Le muséum d’Histoire naturelle de Toulouse a fait peau neuve, son extension tout de verre s’ouvrant généreusement sur le jardin botanique est magnifique, et l’installation des collections de spécimens dans la paroi une riche idée. A la fois ouverture et invitation, symbolique de ces nouveaux musées communicants. La volonté d’en faire un lieu dynamique et ouvert sur la cité est manifeste par l’importance du service des publics, avec pas moins de 50 animateurs engagés, et un site internet innovant. Tout est là pour en faire un musée du XXIème siècle, sauf peut-être son contenu... Il est en effet très surprenant de constater les choix effectués, tournés vers des sujets très scientifiques de classifications des espèces alors que les questions environnementales actuelles, qui préoccupent tant nos concitoyens, sont au final si peu présentes. Sans doute ces débats ont lieu en marge des expositions, mais c’est malheureusement l’argument que donnent tous les lieux pour s’affranchir de traiter des questions d’actualité dans les espaces muséo. Or, c’est quand même ce qui peut être un vecteur d’intérêt et d’entrée pour la science pure...
La scénographie est assez étrange, alternant de très belles propositions et des choses assez kitsch, des manques de finitions et des erreurs impardonnables. Ainsi les textes sont très mal conditionnés, comme si le muséographe ne bénéficiait pas de nos jours des apports des études antérieures sur ce sujet. Mais le problème principal est peut être justement celui-là, l’absence d’un véritable muséographe dans l’équipe de rénovation, d’une personne qui ait donné le ton et harmonisé l’ensemble, puisqu’une fois de plus on peut deviner que les scientifiques sont restés en face à face avec l’équipe chargée de la scénographie, et qu’un acteur a manqué. Enfin ne boudons pas notre plaisir, le muséum de Toulouse est quand même une belle réalisation que l’on se plaît à visiter. Signalons également l'exposition temporaire portant sur l'aventure de la rénovation, qui invite à un voyage dans le temps et à observer la métamorphose des missions de l'institution.

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