L'exposition d'abord présentée au Fresnoy dont nous avions parlé l'année passée, en décembre 2012, est arrivée au Palais de Tokyo, accompagnée de tous ses fantômes. Ceux que Didi-Huberman et Arno Gisinger viennent mettre en scène comme des démons d'après l'Atlas Mnémosyne ouvrage datant du début du XXème publié par l'historien de l'art Aby Warburg. Des extraits de films sont projetés comme autant d'images évocatrices, de mémoires qui hantent le siècle, rappelant les mises au tombeau contemporaines. L'effet est moins spectaculaire au Palais de Tokyo qu'au Fresnoy où la grande salle de bal se prêtait à merveille à cette juxtaposition. L'étourdissement qui en résultait, jouant du chaos et de la profusion, trouve un air plus sage et mieux rangé dans cet espace allongé. Le fait que l'on puisse déambuler directement dans les images, alors qu'on les surplombait et qu'elles conservaient ainsi un caractère sacré de mise en terre, sur lesquels le spectateur se penchait, était plus fort à Tourcoing. Il est toujours intéressant de revoir une exposition et de comprendre combien sa scénographie lui donne une autre tournure, une nouvelle interprétation. Au Palais de Tokyo, le visiteur profane en quelque-sorte ce qui était au Fresnoy respectueusement maintenu à distance.
mercredi 12 mars 2014
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