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La Formation en muséologie :

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Master MEM

samedi 11 octobre 2014

Talisman, magie et autres sortilèges

L'antenne Nord Pas de Calais, de l'IMA, Institut du Monde Arabe de Paris, mérite d'être connue. Elle effectue un travail sur le quartier de La Tossée, ancien lieu industriel en réhabilitation de Tourcoing. Son exposition est consacrée à Un Art secret : les écritures talismaniques de l'Afrique de l'Ouest. Drôle de titre d'abord, puisqu'il ne s'agit pas vraiment d'un art, mais plutôt de croyances envers des esprits qui animeraient nos vies et les orienteraient. Ainsi en portant sur soi des gris-gris et autres fétiches, l'individu croit influencer le destin. Bon, passons sur les pratiques obscurantistes que Les Lumières ont combattu en leur temps et qui se voient désormais réhabilitées par les ethnologues comme autant de pratiques culturelles quasi savantes. Ces rituels magiques ont lieu un peu partout dans le monde, et nous avons l'impertinence de penser qu'il est assez heureux qu'un certain rationalisme scientifique les ait rendu un brin étranges. L'exposition rend compte de cette imbrication entre magie et religion, quand le Coran s'en mêle, et présente des objets jetés au rebut dans les décharges une fois leur potentiel épuisé. Exposition intéressante, qui n'est pas sans laisser dubitatif sur la fonction de l'institution culturelle, est-ce vraiment son rôle que de présenter sans accent critique un rituel comme si on avait là affaire à un art populaire qui mérite d'être légitimé ? Vaste débat qui ne manquera pas de faire naitre les controverses... En attendant, c'est gratuit et accompagné d'ateliers, conférences et débats sur le sujet.

jeudi 2 octobre 2014

Arras vous fait la cour

Une fois n'est pas coutume : transgressons nos principes de ne parler ici que des expositions que nous avons vues ! Pour une fois parlons d'une exposition que nous n'avons pas encore eu la chance de découvrir. Nous nous sommes pourtant rendus à l'inauguration, mais il y avait tant de monde qu'il était inutile d'espérer la voir dans de bonnes conditions, il faut dire que Manuel Valls avait fait le déplacement. C'est peut-être ce moment là que Didier Rykner a choisit pour visiter, d'où sa mauvaise humeur. Car sur le site de la Tribune de l'art, le critique assassine littéralement l'exposition. Grosso-modo deux arguments sont mis en avant. Le premier est qu'il ne faut pas éloigner des institutions parisiennes le patrimoine et que tout transport est donc suspect d'être dangereux, surtout si c'est pour les gueux de province. Le même auteur nous servait la même sauce il y a deux ans à propos du Louvre-Lens. Bref, rien de nouveau. L'autre argument est plus fondamental et s'attache à critiquer la scénographie, surtout lorsqu'elle ne se résume pas à de belles vitrines et de savants éclairages. Les choix de mettre en contexte et d'être un peu trop explicite et littéral déplait, encore plus d'être ludique, même si cela permet à ceux qui n'ont pas la chance de faire partie des élites de s'approprier un peu mieux les oeuvres. Il y a aurait beaucoup à dire sur les propos réactionnaires de Rykner, le patrimoine étant sacralisé pour lui-même et non utilisé pour faire vivre des expériences à nos contemporains. Nous pourrons y revenir, notons seulement qu'une fois encore, il faut remettre sur le métier l'ouvrage face à des supposés experts qui entendent nous faire la leçon.
Merci pour la photo empruntée à http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20140927.AFP6996/exposition-arras-vous-fait-la-cour-visite-intime-du-chateau-de-versailles.html 

mardi 30 septembre 2014

Le Goût des autres

Fort intéressante exposition à l’Abbaye de Daoulas sur l’alimentation au travers le monde, complétée d'une seconde exposition sur le peuple de l'Omo, dans les jardins, avec des photographies de Hans Silvester, très forte également. Comme à son accoutumée, le lieu propose un voyage à la rencontre de la diversité des manières de faire sur la planète. Quoi de plus universel en apparence que l’alimentation ? Quoi de plus spécifique et attaché à une culture et à un territoire, à une histoire et aux hommes et femmes qui l’habitent ? Quoi de plus évident pour dire la bêtise du racisme alors que la France regorge de restaurants exotiques et que ceux qui mangent mais ne pensent guère aiment à se faire des merguez le samedi soir ou à dévorer une pizza ou des sushis mais à vanter haut et fort les mérites de leur seule petite patrie ? Dans cette terre de Bretagne, à l’extrême Finistère, là où tout commence parait-il, Daoulas affirme que les échanges sont nécessaires et enrichissants. Cette exposition le démontre, une fois encore en allant de la Bretagne bretonnante et ses traditions culinaires jusqu’en Chine ou en Inde, et à nous convier à de multiples voyages. Très belle scénographie de l’agence Gulliver également, ingénieuse et pleine de surprises. Belle tenue du propos, belle qualité de présentation, pour un moment agréable et instructif. Des expositions de société, comme on les aime ! 

mercredi 24 septembre 2014

Tiki Pop, une dose d'exotisme

Drôle d'exposition proposée par le musée du Quai Branly, Tiki Pop met en scène une mode des années d'après guerre, sévissant surtout aux Etats-Unis, qui cherche dans les îles lointaines de l'Océanie des ressources en imaginaire pour agrémenter son quotidien. Ainsi les boites de nuits, les bars et les restaurants, les bowlings et les motels, la musique et les vêtements, les films et les bandes dessinées, mais aussi la publicité recourent à des images stéréotypées des mers du sud. Qui n'a jamais rêvé de la Polynésie, longtemps conçue comme un paradis sur terre ? L'exposition introduit le sujet de manière assez austère, dans une scénographie un peu pauvre, alors que l'on pourrait s'attendre à des reconstitutions et des ambiances légères. Celles-ci arrive plus tard dans la parcours quand le visiteur découvre enfin un bar reconstitué. On sait que le Quai Branly est peu adepte des reconstitutions et les expositions semblent y céder avec parcimonie et très timidement. Les objets et les discours sont dans l'ensemble assez répétitifs et on reste un peu sur sa faim pour les analyses, - nous sommes loin de la merveilleuse exposition Kanibales et Vahinées, présentée il y a longtemps au MAO -, mais l'exposition devient plus convaincante sur la fin, au fur et à mesure que l'on progresse dans le parcours.

vendredi 19 septembre 2014

Le FRAC Centre à la conquête de l'espace

Le FRAC à Orléans se visite d’abord pour le coup d’oeil. Il porte bien son nom car Les Turbulences jettent un coup de jeune à la ville. Si l’architecture du FRAC de Franche-Conté laisse à désirer celui du FRAC Centre est convaincant. L'Agence Jakob & MacFarlane proposent des espaces agréables et surprenants, une insertion qui met en valeur l’ancien bâtiment, qui n’avait rien d’exceptionnel tout en soulignant par un geste contemporain que nous sommes bien entrés dans le XXIème siècle. C’est cohérent aussi avec les collections, car c’était un défi à relever, plus à Orléans qu'ailleurs, pour des architectes qui savent qu’ils seront nécessairement analysés alors que le lieu consacre, fait rare pour un FRAC, un espace d’exposition permanent dédié justement à l’architecture. C'est là depuis longtemps la spécificité du FRAC Centre et de la ville d’Orléans. Des belles maquettes, la collection en conserve près de 800, révèlent les utopies et les rêveries de ceux qui construisent pourtant notre quotidien. On peut y suivre les démarches conduites depuis quarante ans pour repenser les formes et les fonctions.

jeudi 4 septembre 2014

L'Amour, c'est pas si bête

L’exposition sur l’Amour chez les bêtes présentée au museum de Dijon n’évite pas les écueils du sujet, à commencer par le titre. Parler «d’amour», terme pour le moins humanocentrique, voire même anthropocentrique, alors que l’on aborde la sexualité animale est problématique. Sans assumer vraiment ce que peut avoir de discutable l’assimilation, et sans aller jusqu’à traiter de la sexualité humaine, on va de l’amour chez les humains à la sexualité animale. Seule ligne de partage acceptable les comportements de séduction mise en oeuvre, mais pourtant déclinés de façon fort variable. Ces amalgames omniprésents et récurrents chez les ethologues constituent la trame d’un scénario assez peu probant. Sans entrer dans le détail, même si des assimilations énervent, tel que l’amour maternel naturalisé comme évidence... D’autres choses sont plus amusantes, comme la question autour de l'utilité des mâles, des changements de sexe chez certaines espèces, etc. Tant que l’exposition reste sur son sujet, la sexualité animale, elle est pertinente. La même constatation pouvait être faire dans Bêtes de sexe l’année passée dans la dernière salle du Palais de la Découverte, mais l’exposition dans son ensemble n’était pas du même calibre. 

lundi 28 juillet 2014

Aux Augustins : Jorge Pardo

Drôle d’intervention de Jorge Pardo, invité par le Musée des Augustins dans le cadre du Festival international d’art, pour une installation qui restera en place durant les deux prochaines années. Au coeur de la salle capitulaire, des chapiteaux un peu délaissés seraient mis en valeur par l’intervention de l’artiste. Bon, s’agit-il vraiment d’une oeuvre ? D’une simple scénographie ? Y-a-t-il désormais une différence entre les deux démarches ? Est-ce là le signe de notre monde, qui entoure désormais de kitsch et de décorations toutes les productions humaines pour les reléguer dans un vaste supermarché culturel ? Car l’intervention est symptomatique de ce mauvais goût américain que l’on retrouve couramment mis en oeuvre pour la décoration de restaurants italiens, qui se prétendent chics dans l'espoir d'attirer une clientèle de parvenus. Il y en a plein les zones commerciales ! Rien de tragique dans cette accumulation de couleurs criardes et de vilains carrelages, sans parler des lustres grotesques. On ne voit plus trop les chapiteaux, mais ce n’est pas bien grave, de toute façon ils sont d’un mortel ennui, en revanche on passe du temps dans cette salle à se demander ce que l’on voit, et puis cela fait rouspéter tous les réac, et ça c’est le plus amusant. Et ça change aussi un peu nos horizons, c'est toujours ça. 

lundi 21 juillet 2014

Retour sur une exposition légendaire

A la fin des années 80, période faste pour la muséologie, en 1989 exactement se tenait au Centre Pompidou et à la Grande Halle de la Villette, une exposition Les Magiciens de la terre, sous la commissariat général de Jean-Hubert Martin. Cette exposition fera date pour plusieurs raisons, mais d'abord parce qu'elle affirme et revendique un décloisonnement des cultures, en présentant des artistes du monde entier. Elle pose surtout la question "Qu'est-ce que l'art ?", et par extension "Qu'est-ce qu'un artiste ?" En mélangeant les arts, mais aussi l'artisanat et les formes inclassables provenant des collections ethnographiques - ce qu'avaient déjà esquissé les surréalistes par exemple, par recherche et par provocation et non comme modèle partagé -, une approche se voit consacrée et légitimée par l'institution, et désormais acceptée comme paradigme par les publics. 25 ans plus tard, Beaubourg revient sur cette exposition, sous la houlette de Annie Cohen-Solal en demandant à l'artiste Sarkis de concevoir une frise d'images évoquant l'exposition.
Démarche fort intéressante que de revenir sur des expositions cultes et de les revisiter (c'était le cas de la célèbre exposition de Harald Szeeman de la Kunsthalle de Berne de 1969 revue l'an passé à la biennale de Venise). Toutefois, on demeure un brin déçu que les questions de fond soient éludées, sur les effets de l'exposition sur le long terme (par exemple la programmation de la Fondation Cartier nous semble dans la droite ligne des Magiciens de la terre), mais aussi sur les enjeux et problèmes induits, par exemple la confusion entre art et ethnographie... Car s'il est un paradoxe, c'est bien qu'au nom de l'anticolonialisme, c'est encore l'Occident qui choisit certaines formes et qui les fait sortir de leurs fonctions premières pour les sacraliser en objets esthétiques. Il aurait été pertinent d'ouvrir un débat.
Le plus intéressant ce sont les documents d'archives qui dévoilent les manières de travailler de l'époque, la définition du concept scénographique et les moyens consentis pour réaliser une exposition, avec force expéditions de par le monde, cela fait rêver ou laisse songeur...
A noter ce site internet sur l'exposition de 1989 pour les archives : http://magiciensdelaterre.fr

dimanche 13 juillet 2014

Tous photographes ! La Charte des bonnes pratiques

Bientôt en première page du site du ministère ! La Charte des bonnes pratiques invitant les musées, d'abord les musées nationaux, mais à titre d'exemple pour l'ensemble des lieux, à non seulement autoriser, mais encourager les visiteurs à faire des photographies dans les musées. Rarement les séminaires d'un groupe de travail (conduit en 2012-2013), une journée d'étude (que nous avions co-organisé au Louvre-Lens), mais aussi une publication en muséologie (Visiteurs photographes au musée, publié avec Anne Krebs et Mélanie Roustan à la Documentation française), n'auront eu autant d'impact. Le ministère va même plus loin en proposant non seulement une charte, mais aussi un logo et une très belle affiche à télécharger et à apposer dans les musées, ainsi qu'une campagne de clips sur les services publics de l'audiovisuel. Voilà qui devrait peut-être, on ne sait jamais, convaincre les plus récalcitrants à revoir leur position... Rappelons que l'affaire est partie d'un collectif de visiteurs mécontents, le groupe OrsayCommons, dont les actions à Orsay ont déclenché toute la réflexion sur l'importance de laisser les visiteurs s'approprier avec ce premier geste créatif : la prise de vue. Depuis, en quelques années, une évolution notoire est à constater. C'est aussi un courrier adressé au ministre par un collectif de citoyen et de représentants d'associations qui a déclenché la volonté de se pencher sur la question et de faire évoluer les esprits. De quoi démontrer que l'action citoyenne peut avoir des effets tangibles et redonner de l'espoir.
Pour en savoir plus : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Ressources/Documentation-administrative/Tous-photographes-!-La-charte-des-bonnes-pratiques-dans-les-etablissements-patrimoniaux

samedi 12 juillet 2014

Le Mur : oeuvres de la collection Antoine de Galbert

Une fois de plus Antoine de Galbert nous surprend. En mettant en scène sa collection à la Maison rouge, à l’occasion des dix ans de la Fondation (car il n'y a pas que la Fondation Cartier qui fête son anniversaire !), avec une exposition intitulée Le Mur, le collectionneur invite un logiciel pour assurer le commissariat ! Drôle de pied de nez ou de provocation envers le milieu.  Il s’agit de placer le plus d’oeuvres dans un espace contraint. Sur 278 mètres de cimaises, le projet est de dérouler la collection sans prendre parti. Faire croire à la neutralité du logiciel qui choisirait en fonction de la taille des oeuvres (mais peut-être n’est-ce pas si différent au final de certains choix faits ailleurs !). On s’étonne malgré tout de quelques rapprochements malicieux et on a du mal à croire que c’est le pur hasard, mais le doute subsiste. Exercice muséologique intéressant en tous les cas. Cela révèle aussi les choix du collectionneur, souvent morbides, malsains ou au moins étranges, mais pourquoi pas. Une exposition sous le signe de l’accumulation, l’aléatoire, le jeu, le relatif, le goût ou plutôt le mauvais goût... Signalons surtout le système de cartels numériques, disponible sur son smartphone certes, mais aussi sur des tables tactiles, oeuvres classées par mur. Si ce n’est pas toujours très pratique, la volonté de rendre le cartel portatif et emportable est dans l’ère du temps et s’avère ici particulièrement judicieux. Qui plus est, pour une fois, on peut prendre des photos, on ne s'en plaindra pas ! 

dimanche 6 juillet 2014

Samouraï à Nantes

Drôle d’idée de faire une exposition Samouraï à au Château des ducs de Bretagne à Nantes, mais c’est l’occasion de revisiter 1000 ans d’histoire du Japon. Le musée d’Histoire ne s’enferme donc pas dans un seul rôle de mise en avant de l’histoire locale, avec la bretagne bretonnante, et c’est tant mieux. En prenant le thème du Samouraï, c’est l’occasion de nous faire réfléchir à nos connaissances en la matière, au final si réduites, alors que nos imaginaires sont saturés de représentations. Finalement le stéréotype ne l’emporte t-il pas sur la réalité ? On pourra à ce titre trouver que l’exposition fait une fois de plus la part belle aux collections, certes splendides, au détriment des aspects les plus contemporains qui sont traités en fin d’exposition assez rapidement. Pourtant l’imaginaire de la science-fiction, des mangas, des films et dessins animés se nourrissent de cette histoire. Partir de cela pour s’interroger sur l’histoire réelle nous aurait paru moins classique..., mais ne boudons pas notre plaisir, le traitement de l’exposition est très plaisant, avec une iconographie splendide. Le début et la fin de l’exposition se répondent magnifiquement avec un beau traitement scénographique (un petit bémol pour les socles sur lesquels reposent les sabres qui sont d’une laideur étonnante, sans doute une urgence avant l’inauguration, chose qui sera remédiée ensuite ?). Une exposition à voir et à admirer jusqu'au 9 novembre.

jeudi 3 juillet 2014

Toulouse Ours

Très belle exposition Ours. Mythes et réalités au Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse qui invite à se frotter à la bête mythique, à ses croyances, aux légendes, mais aussi à ses modes de vie, à la diversité des espèces, à ses conditions d’évolution et à sa mise en danger. Si le cas de l’Ours Cannelle n’est pas le motif principal de l’exposition, elle est bien présente pour le plus grand plaisir des journalistes. Dommage peut-être de n’avoir pas joué le jeu d’un véritable espace d’interprétation où les partisans et adversaires ce seraient entretués hardiment, le musée jouant son rôle d’activateur des débats au sein de la société contemporaine. En demeurant hors de la polémique, on préserve le rôle objectivant et scientifique de l’institution, mais au détriment d’un investissement des concitoyens dans le lieu. Reste que c’est une très belle exposition, que l’on prend plaisir à visiter. Les métaphores entre l’ours et l’homme sur les comportements, les analyses de Jean-Christophe Victor ou de Boris Cyrulnik apportent également des dimensions supplémentaires. 

lundi 30 juin 2014

Anne et Patrick Poirier : Exercice de mémoires

Nantes, et plus spécialement le musée des beaux-arts (qui se métamorphose en musée d’arts pour une réouverture en 2018) donne à Anne et Patrick Poirier de beaux espaces pour des propositions d’expositions démultipliées et complémentaires. En puisant dans les fonds du musée des beaux-arts, mais aussi du museum d’histoire naturelle, les deux artistes investissent plusieurs lieux, pour jouer des jeux de rémémoration, interpeller le visiteur par touches sensibles et subtiles, du Lieu Unique où les odeurs sont autant de réminiscences, au Passage Sainte-Croix avec des représentations de femmes dans l’art (même si deux oeuvres s’invitent en toute incongruité), et surtout Phantasma dans un curieux Temple du goût, hôtel particulier investi pour l’occasion. A voir aussi à la Maison régionale de l’architecture, Amnesia. Le projet Curiositas flirte avec une archéologie du quotidien, un jeu où l’autobiographie interpelle les propres souvenirs du visiteur, susceptible de projeter ses propres fantasmes mémoriels. Comme un poème, plutôt qu’une démonstration, car les thèses suivies sont assez faibles, l’exposition est un jeu de clin d’oeils

samedi 28 juin 2014

à Nantes, l'expo, c'est d'abord dans la rue

Le Voyage à Nantes, c’est parti ! Cul par dessus tête, c’est la première impression qui se dégage lors de l’arrivée à Nantes, avec les interventions de Quentin Faucompré, Pascal Lebrain et Olivier Texier. Voilà qui fait se rejoindre arts plastiques et arts de la rue, au final arts dans l’espace public. Les enseignes revisitées, les rues sans dessus-dessous, et aussi quelques installations, comme celle de Vincent Mauger, très belle oeuvre, mais qui n’a pas pris en compte la réalité de l’espace public et de ses contraintes visiblement, et qui se voit par conséquent entourée de vilaines barrières pour en barrer l’accès... Une sculpture très laide de Aida Makoto et des installations avec le concours des espaces verts de la ville, de Patrick Dougherty ou encore dans le jardin botanique des métamorphoses amusantes pour petits et grands, signés Claude Ponti. Il y a en a pour tous les goûts ! Dommage que l'application smartphone ne soit pas top et ne remplace pas le guide papier, mais c'est une belle prise de contact avant que de rentrer dans les expositions... 

mardi 24 juin 2014

Après le printemps, Toulouse en art

Des propositions du Festival international d’Art de Toulouse qui vient de se terminer, nous retiendrons peu de choses, car l’ensemble laisse une impression mitigée, avec des choses intéressantes, mais assez disparates. Même si le travail méticuleux et titanesque de Franz Gertsch présenté aux Abattoirs est conséquent, le résultat laisse un peu froid, et la démarche de Susan Hiller sur les langues en voie de disparition plus interpellante. Quand aux travaux de Thomas Huber à l’Espace EDF, rien ne nous détourne d’un site qui se visite d’abord pour lui-même, la centrale Bazacle. Les propositions de Marie Cool & Fabio Balducci à la Galerie du Château d’eau sympathiques mais un peu courtes et des deux expositions présentées dans les anciennes chapelles de l’Hôtel-Dieu, c’est surtout celle de Georges Jeanclos qui émeut, alors que Elsa Sahal laisse dubitatif. 
En marge, c’est au Pavillon Blanc de Colomiers que l’on pourra découvrir L’art qui prend l’air avec un Julien Berthier provocateur de l’espace public, interpellant avec humour le passant pour le convertir en visiteur. A voir jusqu’au 14 septembre pour ces interventions.


vendredi 20 juin 2014

Lucie et George Orta

Etranges propositions parfois, en triptyque, avec Food / Water / Live puisque la nourriture, l’eau et la vie au pôle avec le projet Antartica partagent l’espace et l’attention des deux artistes. Comme toujours avec Lucie et George Orta, il s’agit d’un art relationnel, puisque c’est ce que provoque l’art comme occasion de partage et comme reliance qui motivent les démarches. Certaines pièces sont plus savoureuses que d’autres, et l’on prend du plaisir de toute façon à participer d’un art militant, concerné et qui cherche à faire prendre conscience de la situation dramatique de notre planète pour inventer de nouvelles utopies. Certes, ce n’est pas avec l’art que l’on sauvera le monde, mais il peut toujours au moins nous consoler de la perte. Dommage peut-être que les artistes ne travaillent pas davantage avec les données scientifiques, cela pourrait innerver leur travail et le rendre plus profond. A voir au Pavillon Paul Delouvrier sur le parc de la Villette. 

mardi 17 juin 2014

D’écran en écran, le visiteur chemine

Nous nous réjouissions de visiter l’exposition Bill Viola au Grand Palais et nous avons été heureux, mais un brin déçu quand même ! Peu d’oeuvres plus fortes, ou aussi fortes que celles déjà vues précédemment dans l’exposition de la collection Pinault au Tri Postal à Lille, ou encore la formidable installation qui nous avait marqué dans La Beauté en Avignon. Plus encore, nous n’avons pas été toujours convaincu des mises en espace, ne consacrant pas toujours une force particulière aux oeuvres. Malgré tout, ne boudons pas notre plaisir d’une visite qui fut longue et agréable, à un créneau peu fréquenté ! Une escapade pour oublier l’heure et le temps qui passe et plonger dans des images fascinantes. 

vendredi 13 juin 2014

Drôles d'oiseaux

L’exposition Oiseaux présentée au Muséum d’Histoire Naturelle de Genève est pleine d’astuces, d’idées sympathiques et de surprises. Une exposition agréable comme on aime à en voir, simple et efficace. Pas une avalanche d’informations, mais juste ce qu’il faut pour surprendre et pour piquer la curiosité, pour donner envie de savoir mais aussi de s’extasier devant les beautés dévoilées de la nature. La danse des oiseaux de paradis de Nouvelle Guinée est par exemple étourdissante, mais ce sont aussi des jeux et des ateliers de construction de nichoirs pour sensibiliser autrement, et une très belle scénographie pour présenter les ailes et les oeufs, ou encore un malicieux tribunal pour juger la colombe et le corbeau !  Malgré les contraintes de l’espace d’exposition, coincée sur plusieurs étages dans les escaliers, l’envol est malgré tout possible pour le visiteur, même si Icare demeure au rez-de chaussée et les rois du vol bien au-dessus dans les étages ! Pleine d’humour, comme savent le faire les Suisses dans leurs expositions, c’est une exposition qui pourrait avantageusement itinérer dans les muséums en France...

lundi 9 juin 2014

Réenchanter le monde

Très belle exposition, simple et économe en matériaux, mettant en oeuvre les principes de l'écoconception, mais fort dense en perspectives et réflexions. Abondance d'utopies, avec des projets architecturaux et urbanistiques dans le monde entier, conduits pour des motifs différents, partageant tous une vision et des principes pour un monde plus humain. Réenchanter le monde, présentée à la Cité de l'architecture et du patrimoine, permet au visiteur de prendre le temps de se poser, d'écouter de nombreux témoignages présentés sur des tables nourris d'audiovisuels, et de découvrir des projets classés selon les grands axes théoriques que les 40 lauréats du Global Award for Sustainable Architecture ont identifié dans le domaine des mutations écologiques, urbaines, énergétiques, industrielles... Signée par Marie-Hélène Contal, cette exposition est accompagnée d'un catalogue permettant de conserver une trace de toutes ces expérimentations. Autres expositions à voir à la Cité, l'exposition Proximité(s) offerte gratuitement dans un hall qui cherche à faire venir un nouveau public, tandis que l'exposition Architecture en uniforme explore les propositions réalisées durant la seconde guerre mondiale alors que les villes bombardées sont conduites à se reconstruire dans la précipitation.

samedi 7 juin 2014

Great Black Music : une exposition épanouissante

Très beau voyage et agréable et instructive exploration musicale dans l'exposition Great Black Music de la Cité de la Musique, du jazz aux musiques actuelles en passant par les explorations du rock et des musiques métisses du monde entier. Ce n'est pas seulement la musique qui est exposé, mais c'est une très belle occasion de relire l'histoire du XXème siècle avec des mises en contexte, des explications sociologiques, politiques... Bref, une exposition intelligente et sensible. Le temps file et l'on peut rester toute une demi-journée dans cette exposition avec un immense plaisir. Une exposition sans objet de collection ou presque, témoignant que l'exposition n'en a pas nécessairement besoin quand son discours est construit et cohérent, car les rares objets sont totalement superfétatoires, du fait d'une production audiovisuelle extraordinaire. Bel exemple aussi de mise en exposition du patrimoine immatériel. Une recherche musicale, mais aussi iconographique étourdissante qui a du donner du fil à retordre aux juristes pour négocier les droits (et l'on serait curieux de disséquer les coûts de production de l'exposition, les droits devant y prendre une grande place sans doute). Cette exposition témoigne que l'exposition est un media en soi qui n'est pas inféodé au patrimoine, c'est celui-ci qui la sert, du moment qu'un véritable discours préexiste. Notons que le visiteur peut faire sa play liste en cheminant dans l'exposition, au grès de ses découvertes et retrouver ensuite les références listées. Même si le dispositif est pertinent, il est un peu frustrant car on aimerait pouvoir retrouver directement la musique entendue une fois sorti de l'exposition !

vendredi 6 juin 2014

Pour la destruction des collections !

Voilà une belle idée que de détruire la sculpture de Poutine au musée Grevin, comme une Femen l'a apparemment fait ce 5 juin, selon Le Point, alors que ce sale type était reçu avec les honneurs de la République sous les dorures de l'Elysée. Pour une fois on pourra se réjouir de la destruction de collections ! Car passe la honte pour le musée Grevin d'exposer n'importe quoi et de rendre ainsi hommage à quelqu'un qui cautionne les assassinats politiques, le massacre d'innocents, qui enferment les Pussy Riot et dit haut et fort sa haine des femmes et des homosexuels, mais la honte de le recevoir en France devrait nous pousser à être tous dans la rue pour en dénoncer les exactions, faute d'avoir le courage de celle qui l'a symboliquement mis à mort dans un attentat digne d'une performance surréaliste.

mercredi 28 mai 2014

Un nouveau site internet pour le MEM, Master Expographie Muséographie

Site internet du master MEM
Le master MEM, Master Expographie Muséographie de l'Université d'Artois fête ses 3 ans d'existence et pour cela s'apprête à recruter non seulement sa quatrième promotion d'étudiant.e.s, mais revient aussi sur des actions et des projets déjà nombreux ! Avec un site internet tout neuf, le MEM entend affirmer davantage encore sa volonté à travailler à l'interface, entre désir et projet professionnel des stagiaires et besoins et envies des institutions. Surtout il s'agit de former de futurs professionnels à être conscients que le musée doit plus que jamais être au service de la société et des populations et non vouer un culte à un patrimoine certes riche et à respecter, mais bien dérisoire face aux mutations et aux menaces du monde actuel. La muséo n'a de sens que si elle est un levier de transformation sociale, pour cela il importe de faire prendre conscience des enjeux. Revenir à l'esprit de la nouvelle museologie et la porter pour aller plus loin, voilà ce à quoi nous nous employons. Visiter notre site pour découvrir nos projets, ceux que nous partageons avec des institutions, et pour vous donner l'envie de nous accompagner dans cette belle aventure. 

lundi 26 mai 2014

Exposer X2+Y2+Z2 = 5/1-Z. etc

Pas facile d'exposer les mathématiques ! C'est ce que fait avec réussite le musée des sciences de Lisbonne avec une exposition sur les formes et les formules qui leur donne vie. Étonnant de constater par l'architecture la matérialisation de ces équations. En commençant par présenter des ponts, constructions complexes et prouesses architecturales, l'exposition conduit ensuite le visiteur vers d'autres abstractions, toujours plus surprenantes, on passe ainsi de l'usage dans les bâtiments aux utopies qui doivent faire rêver bien des architectes. Une exposition assez belle par les formes qu'elle fait naître et astucieuse par les manips mis en œuvre pour en faire comprendre la concrétisation. Une fois encore, c'est bien ici la médiation qui est centrale, et l'objet de collection, par exemple les outils de recherche et de pédagogie tel que le CNAM en dispose en France deviennent des prolongements de la démonstration pour l'incarner, et non les objets premiers à exposer, car en soit ils n'ont guère de sens pour le visiteur lambda.

samedi 24 mai 2014

Picasso Stories

Etonnante brève parue dans Télerama du 21 mai concernant l'éviction d'Anne Baldassari de la direction du musée Picasso. Où l'on comprend que celle ci a refusé la proposition du ministère de la virer tout en lui demandant de finir l'accrochage pour la réouverture repoussée on le sait en principe à septembre. Le plus surprenant demeure. Si l'on croit le journal, - mais faut-il croire les journalistes ? - le ministère serait ennuyé car le projet scientifique d'Anne Baldassari serait protégé par le droit à la propriété intellectuelle et donc ne pourrait être mis en œuvre sans elle. Certes, il s'agit la d'un travail intellectuel, mais en principe un salarié signe dans son contrat qu'il travaille pour l'institution qui le rémunère et qu'il n'a donc pas propriété de ses productions. Sinon cela induit que tout PSC serait désormais propriété du conservateur qu'un successeur ne pourrait pas poursuivre. D'un côté, ce ne serait pas un mal, cela forcerait les conservateurs à signer des projets originaux, mais on voit bien les situations inextricables que cela pourrait engendrer... Réinventer à chaque fois de nouvelles formes à partir d'une même collection. Mais le plus étonnant n'est pas la, c'est qu'à deux mois d'une ouverture, on le rappelle prévue en juin, il semblerait que l'on soit perdu et que l'on ne sache pas comment procéder pour l'accrochage ! Comme si il n'y avait pas force documents prévoyant les répartitions. Comment dans cette affaire les services de médiation, mais aussi les scénographes et les graphistes peuvent-ils alors travailler ? Cela paraît invraisemblable ! Outre le fait que cela renforce également une starification assez désagréable, comme si en l'absence du conservateur tout le monde était perdu, qu'il n'y avait ni adjoint ni équipe pour conduire à bout un projet sans le chef ! Comme si tout était dans les mains de la directrice jusqu'au dernier jour, sorte de Dieu sans qui rien n'est possible. Bref, on préfère croire aux fantasmes mal intentionnés de journalistes ! 

lundi 19 mai 2014

Monumenta : l'art de la disparition

Dommage que cette belle manifestation Monumenta se perde un peu dans les sables mouvants pour cette nouvelle édition. Les deux artistes Ilya et Emilia Kabakov investissent bien tout l'espace et proposent une installation originale, mais assez laide et à notre goût peu enthousiasmante. Si le coût de la prestation a du être assez élevé, le résultat est quelque peu décevant. Des pavillons d'une cité imaginaire censés nous faire perdre nos repères dans l'espace... Hum, même si l'on cherche à s'en convaincre, cela marche assez peu. Des expositions rébarbatives à l'intérieur, d'un style années 60-70, qui semblent plaire aux critiques du Monde, mais où le public ère de manière dubitative. On se prend à plaindre les pauvres médiateurs chargés de devoir expliquer et faire apprécier la chose aux visiteurs. Quand à la première installation, sorte de coupole renversée, soit disant représentant d'un art total, récupéré et installé à l'entrée de l'exposition, on ne voit pas trop le rapport...

vendredi 16 mai 2014

Mapplethorpe chez Rodin

Dommage que les deux expositions en miroir, au Grand Palais et au musée Rodin n'affirment pas davantage leurs synergies car c'est un belle idée que de faire dialoguer les photographies osées mais au final très classique de Robert Mapplethorpe et les sculptures de Rodin. Les dernières photographies de l'artiste explorent du reste cet univers de la sculpture et dévoilent cet accord entre les démarches. L'exposition du Grand Palais propose curieusement d'ailleurs d'aller à rebours et de remonter le temps, des dernières aux premières créations, ce qui est surprenant et un brin déstabilisant. Petite exposition somme toute, au regard du prix d'entrée, et qui n'est pas aussi forte que celle vue il y a une vingtaine d'années au Palais de Tokyo, quand le lieu proposait durant un court laps de temps des expositions de photographies. Celle présentée au musée Rodin est plus originale.

jeudi 8 mai 2014

L'Ile de Ré dans tout son charme

Joli petit musée bien rénové que l’on peut découvrir à Saint Martin de Ré, sur l’ile du même nom. Le vieux musée Ernest Cognacg jadis bien délabré a en effet été rénové et agrandit. On le revoit donc avec plaisir, mais on y retrouve assez peu l'ancien lieu, ce qui est heureux. Le principal de l’exposition est nouveau, c’est une exposition d’interprétation sur l’Ile de Ré et son histoire. L’île sous toutes ses coutures, son histoire géologique, ses batailles religieuses et militaires, sa population immigrée, ses coutumes et ses activités de pêche, mais aussi le bagne et le tourisme. La partie muséale ou patrimoniale n’est pas la plus intéressante et met largement en lumière que l’intérêt de ce type de structure ne réside plus dans des collections, assez faibles du reste, mais dans la lecture qu’il nous permet d’avoir d’un territoire. Il est même possible de l’écouter puisque l’Ile a inspiré quelques chansons. Etonnant cependant de ne pas y retrouver le célèbre Merde à Vauban de Léo Ferré. Une absence et une erreur de taille ! 

mardi 6 mai 2014

Les Beatles à Montréal

Les Beatles ? C’est de l’archéologie ! Il était donc tout à fait normal que le musée d’archéologie de Montréal  de Pointe-à-Callières leur consacre une exposition ! Celle-ci vient de finir, mais à coup sur, elle fera date dans les mémoires, comme le passage des Beatles à l'époque. Et oui ils y ont donné un concert resté mythique, alors ! Exposition fleuve, encyclopédique même, sur le groupe que le visiteur découvre sous tous les aspects. Les fans adorent, et il est vrai que quelques morceaux d’anthologie sont fameux, ainsi les émeutes accompagnant les chanteurs, avec des admiratrices en furie. De quoi scandaliser la bonne société catholique québécoise de l’époque, sur fond de prémisses de la Révolution tranquille. On comprend que cela évoque beaucoup à la société québecoise que ce grain de folie peut rendre avec raison nostalgique. Très belle exposition où il était même possible de chanter en karaoké, pour découvrir Montréal sous un autre visage, celui des années 60. 

dimanche 4 mai 2014

Motion factory

A la Gaieté Lyrique, Les ficelles du monde animé, riche exposition, très dense et fort instructive sur les dessous des films d'animation. Avec pas moins de 18 modules, composé à chaque fois d'un mini-espace de projection des films et des coulisses dévoilant les recettes et les secrets (en partie !) de la production. Car le mystère demeure, fort heureusement pour nous laisser le charme des joies de l'enfance. Il est en effet étonnant de constater combien la disneylandisation saisit le monde de la culture, riche désormais de chansons et comptines enfantines, de dessins animés, de bandes dessinées et de films d'animation pour les quarantenaires et plus pour les seuls enfants. La démarche de disney n'est plus réservée à la partie la plus enfantine de la population, mais à l'ensemble du public. Cette exposition s'inscrit pleinement dans ce monde rêvé démocratisé qui console des malheurs du monde. Part qui n'est pas la moins intéressante de l'exposition, la possibilité pour le visiteur de participer et de composer un cadavre exquis en mettant la main à la pâte pour réaliser un film collectif. C'est bien de magie dont il s'agit, et qui demeure le propos central de l'exposition, pour nous hypnotiser tous. Belle réalisation où le confort du visiteur n'est néanmoins pas toujours pris en compte alors qu'il s'agit de regarder des heures de projection sans aucune assise.

mercredi 23 avril 2014

Différents ? Pas vraiment...

Hans Sylvester à Daoulas : avec Peuples de l’Omo. Belle exposition photographique in situ dans le parc de l’Abbaye de Daoulas alors que la salle d’exposition temporaire se refait une beauté pour la saison d’été. Des portraits des peuples de la vallée de l’Omo, aux confins de l’Ethiopie, du Kenya et du Soudan, qui viennent rencontrer la verte nature du Finistère, mélange détonnant «pour faire dialoguer les cultures», selon l’adage non d’un célèbre musée parisien, mais d’un lieu qui les met en action. Il s’agit de convier le visiteur à réfléchir aux rencontres, aux métissages, aux phénomènes de brassage alors que l’avenir n’est pas tourné vers le repli identitaire, mais vers la reconnaissance de toutes les diversités et vers les mélanges généralisés. Il est dés lors surprenant de confronter les portraits assez stylisés et traditionnels d’une société qui semble incarner la tradition pour mieux nous faire comprendre le trompe l’oeil : de même que les bretonnes n’ont plus de coiffes, on se demande combien d’amis les habitants de l’Omo ont désormais sur Facebook ?

lundi 21 avril 2014

La ferme des Aigrettes de Marck en Calaisie accueille jusqu’au 19 octobre, une exposition intitulée « Eau là là ! A la découverte des wateringues ». Système particulier de gestion des eaux, sur le polder du Nord/Pas-de-Calais et qui concerne un territoire compris entre Calais, Saint-Omer et Dunkerque, dont la majorité des terres est en-dessous du niveau de la mer. L’exposition met en avant la richesse de la biodiversité du territoire, son histoire ainsi que son fonctionnement. Mais c'est aussi la question du réchauffement climatique qui laisse songeur alors que ces territoires placés sous le niveau de la mer ne sont pas sans accueillir quelques sites classés Seveso, comprenant quelques réacteurs nucléaires... Le système de pompage développé depuis le moyen-âge sera t-il opérant pour contrer les transformations prévisibles ? Cette exposition pose la question incidemment. Réalisée par un groupe de cinq étudiants du master expographie-muséographie de l’Université d’Artois, l'exposition démontre qu'il est possible de joindre actions culturelles et actions pédagogiques au travers de réalisations probantes.

samedi 19 avril 2014

Jaurès aux Archives

Jaurès. Ils ont tué Jaurès. Oui ignominie d’autant plus grande que l’on voue un culte après coup envers un homme qui sinon aurait peut-être disparu dans l’oubli comme tous les Jules, les Louis Blanc, les Blanqui... Car Jean Jaurès était sans doute un grand socialiste, un grand journaliste, un grand pacifique, mais sans doute comme bien d’autres qui ne furent pas assassinés. L’exposition hagiographique présentée aux archives nationales ne pose pas la question, et les critiques n’apparaissent que dans quelques documents, voilés par une masse de portraits du grand homme. La République a besoin de Grands Hommes, donc saluons le comme tel. Et puis Jaurés c'est surtout le fantasme qu'il aurait pu empêcher la boucherie de 14/18. Exposition intéressante donc, aux Archives nationales, mais d’autant que l’on connait un peu l’histoire... Car pour un martien qui rentrerait dans l’exposition... ce que sont sans doute bien des jeunes aujourd’hui dont les leçons d’histoire se résument à pas grand chose (rappelons que le programme scolaire sur 14/18 se réduit comme peau de chagrin...). Une fois encore, l’exposition parle trop aux convertis d’avance et elle ne donne guère les clés pour se doter d’un bagage que l’on n’aurait pas préalablement. Mais ne boudons pas notre plaisir, des documents intéressants sont présents et la scénographie est très agréable.

vendredi 11 avril 2014

Air à Lille

Mon Dieu que d'Air dans le Nord Pas-de-Calais ! Après Appel d'Air à Arras, voici Open Air à Lille ! Oui ! le groupe Air invité par le très beau Palais des Beaux Arts pour des interventions musicales inédites. En ouvrant le cycle Open Museum, le nouveau conservateur Bruno Girveau lance un grand coup d'air frais dans l'institution, et cette première édition est à cet égard prometteuse. Voilà de l'originalité et du dynamisme, comme l'inauguration l'a prouvé, avec un public nombreux et rajeuni. Des oeuvres ont été choisi par les musiciens et des compositions musicales les donnent à voir autrement, avec une interprétation singulière à chaque fois. Plusieurs oeuvres d'artistes contemporains, de Xavier Veilhan, Yi Zhou, Linda Bujoli, Mathias Kiss, s'insèrent dans le parcours des expositions permanentes du musée, un peu à la manière de ces intrus que le musée national des beaux arts de Québec avait imaginé il y a quelques années. Jusqu'au 24 aout, à Lille, le visiteur pourra visiter un musée mis en musique. Une expérience originale qui atteste que les musées bougent.

samedi 29 mars 2014

Appel d'Air à Arras

Quel souffle sur Arras quand l'art contemporain s'immisce jusque dans les sous sols des grands places ! Bel événement Appel d'Air présenté par 6 de nos étudiantes et ex-étudiantes mettant en scène les créations de 15 artistes dans un lieu incongru : le parking de la Grand Place. Puisque l'ère de la voiture est désormais derrière nous, il est temps de songer à reconvertir les parkings ! C'est ce que suggère cette édition tout en finesse sur la respiration, dévoilant de nouveaux espaces interstitiels où la poésie est enfin libre de s'installer. Dans ces no man's land que sont les parkings souterrains, les artistes revigorent nos neurones et célèbrent la vie, par des plantes et des promesses de nouveaux horizons. Une très belle énergie. Bravo pour ce commissariat d'exposition, pour les médiations et même l'atelier scientifique, bravo pour la technique, l'administration et la communication du projet. Avec une superbe affiche et un graphisme de qualité. Voici la 1ère édition. A suivre ?
et sur Facebook

dimanche 23 mars 2014

FRAC à Dunkerque

Belle réalisation que ce bâtiment signé par l'agence Lacaton et Vassal d'une grande originalité. Aux anciens chantiers navals a été apposé un clone, en verre et en élégance, juste traversé par une future rue reliant la ville et ses nouveaux quartiers, à ceux de Malo-les-bains. Véritable projet de rénovation urbaine qui accompagne la mutation de la plus grande ville portuaire. Le bâtiment pourra paraitre un peu vide, mais il offre les espaces disponibles pour les innovations et événementiels à venir, avec des espaces modulables et fonctionnels. Le FRAC Nord-Pas de Calais dispose désormais de réserves digne de la hauteur de ses collections, d'un centre de ressources accueillant, d'un terrasse et d'un espace pour les soirées festives.  Ses espaces de présentation sont d'une belle facture. Demeure la question de la régulation du climat dans ce bâtiment et les coûts de fonctionnement qu'il risque de générer. De même, nous sommes assez sceptiques sur les chauffages placés à 5 mètres de haut sous les plafonds, mais l'usage dira s'il est agréable de fréquenter les futures expositions. Pour l'heure, Le Futur commence ici.

mercredi 12 mars 2014

Nouvelles histoires de fantômes pour grandes personnes

L'exposition d'abord présentée au Fresnoy dont nous avions parlé l'année passée, en décembre 2012, est arrivée au Palais de Tokyo, accompagnée de tous ses fantômes. Ceux que Didi-Huberman et Arno Gisinger viennent mettre en scène comme des démons d'après l'Atlas Mnémosyne ouvrage datant du début du XXème publié par l'historien de l'art Aby Warburg. Des extraits de films sont projetés comme autant d'images évocatrices, de mémoires qui hantent le siècle, rappelant les mises au tombeau contemporaines. L'effet est moins spectaculaire au Palais de Tokyo qu'au Fresnoy où la grande salle de bal se prêtait à merveille à cette juxtaposition. L'étourdissement qui en résultait, jouant du chaos et de la profusion, trouve un air plus sage et mieux rangé dans cet espace allongé. Le fait que l'on puisse déambuler directement dans les images, alors qu'on les surplombait et qu'elles conservaient ainsi un caractère sacré de mise en terre, sur lesquels le spectateur se penchait, était plus fort à Tourcoing. Il est toujours intéressant de revoir une exposition et de comprendre combien sa scénographie lui donne une autre tournure, une nouvelle interprétation. Au Palais de Tokyo, le visiteur profane en quelque-sorte ce qui était au Fresnoy respectueusement maintenu à distance.

vendredi 7 mars 2014

La Nuit en pleine lumière

Exposition consacrée à la Nuit au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris. Beau thème, traité de manière convaincante, en quatre grands espaces : la nuit dans sa dimension astronomique, les animaux de la nuit et leurs comportements, le sommeil et enfin les imaginaires de la nuit. Trois séquences scénographiées avec trois partis-pris qui permettent au visiteur de vivre trois moments particuliers et d'éviter la lassitude. La première séquence propose des manips pour comprendre la nuit, avec une installation, Le Stellarium, application adaptée pour le muséum qui est forte impressionnante. Certains aspects sur les croyances rappellent une exposition déjà ancienne sur La Lune co-réalisée par le Musée de la civilisation et Confluence. Le Muséum propose ensuite une autre grande parade des animaux de la nuit, mêlant indistinctement les provenances géographiques, en portant une attention sur chaque sens qui permet aux espèces de se repérer et de s'adapter aux conditions nocturnes. Une exposition qui devrait sans nul doute trouver un grand succès auprès des visiteurs et itinérer dans d'autres institutions en région dans les années à venir.

dimanche 2 mars 2014

L'avenir du musée est-il dans l'enfance ?

Etonnant de constater lors d'un récent voyage au Québec combien les expositions destinées aux enfants ont le vent en poupe. Ainsi le musée de Pointe à Callière consacre tout l'espace de l'ancienne douane pour une exposition sur les Pirates et Corsaires. Espace de jeux et/ou espace de découvertes et de socialisation ? Le musée Mc Cord lui préfère initier aux sciences, avec Jouets, Mission Cosmos avec une exposition dont certains visiteurs s'émeuvent dans le livre d'or qu'à 14 dollars l'entrée, ce soit un peu excessif. Le musée de la civilisation, devenu depuis peu Les Musées de la civilisation, propose également une petite exposition sympathique sur l'art brut pour les enfants et aussi un regard sur les jeux vidéos (Follement jeux vidéos). De son côté bien sur le centre des sciences à Montréal adresse également de grands espaces d'exposition à cette cible de publics. Autant d'expositions qui auront pour effets espérons-le de fournir une autre image du musée aux enfants et de leur donner l'envie d'y revenir souvent. Si on compare ces initiatives nombreuses outre-atlantique, les offres en France semblent pour le moment plus réduites.

jeudi 20 février 2014

Cap sur les Jeux vidéos

 Depuis l'exposition réalisée par Pierre Giner au CNAM, et ensuite à l'Imaginarium (Play again),  puis l'exposition présentée au Grand Palais, voici que la Cité des Sciences propose une exposition sur les jeux vidéos retraçant l'épopée de son développement depuis 40 ans. Sous la houlette de Pierre Duconseille, commissaire de l'exposition, il s'agit d'explorer les formes et les techniques. L'exposition est intéressante à comparer à celle proposée actuellement au Musée de la civilisation à Québec qui vient d'ouvrir également une exposition dédiée au sujet. Elles sont très proches, même si l'aspect historique est plus didactique dans le dernier cas. Dans les deux expositions, des experts proposent une lecture sociologique dans une vidéo en fin de parcours. Certains aspects de la scénographie sont également convergents. Les techniques récentes pour créer des animations en prenant en compte les paramètres externes (pluie, heure du jour, lumière, etc.) sont assez impressionnantes à découvrir. Ces expositions dans lesquelles on ne visite pas sans jouer proposent une version radicale de l'expérience de visiteur, où celui-ci compose nécessairement le parcours par son implication. Le public adolescent semble en raffoler, et sans doute ceux qui n'ont pas du tout cette culture du jeu vidéo ont plus de mal à entrer dans le propos. Signalons une exposition sur le même thème aux Champs Libres à Rennes : Play Time.

samedi 8 février 2014

Scandaleux ! Les petites économies du Louvre

Le site Le Louvre pour tous dévoile les intentions en matière de politique tarifaire du Louvre, dont le nouveau directeur annonce de supprimer la gratuité du premier dimanche du mois, en haute saison. Il était bien la peine qu'Aurélie Filippetti fasse de la culture pour tous son credo... Et que les études conduites jadis par le service culturel du Louvre démontrent, contre tous les arguments idéologiques, que la gratuité avait bel et bien des effets de démocratisation. Car il s'agit là moins de petites économies que d'arguments idéologiques. La gratuité oppose depuis le début du XXème deux conceptions du musée, et Claude Fourteau qui a beaucoup oeuvré pour alimenter la réflexion dans ce domaine a suffisamment démontré combien ce débat n'avait pas qu'une valeur symbolique.
Bref, nous citerons seulement ce mot de Clemenceau qui déjà s'exclamait : "Laissez rêver les pauvres !". Enfin, il est vrai que la gratuité de la Galerie du Temps au Louvre-Lens est décidée et prise en charge par le Conseil Régional Nord-Pas de Calais et pas par le Louvre Paris. Bref, la honte pour cette nouvelle direction du Louvre Paris...
En un mot allez signer et faire signer la pétition mise à place par Le Louvre pour tous

mercredi 5 février 2014

Guide de conception des expos

Enfin le voilà ! Le Guide de conception des expositions, intitulé Projet d'exposition. Guide des bonnes pratiques, document élaboré par un collectif auquel nous avons participé, et qui aura travaillé pendant presque trois ans pour présenter cette version définitive à l'occasion du Sitem 2014. Regroupant des membres de l’Association des scénographes, la Fédération des Etablissements Publics Locaux, des juristes, des assureurs, des représentants des maitres d’ouvrages, etc., sous la houlette de François Lejort, le guide a pour ambition, non de normer, mais d’apporter des conseils méthodologiques pour impulser de bonnes pratiques. Car les démarches sont souvent acadabrantesques, comme aurait dit un ancien Président !, le Guide vise par conséquent à apporter des éléments factuels et synthétiques. On se reportera à d’autres ouvrages pour compléter sur tel ou tel point, mais ce vade-mecum comble un vide dans le domaine. 
Téléchargeable gratuitement sur internet pour assurer une diffusion maximale, il était souhaitable d'en disposer d'exemplaires imprimés pour qu’il puisse prendre place physiquement parmi les ouvrages de références des multiples acteurs qui collaborent à la production des expositions.