Le musée Nicéphore Niépce propose une exposition sur les relations entre photographie et cinéma avec une belle réflexion de leurs rapports ambivalents, sous le commissariat de François Cheval. Sous le titre, Les arts associés, la photographie au service du cinéma, l'exposition déploie les multiples visages en autant de clins d'oeil. D'abord évidemment moyen d'information, de propagande et de conviction en direction d'un public à conquérir, la photographie n'est pas seulement un moyen de dévoiler et de fabriquer des stars, c'est aussi un outil de travail. Même si le regard condescendant du cinéma envers la photographie, cette image fixe, la réduisait trop souvent à être une antiquité, un archaïsme au regard des techniques plus élaborées de l'image animée. Eisenstein comparait les « belles » photographies de film « à un fatras décousu de jolies phrases » ! rappelle François Cheval. Pourtant la photographie permet de voir autrement, de dévoiler ce que l'on ne voit pas à l'écran dans l'enchainement et la fuite en avant de la bobine. La salle obscure crée une fascination et un éblouissement, en cela elle empêche de voir en concentrant les regards sur l'intrigue ; la photographie, au contraire, permet de restituer le temps long et le choix du regardeur à scruter, à détailler, à s'arrêter. Nulle opposition intestine, mais une complémentarité que l'exposition interroge.
samedi 23 février 2013
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