La muséologie n'est pas une longue marche en avant, affinant et précisant ses logiques pour parvenir à la meilleure des expressions. Il est des progressions et des retours en arrière, des avancées et des propositions rétrogrades. Certes, il en faut pour tous les goûts aussi. Tous les visiteurs ne recherchent pas la même chose dans les expositions. Toutefois, est-il vraiment raisonnable d'inaugurer en 2012 un musée en s'enorgueillissant de disposer de 50 000 objets ? Est-il opportun de les aligner dans les vitrines pour attester de son importance ? Faut-il s'en tenir au discours convenu et attendu ? Quand le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux s'en tient à présenter ainsi des alignements dans une scénographie plus ou moins heureuse, on demeure perplexe en songeant que l'Historial de Péronne a déjà vingt ans et que ce qui a constitué alors une révolution ne semble pas avoir animé beaucoup la réflexion en Seine et Marne. Le musée d'Ypres est en cours de réfection et l'on en attend beaucoup tant la version précédente jouait sur un autre registre, qui dans son style était très convainquant. La volonté de sensibilisation du public doit-il conduire un musée de la première guerre mondiale à proposer des jeux ? Ne devrait-on pas conserver une certaine solennité et faire réfléchir, émouvoir, plutôt que d'amuser et impressionner ? Si le début de l'exposition, la période précédant la guerre, est assez bien fait, c'est qu'il y a peu d'objets à montrer, mais ensuite cela s'aggrave ! Pour finir, on défile devant des rangées d'objets classés comme en de vastes réserves ! Bref, il n'y a pas là l'oeuvre d'un musée renouvelant les formes de la muséologie pour le XXIème siècle !
A ce sujet voir l'intéressante analyse de Nicolas Offenstadt par ici.
dimanche 20 mai 2012
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