un pas de plus en donnant la parole aux usagers et aux associations... Il serait même possible de s'intéresser aux hommes et aux femmes qui font fonctionner l'entreprise... Exceptés ces réserves, l'exposition est de bonne tenue, et les multimédias où l'on peut conduire des lignes de métro où intervenir pour résoudre les complications au PC général, sont plutôt amusants et trouvent du succès auprès des visiteurs.

vendredi 4 novembre 2011

Pierrick Sorin, le facétieux

Pierrick Sorin a la côte en ce moment à Paris ! Non seulement il reçoit les visiteurs dans l'entrée de la nouvelle exposition Transports de la Cité des Sciences et de l'Industrie avec un amusant jeu fort apprécié des visiteurs (sans doute l'élément actuellement le plus photographié par les visiteurs à la CSI !) , mais en plus l'artiste nantais est artiste associé de l'exposition Des Jeux et des Hommes. Il signe X oeuvres, étant présent dans chaque pièce pour construire un fil conducteur à une exposition qui en a bien besoin. Ce n'est pas qu'il manque de discours, car il faut souligner ce qui est fort appréciable, la démarche pour envisager une appréhension anthropologique du jouet et pour aller au-delà de la simple monstration de beaux objets. Des thèmes de musée de société sont ainsi abordés, ce qui fort appréciable pour une exposition du Grand Palais, mais ceci ne suffit pas à convaincre. Le problème vient de la scénographie, du graphisme sans imagination. Une exposition, ce n'est pas que des textes et des objets, c'est par exemple un dialogue avec de l'iconographie pour rendre lisible et intelligible le texte... c'est de l'imagination pour la mise en espace... Ainsi l'exposition se visite agréablement et les oeuvres de Sorin sont heureusement là pour fasciner, mais il y manque ce quelque-chose qui enthousiasme et emporte la conviction.