Au Vaisseau à Strasbourg les enfants peuvent s'initier aux sciences et aux techniques en s'amusant. Comme à la Cité des enfants, prototype qui a servi de modèle pour le lieu, les enfants accompagnés d'un adulte peuvent découvrir et s'enchanter. Ici le temps n'est pas compté et les enfants pourront demeurer le temps qu'ils désirent. Des animations sont proposées, des ateliers et des expositions temporaires complètent l'endroit où l'on peut aussi pique-niquer en été et profiter des espaces extérieurs.
mardi 21 juin 2011
De culture scientifique
dimanche 12 juin 2011
L'Hiver de la culture
Etonnant Jean Clair qui ne peut se départir d'une nostalgie bien compréhensible envers les formes passées de la culture, qui la sacralise tout en critiquant Malraux, et s'interroge une nouvelle fois sur le rapport aux images, et plus globalement aux oeuvres et aux musées dans notre société. Lire Jean Clair, c'est un peu comme quand nous lisions le dernier livre de Jean Baudrillard, c'est toujours délicieux, profondément énervant, par les raccourcis un peu stéréotypés, et en même temps dense de trouvailles et de saisissantes intelligences. On aurait tord de se débarrasser un peu vite de Jean Clair en le rangeant du côté de ces penseurs réactionnaires qui méprisent le peuple des visiteurs à l'égal des combines de l'art contemporain. S'il y a de cela, il y a bien autre chose, et notamment des intuitions géniales sur les transformations en cours auxquels l'auteur refuse de se résigner. Et puis ce serait oublier que Jean Clair est l'auteur d'expositions qui sont à nos yeux les plus progressistes en muséologie. Des expositions qui ne se contentent pas d'exposer de belles oeuvres, mais qui tiennent un discours et une thèse et qui invitent le visiteur à réfléchir.
samedi 11 juin 2011
Focale sur Anish Kapoor
Installation époustouflante Leviathan d’Anish Kapoor présentée au Grand Palais à Paris en mai juin 2011 dans le cadre de Monumenta figure ce monstre marin biblique qui avalait les âmes et qui ici avale et recrache le public dans ses entrailles, énorme baleine de Jonas gonflée jusqu’à la nef du Palais. Mais le public est libre aussi de s’inventer mille et une autres histoires, de passer de l’intérieur à l’extérieur, du sacré au profane, du ventre de la bête à la matrice, de la déshumanisation mondialisée aux images de science-fiction... Comme dans toute oeuvre forte, l’interprétation se démultiplie, et se conjugue ici à l’expérience faite par le visiteur du souffle et la pulsation, de l’étrangeté de la lumière, de la rougeur et de la noirceur. Les sens sont en éveil et invite le cerveau aux stimulations neuronales pour se forger des clés de lecture. Ainsi réflexion, sensation, et émotion se rejoignent dans une interprétation personnalisée et démultipliée.
Signalons la rencontre autour de la photographie au musée, que le Grand Palais encourage, tandis que d'autres institutions se campent sur leurs interdits dans une attitude souvent incompréhensible. Le Groupe OrsayCommons propose de débattre, samedi 11 juin à 14h30, après avoir pris la bête sous tous les angles !
http://www.facebook.com/event.php?eid=114421408646123
ORSAYCOMMONS MONUMENTA
Voir Regarder Photographier
Venez le samedi 11 juin, 14h15, pour un OrsayCommons exceptionnel à Monumenta, au Grand Palais.
vendredi 3 juin 2011
Louvre-Lens : ça avance !
En préparation de la mise en place de la formation MME sur la conception des expositions à l'université d'Artois, les contacts se multiplient. Nous avons eu le plaisir d'accueillir il y a peu Philippe Dubé, responsable de la formation de muséologie de l'université Laval à Québec, et André Gob et Noëmie Drouguet, tous deux responsables de la formation de muséologie à l'université de Liège. Nous avons pu ensemble aller à la Maison du Projet Louvre Lens et visiter le site en présence d'Arnaud Debève qui nous a expliqué l'état d'avancement du chantier.
lundi 30 mai 2011
Un musée de l'économie
Le Monde donne brièvement, dans son édition du 27 mai, des nouvelles de la Cité de l'économie prévue par la Banque de France dans un hôtel particulier du 17ème arrondissement. Ce projet n'est pas sans intérêt puisqu'il s'agit de mieux faire comprendre aux citoyens les règles de l'économie. Espérons que ce n'est pas pour former les futurs traders des beaux quartiers, mais pour apprendre aux enfants des cités à déjouer les pièges du capitalisme... Si nous savons peu de choses du projet, l'article du Monde laisse cependant assez dubitatif. L'architecte Yves Lion à qui est confié le projet est entouré de François Confino, auquel la journaliste attribue la muséographie. Le problème est sans doute là, car si François Confino est sans conteste scénographe, la question de la définition des contenus demeure assez floue. L'important est "d'éviter le musée poussiéreux" (!!) et pour cela de permettre au public de jouer avec des zapettes... Espérons que le ludique ne l'emporte pas sur un véritable propos tant il y a à dire sur un pareil sujet, éminemment sensible.
dimanche 29 mai 2011
2011, l'Odyssée Kubrick
L'exposition Kubrick à la Cinémathèque de Paris est symptomatique d'une manière de penser et de faire des expositions. Très loin de la très belle exposition Jacques Tati ou même de celle concernant Almodovar, ou encore de l'exposition Renoir, certes moins originale au niveau de la scénographie que les deux premières, mais très audacieuse sur le propos et l'expérience comparative. Pour Kubrick, la scénographie est des plus terne, sans aucune surprise, et la muséographie est scolaire et dépourvue de toute imagination. C'est fâcheux pour présenter un tel cinéaste, à moins que ce soit une façon de se faire modeste et invisible ? En tous les cas, c'est assez ennuyeux, et seul l'intérêt pour Kubrick conduit à s'intéresser au propos.
samedi 21 mai 2011
Dictionnaire de muséologie

Ca y est ! Il est arrivé ! Le Dictionnaire encyclopédique de muséologie est paru. Attendu depuis vingt-cinq ans au moins au sein de l'ICOM, c'est grâce au travail acharné d'André Desvallées et François Mairesse que l'entreprise a pu être menée à bout. Belle réussite à laquelle nous sommes fiers d'avoir participé, avec Yves Bergeron, Bernard Deloche, Jean Davallon, Noëmie Drouguet, Raymond Montpetit, et Martin Scharer. 21 articles de fond et une partie rubriques de 500 mots définis, le tout forme un ensemble cohérent complété de 3 cahiers iconographiques. L'ouvrage sera très certainement indispensable aux étudiants de la discipline et nous l'espérons utile aux professionnels et chercheurs.
vendredi 20 mai 2011
Dieu(x) Mode d'emploi
Heureusement, il y a le texte de Gilles Courtemanche qui apporte un peu d'esprit critique à une exposition qui serait sans cela très belle et apaisante, mais d'une platitude déconcertante. Le Musée de la civilisation de Québec accueille cette exposition de Tempora présentée d'abord à Bruxelles. Si le propos de Courtemanche a semble-t-il fait débat au Québec, c'est celui d'Elie Barnavi qui nous parait pour notre part sujet à discussion, puisqu'il affirme tout de go que l'on a davantage tué au nom de la Nation, de la classe ou de la race que durant toute l'histoire l'ensemble des religions... Ce n'est pas un concours, mais on peut quand même être dubitatif. Cette séquence Conflits et coexistence a le mérite avec ces deux textes de faire débat. Rituel, passage, lieux, cultes, au-delà, divinités, corps sont les autres séquences qui ponctuent l'exposition, rien de bien révolutionnaire. Le discours est consensuel et ne questionne guère l'obscurantisme des traditions religieuses. Comme dans un monde enchanté, les religions seraient de simples croyances ne perturbant pas la société contemporaine. Si l'intention de faire connaitre la religion de l'autre pour aspirer à plus de tolérance est louable, on pourrait aussi proposer un dépassement de celles-ci pour construire un vivre ensemble qui ne repose pas sur des croyances vieilles de deux mille ans à l'heure où nous avons les moyens de comprendre le monde avec plus de rationalité. Plutôt que de contribuer à légitimer le fait religieux, le musée ne devrait-il pas éveiller les consciences et combattre les sources d'obscurantisme ?
jeudi 19 mai 2011
Connaitre les coulisses du muséum de Nancy
Pour connaitre un brin d'histoire du muséum-aquarium de Nancy, mais pour comprendre aussi ses collections, le travail conduit par les différents professionnels qui y oeuvrent, il faut se reporter au petit ouvrage Autour des collections publié par l'institution. Le grand public peut ainsi découvrir la politique d'acquisition, la gestion des collections et la conservation. Ce sont aussi les services de médiation et le travail avec les publics, la recherche, les relations conduites avec les universitaires, mais également avec les artistes. En quelques pages à chaque fois, les différents domaines sont ainsi expliqués. Richement illustrée, cette publication de qualité est évidemment une très belle introduction au monde muséal.
mercredi 18 mai 2011
Brassens pour tous
samedi 7 mai 2011
La Maison de l'Histoire de France
dimanche 1 mai 2011
oMusée, l'app des expos
Belle petite application pour votre Iphone évidemment, application qui plus est gratuite. oMusée présente l'actualité des expositions (essentiellement parisiennes pour le moment) et des sites français à visiter avec toutes les informations pratiques. Pour le moment un brin limité, il faut espérer que tous les sites y figurent à terme pour qu'elle devienne vraiment pertinente. L'application est bien faite, il est seulement dommage que l'on ne puisse pas interagir pour laisser des commentaires et apporter des témoignages, autrement que via Facebook.
mardi 26 avril 2011
Sacré sciences !
Le muséum de Neuchâtel propose Sacré Science ! avec pour sous-titre Croire ou savoir, une exposition consacrée par conséquent aux croyances. L'exposition débute par une immersion dans un royaume d'illusions et de formes évanescentes évocatrice de la prise de contact de l'homme avec l'univers. Comment s'y retrouver ? Se donner des motifs d'explication par la croyance avant que de mettre en ordre, de mesurer, de comprendre... Les salles suivantes s'attardent donc au moyen de petites manips sur la compréhension de phénomènes physiques. Un café du commerce avec l'acteur fétiche du muséum, - qui figure désormais dans toutes les
expositions, ce qui enlève tout effet de surprise -, propose de petites fictions pour mettre en question les affirmations qui se veulent scientifiques et qui ne sont souvent que scientistes. Ainsi les OGM, le nucléaire... en prennent pour leur grade, la manière de tourner celui qui conteste en dérision est-il le seul moyen pour le musée de faire entendre une parole critique ? Il est vrai que bien peu de lieux osent encore aller sur le terrain de la mise en cause des affirmations des experts, cependant ramener l'opposition au café du commerce est pour le moins ambivalent. De même que l'on reste sur sa faim dans la dernière salle, qui se contente de mettre en écho les croyances de toutes sortes, en laissant le visiteur se débrouiller avec tout ce fatras, dans lequel se mêle charlatanisme et approches plus crédibles. Une exposition qui donne un certain goût d'inachevé.
mercredi 20 avril 2011
Les dinosaures et les modernes
vendredi 15 avril 2011
Turak à Lyon
Drôle d'expo au musée Gadagne de Lyon avec les créations de la compagnie de Michel Laubu, la compagnie Turak Théâtre. Nous avions aimé leurs spectacles délirants dans différents festivals de rue, et l'exposition de ces petites créations dans "Appartement témoin" est des plus savoureuses. Parodie d'art brut qui n'est pas sans évoquer bien sûr le travail d'Opus, avec son Conservatoire des curiosités ou le Musée Bombana de Kokologo ou de la compagnie des Vernisseurs avec son Musée de Monsieur P. Bien sur chaque compagnie a son univers propre, très bricolé pour ce qui est de cette installation, et c'est ce qui fait son charme (pour en comprendre l'esprit, il faut absolument visiter les sites internet de ces compagnies qui sont des petits bijoux). Par cette installation, le musée historique de Lyon a le courage de surprendre, cela fait du bien au sein d'un musée qui manque totalement de fantaisie.
lundi 11 avril 2011
Portraits de la pensée
jeudi 7 avril 2011
Tous cannibales !
"Au bout du compte , on nous élève pour nous becter !", dixit Léo Ferré. "Alors bectons !". Tous cannibales donc. Manger l'Autre pour se l'approprier, pour le neutraliser, pour s'investir de sa puissance, les raisons pour lesquelles la société a recours au cannibalisme sont diverses. Le MEN avait exploré cette piste version philo-anthropologique, et c'est en ce moment la Maison Rouge qui aborde la question. Et Dieu sait si depuis Goya l'idée a hanté les imaginaires des artistes. L'exposition présentée à la Fondation Antoine de Galbert fait dialoguer les oeuvres de toutes les époques, et bien évidemment donne la parole aux plus contemporaines. Nous n'avons pas toujours compris tous les rapprochements, mais il y a de belles propositions, de quoi faire frémir ! La commissaire : Jeanette Zwingenberger a fait de belles sélections et le parcours "délicieux" rencontre un beau succès. La revue Art Press publie un numéro spécial pour l'occasion.
mardi 5 avril 2011
Histoire de Strasbourg : partie 1
Nous attendons avec impatience la seconde phase prévue pour 2013 du musée historique de Strasbourg, elle traitera de la période contemporaine, la plus captivante sans doute. Car c'est ce qui sera le plus épineux à traiter. Pour la première partie, le musée se tient à mi-chemin entre Nantes et Lyon en quelque-sorte : c'est plutôt réussi, et même si ce n'est pas aussi enthousiasmant que le Château des ducs de Bretagne, cela n'est pas aussi catastrophique que le musée de Gadagne. Dans la lignée des musées d'histoire, Strasbourg vaut le détour. En effet, il y a un effort ici de mise en discours et de problématisation. Surtout, la prise en compte du visiteur avec des tentatives d'interactivité et de jeux éducatifs sont plutôt convaincants. En revanche, on ne sait pas comment il est encore possible de faire le choix des audioguides à infra-rouge, c'est une aberration muséographique ! Il ne faut vraiment pas s'intéresser aux comportements des visiteurs pour choisir une technique aussi stupide ! La scénographie québecoise est certes un peu attendue et pas toujours très belle - ce n'est du reste pas sans rappeler l'Historial de Vendée par certain côté -, mais elle fonctionne plutôt bien. Le multimédia sur le plan relief fait son effet, même si cela ne mange pas de pain en terme de contenu. Bref, on attend la seconde partie, car pour l'heure la fin est un peu abrupte !
samedi 2 avril 2011
Des déchets au musée
Waste Land : avec pour sous-titre De la poubelle au musée, voilà un film bien singulier réalisé par Lucy Walker. On découvre au Brésil la plus grande décharge du monde et les milliers de travailleurs qui viennent improviser un recyclage que la société n'a pas su organiser. Cette banlieue de Rio de Janeiro est terrible, et c'est avec un grand courage que Vik Muniz, artiste de son état, dont la spécialité est de recycler les déchets en oeuvre d'art va s'immerger dans cet environnement durant trois ans. Il y découvre et il y fait se révéler des personnages attachant. Il construit avec eux une oeuvre participative des plus pertinentes. Les catadores réinventent leur vie par leur implication et par les effets de cette action artistique, qui porte en elle-même son action culturelle. C'est un très bel exemple de ce que l'action artistique et culturelle peut porter d'espoir et d'humanisme. Les oeuvres étonnantes (on peut voir une oeuvre de Vik Muniz en ce moment à la Maison rouge à Paris) sont vendues en galerie et se retrouvent dans les grandes collections.
jeudi 31 mars 2011
Inquiétudes muséales
C'est un avenir sombre pour les musées que prédit le journal Le Monde. Après Le Livre blanc de l'association des conservateurs qui n'était pas d'un optimisme débordant, voici que deux articles sont publiés qui ne décrivent pas un avenir réjouissant.
lundi 28 mars 2011
Le MUCEM se questionne
Le MUCEM, futur Musée des Civilisations Europe Méditerranée a invité durant trois jours professionnels de la muséologie et de la muséographie, chercheurs et ethnologues à échanger et dialoguer autour de cinq tables rondes sur les musées d'ethnographie et les perspectives pour le MUCEM. Rappelons que le lieu doit ouvrir en 2013 pour accompagner Marseille Capitale européenne de la culture. Cinq rapports préliminaires élaborés par cinq jeunes chercheurs talentueux ont été proposé comme source pour les échanges. Certes, il eut fallu plus de temps pour résoudre les contradictions dans lesquels se trouvent les musées d'ethnologie, mais parions que la publication qui sortira peut être de ces rencontres permettra d'apporter une contribution intéressante. Nous avons été enchanté de pouvoir y rencontrer également les collègues et notamment faire la connaissance de muséologues venus d'Allemagne, du Portugal, d'Angleterre, d'Espagne, du Québec ou encore des Pays Bas.
jeudi 24 mars 2011
Confluences dévoile ses réserves
Le musée des Confluences propose une exposition au musée gallo-romain de Lyon-Fourvière sur ses acquisitions et ses collections. Les objets sont d'une grande beauté, mais présentés comme en leur réserve, classés et à peine sortis de leur emballage. Que l'on ne croit pas pour autant qu'ils se présentent au visiteur en tenue négligée, bien au contraire l'apprenti muséologue pourra y admirer les conditionnements parfaits et les étuis et mousses parfaitement découpés pour assurer une conservation parfaite.
lundi 7 mars 2011
Le musée, une institution à inventer ?
Qu'arrive t-il à André Gob ? Qu'est-ce qui peut le conduire à se poser ce type de question ? En effet, Le musée, une institution dépassée ? est le titre de son dernier ouvrage paru chez Armand Colin. Rassurons-nous ce n'est qu'une facétie d'éditeur car l'auteur n'est pas en prise aux doutes, il suffit de le lire pour s'en convaincre. Comme nous, il est certain que le musée est une structure pleine d'avenir, à réinventer peut-être, mais certainement pas vieillotte et poussiéreuse ! S'il était possible de s'interroger sur la fin des musées dans les années soixante-dix, à présent c'est plutôt l'excroissance et le développement vertigineux de l'institution qui pourrait la mettre en péril et non son inertie. C'est du reste cette piste de réflexion que suit André Gob en analysant tour à tour les modes de gestion, le développement des musées à l'international, les nouvelles pratiques un tantinet commerciales. Ainsi, c'est parce qu'il s'échappe parfois des logiques de services publics que le musée peut se révéler dépassé, dans la mesure où il renie ses origines fondatrices. Malgré tout, même si l'auteur est critique sur certaines dérives, il oeuvre pour permettre aux musées de se déployer et de donner le goût aux étudiants de s'y investir et de le réinventer. Ce petit essai est en quelque-sorte une porte d'entrée pour tous ceux qui veulent s'initier à la réflexion contemporaine en muséologie.
mardi 22 février 2011
Le musée de musées
Le rêve de tous muséologues est de constituer le musée de musées (ce que tente judicieusement le Projet scientifique et culturel du futur musée Arlaten), et son cabinet des curiosités, il le compose en collectionnant les lieux étranges et surprenants, les musées bizarres. Ainsi le site Musées-Oh ! propose le musée insolite de la semaine et nous visitons avec gourmandise ces lieux étranges surannés, délirants ou fantasques, fruit du délire de passionnés. Nous n'avons malheureusement pas visité celui évoqué par un article du Monde en date du 20-21 février et nous dérogeons donc à notre règle de ne parler que de ce que nous avons vu, mais l'article est intéressant. Il s'agit d'un couple de Zagreb qui a constitué une collection composée d'objets disparates, mais qui tous ont en commun d'être issus de cadeau de couples, désormais séparés. Que faire d'un souvenir tendre, attaché à des émotions et à une histoire, alors que celle-ci est devenue passée et souvent triste ? Une réponse : le mettre au musée -comme si celui-ci était vraiment synonyme intrinsèquement de relégation (une thèse chère à Octave Debary !). Est-ce vraiment là un musée ? Ne s'agit-il que d'une collection farfelue ? Est-ce juste un amas d'objets fétiches ? Ou bien est-ce l'occasion de tenir des discours sur le couple, l'amour, le souvenir... ? A raconter des histoires de vies ? Pourquoi vouloir laisser des traces, que nous dit tout cela du rapport à la mort toujours présent dans l'amour ? Bien des sujets exaltants pour le muséologue !
lundi 14 février 2011
A propos des musées d'art

Numéro consacré aux musées d'art sous la houlette d'André Gob et Raymond Montpetit, ce nouveau numéro de la revue Culture et Musées, intitulé La (R)évolution des musées d'art regroupe des contributions variées et est complété d'un dossier sur les scénographies, issu des travaux de l'Ecole du Louvre.
samedi 12 février 2011
L'architecture au menu
Seconde rencontre à la Maison de projet du Louvre-Lens samedi après midi avec la présentation de plusieurs projets de rénovation ou création de musée. Un public attentif a entendu les explications sur le musée intégré à la Cité de la Dentelle de Calais, puis le LAM de Villeneuve d'Ascq, avant que de finir par le projet du Louvre-Lens. Le chantier qui se poursuit est des plus impressionnant, une sorte de paquebot échoué dans le bassin minier. Les réactions envers cette architecture d'exception, toute de blancheur et de transparence dans ce pays des gueules noires, sont assez contrastées. Certains estiment que c'est une vision du paradis qui apparaît, mais comme tout paradis il n'est pas sans ambivalence dans une région qui souffre encore de beaucoup de précarité et de problèmes sociaux. Sans doute ce nouvel établissement apportera fierté et dynamisme pour renaître autrement demain. L'exposition de toiles du Louvre reproduites dans le stade Bollaert, intitulée Le Louvre en sang et or est osée, nous serions curieux de surprendre des réactions un soir de match, mais pour ça ne comptez pas sur moi !!!
mercredi 9 février 2011
Le livre blanc des musées
Pendant que le ministère organisait une grande messe sur les politiques culturelles à la Grande Halle de la Villette vendredi dernier, l'Association Génerale des Conservateurs des Collections Publiques de France présentait au Conseil Economique Social et Environnemental son livre blanc. Celui-ci présente un diagnostic de l'état des musées en France et pointe quelques-unes des nombreuses sources d'inquiétude dans la profession. La commercialisation des musées, la montée en puissance de l'externalisation des services dans les musées, les antennes à l'international, la baisse redoutée des financements de la part des collectivités..., une logique plaidant pour l'intercommunalité, ou encore le regroupement possible des conservations départementales et des services de l'inventaire de la Région dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales sont semble t-il des hypothèses envisagées...
mardi 8 février 2011
Voici Google Art Project
Tout le monde en parle ! Mais effectivement il faut annoncer la naissance de Google Art Project, car malgré les remarques de quelques grincheux sur la qualité de certaines vues, il se pourrait bien que l'on assiste à l'origine d'une nouvelle ère pour les musées. Il y aura peut être un avant et un après Google Art Project ! Car si peu d'oeuvres sont encore en ultra haute définition, il est probable que ceci s'améliore très vite, comme cela a été le cas pour Google Earth ou Google Maps.
- D'abord, il ne faut pas redouter que la visite des musées sur écran détourne des musées réels, bien au contraire, on sait que ce sont les lieux les plus connus virtuellement qui attire le plus physiquement (pour les avoir vus / faits..., - aussi les musées qui interdisent encore la photographie pour réserver des surprises sont-ils ringards...).
- Ensuite, on peut se demander quelle vision donne du musée cette visite virtuelle ? Il est frappant de constater que les musées sont vides ! des musées sans visiteurs ! C'est sans doute un fantasme de touriste qui rêve d'avoir le Louvre pour lui tout seul, mais pour un muséologue cela fait frémir ! On dirait qu'une bombe à neutrons est passée par là ! Bref, des musées sans vie... cela renforce le cliché d'un musée hors du monde...
- Parmi les 17 musées présentés, combien de musées d'art à votre avis ?! Le stéréotype du musée sort renforcé... à quand le musée du Lacet de la Terrasse sur Dorlay ??!! Bref, la diversité muséale doit être aussi un objectif !
- Enfin, ne boudons pas notre plaisir, Malraux serait aux anges, Google Art project permet à tout un chacun de se constituer son musée imaginaire en collectant et composant son musée personnel. Parions que les applications interactives vont pouvoir se développer pour échanger et créer à partir de là...
lundi 7 février 2011
Et un musée de l'Europe ?
Alors L'Amérique, c'est aussi notre histoire ! Nous n'en doutions pas à vrai dire, et cette nouvelle exposition présentée à Tour et Taxis à Bruxelles, en préfiguration perpétuelle du musée de l'Europe n'est guère convaincante. Si quelques belles séquences accueillent le visiteur, comme ce passage entre l'aire du paquebot et le débarquement en Amérique, le reste n'est guère probant. Mais au-delà de la scéno de carton pâte, c'est surtout le discours qui est affligeant. Grosso-modo un ouvrage de classe de 3ème sert à construire le propos, sans aucune surprise, sans prendre à rebours le visiteur. Tous les attendus sont là, de la découverte des indiens d'Amérique, de la conquête, à l'indépendance de la nouvelle République. Et puis les passages par les guerres mondiales, la guerre froide, l'American way of live, et tutti quanti. Bref, aucune surprise, que des stérérotypes en brochette... L'exposition n'est pas au niveau de C'est notre histoire, premier épisode de cette panoplie. Que dire aussi de ce mélange allègre de vrais objets et de copies, sans avertissement spécifique du public ? Les expositions grand public ne devraient pas être synonymes d'expositions au rabais...
samedi 5 février 2011
A propos du Musée de l'Histoire de France
Cela est devenu une idée fixe : créer un musée de l'Histoire de France, ce projet présidentiel fait couler beaucoup d'encres. Les tribunes se multiplient, chacun y allant de son avis, ce qui est très bien. Certains n'en veulent pas du tout, d'autres ailleurs, pas aux Archives nationales, mais par exemple dans l'Hôtel de la Marine place de la Concorde, d'autres l'espèrent sur un autre thème, comme la colonisation, l'esclavage...
mardi 1 février 2011
A vos appareils photos, citoyens !
dimanche 30 janvier 2011
Jouer avec les oeuvres ?
Permettre de jouer avec les oeuvres, virtuellement s'entend, cela ne doit pas donner des hauts le coeur à ceux qui prêchent le respect et la contemplation, l'un n'empêche pas l'autre. La délectation peut aussi se marier avec le
décalage de regard. Il y a un temps pour chaque chose. L'humour est une manière de s'approprier aussi les oeuvres, de les regarder autrement. C'est ce que fait Léo Caillard dans de drôles de photographies. Signalons au passage le très beau blog buzzeum.com qui a repéré ses oeuvres, et que nous citons ici. Ce blog apporte des informations intéressantes sur les musées et les expositions dans une très belle présentation.
vendredi 28 janvier 2011
Une exposition fantôme !
L'exposition est censée traiter des revenants dans l'histoire de l'art, de belles affiches en vante l'originalité. Car il est vrai que le sujet est très original et on se délecte par avance de cette exposition que l'on imagine déployant un discours sur la figure vaporeuse des apparitions, spectres, ectoplasmes et autres zombis... Nous nous attendions à explorer des facettes cachées du Louvre et redécouvrir peut-être des tableaux et dessins que nous avions mal vu, dans lesquels les fantômes nous avaient échappés. Hélas, l'expo est bien évanescente, non pas tant parce qu'elle comporte en tout et pour tout vingt oeuvres, mais parce que son discours est assez peu imaginatif. Une fois les oeuvres décrites, cela laisse le sentiment d'une juxtaposition un peu artificielle. Il y a peu de problématisation, et on ne perçoit parfois qu'un rapport lointain entre les apparitions d'Ossian, les danses macabres et le retour des morts vivants ! On s'amusera en revanche d'une série de plaques animées par une tirette, des diablotins y dansent dans un dispositif assez original.
vendredi 21 janvier 2011
Exposer la photographie
Une fois n'est pas coutume, invitons à aller visiter un autre site ! Belle introduction à la question de la photographie et de son exposition, réflexions conduites par François Cheval, conservateur du musée Niepce de Chalon-sur-Saone et iconoclaste devant l'éternel... mais, un conservateur d'un musée de la photographie pouvait-il être autre chose qu'un briseur d'images ?! A l'occasion d'un voyage en Chine, François Cheval fait part de ses analyses et de la signification de l'image pour nos sociétés. La photographie est un élément essentiel dans la rencontre, la captation, l'apprivoisement, peut-être la neutralisation ou la possession de l'altérité : mettre l'autre en image et l'exposer... De très belles photos, anciennes et contemporaines, sont mises en perspective pour accompagner et faire respirer la réflexion que propose cet entretien au long cours avec Didier de Faÿs. A savourer par ici.
mardi 11 janvier 2011
La dentelle de Calais
Magnifique, le nouveau musée de la Cité de la dentelle et de la mode de Calais est un très bel équipement. Son architecture subtile (de Moatti et Rivière) qui donne un ancrage moderne à une ancienne usine du centre ville, une scénographie signée Pascal Payeur qui est toute de grâce et de délicatesse, enfin une muséographie intelligente qui traite des sujets avec concision et efficacité : le visiteur a tout pour être heureux ! Il faut espérer qu'ils seront nombreux à faire le détour, car la ville un peu enclavée et il faut le dire peu attractive, le mérite. Son histoire est passionnante à qui sait prendre le temps de la découvrir. Certes, la visite s'adresse davantage à un visiteur individuel qu'à un enfant désireux de jouer, toutefois, si le discours est exigeant, il n'est pas complexe et il peut être appréhendé par tous les publics. L'approche anthropologique mêle l'histoire, la sociologie, les arts décoratifs et la mode, les techniques, les innovations industrielles, le design... On regrettera bien entendu que, une fois de plus, ici comme à St Etienne, Roubaix et dans nombre de lieux, l'approche sociale et contemporaine soit minimisée, mais dans une période d'incertitudes sur le devenir industriel local, on comprend que le sujet soit trop sensible et trop politique pour être abordé... Une très belle réalisation à découvrir.
jeudi 6 janvier 2011
Conservateurs : un métier à décrypter
C'est assurément ce que fait Frédéric Poulard, brillant historien des politiques culturelles en considérant l'évolution des musées depuis quarante ans, il considère la manière dont les professions se restructurent sans cesse. Dans son Conservateurs de musées et politiques culturelles : l'impulsion territoriale, l'auteur signe un ouvrage de référence. Car c'est la montée en puissance de l'intervention des collectivités territoriales qui est déterminante dans les métamorphoses que le chercheur analyse. Livre dense par son contenu, les informations dispensées seront utiles tant à ceux qui exercent le métier pour prendre du recul avec le terrain dans lequel ils évoluent que pour les étudiants qui entendent s'y professionnaliser. Ouvrage d'histoire autant que de sociologie, il est agrémenté d'études de cas, de portraits de situations et fourmillent de données concrètes. Il enrichit ainsi une collection Musées-Mondes dirigée par Jacqueline Eidelmann et Mélanie Roustan à la Documentation française qui s'impose désormais comme un lieu incontournable de la muséologie.
mercredi 5 janvier 2011
Le bestiaire de Neuchâtel
Plus que 3 jours pour voir l'exposition Espèces en voie d'apparition, avec les oeuvres de François Riou, "entomologiste de la grande distribution marchande", comme l'artiste se définit lui-même ! Magnifique exposition, aussi belle que drôle, comme sait en proposer souvent le muséum de Neuchâtel. Exposition que l'on peut labeliser sans hésiter "développement durable !" puisque l'artiste travaille avec des matériaux récupérés pour constituer son bestiaire. Exposition à visiter en famille, avec des jeunes enfants comme avec le grand-père, chacun va rire, s'extasier et s'émouvoir. Une exposition qui devrait circuler en toute logique dans tous les muséums de France... Mais nous nous étions dit la même chose pour l'exposition Du coq à l'âne, et nous ne l'avons revu qu'à Orléans. Celle-ci aura t-elle plus de chance ? C'est en tous les cas à souhaiter, car c'est une belle proposition.
lundi 3 janvier 2011
Cherchez le renard...
Drôle d'exposition que celle de Francis Alÿs au Wiels, ancienne brasserie bruxelloise transformée en nouveau centre d'art contemporain. L'artiste présenté aime à mettre en scène l'attente, notamment dans ses vidéos. Il explore des tensions, des mouvements et des cycles. Ainsi la longue danse des moutons autour d'une place que guide ou que suit un homme selon les moments, les interventions pour repeindre soigneusement au pinceau des lignes jaunes en Amérique du Sud ou encore pour tracer des interrogations sur le mur de Jérusalem. De toutes ses vidéos, celle présentée dans l'entrée (seule oeuvre que l'on ait le droit de photographier) est assez comique : au moyen de caméras de surveillance on assiste aux errances d'un renard enfermé dans un musée londonien ! Mais de toutes les propositions, c'est la danse avec la tornade qui a le plus de succès.
dimanche 2 janvier 2011
Le musée Picasso nous fiche la honte
Pour le musée Picasso, l'année se termine honteusement et ternie une fois de plus l'image de la France à l'étranger. Le journal Le Monde nous apprend dans son édition du 28 décembre que la conservatrice n'a pas voulu prêter d'oeuvres pour une grande rétrospective montée par le musée de Zurich au motif qu'aucun prêt n'était accordé durant le temps des travaux du musée parisien. En réalité, il s'agit surtout de permettre la location d'expositions à l'international, beaucoup plus rentable. Ainsi la logique de la location des oeuvres se substitue aux prêts entre collègues dans une logique toujours croissante de commercialisation des musées. De plus, un mépris très parisien semble avoir été de mise pour traiter la demande... Espérons que l'ensemble des prêteurs participant à l'exposition de Zurich refuseront en coeur de prêter à l'avenir au musée Picasso quand celui-ci en aura besoin. Ce sera un juste retour des choses. En attendant la profession traite de grincheux ceux qui s'en offusquent et clame avec Jack Lang qu'il n'y a aucun malaise...







