Après la pièce de théâtre, le film. Si les lieux sont démultipliés et incarnent plus de véracité que lors de la représentation théâtrale, les dialogues eux sont fidèles au texte de la publication. Musée haut, musée bas, de Jean-Michel Ribes, est un pastiche de l’institution, et comme toute caricature, elle ne fait pas toujours dans la nuance ou dans l’exactitude, mais il ne s’agit pas de proposer un documentaire sur le musée. On appréciera l’humour qui sert un regard tendre mais sans complaisance sur l’institution. Quelques pointes décochées envers l’art contemporain doivent faire crisser les dents des intégristes du secteur, mais s’avèrent assez savoureuses. Le happening et le meurtre au musée comme œuvre d’art thérapeutique demeure le nec plus ultra qui reste à atteindre alors que tout à été déjà tenté et que l’idéal contemporain de la création n’est pas de parfaire mais d’innover.
La brochette d’acteurs qui sont invités à visiter les lieux est impressionnante, et sert à dresser une typologie des visiteurs qui fera sourire le spécialiste des publics. Le conservateur hanté par la dégradation et l’envahissement de ses collections par une nature qui entend reprendre ses droits est aux yeux de l’éternité assez juste, la volonté de conservation étant par essence contre-nature et au final assez vaine. Le raccourci qui est dressé par la mise en scène d’une fin du monde des musées fait frémir les amoureux des collections - ainsi cette petite danseuse de Degas chavirant au sol fait se raidir dans son fauteuil ! - mais à le mérite de rappeler notre incommensurable finitude, ce dont l’art traite toujours au final, pour évoquer la figure tutélaire de Malraux qui hante les débuts du film. Malgré certaines longueurs et quelques faiblesses, ce film grand public est assez plaisant à découvrir pour le muséologue !
dimanche 14 décembre 2008
Musée haut musée bas, le film
Libellés :
roman et musée,
spectacle vivant
à
03:54
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