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La Formation en muséologie :

Vous êtes intéressés par une formation initiale ou par la formation continue en muséologie et muséographie ? La formation MEM : Master Expo-Muséographie, en conception des expositions de l'Université d'Artois est faite pour vous !

Voir les renseignements :

ou sur le site de l'Université : (document à télécharger colonne de droite) ou sur ce lien.

Master MEM

jeudi 27 août 2009

Des Projets Scientifiques et Culturels

Le numéro thématique de La Lettre de l'OCIM consacré au Projet d’établissement, que nous avons coordonné avec Marie Bachy, suite au séminaire conduit en décembre dernier à l’Institut Denis Diderot, à Dijon, avec nos partenaires, et un public nombreux de professionnels et d’étudiants en muséologie.

Ce numéro rend compte partiellement du séminaire, propose des contributions originales, offre des cas de figure, matière à réfléchir pour tous ceux et toutes celles qui conduisent ou s’intéressent au PSC, petit nom intime du Projet Scientifique et Culturel. Marie-Hélène Joli qui a été une cheville ouvrière pour formaliser la méthodologie du PSC au temps où elle officiait à la DMF signe un article capital, elle y rappelle que le PSC est un outil, pas un instrument de contrôle. Chose dont doute François Cheval qui y voit surtout un instrument de police et d’aliénation, ce qu’il est sans doute devenu partiellement avec l’évolution récente de la DMF. Mathieu Pinette rappelle tous les éléments que l’on a tôt fait d’oublier dans une version trop standardisée. Enfin plusieurs auteurs apportent des exemples précis par des études de cas. Regrettons qu’aucun représentant de la DMF n’ait eu le courage de venir s’exprimer lors du séminaire pour mentionner les attentes de l’IGM en la matière. Il semble du reste que la formation des jeunes professionnels ne soit pas une priorité dès lors qu’il ne s’agit pas de l’INP ou des formations où les inspecteurs officient. Mais ne revenons pas sur une histoire qui fâche, espérons seulement que l’avenir permette des relations plus positives avec ce qui restera des services de l’Etat.

dimanche 16 août 2009

Survivants de l'X'TREME

Encore quelques jours pour visiter cette intéressante exposition au muséum d'histoire naturelle de Bruxelles : Survivants de l'X'TREME. Cette exposition présente les conditions de vie d'espèces animales dans des milieux hostiles : grand froid, chaleur, sécheresse, obscurité totale, sous-marine ou terrestre, manque d'oxygène... L'inventivité de la nature est, on le constate une fois de plus, extraordinaire. On passe un bon moment sans s'ennuyer tant on apprend de choses passionnantes sur des espèces souvent mal connues. Et l'interactivité est au rendez-vous et pas pour faire mode, il y a de vraie mise en situation du visiteur avec de petites expérimentations inventives. Notons également le système de traduction sur les bornes multimédia, très ingénieux. L'exposition est une co-production du muséum avec L'Expérimentarium de Copenhague et le Naturalis de Leyde.

lundi 10 août 2009

Que peut Google Earth pour les musées ?


Que diriez-vous d’une visite du Prado avec Google Earth ?! Plus fort que les centres villes qui finissent par nous lasser, les déserts africains ou les fosses marines, Google Earth fait plus fort et nous propose de partir découvrir les musées ! Ce sont 14 toiles qui sont auscultés avec des images d’une qualité rare. Ce sont surtout les précisions et les niveaux de détail qui font que vous pourrez y découvrir les chefs d’oeuvres comme vous ne les avez jamais vu jusque-là. Décidément les musées rivalisent d’ingéniosité pour être à la pointe des innovations avec les NTIC. Google Earth au Prado, Musetrek au Louvre, Widget au Rijksmuseum, Appli pour Iphone à la National Gallery, Podcasts un peu partout... Y’a t-il l’équivalent de toutes ces techniques de médiation, que nous avons décrites dans des rubriques précédentes, dans d’autres secteurs de la culture ? La question mériterait d’être examinée sérieusement pour insister sur le caractère avant-gardiste des musées. Que l’on cesse de dire qu’ils sont poussiéreux, ce sont les théâtres qui le sont à présents !!!

Google Earth au Prado :

http://www.google.fr/intl/fr/landing/prado/

samedi 8 août 2009

Le Rize : Centre mémoire et société

Nouveau lieu de Villeurbanne, Le Rize est un lieu pertinent et à taille humaine. Ancien bâtiment bancaire réhabilité avec soin, il offre un équipement de proximité d'une grande qualité dans ce quartier peu engageant. Regroupant une antenne de quartier de la médiathèque, les archives municipales et un lieu d’exposition, c’est aussi un équipement convivial, avec son espace bar et lieu de ressource, mais surtout un endroit original par ses préoccupations. Il s’agit de collecter et de restituer les mémoires des habitants sur le quartier et de témoigner des évolutions de la ville, de son urbanisme, à l'architecture si particulière, « Villeurbanne, une ville à l’américaine ? », et d’être un lieu de médiation entre les générations pour témoigner des mutations urbaines. Ceci inclut évidemment tous les aspects de la vie sociale. Si la médiathèque centre ses préoccupations sur ces questions, ce sont bien évidemment les expositions et l’action culturelle qui vont pouvoir puiser dans cette richesse thématique dans les années à venir pour proposer des animations. Nous ne manquerons pas d’en suivre l’actualité, en attendant un lieu à visiter.


mardi 4 août 2009

Des fouilles archéosoniques !

Une fois de plus la compagnie Décor Sonore aura su nous séduire en proposant un spectacle exigeant et cohérent, avec Les Chantiers archéophoniques de l’OREI. Cohérent, par son inscription dans une continuité avec les recherches conduites pas la compagnie depuis ses débuts sur le son, l’écoute et la sensibilisation à l’univers sonore. Exigeant, car vrai spectacle populaire accessible à tous, de 7 à 77 ans, drôle, il est aussi loin d’être futile et conduit le spectateur a s’interroger sur son rapport au monde, auditif ici. Si nous avons commis par le passé plusieurs articles sur d’autres spectacles de la compagnie, nous en parlons dans ce blog car le concept du spectacle repose moins sur une exposition du son, que sur sa recherche au travers d’un chantier archéologique. Il s’agit de découvrir les sons du passé, inscrits au profond de la matière et de ses capacités de réverbération de par les âges. Plusieurs stations ingénieuses sont prévus, mais nous n’en diront pas plus, laissons le plaisir de la découverte... Rendez-vous sur le site de la Compagnie, ici, pour les dates et lieux de représentations.

Pour regarder une bande annonce sur You-Tube : http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=wii6zyYkUd0

lundi 27 juillet 2009

Scènes et scénographies alimentaires

Loin d’être un numéro sur les pratiques et rituels alimentaires, tel qu’une revue d’ethnologie pourrait le faire, il s’agit dans ce numéro de Culture et Musées, coordonné par Jean-Jacques Boutaud et Serge Chaumier, de questionner les mises en représentations. La gastronomie ou l’alimentation en général a donné lieu à des spectacles, cabarets dînatoires par exemple ou dégustations liées à un sujet donné. Nombre de lieux de patrimoine proposent une convergence entre le propos du site et une déclinaison à la cafétéria. D’autres endroits de visite sont spécifiquement dédiés à un thème lié à l’alimentation, et quelques lieux d’art contemporain font même dans le design culinaire. Ce sont ces différentes facettes que les auteurs de ce numéro explorent avec des approches souvent originales. Articulant réflexions théoriques et exemples de propositions artistiques et patrimoniales, le numéro est bien sûr une mise en bouche pour d’autres explorations futures ! Avec les contributions de Isabelle Rieusset-Lemarié ; Emmanuelle Lambert ; Stéphanie Sagot ; Jérôme Dupont ; Pierre Berthelot ; Martin R Schärer, Marc Grodwohl.

vendredi 10 juillet 2009

Des dioramas bien singuliers

Etonnants dioramas que ceux proposés dans la prison de Séoul, Seodaemun Prison Museum, où des Coréens furent torturés par l’armée japonaise. Les reconstitutions de tortures, de viols et d’interrogatoires musclés sont présentés dans les cellules, avec sons et lumières au moyen de mannequins articulés poussant des cris. Du pédagogique assurément ! Car il est encore plus surprenant de voir défiler consciencieusement des groupes scolaires pour y apprendre une facette de l’histoire nationale. Cela met mal à l’aise le visiteur occidental, mais il faut reconnaître que les écoliers y sont très attentifs et passant de cachots en cellules très impressionnés. Qui a dit qu’il ne fallait pas choquer la jeunesse, le traumatisme n’est-il pas utile pour se forger une conscience et une conviction ? Certes, on pourra voir là une sorte d’idéologies inculquées à grands coups d’images chocs, et le lieu est pour cela fascinant pour le muséologue. Car ce musée des horreurs comme il en existe bien d’autres de par le monde est en cela singulier qu'il se trouve dans les bâtiments mêmes des faits, et qu’il sert donc de lieu de commémoration en quelque-sorte. Il fallait (ou pas) oser ! 

dimanche 5 juillet 2009

Musetrek : un outil révolutionnaire !

Comme l’Iphone, le téléphone révolutionnaire, selon Apple et ses utilisateurs, le concept de Musetrek consiste à fournir un Iphone pour le temps d’une visite avec des médiations intégrées. Durant les Nocturnes Jeunes au mois d’avril, le Louvre a testé le dispositif avec succès. A l’instar de la National Galerie qui propose une appli à télécharger pour visiter les espaces permanents, le Louvre devrait dans l’avenir vraisemblablement proposer son appli sur l’App’store d’Apple. Loin d’être gadget, ceci signifie une médiation intéressante, avec des possibilités de parcours différenciés. Parcours imaginés en partenariat avec un artiste, comme c’était le cas ici avec Shilpa Gupta, la chose peut être étendue à toutes sortes de parcours interprétatif. On peut imaginer demain suivre les pas d’un scientifique, d’un philosophe, d’un artiste comme d’un historien de l’art pour arpenter le Louvre. De bien belles raisons de rédécouvrir les oeuvres au travers de multiples regards singuliers. Car le plus original est l'interactivité offerte qui permet à tout chacun de créer et proposer son propre parcours, digne du Web.2. Voir des exemples ici :  http://www.musetrek.com/louvre/. 

samedi 27 juin 2009

Art contemporain au Portugal

Le musée d’art contemporain de Porto et ses jardins dans la Fondation Serralves, celui de Belem à Lisbonne, le Berardo Museum, comme le centre d’art contemporain de Lisbonne, le Museu do Chiado, sans parler de la partie contemporaine de la Fondation Gulbenkian, forment un ensemble impressionnant. Bâtiments ultra-modernes, collections prestigieuses, l’art contemporain portugais y dialogue avec les oeuvres et expositions internationales. Le Portugal n’est pas en reste sur le plan muséographique avec de très beaux musées, construits ou rénovés par des grands noms de l’architecture internationale, dans le domaine de l’art contemporain, comme de l’archéologie, de l’histoire ou de l’ethnologie, avec des centres d’interprétations nombreux dans les plus petites communes du pays. Un pays à visiter avec enthousiasme.  


jeudi 18 juin 2009

Persona : les masques prennent la parole

Belle exposition présentée à Tervuren, au Musée Royal de l’Afrique centrale de Bruxelles : Persona met en scène les masques en faisant dialoguer les pièces des riches collection du musée, de prêt d'institutions et de collectionneurs, soit plus de 180 pièces, et des oeuvres d’art contemporain très pertinentes qui font un clin d’oeil à cette tradition. Le propos est clair et conduit le visiteur dans une découverte intellectuelle sur l'identité ponctuée de surprises agréables. Remarquons également le projet d’action culturelle conduit avec des artistes en herbe, souvent étudiants dans les écoles d'art, qui fait écho avec des créations originales. Enfin un espace enfant tout à fait remarquable, en fin d'expo, est dédié à des animations dans lequel des accompagnatrices proposent des ateliers en continu pendant toute la durée de l’exposition. Jusqu'au 3 janvier 2010.

www.africamuseum.be 


mercredi 10 juin 2009

La pipe, le diable et le bon film : rencontre de Tati et Méliès

              Toujours plaisant de visiter une exposition Jacques Tati. C’est possible jusqu’au 2 août à la Cinémathèque à Paris.  L’exposition est évidemment réservée aux initiés, c’est ce que reprochait fortement une dame dans l’exposition qui se plaignait de ne rien comprendre n’ayant jamais eu le bonheur de voir jusque-là un seul film. Car il s’agit de retrouver des ambiances, des séquences et des clins d’oeil à l’esprit Tati. L’exposition est à ce titre problématique, mais on peut espérer qu’elle donne envie non seulement de revoir aux adeptes, mais simplement de voir aux autres. On y passe un moment agréable et la scénographie de Stéphane Goudet et Macha Makeïeff est fidèle à l'esprit de ce poête du cinéma.

          Mentionnons également l’exposition Méliès dans le même bâtiment, qui réserve également quelques bonheurs. La fin malheureuse de ce premier grand cinéaste de génie donne une tonalité grave qui sied à la mémoire de tous les grands hommes, ce malgré l'humour incomparable qui parle à tous les âges. Une belle exposition au parcours ponctué d’objets et d’images, et de la belle maquette des studios que Mélies avait fait construire. 

www.cinematheque.fr 


mercredi 3 juin 2009

BIP : demain Bruxelles

Bel exemple de centre d’interprétation de la ville, le BIP à Bruxelles, à deux pas du nouveau musée Magritte, inauguré en grande pompe le week-end dernier, l’exposition d’interprétation de la cité est des plus intéressante. Au-delà de l’aspect un peu promotionnel de Bruxelles, la scénographie, signé de l'agence Sine qua non, est très belle, inventive et surprenante. Des petites gouttes d’eau très intrigantes dévoilent leurs images, de belles maquettes et des parapluies sonorisés, des grands livres d’histoire, et un espace de présentation de la construction européenne, autant de propositions bien pensées. Le visiteur pourra y apprendre pleins de choses sur la ville et la gestion des affaires publiques. Dommage sans doute que cette exposition soit placée au premier étage dans un immeuble assez confidentiel, ouvert en décembre dernier l’espace ne semble pas avoir trouvé encore sa visibilité maximale. Un lieu qui mérite le détour pour ceux qui s’intéressent aux expositions d’interprétations urbaines. 

On consultera aussi le site internet :

http://www.demainbruxelles.be/fr/infrastructure/detail/id/6


lundi 25 mai 2009

Des tableaux qui parlent !

A l'occasion de la Nuit des musées 2009, le musée des Beaux-arts de Dijon fait parler les tableaux ! C'est une jeune agence créative, InAbstracto, et son animateur Ismaël Gutierrez, ancien diplômé de la formation dijonnaise, qui a eu cette idée originale d'un trompe l'oeil interactif. Niché dans un faux cadre très kitsch, un écran met en scène un tableau, celui du peintre Devoges, figure historique dijonnaise, instigateur de l'école des Beaux-arts de la ville. Ce dernier se met à parler et à dialoguer avec le guide. Cette ingénieuse interactivité peut être mise au service de la médiation comme de la création fictionnelle. Un procédé qui devrait déboucher sur des applications futures et qui n'a pas manqué de trouver un certain succès auprès de visiteurs d'abord surpris, puis enthousiastes. 


samedi 23 mai 2009

Temps libre au musée

A voir avant le 9 août au Musée de la Civilisation à Québec une exposition sur le loisir, ou comment occuper son temps libre. Fidèle à la conception québecoise amalgamant gaiement toutes les activités de temps libre, qu’elles fusent sportives ludiques culturelles ou artistiques dans une même catégorie, la réflexion conduite n’interroge pas ce présupposé qui doit faire se retourner Hanna Arendt dans sa tombe, mais aussi Malraux et quelques autres. Peu importe, ce qui est ici passé au crible c’est le rapport anthropologique entretenu au temps qui passe par les individus, et la manière d’appréhender le loisir. Reflet d’une identité culturelle, du rêve et des imaginaires, du jeu et de la construction de soi chez l’enfant ou encore éléments de prospective de ce que seront les loisirs dans l’avenir, l’exposition est moins surprenante par son contenu que par ses formes et surtout l’originalité de ses textes d’exposition, véritable écriture d’auteur. Une pseudo animation à partir d'une prédiction dans une boule de cristal amuse au premier abord, mais devient frustrante quand le visiteur s'aperçoit que la personnalisation de son parcours n'est qu'un leurre peu différencié d'une personne à l'autre. La scénographie de l'exposition, très belle, invite au dépaysement, et propose même de grands lits où les visiteurs pourront rêver à leur aise. 

mercredi 20 mai 2009

Des Cités de l'immigration de par le monde...

Incroyable plongée dans les appartements des immigrants new-yorkais, épopée fantastique racontée au travers de visite-guidée sous forme de petits spectacles mis en scène par des accompagnateurs qui par le récit biographique raconte la vie de ceux qui sont venus au cours du XXème siècle peupler l’Amérique. Le Tenement Museum de New-York est très original. Dans cet immeuble de Little Italie, des appartements racontent le brassage des populations, des émigrants juifs, polonais, asiatiques et bien évidemment italiens. Formidable métissage que la muséographie a souvent du mal à retracer dans les sites patrimoniaux. Moins couru que le Musée de l'immigration d'Ellis Island, la scénographie est simple mais efficace. La démarche est très différente aussi de celle suivie à la Cité de l’Histoire de l’Immigration de Paris, mais elle s’adresse également d’abord aux populations locales et trouve le moyen de nouer le dialogue entre les témoignages recueillis et les visiteurs curieux. On pourra visiter à défaut le site internet de ce musée peu ordinaire, tout comme celui de la Cité de Paris, fort riche et documenté.

lundi 11 mai 2009

Des Centres d'interprétation au Portugal

Le Portugal a su se doter de multiples lieux d’exposition et s’inscrit pleinement dans la modernité. Ainsi dans la moindre petite ville et parfois dans les plus petits villages, existent des centres d’interprétations, des musées, des salles d’expositions temporaires... Développés par la manne européenne, les projets ont fleuri et ont su trouver un bon équilibre entre vocations touristiques et ambitions pédagogiques destinés à la population locale. Ainsi le centre d’interprétation de Moncorvo, au nord est du pays, est représentatif de ces multiples lieux rencontrés au cours de notre récente exploration. Il permet de relater le passé minier de la région, dont atteste encore les logements en cordeau, évocateurs de l’habitat minier traditionnel. De manière étonnante, on retrouve ici les mêmes logiques que celle prévalant ailleurs. Deux petites salles d’exposition, modestes, mais efficaces et un audiovisuel permettent de transmettre simplement et agréablement cette histoire. Sans céder au projet surdimensionné par rapport à la commune, le lieu permet de jouer pleinement son rôle de sensibilisation. Un exemple à suivre sans doute pour équiper les petites communes françaises de lieux rénovés et adaptés... 

vendredi 8 mai 2009

Souris à l'art contemporain

Elles nous foutent la trouille toutes ces souris ! Non je ne parle pas des visiteuses des musées d’art contemporain, donc le public est, on le sait, plutôt féminin, mais des images courantes de l’artiste Peter Kogler exposées actuellement au musée d’art moderne et contemporain Berardo à Belem à côté de Lisbonne ! Car il y en a une, puis deux, puis trois, et la salle est bientôt envahie ! Phobique, s’abstenir ! Enfin, c’est un pur régal de voir les enfants courir après toutes ces souris virtuelles et l’on passe un bon moment, puisque  c’est devenue semble-t-il à présent la finalité de la culture (pauvre Malraux !). Le lieu est une belle proposition architecturale, avec des ouvertures et des percées sur les salles plaisantes, avec un traitement de la lumière agréable. Le musée est lové dans le centre culturel de Belèm édifié au début des années 90 par les architectes Vittorio Gregotti et Manuel Salgado. On visite d’abord le lieu. Les oeuvres exposées retiennent parfois l’attention (notamment avec une collection qui couvre toutes les écoles artistiques du XXe et réunit des maîtres tels que Picasso, Miro, Magritte, Dali, Bacon, Warhol, Pollock, Lichtenstein ou encore Mondrian...) , et on n’en demande souvent guère plus à ces endroits où l’on va se promener, découvrir et partager des moments de sociabilité. Quand on tombe sur une salle pleine de souris, on s’esclaffe, cela nous détourne de l’ennui quotidien et la visite est réussie. 

http://www.museuberardo.com/

vendredi 24 avril 2009

L'Espagne en pleine Beauce !

Après Saragosse, Chartres ! Et oui une partie des éléments exposés dans le pavillon de la France lors de l’exposition universelle l’année dernière en Espagne sont présentés à présent au COMPA à Chartres dans une exposition temporaire qui se révèle être une gageure. Le chargé de projet a bien du mérite d’avoir tenté l’impossible, celui de reprendre des éléments d’une scénographie nécessairement spectaculaire, c’était son rôle, pour les montrer dans un autre contexte, moins propice à l’événementiel, il faut bien l’admettre. Evidemment, les attentes en terme de fréquentation et de notoriété ne sont pas absentes de ce coup malin. Ceci étant les propositions retiennent l’attention, malgré des erreurs de conception de certaines manips. Le thème de l’Eau, choisi comme sujet pour une exposition universelle située à un endroit pour le moins critique de la planète, à cet égard - et que l’affluence à l'événement n’a paradoxalement pas dû arranger -, est revisité autrement dans la plaine de Chartres. Car paradoxalement c’est sans doute la partie, certes plus modeste expographiquement parlant, que le COMPA a ajouté à l’exposition universelle qui s’avère la plus intéressante, de par son contenu. Avoir le courage de révéler les problèmes de pollution et d’épuisement des sols dans une région d’agriculture intensive n’est pas anodin. L’exposition revient alors à des formes essentielles, déserte les grandes installations spectaculaires pour en venir au message, et c’est une drôle de chose que cette exposition en deux parties, où la vedette Saragosse perd de sa superbe et s’efface devant l’ajout modeste du COMPA ! 

http://www.lecompa.com/lecompa/index.html

sur le Pavillon de la France, son parcours muséographique et sa galerie photos

mercredi 15 avril 2009

De l'archéologie à Zamora


Très beau petit équipement, le musée archéologique de Zamora en Espagne est d’une qualité architecturale qui mérite attention. Le jeu avec les lumières naturelles, les ouvertures sur l’extérieur et le bâtiment, le parcours que suit le visiteur au gré du déroulé muséographique, tout cela est intelligent. On sent que les architectes (Tuñón et Mansilla) ont visité, et qu’ils font des clins d’oeil à d’autres lieux de référence. Inutile d’en aligner des tonnes, une visite efficace, qui en peu d’espaces et peu d’objets, apporte l’essentiel et propose une exploration dans le temps, de la préhistoire à la peinture contemporaine. Un défi ! Mais très bien relevé pour ce petit musée de ville qui remplit très bien son rôle dans la Cité et qui propose aux visiteurs de passage une initiation pertinente. Un peu l’écart des grands axes, une petite ville qui mérite du reste le détour, fort agréable, avec ses cigognes indifférentes à nos découvertes. Renseignements ici

    

mercredi 8 avril 2009

Il sont partis sur le terrain !

Les étudiants de muséologie-muséographie et patrimoine de l'année 2009-2010 sont partis en stage long. Il sont investis les terrains suivants, dans une belle diversité. Souhaitons leur bonne chance et de beaux projets. 

  • Aude est en stage dans une agence de muséographie scénographie en Bretagne, Pierre Combes
  • Elodie est en stage à Paysalp, elle travaillera sur la collection Hermann
  • Céline est au musée des beaux arts de Dôle, analysera la collection du musée d’Arbois
  • Marie Cécile est en stage à Lieux d’effervescence à Montlucon pour la conversion d’un patrimoine de l’imprimerie au service de la création artistique
  • Jean-Marc va à la Conservation départementale du Jura pour travailler sur le projet du musée d’Arbois
  • Margot va à lAgence Abaque, et poursuit une réflexion sur l’objet de musée
  • Patricia poursuit son stage au MEN, Musée d’ethnographie de Neuchâtel et développe parallèlement une réflexion sur l’exposition des restes humains 
  • Solange est en stage à Confluences et s’interrogera pour son mémoire sur les présentations de l’art contemporain des peuples autochtones
  • Marc-Abraham sera en stage à la mairie de Vezelay pour la valorisation du patrimoine religieux
  • Elodie fait son stage de M1 au service culturel du musée du Louvre
  • Claire est en stage au musée de Borda à Dax sur la régie des oeuvres
  • Leslie est en stage au Conseil Général des Pyrénées Atlantiques au service Culture Patrimoine pour une mission d’inventaire du patrimoine
  • Anne Coiseur part en stage au pays d’art et d’histoire de l’Auxois-Morvan
  • Audrey va en stage à la ville de Dijon pour préparer les médiations pour une future exposition
  • Eve, étudiante de M1, va à l’artothèque de Caen
  • dimanche 5 avril 2009

    Musée du Grand Curtius

    Le musée du Grand Curtius vient d’ouvrir ses portes à Liège après des années de fermeture pour travaux, il regroupe plusieurs musées et collections jusque-là dispersés. Très belle réalisation architecturale, malgré quelques aménagements un peu étrange dans la cour notamment, la prouesse pour articuler plusieurs bâtiments et concevoir un parcours de visite est remarquable. Si la scénographie est également très réussie, avec de belles présentations et un design d’ensemble appréciable, il n’en est pas de même du graphisme des textes, la plupart du temps illisibles, en caractères trop petits, souvent trop longs par leurs contenus et édités ton sur ton. On s’étonne que de telles inepties puissent encore se faire malgré le nombre d’études et d’évaluations réalisées sur la question. Les collections de cartels sont également assez éprouvantes. Plus grave, le discours tenu est des plus classiques, voir demeure quasi inexistant, puisqu’il s’agit surtout de présenter des collections, au demeurant superbes. Mais la réalisation d’un musée peut-il encore se faire aujourd’hui avec le même paradigme que pour ceux ouverts au XIXème siècle, alors que depuis trente ans des réflexions notables ont eu lieu pour penser le musée autrement et dépasser le caractère fétichiste du musée gardien de trésors ? Conserver pour conserver, ou pour la seule contemplation, demeure un peu court alors que tant de choses devraient être dites sur l’histoire de la ville. Le plus étonnant est la collection d’un particulier qui prend au sein du musée une place assez déconcertante pour un établissement public. Que ces quelques critiques ne détournent pas malgré tout d’une visite qui mérite grandement d’être faite au moins pour le lieu et les collections. 

    dimanche 29 mars 2009

    De l'histoire de vie comme lieu de partage

    Le musée de la personne, émanation du Centre d’histoire de Montréal, est une démarche originale dans le domaine de la muséologie communautaire et participative. Il s’agit de proposer à des communautés de se former autour de thème, en utilisant la mise en ligne rendu possible par internet. Ce qui était difficile et lourd financièrement devient de plus en plus accessible si la volonté est présente. L’idée est de proposer des histoires de vie, autour d’interviews et de portraits qu’il est possible d’illustrer autant que peuvent le permettre aujourd’hui les nouvelles technologies. Chacun peut de lui-même proposer de déposer son témoignage et ceux-ci servent de support éducatif pour parler des communautés. Ainsi ces histoires de vie, patrimoine immatériel, que les écomusées et musées d’ethnologie en général, ont souvent accumulé et qui demeuraient bien souvent inexploitées peuvent prendre corps et trouver place dans une exposition qui dépassse largement les murs de l’institution.  

    vendredi 27 mars 2009

    Séminaire sur les écomusées

    Organisé en partenariat avec l’Ecomusée du Creusot-Montceau-les-Mines, la MSH, le Centre Georges Chevrier et le CRCM, une journée rassemblant des professionnels et les étudiants de muséologie-muséographie s’est tenue à l’écomusée. La réflexion a porté sur les actions possibles aujourd’hui pour les institutions écomuséales dans le domaine de l’action sociale et du partenariat participatif, mais aussi sur la manière d’intervenir dans le domaine du développement durable. Car on l’oublie trop souvent mais ces deux domaines sont intimement liés à l’histoire des écomusées, et ce dès l’origine, comme le mentionne d’ailleurs la définition des écomusées. Si leur développement a trop souvent oublié ces deux aspects au profit d’autres interventions, l’époque rappelle combien ces deux urgences sont cruciales. Le social et l’environnement, que peu de propositions arrivent ailleurs à marier de manière satisfaisante, sont des terrains que les écomusées doivent repenser pour proposer une démarche qu’ils sont bien placés pour aborder de manière originale. Les débats et échanges, animés par Hugues de Varine, ont été particulièrement enrichissants. Un thème sur lequel nous aurons l'occasion de revenir très certainement à l'avenir lors d'autres journées. 

    mercredi 18 mars 2009

    Le nouveau museum de Toulouse

    Le muséum d’Histoire naturelle de Toulouse a fait peau neuve, son extension tout de verre s’ouvrant généreusement sur le jardin botanique est magnifique, et l’installation des collections de spécimens dans la paroi une riche idée. A la fois ouverture et invitation, symbolique de ces nouveaux musées communicants. La volonté d’en faire un lieu dynamique et ouvert sur la cité est manifeste par l’importance du service des publics, avec pas moins de 50 animateurs engagés, et un site internet innovant. Tout est là pour en faire un musée du XXIème siècle, sauf peut-être son contenu... Il est en effet très surprenant de constater les choix effectués, tournés vers des sujets très scientifiques de classifications des espèces alors que les questions environnementales actuelles, qui préoccupent tant nos concitoyens, sont au final si peu présentes. Sans doute ces débats ont lieu en marge des expositions, mais c’est malheureusement l’argument que donnent tous les lieux pour s’affranchir de traiter des questions d’actualité dans les espaces muséo. Or, c’est quand même ce qui peut être un vecteur d’intérêt et d’entrée pour la science pure...

    La scénographie est assez étrange, alternant de très belles propositions et des choses assez kitsch, des manques de finitions et des erreurs impardonnables. Ainsi les textes sont très mal conditionnés, comme si le muséographe ne bénéficiait pas de nos jours des apports des études antérieures sur ce sujet. Mais le problème principal est peut être justement celui-là, l’absence d’un véritable muséographe dans l’équipe de rénovation, d’une personne qui ait donné le ton et harmonisé l’ensemble, puisqu’une fois de plus on peut deviner que les scientifiques sont restés en face à face avec l’équipe chargée de la scénographie, et qu’un acteur a manqué. Enfin ne boudons pas notre plaisir, le muséum de Toulouse est quand même une belle réalisation que l’on se plaît à visiter. Signalons également l'exposition temporaire portant sur l'aventure de la rénovation, qui invite à un voyage dans le temps et à observer la métamorphose des missions de l'institution.

    samedi 14 mars 2009

    Visites en Suisse

    Comme chaque année, un séjour en Suisse avec les étudiants du master en muséologie a permis de constater in situ l’originalité des démarches qui sont à l’oeuvre. S’il n’a pas été possible de voir la nouvelle exposition du muséum de Neuchâtel, qui est actuellement en montage et que nous attendons avec impatience, en revanche les étudiants ont pu réaliser un exercice d’analyse de l’exposition La Marque Jeune au MEN sous le regard avisé de Marc-Olivier Gonseth qui a expliqué également les projets d’avenir pour le lieu. L’accueil a comme toujours été remarquable et comme toujours très apprécié par tous. Une demi-journée à également été consacré à la visite de l’exposition Au Fil de l’Age à la Fondation Claude Verdant à Lausanne. Deux expositions intéressantes à mettre en parallèle avec leurs choix muséographiques et scénographiques différents. (Voir les rubriques ci dessous du 1 et 2 février dernier). 

    jeudi 5 mars 2009

    Des musées de l’Holocauste...

    Le musée de l’Holocauste de Washington est célèbre pour son parti pris scénographique, avec des ambiances et des installations évocatrices, tout en refusant la mise en spectacle que l’on aurait pu craindre. De même le passeport remis à l’entrée de l’expo peut d’abord mettre mal à l’aise, il n’est pourtant guère utile car non plébiscité ensuite dans le parcours, et c’est sans doute aussi bien comme ça. Si le musée juif de Berlin marque par l’architecture osée de Liebeskind, c’est la profondeur du discours muséographique que l’on retient du Centre commémoratif de l'Holocauste de Montréal. Car ce musée, certes modeste, est loin d’être dépourvu d’intérêt. Il faut saluer notamment le courage qui fait aborder des questions dérangeantes, notamment l’attitude du Québec pendant l’occupation, et le peu d’empressement à accueillir les réfugiés. Comme son grand frère de Washington, un discours peu complaisant est tenu à cet égard. On y apprend aussi que Montréal fut après guerre la deuxième place pour les survivants. Il est sans doute dommage que ce musée ne soit guère mis en avant et qu’il soit encore trop confiné, paraissant réservé à la seule communauté juive, alors qu’il est au contraire ouvert au plus grand nombre.

    dimanche 22 février 2009

    De Marquéze à Marquéze

    L’écomusée de la Grande Lande de Marquèze figure parmi les lieux mythiques de l’écomuséologie, puisqu’il compte parmi les premiers sites (inauguré avant même l’invention du mot écomusée d’ailleurs !) dans la lignée des musées de plein air, et installé au coeur du parc naturel régional des Landes. Sur l’airial traditionnel, le village présente les maisons et les fonctions de celles-ci, les usages et comportements de leurs habitants. Lové au coeur de la forêt, l’attrait réside aussi pour les familles par le mode d’approche, puisque cela suppose une ballade préalable en forêt au moyen du petit train qui y conduit.

    Les contenus demeuraient cependant un peu faibles, et surtout le lieu présentait un visage un peu passéiste des Landes. Pour palier à ce reproche, l’écomusée à inauguré il y a presque un an maintenant un pavillon moderne, placé sur le lieu d’accueil du public, avec des réserves modernisées, des bureaux et des salles d’expositions temporaires et permanentes. Une très belle exposition propose de découvrir les Landes, leurs représentations pas toujours positives, et les activités actuelles sur le territoire. Les questions délicates sont abordées, fait habituellement trop rare dans les musées d’ethnographie pour ne pas mériter de le souligner ici. L'assemblade propose un forum virtuel entre visiteurs pour inciter aux débats sur les choix à faire sur le territoire pour l'avenir. Véritable exposition de synthèse, ce centre d’interprétation est ingénieux et dispose d’une scénographie attrayante. Reste quelques aménagements à faire pour conduire les visiteurs jusqu’au bâtiment et à les convaincre d’y consacrer du temps, et de ne pas se contenter de la ballade en extérieur. Saluons en tous les cas ce travail, qui participe d’une nouvelle phase pour ce type de musées créés il y a une quarantaine d’années et qui commencent à se rénover progressivement.

    dimanche 15 février 2009

    Séminaire : quelle convergence entre culture et social dans les musées ?



    Chaque année, depuis trois ans, Itinéraires Singuliers, association innovante dans ce domaine propose à l’IRTESS et à l’IUP de conduire en partenariat un séminaire de réflexions sur la rencontre entre culture et social. Les étudiants du secteur social et du secteur culturel peuvent ainsi être sensibilisés à des dimensions essentielles à laquelle ne les prédestinent pas toujours leurs parcours respectifs. C’est aussi l’occasion pour eux de rencontrer des professionnels inscrits librement à la journée.
    Cette année, la journée inscrite dans le programme du Festival proposé par Itinéraires Singuliers, était centrée sur les musées, et le musée des Beaux-arts de Dijon a pris une place active dans l’organisation. L’idée était au travers d’ateliers de croiser les regards en invitant une institution culturelle et ses partenaires associatifs à présenter leurs actions auprès des publics éloignés. Le musée des beaux arts de Dijon, mais aussi le musée de Roubaix et les musées de Strasbourg, ainsi que les associations Pulsar, l’Institut Marcel Rivière, et Itinéraires Singuliers ont captivé leur auditoire. Enfin Alain Vasseur d’Itinéraires Singuliers, et Valérie de Saint Do de la revue Cassandre ont proposé une réflexion en forme de synthèse de la journée.

    samedi 14 février 2009

    Une exposition dans le noir complet est-ce bien raisonnable ?

    Nous l’avions vu à sa création au Préhistosite de Ramioul (lieu à découvrir absolument, à côté de Liège), et nous avions été très impressionné par son audace ! L’exposition Ferme les yeux pour voir la préhistoire est non seulement originale et inovante, mais conserve toute sa puissance épistémologique pour communiquer simplement sur l’activité du chercheur, en l’occurrence ici le préhistorien et plus largement l’archéologue, et expliquer ainsi la démarche du scientifique en général. Loin de ne s’adresser qu’aux visiteurs non-voyants comme on pourrait le penser à priori, cette exposition qui se déroule dans le noir complet, - le visiteur a les yeux bandés (ce qui est un comble pour une exposition, et il fallait oser) -, parle à tous les publics, petits ou grands, aveugles ou non. Car la métaphore est intelligente, en proposant de toucher et de découvrir sensoriellement les objets, le visiteur se trouve dans la position du préhistorien qui avance dans le noir, par supposition déduction et qui doit reconstruire après coup pour deviner la réalité.
    En suivant le fil d'Ariane de l'exposition, le public est amené à ressentir la Préhistoire et à l’imaginer. Comme Scène de silence à la CSI qui proposait il y a quelques années de porter un casque pour s’isoler phoniquement et découvrir le monde des sourds, le visiteur peut ici mieux comprendre le handicap, mais c’est bien plus largement un discours sur l’activité de chercheur qu’il s’agit de porter, de manière ludique et étonnante.
    Après avoir été accueilli au musée départemental de Préhistoire de Solutré, au musée de préhistoire d'Ile de France à Nemours, et dernièrement au Musée des Tumulus de Bougon, cette exposition temporaire poursuit sa route, espérons pour le public qu’elle soit présentée dans de nombreux lieux.

    mercredi 11 février 2009

    Pour ou contre un musée de l’Histoire de France ?

    Le débat semble lancé par des papiers parus dans la presse, le dernier en date dans Le Monde, signé de deux historiens, Daniel Roche et Christophe Charle, le 8-9 février dernier, contestant l’idée de la création voulue par le président Sarkozy d’un Musée de l’Histoire de France. Il a bien des raisons pour s’inquiéter de la création d’un musée alors que le gouvernement dispose d’un ministère de l’identité nationale. On sait que les musées d’histoire peuvent être instrumentalisés pour les pires causes, et notamment identitaires par les politiques. L’histoire en conserve en mémoire de fameux. Cependant, les arguments avancés ici nous semblent pour le moins contestables, et surtout trahissent une conception du musée pour le moins éculée, le comparant à un sarkophage (la blague est bonne, certes), mais parlant aussi de mise en boîte, “de choses offertes au regard” accompagnées de textes sur les murs. Ils traduisent ainsi leur propre conception du musée ! Comme si le musée n’avait pas découvert par l’exposition contemporaine des façons vivantes et dynamiques de présenter l’histoire, comme si la nouvelle muséologie n’avait jamais existé ! Et nos auteurs de contester l’utilité d’un tel musée à l’heure de la construction européenne, comme si penser le passé, ne servait pas à affronter et préparer l’avenir. Bref, sans prendre parti pour le projet présidentiel, les arguments ne sont pas les bons, car ce n’est pas un musée d’histoire de France qui est impossible ou problématique en soi, mais la façon de le concevoir. Et là dessus, on ne saurait repousser l’idée seulement en faisant un procès d’intention. A près tout, beaucoup de pays ont des musées présentant leur histoire nationale, sans que cela soit pour autant offusqLienuant, ce qui importe c’est le contenu et la manière de le faire. Attendons donc de voir le programme précis. Enfin reste un argument encore plus dangereux, qui refuse de dilapider des crédits utiles à la recherche dans des missions culturelles, c’est-à-dire de sensibilisation et de diffusion, et c’est une dénonciation des plus contestables et dangereuses pour le muséologue, comme pour l’action culturelle en général. S’il y a un argument qui peut être avancé raisonnablement c’est de savoir si il convient de multiplier les grandes institutions dévoreuses de crédits, à chaque nouveau président, où s’il ne serait pas temps de penser à un véritable développement culturel s’appuyant sur les sites existants.
    Pour un développement de cette critique, voir le site d'Expologie.

    dimanche 8 février 2009

    Intrus / Intruders au Musée national des beaux-arts du Québec

    Derniers jours de cette très intéressante exposition développée dans les espaces permanents du musée avec des interventions d’artistes contemporains qui viennent assumer un dialogue avec les oeuvres habituellement présentées. Comme Marie-Laure Bernadac le propose régulièrement dans les collections du Louvre, il s’agit de faire se télescoper les époques. Parmi les réalisations remarquables celle de Adad Hannah qui mêle à l’accrochage des tableaux des vidéos de regardant regardés. Les installations de Catherine Sylvain dans les collections d’art sacré, celle de Carlos et Jason Sanchez qui propose un baptême ambigu, ou encore Yannick Pouliot et Daniel Faubert parmi les oeuvres de Riopelle, de Jana Sterbak qui interpelle la conscience écologique et la fonte de la banquise dans les collections d’art inuit, autant d’oeuvres parmi les quelques 25 présentées qui interpellent le visiteur. 

    Un très luxueux catalogue édité à l’occasion garde en mémoire cette forte exposition et propose d’audacieux grands formats. Raymond Montpetit et Yves Bergeron signent un texte sur l'accrochage d'art contemporain dans les expositions d'art, ainsi qu'une étude sur la réception de l'exposition. Chose rare, le catalogue comporte un CD avec les principaux résultats de l’enquête de public conduit pendant l’exposition. La réception ne semble plus poser d’énormes problèmes, les visiteurs s’étant habitués au métissage des arts, et l’intérêt est évidemment de convier ce faisant de nouveaux publics dans les salles permanentes. 

    Il est malheureux que nous ne pouvions pas présenter ici de clichés, la photographie étant interdite dans les salles du musée, selon cette nouvelle maladie de beaucoup de musées. 

    http://www.mnba.qc.ca/expo_intrus.aspx 

    samedi 7 février 2009

    Quai Branly : un miroir aux alouettes ?

    A propos d’ethnographie et d’arts premiers, André Desvallées ose poser la question directement, le musée du Quai Branly est-il en quelque-sorte un attrape-nigaud ? On savait les scandales révélés par Bernard Dupaigne et la réflexion épistémologique très critique conduite par Benoît de L’Estoile dans un livre fameux. C’est à une déconstruction en règle que se livre ici l’auteur qui connaît parfaitement l’histoire du lieu et les enjeux qui sont liés au passage du musée de l’Homme à l’actuel musée du bord de Seine. Catherine Clément elle-même a écrit combien le terme d’arts premiers était ridicule, mais il faut lire André Desvallées pour comprendre combien ce projet a dérivé et a échoué à renouveler le genre du musée d’ethnographie, pour revenir à un stade antérieur aux recherches qui se sont déployées à partir du courant de la nouvelle muséologie. Ceci est d’autant plus curieux que des acteurs, et non des moindres, comme Germain Viatte, ont contribué ainsi à une vision archaïque qu’ils avaient pourtant cherché à combattre dans leur jeunesse. 

    Que le musée du Quai Branly cherche à récupérer Claude Lévi-Strauss n’est pas étonnant (d’autant que ce dernier a toujours eu des positions pour le moins ambivalentes, si ce n’est réactionnaires concernant la muséologie), - ceci ne doit pas occulter le procès de l’esthétisation pour l’esthétisation, qui là, moins qu’ailleurs, n’a de sens. Certes, on sait la crise que traverse les musées d’ethnologie, prisonniers des catégories construites par la discipline et des évolutions du monde, des injonctions sociales à fabriquer des identités et des exigences scientifiques à les déconstruire, tandis que la mondialisation les bouscule. Tout ceci conduit à fuir les problèmes posées en se réfugiant dans la pure exhibition contemplative. Ce faisant, le musée du Quai Branly ne fait que confirmer une conception passéiste, si bien que le premier musée du XXIème siècle donne un goût étrange de retour en arrière ! 

    André Desvallées aborde le difficile problème des restitutions et les effets de celles-ci, si on conduit le principe dans ses retranchements. Les contradictions du musée d’ethnologie sont nombreuses, l’une d’entre-elle le piège, puisque si l’objet de musée perd ses fonctions premières, ainsi une statue de vierge d’une église perd ses fonctions cultuelles en gagnant ses fonctions culturelles, et notamment en devenant un objet artistique, par conséquent une pièce d’ethnographie peut suivre la même trajectoire. Les ethnologues ne peuvent soutenir la thèse du respect de la diversité culturelle, de la restitution pour usage et des biens gérés par les communautés sans s’attaquer aux fondements du musée, qui sous-entend que l’objet perde son ancienne fonction en entrant au musée. Mais dès lors, on ne peut pas réfuter totalement l’utilisation de l’objet à d’autres desseins, un réinvestissement de sens, à des fins esthétiques par exemple. Le problème est de faire croire que nous serions alors encore dans un musée d’ethno, comme si les tableaux de saintes vierges dans les musées de beaux-arts nous enseignaient encore la religion. On peut estimer que ce n’est plus le cas et que ces objets en devenant totalement laïque, acquièrent d’autres fonctions. Ainsi le masque africain ne nous parle ou ne nous enseigne pas davantage l’Afrique que la vision d’une pieta le fonctionnement du christianisme. C’est toute l'ambiguïté du Quai Branly que de prétendre jouer sur les deux tableaux, d’où son caractère bancal, si ce n’est malhonnête. Mais la question demeure à résoudre pour les musées d'ethno en général...


    lundi 2 février 2009

    La Suisse nous parle des jeunes...


    Le MEN, Musée d’Ethnographie de Neuchâtel, dirigé par Marc-Olivier Gonseth et une relève qui promet, frappe encore très fort avec son exposition La Marque jeune. Potentiel de révolte, la jeunesse, c’est le feu qui court sous la braise, du moins c’est le visage que l’on donne de ces nouvelles classes dangereuses depuis les années 50. Mais c’est aussi une formidable producteur de signes et de formes que la société nous propose d’ingérer et de recycler, de consommer peut-être ? Et si cette récupération généralisée n’était rien d’autre qu’une façon de produire aussi du lien, du liant et de la transmission générationnelle ? Autant de réflexions auxquelles invite l’exposition dans une scénographie de Patrick Burnier avec un travail de conception que l’on sent en pleine osmose avec l’équipe du musée. La proposition est aussi audacieuse que malicieuse, comme toujours... La puissance du message muséographique est totalement soutenue par une proposition scénique qui ne manquera pas de surprendre. Alors, laissez vous surprendre avant fin avril, et si vous prétendez vous intéresser à la muséo, ne manquez sous aucun prétexte cette exposition !
    Et notons la publication du catalogue avec de très belles photos de l'exposition, chose malheureusement rare dans le genre.

    dimanche 1 février 2009

    La Suisse nous parle des vieux !


    C’est à la Fondation Claude Verdan à Lausanne que l’on peut découvrir cette belle exposition, Au fil du temps, émouvante et très riche sur le troisième âge. “Mourir, cela n’est rien, mourir la belle affaire... mais vieillir, oh vieillir...” , tout le monde ne chante pas cette chanson là, il y a des avis divers, contradictoires, des interprétations de la vieillesse sur des tonalités différentes, des points de vue qui se croisent. Le nombre d’audiovisuels peut vous retenir longuement dans cette exposition copieuse, mais jamais bavarde. Des petits dispositifs ingénieux comme on aime en découvrir souvent dans ce lieu, développent des approches variées, et s’adressent par là à un public de tous les âges. Si le point de vue médical est évidemment présent, ce sont les aspects humains, sociaux, les rythmes de vie, les solitudes, les désespoirs, les rires et les imaginaires de la vieillesse qui invitent à découvrir cet âge de la vie. On apprend par exemple, que la Suisse délocalise parfois ces vieux sur la Costa Brava, et d’autres choses bien étonnantes ! L’expographie assez simple en soi se révèle efficace.