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La Formation en muséologie :

Vous êtes intéressés par une formation initiale ou par la formation continue en muséologie et muséographie ? La formation MEM : Master Expo-Muséographie, en conception des expositions de l'Université d'Artois est faite pour vous !

Voir les renseignements :

ou sur le site de l'Université : (document à télécharger colonne de droite) ou sur ce lien.

Master MEM

mardi 21 juin 2011

De culture scientifique

Au Vaisseau à Strasbourg les enfants peuvent s'initier aux sciences et aux techniques en s'amusant. Comme à la Cité des enfants, prototype qui a servi de modèle pour le lieu, les enfants accompagnés d'un adulte peuvent découvrir et s'enchanter. Ici le temps n'est pas compté et les enfants pourront demeurer le temps qu'ils désirent. Des animations sont proposées, des ateliers et des expositions temporaires complètent l'endroit où l'on peut aussi pique-niquer en été et profiter des espaces extérieurs.


A propos de culture scientifique, à lire dans le dernier numéro de la Lettre de l'OCIM un article de Pauline Burnel intitulé Impliquer un Conseil scientifique dans les décisions de demain, et qui porte justement sur le cas du Vaisseau de Strasbourg.

Profitons pour signaler dans ce même numéro 113, un intéressant article signé Olivier Richard et Sarah Barrett sur Les médiateurs scientifiques en Europe : une diversité de pratiques, une communauté de besoins. Il s'agit de rendre compte d'une étude conduite à l'échelle européenne sur les métiers et les outils de la médiation.

Egalement dans ce même numéro, un article sur l'évaluation des dispositifs ludiques destinés aux visites familiales, par Claire Barbieux, Évaluer les effets des dispositifs ludiques destinés aux enfants en visite familiale,
Et enfin La conservation-restauration du patrimoine technique et industriel dans le cadre de la loi sur les musées de France, une mission impossible ? par Agnès Mirambet-Paris et Francois Mirambet.

dimanche 12 juin 2011

L'Hiver de la culture

Etonnant Jean Clair qui ne peut se départir d'une nostalgie bien compréhensible envers les formes passées de la culture, qui la sacralise tout en critiquant Malraux, et s'interroge une nouvelle fois sur le rapport aux images, et plus globalement aux oeuvres et aux musées dans notre société. Lire Jean Clair, c'est un peu comme quand nous lisions le dernier livre de Jean Baudrillard, c'est toujours délicieux, profondément énervant, par les raccourcis un peu stéréotypés, et en même temps dense de trouvailles et de saisissantes intelligences. On aurait tord de se débarrasser un peu vite de Jean Clair en le rangeant du côté de ces penseurs réactionnaires qui méprisent le peuple des visiteurs à l'égal des combines de l'art contemporain. S'il y a de cela, il y a bien autre chose, et notamment des intuitions géniales sur les transformations en cours auxquels l'auteur refuse de se résigner. Et puis ce serait oublier que Jean Clair est l'auteur d'expositions qui sont à nos yeux les plus progressistes en muséologie. Des expositions qui ne se contentent pas d'exposer de belles oeuvres, mais qui tiennent un discours et une thèse et qui invitent le visiteur à réfléchir.

Jean Clair est donc plein de paradoxes. Nous ne le suivons pas dans sa tendance à verser dans le religieux. Ce qui caractérise l'objet de musée est heureusement de s'affranchir de ses fonctions premières, et loin de le regretter, c'est à nos yeux ce qui fait sa richesse. Aussi sommes-nous en désaccord avec l'auteur quand il plaide pour les restitutions. Mais le livre a le mérite d'inviter à débattre.

samedi 11 juin 2011

Focale sur Anish Kapoor

Installation époustouflante Leviathan d’Anish Kapoor présentée au Grand Palais à Paris en mai juin 2011 dans le cadre de Monumenta figure ce monstre marin biblique qui avalait les âmes et qui ici avale et recrache le public dans ses entrailles, énorme baleine de Jonas gonflée jusqu’à la nef du Palais. Mais le public est libre aussi de s’inventer mille et une autres histoires, de passer de l’intérieur à l’extérieur, du sacré au profane, du ventre de la bête à la matrice, de la déshumanisation mondialisée aux images de science-fiction... Comme dans toute oeuvre forte, l’interprétation se démultiplie, et se conjugue ici à l’expérience faite par le visiteur du souffle et la pulsation, de l’étrangeté de la lumière, de la rougeur et de la noirceur. Les sens sont en éveil et invite le cerveau aux stimulations neuronales pour se forger des clés de lecture. Ainsi réflexion, sensation, et émotion se rejoignent dans une interprétation personnalisée et démultipliée.


Signalons la rencontre autour de la photographie au musée, que le Grand Palais encourage, tandis que d'autres institutions se campent sur leurs interdits dans une attitude souvent incompréhensible. Le Groupe OrsayCommons propose de débattre, samedi 11 juin à 14h30, après avoir pris la bête sous tous les angles !


http://www.facebook.com/event.php?eid=114421408646123

ORSAYCOMMONS MONUMENTA
Voir Regarder Photographier

Venez le samedi 11 juin, 14h15, pour un OrsayCommons exceptionnel à Monumenta, au Grand Palais.

vendredi 3 juin 2011

Louvre-Lens : ça avance !

En préparation de la mise en place de la formation MME sur la conception des expositions à l'université d'Artois, les contacts se multiplient. Nous avons eu le plaisir d'accueillir il y a peu Philippe Dubé, responsable de la formation de muséologie de l'université Laval à Québec, et André Gob et Noëmie Drouguet, tous deux responsables de la formation de muséologie à l'université de Liège. Nous avons pu ensemble aller à la Maison du Projet Louvre Lens et visiter le site en présence d'Arnaud Debève qui nous a expliqué l'état d'avancement du chantier.

En attendant le 4 décembre 2012, date d'ouverture prévue, nous pourrons régulièrement faire le point, et constater comment l'accompagnement de cet énorme projet se met en place progressivement sur le territoire. De nombreux travaux possibles en tous les cas pour les futurs étudiants qui vont disposer ainsi d'une situation d'étude en muséologie incomparable.

lundi 30 mai 2011

Un musée de l'économie

Le Monde donne brièvement, dans son édition du 27 mai, des nouvelles de la Cité de l'économie prévue par la Banque de France dans un hôtel particulier du 17ème arrondissement. Ce projet n'est pas sans intérêt puisqu'il s'agit de mieux faire comprendre aux citoyens les règles de l'économie. Espérons que ce n'est pas pour former les futurs traders des beaux quartiers, mais pour apprendre aux enfants des cités à déjouer les pièges du capitalisme... Si nous savons peu de choses du projet, l'article du Monde laisse cependant assez dubitatif. L'architecte Yves Lion à qui est confié le projet est entouré de François Confino, auquel la journaliste attribue la muséographie. Le problème est sans doute là, car si François Confino est sans conteste scénographe, la question de la définition des contenus demeure assez floue. L'important est "d'éviter le musée poussiéreux" (!!) et pour cela de permettre au public de jouer avec des zapettes... Espérons que le ludique ne l'emporte pas sur un véritable propos tant il y a à dire sur un pareil sujet, éminemment sensible.

Le site Web dédié au projet n'est guère plus explicite, confondant également les rôles (on peut citer : "L’inscription de la muséographie s’effectue selon une certaine neutralité en totale prise d’appui sur la morphologie du bâtiment. Une syntaxe de mobilier très sobre est au service d’une ergonomie d’usage. Vitrines, mobiliers accueillant les médias, totems graphiques, réalisation de cimaises en miroir sans tain, ou verre sablé, agissent à la manière de masques translucides lorsqu’un effa­cement momentané du décor est nécessaire. Pas de concurrence inutile, mais l’entretien permanent d’une subtile collaboration de dif­férents vocabulaires, pour élaborer une scénographie contemporaine, innovante et ludique" : De quoi parle t-on ?, de muséographie en début de phrase ou de scéno à la fin ? Nouvel exemple de cette constante confusion). Espérons également que le comité scientifique ne soit pas composé que d'économistes... 100 000 personnes sont espérées dont 50% de scolaires. Ouverture prévue en 2014.

dimanche 29 mai 2011

2011, l'Odyssée Kubrick

L'exposition Kubrick à la Cinémathèque de Paris est symptomatique d'une manière de penser et de faire des expositions. Très loin de la très belle exposition Jacques Tati ou même de celle concernant Almodovar, ou encore de l'exposition Renoir, certes moins originale au niveau de la scénographie que les deux premières, mais très audacieuse sur le propos et l'expérience comparative. Pour Kubrick, la scénographie est des plus terne, sans aucune surprise, et la muséographie est scolaire et dépourvue de toute imagination. C'est fâcheux pour présenter un tel cinéaste, à moins que ce soit une façon de se faire modeste et invisible ? En tous les cas, c'est assez ennuyeux, et seul l'intérêt pour Kubrick conduit à s'intéresser au propos.

Certes les lieux de la Cinémathèque ne sont pas, on le sait, adaptés et prévus pour réaliser des expositions, et à chaque fois les contraintes sont grandes. Toutefois, comment expliquer que des concepteurs puissent jusqu'à oublier toute introduction à l'exposition ? Car ce n'est pas le texte placé en sorti d'ascenseur qui pallie le manque d'introduction - et de conclusion - de l'exposition. Si vous ne connaissez pas Kubrick avant de rentrer dans l'exposition, tant pis pour vous, vous êtes censés connaitre ! Les textes pour chaque film et donc pour chaque séquence de l'exposition sont placés là où il y a de la place. Textes souvent rédigés sans prendre en compte les logiques de lecture par un visiteur. Bref, à défaut de tenir un propos d'ensemble, l'exposition accumule surtout les reliques, comme des fétiches sur chaque film. C'est sans grand intérêt intellectuel, mais cela plait aux adorateurs. Il est vrai qu'il y a un travail de recherche considérable pour collecter les objets et documents, mais cela suffit-il réellement pour faire exposition ? C'est là une façon classique d'envisager l'exposition, mais cela n'excuse pas les erreurs sur le plan muséographique. Cette exposition serait un bon terrain d'exercice critique pour une formation en muséologie... !

samedi 21 mai 2011

Dictionnaire de muséologie


Ca y est ! Il est arrivé ! Le Dictionnaire encyclopédique de muséologie est paru. Attendu depuis vingt-cinq ans au moins au sein de l'ICOM, c'est grâce au travail acharné d'André Desvallées et François Mairesse que l'entreprise a pu être menée à bout. Belle réussite à laquelle nous sommes fiers d'avoir participé, avec Yves Bergeron, Bernard Deloche, Jean Davallon, Noëmie Drouguet, Raymond Montpetit, et Martin Scharer. 21 articles de fond et une partie rubriques de 500 mots définis, le tout forme un ensemble cohérent complété de 3 cahiers iconographiques. L'ouvrage sera très certainement indispensable aux étudiants de la discipline et nous l'espérons utile aux professionnels et chercheurs.

Bon de commande en pdf ici

vendredi 20 mai 2011

Dieu(x) Mode d'emploi

Heureusement, il y a le texte de Gilles Courtemanche qui apporte un peu d'esprit critique à une exposition qui serait sans cela très belle et apaisante, mais d'une platitude déconcertante. Le Musée de la civilisation de Québec accueille cette exposition de Tempora présentée d'abord à Bruxelles. Si le propos de Courtemanche a semble-t-il fait débat au Québec, c'est celui d'Elie Barnavi qui nous parait pour notre part sujet à discussion, puisqu'il affirme tout de go que l'on a davantage tué au nom de la Nation, de la classe ou de la race que durant toute l'histoire l'ensemble des religions... Ce n'est pas un concours, mais on peut quand même être dubitatif. Cette séquence Conflits et coexistence a le mérite avec ces deux textes de faire débat. Rituel, passage, lieux, cultes, au-delà, divinités, corps sont les autres séquences qui ponctuent l'exposition, rien de bien révolutionnaire. Le discours est consensuel et ne questionne guère l'obscurantisme des traditions religieuses. Comme dans un monde enchanté, les religions seraient de simples croyances ne perturbant pas la société contemporaine. Si l'intention de faire connaitre la religion de l'autre pour aspirer à plus de tolérance est louable, on pourrait aussi proposer un dépassement de celles-ci pour construire un vivre ensemble qui ne repose pas sur des croyances vieilles de deux mille ans à l'heure où nous avons les moyens de comprendre le monde avec plus de rationalité. Plutôt que de contribuer à légitimer le fait religieux, le musée ne devrait-il pas éveiller les consciences et combattre les sources d'obscurantisme ?

jeudi 19 mai 2011

Connaitre les coulisses du muséum de Nancy

Pour connaitre un brin d'histoire du muséum-aquarium de Nancy, mais pour comprendre aussi ses collections, le travail conduit par les différents professionnels qui y oeuvrent, il faut se reporter au petit ouvrage Autour des collections publié par l'institution. Le grand public peut ainsi découvrir la politique d'acquisition, la gestion des collections et la conservation. Ce sont aussi les services de médiation et le travail avec les publics, la recherche, les relations conduites avec les universitaires, mais également avec les artistes. En quelques pages à chaque fois, les différents domaines sont ainsi expliqués. Richement illustrée, cette publication de qualité est évidemment une très belle introduction au monde muséal.

mercredi 18 mai 2011

Brassens pour tous

Etonnant Brassens qui plaît à toutes les générations et au-delà des clivages habituels, bien qu'il n'ait pas sa langue dans sa poche. L'exposition que lui consacre la Cité de la Musique est convaincante. D'une très belle scénographie, originale, signée Christian Marti, Antoine Fontaine et Gladys Garot et agrémentée des dessins de Joann Sfar, l'exposition conçue par Clémentine Deroudille est très plaisante, même si son propos hagiographique est attendu. Après Gainsbourg, Lennon, Hendrix, c'est le culte des idoles. Bon évidemment la veine est infinie, et la Cité peut prévoir un programme d'expositions de ce type pour les 50 prochaines années ! Mais il faut reconnaitre que c'est très bien fait et que l'on prend beaucoup de plaisirs. Il est vrai que l'on aurait pu s'attendre à un discours plus audacieux et surprenant, en questionnant cet aspect transgénérationnel et populaire de l'artiste, en allant interroger les publics, et le rapport particulier que chacun entretient avec le chanteur. Qui n'a jamais chanté du Brassens ? Qui ne se surprend pas un peu malgré soi à l'entonner ? Il est sympathique de constater combien les visiteurs ont du mal à se contrôler dans l'exposition et à ne pas se mettre à chanter tous en coeur ! Cette dimension sociologique de l'appropriation et de la réception aurait pu être développé. Le petit dispositif qui propose de participer au Championnat du monde des Brassens en se transformant à l'aide d'une moustache et en enregistrant sa version d'une chanson, puis de déposer sa vidéo sur internet est des plus drôle.

samedi 7 mai 2011

La Maison de l'Histoire de France

Quel musée d'histoire pour la France ? Voilà la question posée dans ce petit ouvrage critique, publié récemment chez Armand Colin, ouvrage qui invite à la réflexion. Vincent Duclert rappelle la genèse du projet et ses ambivalences si ce n'est ses contradictions et inconséquences. La manière dont le projet est engagé est plus que périlleux, non seulement parce que l'on sait l'usage douteux du terme d'identité fait par le gouvernement et qu'il est donc permis de redouter le pire, mais aussi parce qu'il ne saurait y avoir une seule histoire. C'est une multiplicité d'histoire qu'il faudrait convoquer. Or, la manière dont le débat est posé fait frémir. Imaginer une exposition conçue à partir des collections des neuf musées envisagés est redoutable : le musée de la Préhistoire des Eyzies et le musée des antiquités nationales de Saint Germain en Laye (la France existe depuis tout ce temps ?...!), y ajouter le musée du moyen âge de Cluny et des musées de châteaux (Ecouen, Fontainebleau, La Malmaison, Compiegne...), voilà une vision bien particulière de la France ! On ne peut pas dire que ce soit une conception novatrice ! Isabelle Backouche fait une hypothèse fort crédible : tout cela ressemble à une stratégie de rationalisation des établissements publics qui se verraient ainsi regroupés.
Faut-il d'ailleurs un musée de l'histoire de France, comme le veut le président Sarkozy ? N'y a t-il pas suffisamment de musées alors que les crédits sont à la baisse un peu partout et ne faudrait-il pas mieux permettre à ceux existant de se développer plutôt que de vouloir une Xème nouvelle institution pour marquer le règne du Prince, maladie française bien connue ? N'y avait-il pas mieux à faire ? Ces questions, Jean-Michel Tobelem les pose avec pertinence dans sa contribution. Ariane James-Sarazin rappelle qu'un musée de l'histoire de France existait déjà aux Archives, et rend compte de son projet scientifique et culturel. On comprend que les auteurs soient énervés par tant de gâchis. Encore un projet mal parti. Un de plus.

dimanche 1 mai 2011

oMusée, l'app des expos

Belle petite application pour votre Iphone évidemment, application qui plus est gratuite. oMusée présente l'actualité des expositions (essentiellement parisiennes pour le moment) et des sites français à visiter avec toutes les informations pratiques. Pour le moment un brin limité, il faut espérer que tous les sites y figurent à terme pour qu'elle devienne vraiment pertinente. L'application est bien faite, il est seulement dommage que l'on ne puisse pas interagir pour laisser des commentaires et apporter des témoignages, autrement que via Facebook.

Cette application manquait. Il est du reste étonnant que les éditeurs ne se lancent pas dans les éditions électroniques avec plus d'appétit, alors que s'il y a bien un secteur de l'édition où le livre électronique évolutif et interactif est vraiment appréciable, c'est le domaine des guides de voyage et assimilés.

mardi 26 avril 2011

Sacré sciences !

Le muséum de Neuchâtel propose Sacré Science ! avec pour sous-titre Croire ou savoir, une exposition consacrée par conséquent aux croyances. L'exposition débute par une immersion dans un royaume d'illusions et de formes évanescentes évocatrice de la prise de contact de l'homme avec l'univers. Comment s'y retrouver ? Se donner des motifs d'explication par la croyance avant que de mettre en ordre, de mesurer, de comprendre... Les salles suivantes s'attardent donc au moyen de petites manips sur la compréhension de phénomènes physiques. Un café du commerce avec l'acteur fétiche du muséum, - qui figure désormais dans toutes les
expositions, ce qui enlève tout effet de surprise -, propose de petites fictions pour mettre en question les affirmations qui se veulent scientifiques et qui ne sont souvent que scientistes. Ainsi les OGM, le nucléaire... en prennent pour leur grade, la manière de tourner celui qui conteste en dérision est-il le seul moyen pour le musée de faire entendre une parole critique ? Il est vrai que bien peu de lieux osent encore aller sur le terrain de la mise en cause des affirmations des experts, cependant ramener l'opposition au café du commerce est pour le moins ambivalent. De même que l'on reste sur sa faim dans la dernière salle, qui se contente de mettre en écho les croyances de toutes sortes, en laissant le visiteur se débrouiller avec tout ce fatras, dans lequel se mêle charlatanisme et approches plus crédibles. Une exposition qui donne un certain goût d'inachevé.

mercredi 20 avril 2011

Les dinosaures et les modernes

Les modernes ne sont pas là où on les attend, les dinosaures non plus ! Orsay symbolique de la peinture avant-gardiste (même si le musée a réhabilité depuis avec raison ses pompiers), s'est embourbé dans une posture intenable. A l'heure où l'on traite dans tous les colloques de muséologie du visiteur acteur, du participatif et du collaboratif, on le sait, le musée d'Orsay a décidé d'interdire la photographie dans ses espaces (au moment même où le Quai Branly y renonçait !). Les arguments pour le moins spécieux sont d'ailleurs mobilisés ici où là dans un sens où dans l'autre, les surveillants se trouvant largement instrumentalisés. Les dinosaures ne sont donc pas là où on les attendait, à savoir les muséums ! C'est ce que nous prouve le muséum de La Rochelle, petit bijou de musée, qui lance l'opération : Clichés ? Le Muséum photographié. Un groupe d'étudiants est invité à mettre en scène sa vision du musée ! Mais que l'on ne se méprenne pas en proclamant qu'il s'agit là d'un muséum... il se trouve que le musée des beaux arts de Dijon a eu justement la même idée !!! Décidément, il semble que faire confiance aux visiteurs candides pour donner une vision subjective du lieu est dans le vent. A quand un atelier proposé par le musée d'Orsay ? !!!

vendredi 15 avril 2011

Turak à Lyon

Drôle d'expo au musée Gadagne de Lyon avec les créations de la compagnie de Michel Laubu, la compagnie Turak Théâtre. Nous avions aimé leurs spectacles délirants dans différents festivals de rue, et l'exposition de ces petites créations dans "Appartement témoin" est des plus savoureuses. Parodie d'art brut qui n'est pas sans évoquer bien sûr le travail d'Opus, avec son Conservatoire des curiosités ou le Musée Bombana de Kokologo ou de la compagnie des Vernisseurs avec son Musée de Monsieur P. Bien sur chaque compagnie a son univers propre, très bricolé pour ce qui est de cette installation, et c'est ce qui fait son charme (pour en comprendre l'esprit, il faut absolument visiter les sites internet de ces compagnies qui sont des petits bijoux). Par cette installation, le musée historique de Lyon a le courage de surprendre, cela fait du bien au sein d'un musée qui manque totalement de fantaisie.


lundi 11 avril 2011

Portraits de la pensée

Très beau projet d'exposition au Musée des Beaux Arts de Lille : rendre compte visuellement de la pensée, une gageure ! C'est au travers d'une série de portraits de Velasquez, Ribera et Giordano que l'on prend la mesure de l'intentionnalité du peintre : faire ressentir à son spectateur l'intensité dans lequel est plongé l'homme perdu dans ses pensées. Le philosophe est alors le sujet le plus approprié et la rédécouverte de l'antiquité sert de prétexte. Platon, Héraclite, Démocrite offrent la possibilité de mille variations pour l'imagination du peintre. Mélange de vision de l'histoire plongée dans les codes et les attributs du XVIIème siècle, les allers-retours sont impressionnants, de même que les jeux d'influence entre le siècle d'or espagnol et les peintres d'Italie ou des Pays Bas. L'exposition est simple dans sa présentation, concentrant les regards vers les oeuvres mises en confrontation. Les peintures sont du reste inégales, mais ce qui compte c'est avant tout le sujet pour le propos de l'exposition, c'est ce qui intéresse, plus que la technique. Le choix de mettre très peu de médiation en salle est compensé par un très beau petit livret que le visiteur peut conserver en souvenir, une option au final très pertinente. L'ajout d'une installation contemporaine de Bill Viola au centre de la pièce est sympathique, mais nous avouons que même si nous aimons habituellement cet artiste, nous n'avons pas bien compris son intérêt. Cette exposition est à découvrir jusqu'au 13 juin.

jeudi 7 avril 2011

Tous cannibales !

"Au bout du compte , on nous élève pour nous becter !", dixit Léo Ferré. "Alors bectons !". Tous cannibales donc. Manger l'Autre pour se l'approprier, pour le neutraliser, pour s'investir de sa puissance, les raisons pour lesquelles la société a recours au cannibalisme sont diverses. Le MEN avait exploré cette piste version philo-anthropologique, et c'est en ce moment la Maison Rouge qui aborde la question. Et Dieu sait si depuis Goya l'idée a hanté les imaginaires des artistes. L'exposition présentée à la Fondation Antoine de Galbert fait dialoguer les oeuvres de toutes les époques, et bien évidemment donne la parole aux plus contemporaines. Nous n'avons pas toujours compris tous les rapprochements, mais il y a de belles propositions, de quoi faire frémir ! La commissaire : Jeanette Zwingenberger a fait de belles sélections et le parcours "délicieux" rencontre un beau succès. La revue Art Press publie un numéro spécial pour l'occasion.

mardi 5 avril 2011

Histoire de Strasbourg : partie 1

Nous attendons avec impatience la seconde phase prévue pour 2013 du musée historique de Strasbourg, elle traitera de la période contemporaine, la plus captivante sans doute. Car c'est ce qui sera le plus épineux à traiter. Pour la première partie, le musée se tient à mi-chemin entre Nantes et Lyon en quelque-sorte : c'est plutôt réussi, et même si ce n'est pas aussi enthousiasmant que le Château des ducs de Bretagne, cela n'est pas aussi catastrophique que le musée de Gadagne. Dans la lignée des musées d'histoire, Strasbourg vaut le détour. En effet, il y a un effort ici de mise en discours et de problématisation. Surtout, la prise en compte du visiteur avec des tentatives d'interactivité et de jeux éducatifs sont plutôt convaincants. En revanche, on ne sait pas comment il est encore possible de faire le choix des audioguides à infra-rouge, c'est une aberration muséographique ! Il ne faut vraiment pas s'intéresser aux comportements des visiteurs pour choisir une technique aussi stupide ! La scénographie québecoise est certes un peu attendue et pas toujours très belle - ce n'est du reste pas sans rappeler l'Historial de Vendée par certain côté -, mais elle fonctionne plutôt bien. Le multimédia sur le plan relief fait son effet, même si cela ne mange pas de pain en terme de contenu. Bref, on attend la seconde partie, car pour l'heure la fin est un peu abrupte !

samedi 2 avril 2011

Des déchets au musée

Waste Land : avec pour sous-titre De la poubelle au musée, voilà un film bien singulier réalisé par Lucy Walker. On découvre au Brésil la plus grande décharge du monde et les milliers de travailleurs qui viennent improviser un recyclage que la société n'a pas su organiser. Cette banlieue de Rio de Janeiro est terrible, et c'est avec un grand courage que Vik Muniz, artiste de son état, dont la spécialité est de recycler les déchets en oeuvre d'art va s'immerger dans cet environnement durant trois ans. Il y découvre et il y fait se révéler des personnages attachant. Il construit avec eux une oeuvre participative des plus pertinentes. Les catadores réinventent leur vie par leur implication et par les effets de cette action artistique, qui porte en elle-même son action culturelle. C'est un très bel exemple de ce que l'action artistique et culturelle peut porter d'espoir et d'humanisme. Les oeuvres étonnantes (on peut voir une oeuvre de Vik Muniz en ce moment à la Maison rouge à Paris) sont vendues en galerie et se retrouvent dans les grandes collections.

A voir au cinéma et avant la présentation sur : http://www.wastelandmovie.com/

jeudi 31 mars 2011

Inquiétudes muséales

C'est un avenir sombre pour les musées que prédit le journal Le Monde. Après Le Livre blanc de l'association des conservateurs qui n'était pas d'un optimisme débordant, voici que deux articles sont publiés qui ne décrivent pas un avenir réjouissant.

Dans un article daté du vendredi 25 mars, Marie-Aude Roux rapporte une enquête CSA commanditée par l'ADMICAL qui montre que le mécénat dans le secteur culturel est au plus mal. Moins 63% entre 2008 et 2010, voilà qui a de quoi inquiéter à l'heure où les budgets publiques sont comprimés, voire coupés. Ce sont évidemment les petites structures qui en feront le plus les frais.
Les petites structures sont également présentes en creux dans le rapport établi par la Cour des comptes dont rend compte l'article du jeudi 31 mars, signé par Michel Guerrin. En effet, ce sont les grandes institutions muséales qui sont visées, pour une gestion peu performante, mais au final ce sont les petites structures qui risquent d'en endosser également les contrecoups. Car si les établissements importants ont augmenté leurs recettes et leurs publics, leurs charges a cru plus rapidement provoquant une réduction de l'autofinancement. L'Etat doit donc compenser. Avec les projets d'envergure prévus, c'est un milliard d'euros qui s'avère nécessaire...
N'est-il pas temps de changer de modèle de développement également dans les musées ?

lundi 28 mars 2011

Le MUCEM se questionne

Le MUCEM, futur Musée des Civilisations Europe Méditerranée a invité durant trois jours professionnels de la muséologie et de la muséographie, chercheurs et ethnologues à échanger et dialoguer autour de cinq tables rondes sur les musées d'ethnographie et les perspectives pour le MUCEM. Rappelons que le lieu doit ouvrir en 2013 pour accompagner Marseille Capitale européenne de la culture. Cinq rapports préliminaires élaborés par cinq jeunes chercheurs talentueux ont été proposé comme source pour les échanges. Certes, il eut fallu plus de temps pour résoudre les contradictions dans lesquels se trouvent les musées d'ethnologie, mais parions que la publication qui sortira peut être de ces rencontres permettra d'apporter une contribution intéressante. Nous avons été enchanté de pouvoir y rencontrer également les collègues et notamment faire la connaissance de muséologues venus d'Allemagne, du Portugal, d'Angleterre, d'Espagne, du Québec ou encore des Pays Bas.

En attendant le MUCEM se construit, et nous avons pu constater l'avancée d'un chantier qui demeure impressionnant par son ampleur (40000 m2 sur trois sites).

jeudi 24 mars 2011

Confluences dévoile ses réserves

Le musée des Confluences propose une exposition au musée gallo-romain de Lyon-Fourvière sur ses acquisitions et ses collections. Les objets sont d'une grande beauté, mais présentés comme en leur réserve, classés et à peine sortis de leur emballage. Que l'on ne croit pas pour autant qu'ils se présentent au visiteur en tenue négligée, bien au contraire l'apprenti muséologue pourra y admirer les conditionnements parfaits et les étuis et mousses parfaitement découpés pour assurer une conservation parfaite.

C'est bien sûr aussi l'occasion d'inviter à considérer l'histoire du musée, son évolution et les collections qui l'ont constitué : collections d'histoire naturelle, collections d'ethnographies, collections scientifiques, collections techniques, collections d'art... Les acquisitions les plus récentes sont dominées par ce souhait de valoriser les cultures étrangères dans leur production artistique, mais aussi de rendre compte des évolutions dans le secteur de l'industrie et de témoigner ainsi pleinement des sciences et sociétés. Un film présente une interview de Michel Côté qui explique le projet scientifique et culturel du musée. Enfin l'exposition est l'occasion de tester une table multitouch pour apporter des informations sur les collections et une enquête en cours vise à en faire l'évaluation auprès des visiteurs. Surtout un parcours enfant sous forme de badges et d'Ipad constitue la véritable innovation.
Un avant-goût d'un lieu que l'on a hâte de visiter en 2014.

lundi 7 mars 2011

Le musée, une institution à inventer ?

Qu'arrive t-il à André Gob ? Qu'est-ce qui peut le conduire à se poser ce type de question ? En effet, Le musée, une institution dépassée ? est le titre de son dernier ouvrage paru chez Armand Colin. Rassurons-nous ce n'est qu'une facétie d'éditeur car l'auteur n'est pas en prise aux doutes, il suffit de le lire pour s'en convaincre. Comme nous, il est certain que le musée est une structure pleine d'avenir, à réinventer peut-être, mais certainement pas vieillotte et poussiéreuse ! S'il était possible de s'interroger sur la fin des musées dans les années soixante-dix, à présent c'est plutôt l'excroissance et le développement vertigineux de l'institution qui pourrait la mettre en péril et non son inertie. C'est du reste cette piste de réflexion que suit André Gob en analysant tour à tour les modes de gestion, le développement des musées à l'international, les nouvelles pratiques un tantinet commerciales. Ainsi, c'est parce qu'il s'échappe parfois des logiques de services publics que le musée peut se révéler dépassé, dans la mesure où il renie ses origines fondatrices. Malgré tout, même si l'auteur est critique sur certaines dérives, il oeuvre pour permettre aux musées de se déployer et de donner le goût aux étudiants de s'y investir et de le réinventer. Ce petit essai est en quelque-sorte une porte d'entrée pour tous ceux qui veulent s'initier à la réflexion contemporaine en muséologie.

mardi 22 février 2011

Le musée de musées

Le rêve de tous muséologues est de constituer le musée de musées (ce que tente judicieusement le Projet scientifique et culturel du futur musée Arlaten), et son cabinet des curiosités, il le compose en collectionnant les lieux étranges et surprenants, les musées bizarres. Ainsi le site Musées-Oh ! propose le musée insolite de la semaine et nous visitons avec gourmandise ces lieux étranges surannés, délirants ou fantasques, fruit du délire de passionnés. Nous n'avons malheureusement pas visité celui évoqué par un article du Monde en date du 20-21 février et nous dérogeons donc à notre règle de ne parler que de ce que nous avons vu, mais l'article est intéressant. Il s'agit d'un couple de Zagreb qui a constitué une collection composée d'objets disparates, mais qui tous ont en commun d'être issus de cadeau de couples, désormais séparés. Que faire d'un souvenir tendre, attaché à des émotions et à une histoire, alors que celle-ci est devenue passée et souvent triste ? Une réponse : le mettre au musée -comme si celui-ci était vraiment synonyme intrinsèquement de relégation (une thèse chère à Octave Debary !). Est-ce vraiment là un musée ? Ne s'agit-il que d'une collection farfelue ? Est-ce juste un amas d'objets fétiches ? Ou bien est-ce l'occasion de tenir des discours sur le couple, l'amour, le souvenir... ? A raconter des histoires de vies ? Pourquoi vouloir laisser des traces, que nous dit tout cela du rapport à la mort toujours présent dans l'amour ? Bien des sujets exaltants pour le muséologue !

lundi 14 février 2011

A propos des musées d'art


Numéro consacré aux musées d'art sous la houlette d'André Gob et Raymond Montpetit, ce nouveau numéro de la revue Culture et Musées, intitulé La (R)évolution des musées d'art regroupe des contributions variées et est complété d'un dossier sur les scénographies, issu des travaux de l'Ecole du Louvre.


samedi 12 février 2011

L'architecture au menu

Seconde rencontre à la Maison de projet du Louvre-Lens samedi après midi avec la présentation de plusieurs projets de rénovation ou création de musée. Un public attentif a entendu les explications sur le musée intégré à la Cité de la Dentelle de Calais, puis le LAM de Villeneuve d'Ascq, avant que de finir par le projet du Louvre-Lens. Le chantier qui se poursuit est des plus impressionnant, une sorte de paquebot échoué dans le bassin minier. Les réactions envers cette architecture d'exception, toute de blancheur et de transparence dans ce pays des gueules noires, sont assez contrastées. Certains estiment que c'est une vision du paradis qui apparaît, mais comme tout paradis il n'est pas sans ambivalence dans une région qui souffre encore de beaucoup de précarité et de problèmes sociaux. Sans doute ce nouvel établissement apportera fierté et dynamisme pour renaître autrement demain. L'exposition de toiles du Louvre reproduites dans le stade Bollaert, intitulée Le Louvre en sang et or est osée, nous serions curieux de surprendre des réactions un soir de match, mais pour ça ne comptez pas sur moi !!!

mercredi 9 février 2011

Le livre blanc des musées

Pendant que le ministère organisait une grande messe sur les politiques culturelles à la Grande Halle de la Villette vendredi dernier, l'Association Génerale des Conservateurs des Collections Publiques de France présentait au Conseil Economique Social et Environnemental son livre blanc. Celui-ci présente un diagnostic de l'état des musées en France et pointe quelques-unes des nombreuses sources d'inquiétude dans la profession. La commercialisation des musées, la montée en puissance de l'externalisation des services dans les musées, les antennes à l'international, la baisse redoutée des financements de la part des collectivités..., une logique plaidant pour l'intercommunalité, ou encore le regroupement possible des conservations départementales et des services de l'inventaire de la Région dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales sont semble t-il des hypothèses envisagées...

Toutefois à y regarder de plus près, on constate que le livre très centré sur le noyau dur du métier de conservateur et aborde que très succinctement les transformations possibles du musée, peu de choses sont dites sur l'action culturelle et quand la question de la gratuité des musées est évoquée c'est pour laisser entendre que les études sont négatives. Or, des chercheurs disent des choses différentes à ce sujet... Enfin, on tombe à la renverse quand on lit qu'il faudrait que le service des musées de France organise un Agenda 21, alors que la démarche dans sa philosophie vise plutôt à être organisée de bas en haut...
On peut télécharger le livre d'une centaine de pages à l'adresse suivante : ici.
Et lire un compte rendu sur le site de Localtis.info, un site intéressant à connaître qui propose du reste plusieurs autres ressources sur les musées.

mardi 8 février 2011

Voici Google Art Project

Tout le monde en parle ! Mais effectivement il faut annoncer la naissance de Google Art Project, car malgré les remarques de quelques grincheux sur la qualité de certaines vues, il se pourrait bien que l'on assiste à l'origine d'une nouvelle ère pour les musées. Il y aura peut être un avant et un après Google Art Project ! Car si peu d'oeuvres sont encore en ultra haute définition, il est probable que ceci s'améliore très vite, comme cela a été le cas pour Google Earth ou Google Maps.

En lançant la possibilité de visiter dans un premier temps 17 grands musées de par le monde, Google propose un outil remarquable. Visite des salles, mais également outils de médiation pour en savoir plus sur les oeuvres, les comparer, aller à la rencontre d'un artiste. Si toutes les oeuvres ne sont pas présentes, certaines n'étant pas encore tombées totalement dans le domaine public, il faut remarquer que cela va quand même beaucoup plus loin que les petites apps pour Iphone du Louvre ou de la National Gallery.
On peut imaginer que très vite le nombre de musées présents va se démultiplier jusqu'à permettre une connexion généralisée. Cependant nous pouvons faire quelques (premières) remarques.
  • D'abord, il ne faut pas redouter que la visite des musées sur écran détourne des musées réels, bien au contraire, on sait que ce sont les lieux les plus connus virtuellement qui attire le plus physiquement (pour les avoir vus / faits..., - aussi les musées qui interdisent encore la photographie pour réserver des surprises sont-ils ringards...).
  • Ensuite, on peut se demander quelle vision donne du musée cette visite virtuelle ? Il est frappant de constater que les musées sont vides ! des musées sans visiteurs ! C'est sans doute un fantasme de touriste qui rêve d'avoir le Louvre pour lui tout seul, mais pour un muséologue cela fait frémir ! On dirait qu'une bombe à neutrons est passée par là ! Bref, des musées sans vie... cela renforce le cliché d'un musée hors du monde...
  • Parmi les 17 musées présentés, combien de musées d'art à votre avis ?! Le stéréotype du musée sort renforcé... à quand le musée du Lacet de la Terrasse sur Dorlay ??!! Bref, la diversité muséale doit être aussi un objectif !
  • Enfin, ne boudons pas notre plaisir, Malraux serait aux anges, Google Art project permet à tout un chacun de se constituer son musée imaginaire en collectant et composant son musée personnel. Parions que les applications interactives vont pouvoir se développer pour échanger et créer à partir de là...



Magnifique non ?


... juste pour le plaisir ...



lundi 7 février 2011

Et un musée de l'Europe ?

Alors L'Amérique, c'est aussi notre histoire ! Nous n'en doutions pas à vrai dire, et cette nouvelle exposition présentée à Tour et Taxis à Bruxelles, en préfiguration perpétuelle du musée de l'Europe n'est guère convaincante. Si quelques belles séquences accueillent le visiteur, comme ce passage entre l'aire du paquebot et le débarquement en Amérique, le reste n'est guère probant. Mais au-delà de la scéno de carton pâte, c'est surtout le discours qui est affligeant. Grosso-modo un ouvrage de classe de 3ème sert à construire le propos, sans aucune surprise, sans prendre à rebours le visiteur. Tous les attendus sont là, de la découverte des indiens d'Amérique, de la conquête, à l'indépendance de la nouvelle République. Et puis les passages par les guerres mondiales, la guerre froide, l'American way of live, et tutti quanti. Bref, aucune surprise, que des stérérotypes en brochette... L'exposition n'est pas au niveau de C'est notre histoire, premier épisode de cette panoplie. Que dire aussi de ce mélange allègre de vrais objets et de copies, sans avertissement spécifique du public ? Les expositions grand public ne devraient pas être synonymes d'expositions au rabais...

samedi 5 février 2011

A propos du Musée de l'Histoire de France

Cela est devenu une idée fixe : créer un musée de l'Histoire de France, ce projet présidentiel fait couler beaucoup d'encres. Les tribunes se multiplient, chacun y allant de son avis, ce qui est très bien. Certains n'en veulent pas du tout, d'autres ailleurs, pas aux Archives nationales, mais par exemple dans l'Hôtel de la Marine place de la Concorde, d'autres l'espèrent sur un autre thème, comme la colonisation, l'esclavage...

La dernière tribune en date publiée par le journal Le Monde du 4 février, est signée de sept historiens réputés qui disent très justement leur inquiétude face à un projet mal parti et envers un sujet délicat. Pascal Ory, rare professeur d'université a avoir accepté de siéger dans le comité d'orientation scientifique tente de se justifier avec des arguments assez peu convaincants. Car à quoi bon faire un Xème musée, sur un sujet aussi sensible et mal cerné ? Penser l'histoire de France sans l'histoire du monde, cela fait très XIXème siècle. Et aujourd'hui, est-ce utile de renforcer une vision jacobine et centralisatrice, de construire la Nation ? Ne faut-il pas envisager plutôt la rencontre des territoires ? Et alors un projet de musée des régions en dialogue à l'heure de l'Europe serait sans doute plus pertinent. Tiens, tiens, mais cela ne pourrait-il pas être un Projet scientifique intéressant pour un musée à Marseille ? Ce feu MNATP dont on ne sait que faire... Aie ! de quoi retomber dans les errances et les polémiques.
Le musée de l'Europe n'arrive à se concrétiser nul part, pas même à Bruxelles. Et celui des régions d'Europe ? Pour le musée de l'Histoire de France, on notera une fois de plus que l'on confie la réflexion aux seuls historiens, comme s'ils étaient les seuls concernés ! Mais avoir des géographes, des économistes, des écologistes... et peut être même des muséologues pour construire un musée au XXIème siècle, cela ne serait-il pas pertinent ?

mardi 1 février 2011

A vos appareils photos, citoyens !

Le visiteur s'organise et proteste, cela nous plaît ! Le mouvement s'organise ! La révolte est en marche. Grâce à Facebook, vous pouvez rejoindre ceux et celles qui trouvent stupides d'interdire la photographie dans les musées. Orsay qui vient d'interdire aux visiteurs de photographier est pris pour cible d'action. Vous pouvez rejoindre le groupe qui organise des commandos de prises de vues pour protester ! C'est OrsayCommons.

Rappelons que nous avions recensé les arguments et tentés une première analyse dans un article à ce sujet, que vous pouvez télécharger sur le site de l'OCIM : http://doc.ocim.fr/LO/LO115/PP.23-30.pdf

Vous pouvez aussi signer le livre d'or virtuel du musée d'Orsay, et constater combien la mobilisation contre l'interdiction est présente dans les remarques :
Il est frappant de constater combien l'argument du bien public y est récurrent, contestant en quelque-sorte sa privatisation par une institution qui n'en est, rappelons-le, normalement que dépositaire.

Il y a mille raisons pour photographier dans un musée, et le premier c'est comme pour nous d'y prendre un grand plaisir. Pour soutenir la démarche, offrons nous cette belle photo de Hilli Hassemer magnifiant la Joconde au travers de mille appareils.

dimanche 30 janvier 2011

Jouer avec les oeuvres ?

Permettre de jouer avec les oeuvres, virtuellement s'entend, cela ne doit pas donner des hauts le coeur à ceux qui prêchent le respect et la contemplation, l'un n'empêche pas l'autre. La délectation peut aussi se marier avec le décalage de regard. Il y a un temps pour chaque chose. L'humour est une manière de s'approprier aussi les oeuvres, de les regarder autrement. C'est ce que fait Léo Caillard dans de drôles de photographies. Signalons au passage le très beau blog buzzeum.com qui a repéré ses oeuvres, et que nous citons ici. Ce blog apporte des informations intéressantes sur les musées et les expositions dans une très belle présentation.

vendredi 28 janvier 2011

Une exposition fantôme !

L'exposition est censée traiter des revenants dans l'histoire de l'art, de belles affiches en vante l'originalité. Car il est vrai que le sujet est très original et on se délecte par avance de cette exposition que l'on imagine déployant un discours sur la figure vaporeuse des apparitions, spectres, ectoplasmes et autres zombis... Nous nous attendions à explorer des facettes cachées du Louvre et redécouvrir peut-être des tableaux et dessins que nous avions mal vu, dans lesquels les fantômes nous avaient échappés. Hélas, l'expo est bien évanescente, non pas tant parce qu'elle comporte en tout et pour tout vingt oeuvres, mais parce que son discours est assez peu imaginatif. Une fois les oeuvres décrites, cela laisse le sentiment d'une juxtaposition un peu artificielle. Il y a peu de problématisation, et on ne perçoit parfois qu'un rapport lointain entre les apparitions d'Ossian, les danses macabres et le retour des morts vivants ! On s'amusera en revanche d'une série de plaques animées par une tirette, des diablotins y dansent dans un dispositif assez original.

A voir au Louvre, Revenants. Images, figures et récits du retour des morts, jusqu'au 14 mars.

vendredi 21 janvier 2011

Exposer la photographie

Une fois n'est pas coutume, invitons à aller visiter un autre site ! Belle introduction à la question de la photographie et de son exposition, réflexions conduites par François Cheval, conservateur du musée Niepce de Chalon-sur-Saone et iconoclaste devant l'éternel... mais, un conservateur d'un musée de la photographie pouvait-il être autre chose qu'un briseur d'images ?! A l'occasion d'un voyage en Chine, François Cheval fait part de ses analyses et de la signification de l'image pour nos sociétés. La photographie est un élément essentiel dans la rencontre, la captation, l'apprivoisement, peut-être la neutralisation ou la possession de l'altérité : mettre l'autre en image et l'exposer... De très belles photos, anciennes et contemporaines, sont mises en perspective pour accompagner et faire respirer la réflexion que propose cet entretien au long cours avec Didier de Faÿs. A savourer par ici.

Plus largement profitons pour signaler ce site, mine d'informations : http://www.photographie.com

mardi 11 janvier 2011

La dentelle de Calais

Magnifique, le nouveau musée de la Cité de la dentelle et de la mode de Calais est un très bel équipement. Son architecture subtile (de Moatti et Rivière) qui donne un ancrage moderne à une ancienne usine du centre ville, une scénographie signée Pascal Payeur qui est toute de grâce et de délicatesse, enfin une muséographie intelligente qui traite des sujets avec concision et efficacité : le visiteur a tout pour être heureux ! Il faut espérer qu'ils seront nombreux à faire le détour, car la ville un peu enclavée et il faut le dire peu attractive, le mérite. Son histoire est passionnante à qui sait prendre le temps de la découvrir. Certes, la visite s'adresse davantage à un visiteur individuel qu'à un enfant désireux de jouer, toutefois, si le discours est exigeant, il n'est pas complexe et il peut être appréhendé par tous les publics. L'approche anthropologique mêle l'histoire, la sociologie, les arts décoratifs et la mode, les techniques, les innovations industrielles, le design... On regrettera bien entendu que, une fois de plus, ici comme à St Etienne, Roubaix et dans nombre de lieux, l'approche sociale et contemporaine soit minimisée, mais dans une période d'incertitudes sur le devenir industriel local, on comprend que le sujet soit trop sensible et trop politique pour être abordé... Une très belle réalisation à découvrir.

jeudi 6 janvier 2011

Conservateurs : un métier à décrypter

C'est assurément ce que fait Frédéric Poulard, brillant historien des politiques culturelles en considérant l'évolution des musées depuis quarante ans, il considère la manière dont les professions se restructurent sans cesse. Dans son Conservateurs de musées et politiques culturelles : l'impulsion territoriale, l'auteur signe un ouvrage de référence. Car c'est la montée en puissance de l'intervention des collectivités territoriales qui est déterminante dans les métamorphoses que le chercheur analyse. Livre dense par son contenu, les informations dispensées seront utiles tant à ceux qui exercent le métier pour prendre du recul avec le terrain dans lequel ils évoluent que pour les étudiants qui entendent s'y professionnaliser. Ouvrage d'histoire autant que de sociologie, il est agrémenté d'études de cas, de portraits de situations et fourmillent de données concrètes. Il enrichit ainsi une collection Musées-Mondes dirigée par Jacqueline Eidelmann et Mélanie Roustan à la Documentation française qui s'impose désormais comme un lieu incontournable de la muséologie.

mercredi 5 janvier 2011

Le bestiaire de Neuchâtel

Plus que 3 jours pour voir l'exposition Espèces en voie d'apparition, avec les oeuvres de François Riou, "entomologiste de la grande distribution marchande", comme l'artiste se définit lui-même ! Magnifique exposition, aussi belle que drôle, comme sait en proposer souvent le muséum de Neuchâtel. Exposition que l'on peut labeliser sans hésiter "développement durable !" puisque l'artiste travaille avec des matériaux récupérés pour constituer son bestiaire. Exposition à visiter en famille, avec des jeunes enfants comme avec le grand-père, chacun va rire, s'extasier et s'émouvoir. Une exposition qui devrait circuler en toute logique dans tous les muséums de France... Mais nous nous étions dit la même chose pour l'exposition Du coq à l'âne, et nous ne l'avons revu qu'à Orléans. Celle-ci aura t-elle plus de chance ? C'est en tous les cas à souhaiter, car c'est une belle proposition.

Profitons aussi pour faire de la pub pour le site internet du muséum, une belle réussite également !

lundi 3 janvier 2011

Cherchez le renard...

Drôle d'exposition que celle de Francis Alÿs au Wiels, ancienne brasserie bruxelloise transformée en nouveau centre d'art contemporain. L'artiste présenté aime à mettre en scène l'attente, notamment dans ses vidéos. Il explore des tensions, des mouvements et des cycles. Ainsi la longue danse des moutons autour d'une place que guide ou que suit un homme selon les moments, les interventions pour repeindre soigneusement au pinceau des lignes jaunes en Amérique du Sud ou encore pour tracer des interrogations sur le mur de Jérusalem. De toutes ses vidéos, celle présentée dans l'entrée (seule oeuvre que l'on ait le droit de photographier) est assez comique : au moyen de caméras de surveillance on assiste aux errances d'un renard enfermé dans un musée londonien ! Mais de toutes les propositions, c'est la danse avec la tornade qui a le plus de succès.

A voir avant le 30 janvier 2011.

dimanche 2 janvier 2011

Le musée Picasso nous fiche la honte

Pour le musée Picasso, l'année se termine honteusement et ternie une fois de plus l'image de la France à l'étranger. Le journal Le Monde nous apprend dans son édition du 28 décembre que la conservatrice n'a pas voulu prêter d'oeuvres pour une grande rétrospective montée par le musée de Zurich au motif qu'aucun prêt n'était accordé durant le temps des travaux du musée parisien. En réalité, il s'agit surtout de permettre la location d'expositions à l'international, beaucoup plus rentable. Ainsi la logique de la location des oeuvres se substitue aux prêts entre collègues dans une logique toujours croissante de commercialisation des musées. De plus, un mépris très parisien semble avoir été de mise pour traiter la demande... Espérons que l'ensemble des prêteurs participant à l'exposition de Zurich refuseront en coeur de prêter à l'avenir au musée Picasso quand celui-ci en aura besoin. Ce sera un juste retour des choses. En attendant la profession traite de grincheux ceux qui s'en offusquent et clame avec Jack Lang qu'il n'y a aucun malaise...