dimanche 21 février 2016
La culture pour tous. Quelle solution ?
Libellés :
publication muséologie
La question de la démocratisation se pose et se repose depuis que les politiques culturelles existent. Même si les mots ne sont pas les mêmes, depuis la création du ministère de la culture, les recherches pour élargir le spectre d'influence et permettre la démocratisation n'ont pas donné les résultats escomptés et la constatation d'une persistance des inégalités est un leitmotiv. Ce qui est nouveau c'est que depuis dix ans ce souci ne semble plus animer les convictions des acteurs de la culture et du monde politique. Il est donc salutaire que Jean-Michel Tobelem s'empare du sujet et propose de refaire le point. Redire que les inégalités sociales persistent, que les classes ouvrières en pâtissent singulièrement, que les classes populaires n'ont pas disparu du paysage national, et qu'il est possible d'imaginer de nouvelles solutions est indispensable. A l'heure d'une perte des valeurs, et notamment des valeurs de gauche qui fondaient l'action publique, ce petit ouvrage remet en perspective des questions fondamentales.
mercredi 17 février 2016
L'Artothèque, le projet exemplaire de Mons
Libellés :
actualités des musées
Intelligent projet comme il en est peu, l’Artothéque de Mons, inauguré dans le cadre de Mons 2015, regroupe les collections du Pôle muséal de la ville, c’est-à-dire de l’ensemble des musées rassemblés en un seul, composé d’antennes. Outre la gestion rationnelle des collections, par matériaux par exemple, et l’outil formidable proposé, la réhabilitation et la réaffectation pour ce nouvel usage d’un bâtiment historique en déshérence, l’artothèque permet de jouer des transversalités et de conduire les institutions à un travail concerté et partagé. Une même équipe intervient sur les différents thèmes : mémoire, ethnographie, histoire, mémoriel, beaux arts, sans renier les compétences de chacun. Des médiations numériques performantes conçues par On Situ permettent au public de s'initier aux collections et un important centre de ressources complète le lieu. C’est un magnifique exemple à suivre pour toutes les collectivités en France. La ville de Montréal va aller chercher à Mons de l’inspiration, espérons que les français fassent de même pour imaginer de nouvelles réserves mutualisées sur le territoire.
Signalons l'article de Xavier Rolland dans l'avant-dernière Lettre de l'OCIM qui présente en détail la démarche.
samedi 13 février 2016
La petite boite à Chagall
Libellés :
exposition,
médiation
Joli et délicieux travail réalisé par le service culturel de la Philarmonie pour l’exposition en relation avec Marc Chagall et la musique. Exposition pour enfants présentée dans l’ancien espace d’exposition temporaire de la Cité de la musique, qui offrent de nombreuses manips et propositions ludiques permettant aux enfants d’expérimenter, de créer, de percevoir des aspects de l’oeuvre de Chagall et de son rapport aux instruments de musique. De très beaux multimédias, des idées ingénieuses, des animations sympathiques… Entendre un enfant de 6 ans chantonner l’air de la Reine de la nuit tout en dessinant, juste par imprégnation, a quelque chose de magique et d’inoubliable ! Les enfants ont jusqu’au 6 mars pour en profiter, et il serait souhaitable que l’espace puisse pérenniser le principe d’actions et d’expositions à destination de ce public. Bravo à la chargée de projet de cet espace car elle signe là un très beau travail et aux médiatrices qui le font vivre.
mardi 9 février 2016
Ceci n'est pas un portrait
Libellés :
exposition,
médiation
Remarquable exposition présentée au musée des Augustins de Toulouse, avec Ceci n’est pas un portrait. Malicieux titre qui cache une exposition exemplaire : parce que l’exposition développe une thèse originale, simple, compréhensible, qui fait réfléchir le visiteur. Il y a derrière la représentation d’un homme ou d’une femme volonté de portrait ou bien recherche d’autre chose, par exemple de donner à voir un sentiment, une émotion, une symbolique, davantage qu’une personne précise.
L'exposition est remarquable aussi parce que les textes sont clairs et bien organisés, que la scénographie développe un parcours en cohérence avec le contenu du programme muséographique, mais surtout que les médiations proposées sont remarquables. Cela fait plaisir de voir enfin une exposition d’art en France qui fasse preuve de l’inventivité que l’on connait au Victoria & Albert Museum par exemple. Est-ce que le co-commissariat de Axel Hémery, avec une chercheure anglaise, Mélissa Percival, qui rend possible ce qui est si rare ailleurs ? Le service culturel du musée des Augustins a réalisé ici un travail remarquable, aux multiples facettes. Les jeux s'adressent à tous, enfants, adultes ou publics en situation de handicaps, et pour cela sont efficaces. Dommage que cette exposition ne soit pas présentée ensuite dans d’autres établissements.
samedi 6 février 2016
Lendemain chagrin
Libellés :
exposition
Ce n'est sans doute pas pour visiter l'exposition des 4 photographes taïwanais que la foule piétine des heures durant devant la MEP, la Maison Européenne de la Photographie à Paris, et pourtant cette petite exposition nous touche davantage que les portraits certes travaillés, mais un peu trash et people de Bettina Rheims. Yang Shun-fa, Hung Cheng-jen, Chen Po-i, Yao Jui-chung proposent des visions subjectives et très différentes de l'ile. Ainsi, le photographe YAO Jui Chung explore les ruines de Taiwan et Chen propose de curieuses présences fantomatiques accrochées aux rochers des plages... Car c'est sans doute une forme de mélancolie et de présences irréelles qui rassemblent les oeuvres forts différentes de ces quatre artistes. Les papiers froissés de Hung Cheng-jen sont très surprenants, puisqu'ils font l'effet d'une vitre brisée sur le paysage, pour ré-inventer la photographie en relief.
mercredi 3 février 2016
Bénéfices de guerre, guère de bénéfices ?
Libellés :
exposition
Intéressante exposition au Musée d’art et d’industrie de Saint Etienne pour aborder les commémorations de la première guerre mondiale, qui le fait en interrogeant la participation stéphanoise à l’effort de guerre. Bassin de production ancestrale d’armes et d’outillages militaires, Saint Etienne a évidemment été aux premières loges pour accompagner les horreurs que l’on sait. En proposant aux visiteurs de suivre l’exposition au travers de portraits et par conséquent d’histoires individuelles, le musée suit une veine utilisée autrement dans d’autres lieux de guerre : In Flanders Fields à Ypres ou le musée de l’Holocauste de Washington. En le faisant avec des moyens plus modestes et plus classiques, le musée de St Etienne parvient à humaniser un sujet qui demeure sinon aride et inhumain.
mardi 12 janvier 2016
Le Doudou comme si vous n'y étiez pas
Libellés :
actualités des musées
Le musée du Doudou (qui est plutôt un centre d’interprétation) prend place dans l’ancien crédit municipal de Mons, et met en scène la Ducasse, combat de St Georges et du dragon, rituel fondateur qui ponctue chaque année la vie montoise. Il y est évoqué aussi les formes récurrentes de par le monde avec des animaux féériques similaires complétés d'interprétations de spécialistes. On regrettera toutefois que le sujet ne soit traité que de manière superficielle et que ce lieu qui est d’abord un produit touristique soit aussi mal conçu que peu convaincant sur sa forme. Le parcours est typique d’une démarche d’historien qui pense chronologie plutôt que de penser au public, alors que celui-ci voudrait participer de la foule et de ses convulsions avant que de s’intéresser aux questions religieuses qui justifient la fête. L’approche sociologique est absente, ainsi la population pourtant actrice de la fête n’est pas interrogée et l’on ne développe aucunement la manière dont les choses se préparent. La vision est celle d’un dépliant touristique. La scénographie de Tempora est aussi lourde et indigente que peu soignée dans son exécution. Des manips prétextes ne sont guère convaincantes et les textes aussi ennuyeux que leur graphisme est rébarbatif. Bref, il est bien dommage d’avoir loupé un si beau sujet.
lundi 11 janvier 2016
Mapping Knowledge
mardi 5 janvier 2016
Bonne nouvelle pour démarrer l'année
Libellés :
actualités des musées
C'est enfin officiel, le Louvre Lens accueillera un nouveau directeur ou une nouvelle directrice, voilà qui permettra peut-être une véritable renaissance pour l'institution et surtout un nouvel élan dans sa relation au territoire. Espérons que la sensibilité au public ne sera pas feinte et rêvons même que l'on trouve un directeur sensible à l'action culturelle, il en existe, même s'ils ne sont pas légions dans les cohortes que forment l'Institut National du Patrimoine. A l'heure où les extrémismes gagnent de partout, où le territoire du bassin minier a connu des résultats détonnants aux dernières élections, il serait temps de s'interroger sur le sens de la culture, de ceux à qui elle s'adresse, pour ne pas cliver davantage et ne pas poursuivre dans les impasses engagées jusque-là. Qu'on s'en souvienne, le 104 a connu des débuts catastrophiques avant que de se ressaisir et de devenir le succès que l'on sait, espérons que le Louvre Lens connaisse le même sort.
lundi 4 janvier 2016
Une brève histoire de l'avenir
Libellés :
exposition
Une brève histoire de l’avenir, l’exposition présentée au Louvre est tirée de l’ouvrage de Jacques Attali, et elle est à son image, très belle prose dans une belle scénographie, avec de belles oeuvres, mais assez insipide dans son propos. Les liens entre les oeuvres ne coulent pas de source pour le visiteur n'en déplaise à l'analyste. Cependant que le Louvre fasse des expositions thématiques, avec un discours, même simple, est déjà pas si mal. Et le mélange d’expôts venus de tous horizons montre le chemin parcouru depuis l’exposition Les Magiciens de la terre. Alors que Le Pavillon des Sessions faisait encore débat quand il s’agissait de montrer de l’art africain au Louvre, c’est à présent normal, comme en atteste également La Petite Galerie. Cette exposition est donc une nouvelle étape, qui vient confirmer une tendance déjà à l’oeuvre dans l’exposition de Le Clezio, Les Musées sont des mondes, vue il y a quelques années. L'art contemporain y est bien intégré et assez stimulant.
dimanche 3 janvier 2016
La Fabrique des Héros
Libellés :
exposition
L’exposition réalisée par Chloé Colpé pour accompagner la démarche Wajdi Mouawad s’avère intéressante pour rendre compte d’une expérience singulière. 50 adolescents ont participé durant cinq années durant à des camps de vacances aux cinq coins du monde pour grandir ensemble, c’est-à-dire en développant leur sens critique et leur éveil au monde. Chloé Colpé a de son côté réalisé des interviews de dix jeunes belges participants au dispositif pour les voir grandir. Une réflexion sur l’adolescence est ainsi proposée à travers de séquences vidéos, avec les surprises des tours et des détours que la construction de soi induit. Sous le titre de La Fabrique des héros, l’exposition présentée aux Abattoirs dans le cadre de Mons 2015 est aussi une explication des phases récurrentes de l'adolescence. Même si l’introduction de l’exposition et la mise en relation entre la démarche conduite par l’artiste et celle qui l’accompagne par la sociologue n’est pas toujours très explicite et compréhensible.
vendredi 1 janvier 2016
Verlaine, Cellule 252
Libellés :
à propos de...,
exposition
Une belle année qui commence, car même si Mons 2015 se termine, de beaux lieux et de très belles expositions sont encore visibles ! C'est le cas notamment de la magnifique exposition Verlaine, Cellule 252, présentée au BAM de Mons. Cette exposition résulte d’un travail minutieux sur le fond et d’une parfaite adéquation sur la forme. Exemple magnifique d’une alchimie rare entre la scénographie signée par l’Agence Kascen et la muséographie. Notons aussi le travail très précis et original du graphisme qui donne beaucoup de force et de présence à l’exposition. Les étapes sont écrits avec talent et style, tout en demeurant lisible et compréhensible. Le visiteur est conduit en douze étapes à découvrir le poète, sa vie et son oeuvre. C’est un très bel exemple d’exposition réussie, sur un sujet pourtant peu simple, puisque ce sont principalement des manuscrits et des ouvrages qui sont présentés. On découvre des choses surprenantes, comme la recherche d’une prison modèle au XIXème avec des expérimentations étranges. Il faut se précipiter à Mons pour visiter l’exposition avant de se rendre en 2016 à Charleville voir le nouveau musée Rimbaud.
lundi 28 décembre 2015
La Ville récréative
Libellés :
exposition
Proposer une réflexion sur l’enfant dans la ville se devait de passer par une exposition déclinée pour les enfants avec un mobilier et des propositions adaptées. Ainsi la première exposition de La Halle aux sucres, nouveau Learning Center sur la ville durable situé à Dunkerque, dont l’exposition de référence ouvrira en mars prochain, se consacre à ce thème original. Thierry Paccot le commissaire scientifique n’hésite pas à engager une réflexion originale sur l’architecture et l’urbanisme mais aussi à inviter les enfants à réfléchir à leur responsabilité en tant qu’acteurs des changements à l’oeuvre. Des médiations amusantes ponctuent le parcours, respectant l’esprit d’un lieu qui place la transversalité au coeur de ses principes. Le transmedia est ici réellement à l’oeuvre, avec un croisement des ressources numériques, documentaires, et des animations. Un nouveau lieu de culture agréable dans lequel nous aurons plaisir à revenir bientôt.
samedi 12 décembre 2015
Appel d'Air : c'est quoi ?
Libellés :
à propos de...,
exposition,
voyage d'étude formation muséologie
Appel d'Air, c'est la seconde édition d'un événement en art contemporain préparé par six étudiant.e.s du Master Expographie Muséographie de l'Université d'Artois à Arras les 17-18-19 mars prochain. Le groupe est composé d'étudiant.e.s venant de France, mais aussi des Etats Unis, de Grèce, et du Vietnam ! Avec un appel à une dizaine d'artistes qui présenteront dans cinq lieux de la ville, le parcours proposé permettra de porter de nouveaux regards sur la ville. Approche participative, interactive, éphémère et décalée, Appel d'Air vous propose de rejoindre l'initiative en apportant votre concours.
Pour mieux comprendre le projet. Et aussi ici sur Facebook.
Si vous voulez participer au projet via le crowdfouding, et découvrir une belle présentation suivez ce lien.
vendredi 11 décembre 2015
Mettre les frontières au musée
Libellés :
exposition
Avec l'exposition Frontières, le Musée National de l'Histoire de l'Immigration invite à explorer les différentes manières dont les sociétés se cloisonnent, s'isolent ou au contraire communiquent, partagent et s'enrichissent. En ces temps de repli sur soi et de tentations de s'enfermer entre gens qui se ressemblent, pour mieux se sécuriser, l'exposition s'avère utile. Certes les moindres moyens dont bénéficient l'institution conduit à une scénographie un peu sage, mais les contenus sont intéressants, même si l'approche didactique est un peu rébarbative. On y comprend mieux la fabrication des pays, mais aussi la démarche des hommes et des femmes qui sont amenés un jour à passer de l'autre côté. Leur histoire permet de découvrir en chacun de nous notre part d'humanité. Il serait bon que cette exposition puisse servir de supports de réflexions à un public le plus large possible.
jeudi 10 décembre 2015
Climats : l'expo à 360°
Libellés :
exposition
Il faut visiter Climats : l'expo à 360° pour plusieurs raisons. D'abord parce que la Cité des Sciences est sinistrée, avec l'amputation de ses expositions du fait de l'incendie estival, mais aussi parce que les conditions de visite sont exceptionnelles, dans le calme et la sérénité. C'est surtout parce que la question traitée est cruciale évidemment. Pour comprendre les enjeux de la COP 21, et les éléments du débat, les données sont présentées de manière attractive. Le film d'introduction d'abord, que l'on peut regarder sur la Web TV du site est fort bien fait et une bonne synthèse.
21 interviews peuvent être visionnés. Citons également un traitement intéressant du point de vue des climatosceptiques avec un débat qui oppose deux scientifiques qui s'opposent de manière posée et en développant les arguments de manière à permettre au visiteur de se construire son point de vue.
21 interviews peuvent être visionnés. Citons également un traitement intéressant du point de vue des climatosceptiques avec un débat qui oppose deux scientifiques qui s'opposent de manière posée et en développant les arguments de manière à permettre au visiteur de se construire son point de vue.
mercredi 9 décembre 2015
Au coeur du progrès
Libellés :
exposition
Intéressante exposition au Centre historique miner de Lewarde présentant les pièces issues d'une collection de John P. Eckblad constituée depuis 1974 de près de 750 gravures et affiches. Toutes mettent en scène et représentent l'industrie, principalement les mines, mais pas seulement. Les scènes de travail, les lieux, les paysages industriels sont croqués par des artistes français, anglais, allemands, américains souvent très talentueux. On y voit les transformations à l'oeuvre mais surtout des documents historiques, puisque les mutations ont conduit à la disparition de la plupart des industries en question. Le titre de l'exposition, Au coeur du progrès, est discutable, car évidemment on ne sait pas si c'est de progrès dont il s'agit, mais ce sont en tous les cas des oeuvres souvent fort belles et en tous les cas intéressantes.
mardi 8 décembre 2015
Comment visiter un musée
Libellés :
publication muséologie
Etrange la manière dont les anglo-saxons ont souvent la capacité à écrire des choses banales avec la plus grande assurance, en assenant des leçons comme s'ils professaient de grandes pensées. C'est un peu le cas pour ce petit ouvrage de Johan Idema qui livre ses réflexions au grand public. Il nous invite de manière naïve à faire usage de nos sens dans les musées, d'oser regarder et ralentir, de s'arrêter, et même de bouger dans les salles d'exposition. Il nous encourage à faire des photos créatives et même à imaginer un monde intérieur grâce aux oeuvres. Au cas où le visiteur n'y aurait pas pensé, voilà qu'il est avertit. Du reste on remarquera que le titre de l'ouvrage ne pose pas de point d'interrogation, il est prescriptif. Le mérite de l'ouvrage est toutefois d'attirer l'attention sur le public, pour lequel le musée devrait normalement être fait. Dans ce sens ce petit ouvrage pourra intéresser, mais on se demande quand même s'il est vraiment utile de publier autant de livres.
dimanche 6 décembre 2015
Bienvenue au Musée de l'Homme
Libellés :
actualités des musées
Belle réalisation et mission accomplie pour le nouveau Musée de l'Homme récemment ouvert. Un programme cohérent, et des apports certains dans ce monde où la science est trop souvent mise à mal par les idéologies et le retour des croyances les plus archaïques. La composition des vitrines est belle, même si les soclages comme le mobilier sont parfois un peu massifs. Les textes sont clairs et lisibles, hormis quelques éléments qui nous ont paru étranges (peut-on vraiment affirmer que toutes les sociétés ont cru qu'ils étaient possibles de faire des enfants par pouvoirs surnaturels ? Serait-ce là un nouvel universaux que l'on aurait récemment découvert ?!). Mais ne boudons pas notre plaisir, le lieu est très agréable, et plus cohérent que d'autres musées du même type, puisque l'on appréhende ici la globalité de la diversité, en mêlant espèces, cultures de toutes sortes, occidentales et extra-européennes, et questions philosophiques et existentielles. Espérons que les prochaines expositions temporaires sachent développer la troisième partie : "Ou allons-nous ?", pour l'heure un peu courte.
samedi 5 décembre 2015
En passant par le MAMCO
Libellés :
exposition
Qu'y a t-il de plus ennuyeux qu'une exposition au MAMCO à Genève ? Une seconde exposition ! Nous avions visité l'exposition précédente, et nous venons de visiter celle en cours One more time, l'exposition de nos expositions. C'est toujours aussi ennuyeux, aussi introspection du petit monde de l'art contemporain qui se regarde avec délice. Que nous disent toutes ces créations de la situation de notre monde en péril ? A peu près rien, si ce n'est la stratégie d'artistes qui s'auto-promeuvent avec des démarches plus inventives les unes que les autres. Bon heureusement il y a la grenouille en croix pour nous faire rire un peu. Au Centre Pompidou on pourra visiter une retrospective Dominique Gonzalez Foerster qui dans le genre ennuyeuse n'est pas mal non plus. Heureusement, on pourra profiter de la visite pour aller faire un Château de sable à la Galerie des enfants, et là on pourra enfin s'amuser un peu.
dimanche 29 novembre 2015
Nés quelques part : bof...
Libellés :
exposition,
spectacle vivant
Vraiment décevante si ce n'est affligeante, la proposition présentée actuellement au Pavillon Paul Delouvrier à la Villette, avec Nés quelques part. Nous avions un excellent souvenir de Un voyage pas comme les autres, car l'exposition se mariait avec bonheur au spectacle vivant pour une proposition aussi surprenante qu'originale. L'apport d'Ars Amina nous avait alors fortement impressionné par les questions posées. En se glissant dans la peau d'un personnage, un demandeur d'asile, le visiteur acteur devait suivre un parcours initiatique. La tentative de refaire une proposition en ce sens avec les questions du changement climatique (et même si l'on a bien compris que tout se tient et qu'il s'agit de traiter aussi des droits humains, du social, de l'économie si on veut résoudre les questions environnementales, comme nous l'enseigne le développement soutenable) conduit ici à une proposition aussi creuse sur le fond que mauvaise dans sa forme. Sous prétexte d'impliquer le spectateur, on assiste à un enchainement de stéréotypes et de paroles convenues et bien pensantes. Navrant.
vendredi 27 novembre 2015
Climats artificiels
Libellés :
exposition
Accompagner la COP21 par une approche artistique, c'est la volonté de plusieurs démarches présentées à Paris en ce mois de décembre. L'exposition présentée à la Fondation EDF à l'Espace Electra n'est pas des plus aboutie et s'avère un brin décevante au regard des expositions passées consacrées dans ce lieu. Près de 30 installations pas toujours très explicites jouent avec les matériaux naturels pour les détourner, montrer leur fragilité ou inviter à la réflexion. L'approche des nuages est un peu terre à terre, et le mur d'Ange Leccia est très beau, mais demeure un peu mesquin comparé à la même installation au Musée d'Ethnographie de Genève !
A signaler pour la semaine à venir les propositions performances faites dans le cadre d'Expériences climatiques à la Galerie Rouge à Pigalle les douze premiers jours de décembre, dont s'occupe une de nos anciennes et brillantes étudiantes ! Consulter ici
A signaler pour la semaine à venir les propositions performances faites dans le cadre d'Expériences climatiques à la Galerie Rouge à Pigalle les douze premiers jours de décembre, dont s'occupe une de nos anciennes et brillantes étudiantes ! Consulter ici
lundi 23 novembre 2015
L'intérieur de la nuit
Libellés :
exposition
Etrange démarche que celle de George Shiras, photographe de la fin du XIXème siècle, qui s'attache à réaliser des photographies de nuit pour repérer la faune sauvage dans les paysages américains. Les clichés présentés sont étonnants, car d'une grande contemporaineité. Sa traque est totalement pacifiste et vise seulement à mieux connaitre et s'enthousiasmer de la variété des espèces ainsi capturées par l'objectif. Ainsi il échange son fusil pour l'appareil photo, comme l'ont fait le couple des fondateurs du musée. C'est donc bien la tendance Jacqueline Sommer que suit ici le Musée de la Chasse et de la Nature pour cette drôle d'exposition. Alors que les photographies avaient été présentées à l'exposition universelle de Paris en 1900, elles étaient tombées dans l'oubli et cette exposition permet de les redécouvrir avec bonheur. On pourra également visiter au musée l'exposition de Walton Ford, qui s'adonne à rétablir le kitsch, pour nous étonner d'une autre manière.
samedi 21 novembre 2015
Villa Cavrois : un nouveau site à découvrir
Libellés :
à propos de...
jeudi 19 novembre 2015
Diner au musée
Libellés :
à propos de...
Un bref séjour d’étude en Allemagne nous a permis de découvrir des musées et des lieux du patrimoine industriel de la région de Solingen. Manufactures encore en activité, ou musées présentant avec efficacité les techniques mais aussi la vie des hommes de ces régions de protoindustrie et qui ont participé de l’invention du capitalisme moderne. Ainsi la maison de Engels, du moins dans l’entreprise paternelle, est un lieu émouvant quand on songe que s’y forgea sans doute l’analyse des métamorphoses du capitalisme naissant de Marx et Engels.
Plus prosaïquement, on a pu apprécier la simplicité avec lesquels les musées sont vécus, là où l’on n’hésite pas à diner ou à organiser des réceptions dans les salles, sans que cela n’entraine du reste aucun dommage, là où les conditions d’accessibilité ou de sécurité ne sont pas des obstacles au développement des institutions. Il serait bon de pouvoir s’inspirer davantage du savoir faire allemand et d’un mode de vie plus épanouissant pour tous.
mardi 10 novembre 2015
Follia Continua !
Libellés :
exposition
ça vit de manière intense aux anciennes pompes funèbres ! Véritable concentré d'énergie, où se mélange les influences, les arts de toutes sortes, les loisirs dans un véritable arc en ciel. A l'heure où Didier Fusillier s'apprête à prendre les rênes du Parc de la Villette, la barre est placée haut, car les deux lieux ont une génétique commune. Le 104 est un lieu extraordinaire, un des plus beaux lieux en France sans doute par la mixité des publics, et par les propositions artistiques éclectiques. Preuve qu'il est possible de faire un vrai lieu populaire, où la sociabilité et la rencontre entre les générations, les classes sociales, les origines est réelle. José Manuel Gonçalves a bien réussi son pari. L'exposition de GalleriaContinua est de très belle facture. Certes on comprend mieux pourquoi la Nuit Blanche 2015 était moins stimulante, en fait toutes les oeuvres qui auraient pu prendre place dans l'espace public étaient rassemblées au 104 ! Mais on ne boudera pas son plaisir, on a drôlement de la chance à Paris, et bientôt le Parc de la Villette va établir la surenchère dans l'attractivité !
lundi 9 novembre 2015
Renaitre à Phnom Penh
Libellés :
exposition
D’avril 1975 à 1979, Phnom Penh vit l’horreur d’une tyrannie indicible, avant que le Vietnam ne mette fin à un génocide qui aura emporté près d’un quart de la population. Ce que l’on ne peut décrire et même imaginer, les artistes le portent comme une croix, et nous livrent des interprétations de ces traces mémorielles, envoutantes pour un esprit collectif traumatisé. Titré Renaissance une exposition sur le Cambodge n’est pas anodin, tant ce pays doit assumer son passé pour s’inventer un avenir. Les compositions photographiques de Hak Kim, nommé Alive, sont emblématiques. L’artiste évoque des objets interdits durant la dictature, objets anodins à la sémiologie redoutable. Telle cravate désignant une classe sociale, telle statuette de Bouddha, tel bracelet en or, sont autant de signes dangereux qui valaient à leur détenteur un arrêt et une condamnation, en les mettant en scène l’artiste nous rappelle avec sensibilité la folie meurtrière de l’époque. Une génération est aussi en train d’inventer d’autres regards, plus contemporains et inscrits dans la représentation d’un pays qui s’affirme. Les sculptures de Sopheap Pich par exemple développe une atmosphère douce et paisible qui contraste avec les compositions des pièces avoisinantes. A voir à l’Hospice Comtesse dans le cadre de Lille 3000 jusqu’au 17 janvier.
vendredi 6 novembre 2015
Museomix en Nord
Libellés :
actualités des musées,
nouvelles technologies et musée
Museomix s’installe dans le paysage, en tous les cas dans le Nord Pas de Calais ou se déroule une nouvelle et troisième édition. La Manufacture des Flandres accueille l’événement avec six équipes qui inventent des dispositifs originaux. Nous aimons beaucoup d’ores et déjà la Fabrique de pigeons, car après tout la tradition nordiste aurait pu avoir des débouchés plus prospères si on avait inventé un internet à plumes. L’idée est bien de créer de nouvelles perceptions des lieux, et il est donc possible de délirer et d’inventer des uchronies paradoxales. Le musée devrait être de plus en plus un lieu de fictions et d’inventivité, et ne pas se résumer à être le creuset de lourdes démonstrations didactiques. L’énergie proposé dans le cadre de Museomix devrait ainsi inspirer plus largement les professionnels des musées, si ceux-ci s’intéressent un jour réellement à ces potentialités. Présentation des prototypes dimanche 8 après midi.
lundi 2 novembre 2015
Paradis expositionnel en devenir
Libellés :
exposition
Le commissaire et actuel directeur par intérim du FRAC Nord Pas de Calais, Richard Leydier signe une exposition originale et qui derrière l'ésotérisme inhérent aux expositions d'art contemporain, - inévitable du moment qu'elles entendent se faire admettre par le sérail des connaisseurs -, propose quelques questions intéressantes. Avec Paradis perdu, les oeuvres de la collection servent à illustrer un voyage que le commissaire propose en illustration d'un poème de John Milton. Certains trouveront l'exercice trop littéral, mais en même temps c'est une manière de faire parler autrement les oeuvres que ce à quoi les destinent les artistes. Forme de transgression, si l'on peut utiliser des oeuvres pour illustrer des propos qui n'ont rien à voir. C'est une manière de désacraliser la sacro-sainte autorité de l'artiste, et ce n'est donc pas pour déplaire. Le commissaire peut ainsi nous inviter à d'autres horizons qui dépassent les seules oeuvres, résultant de leur télescopage. L'exposition devient pleinement un espace d'écriture, comme la enseigné Harald Szeemann. On regrettera qu'un véritable parcours ne soit dès lors pas assumé, pour conduire clairement le visiteur dans ce cheminement, plutôt que de le laisser dans l'impasse d'un espace pourtant très ouvert.
samedi 17 octobre 2015
Là où commence le jour...
Libellés :
exposition
Magnifique exposition, poétique et inspirante au LAM à Villeneuve d'Ascq. Avec Là où commence le jour, dans le cadre de Lille 3000 et de son programme Renaissances. Curieux voyage, qui convoque les quatre éléments, les armes magiques, les prêtresses et le Jardin des merveilles. Bien d'autres choses encore, avec des mises en regard entre art ancien et créations contemporaines dans une très belle scénographie. Les médiations sont également intéressantes, sur le modèle de ce que proposait La Maison rouge l'année passée, avec des cartels numériques. Surtout on appréciera la découverte de nombre d'artistes, puisque le renouvellement des artistes que l'on voit habituellement est manifeste. Pourtant on ne vous en montrera rien sur ce blog puisqu'il est regrettable que l'on ne puisse y faire de photographies, mais le plus grave est que l'on n'en conservera qu'un vague souvenir, avant que cette exposition ne sombre dans l'oubli, puisqu'on ne pourra pas se la remémorer en revisitant son album photo. Nous aimerions en connaitre les raisons, les artistes sont-ils vraiment contre la diffusion de la connaissance de leurs oeuvres ?...
samedi 10 octobre 2015
L'Usine de films amateurs
Libellés :
exposition,
nouvelles technologies et musée
Bonne idée que celle de Michel Gondry qui poursuit sa démarche initiée en 2008, cette fois dans le cadre de Lille 3000 "Renaissance", avec une exposition participative, L'Usine de films amateurs qui avait déjà été présentée au Centre Beaubourg en 2011. Les visiteurs, venus en groupe, peuvent écrire un scénario et réaliser leur film au sein des décors de cinéma. Des séances d'écriture et de réalisation sont animées et contribuent à créer une exposition particulière et pleinement appropriée du moment que l'on finit par tourner une originale séquence de film ! L'an passé, nous rapportions qu'une exposition présentée au musée de la civilisation sur le cinéma d'animation au Québec proposait ainsi de petits plateaux de tournage, ici c'est toute l'exposition qui devient le dispositif de tournage. Dommage que l'exposition reste si peu de temps à Roubaix.
mercredi 7 octobre 2015
Corée puissance 10
Libellés :
exposition
L'année de la Corée s'ouvre en France et les propositions expositives se multiplient. Retenons d'abord cette exposition présentée au Musée des arts décoratifs à Paris, Korea Now !, qui donne à voir un pays qui sait marier la tradition et ses savoirs faire à un renouvellement constant de son design et de sa créativité. Magnifiques objets de l'artisanat d'art, notamment avec ses costumes, mais surtout recréation incessante des formes et du regard porté dessus par des générations qui savent se ressourcer pour inventer. De magnifiques bijoux, des meubles intelligents dans leur conception, de la céramique bien sur également. Le tout dans une scénographie d'une grande beauté. A voir jusqu'à début janvier, avec plus de 150 artistes et 700 objets présentés. La Corée compte sur la scène internationale en s'imposant aussi par la culture et par ses artistes.
lundi 14 septembre 2015
Milan 2015
Libellés :
à propos de...,
exposition
Une exposition universelle tient tout à la fois de la foire commerciale, du parc d’attractions, de la promotion touristique et de l’orgueil national, du plateau télévisée et parfois même, avec un peu de chance, de l’exposition ! C’est avant tout un positionnement politique pour le pays exposant. L'importance du marché asiatique faisait que les pays avaient mis le paquet à Shanghai, aussi l’exposition dans son ensemble était nettement plus importante en 2010 que celle de 2015 à Milan. Les pavillons étaient aussi plus fastueux et les expositions plus scénographiées aussi. D’un point de vue général, le site est assez peu imaginatif, les pavillons s’alignant sur un axe central recouvert d’un velum qui cache des architectures comprimées les unes sur les autres. Bien des pavillons soufrent ainsi d’une moindre mise en valeur, et les plus tactiques se sont positionnés en retrait de la parcelle pour être à leur avantage, ainsi la Chine, l’Angleterre ou la France. Toutes les architectures sont représentées, et si certains jouent le même jeu qu’au XIXème siècle avec des reproductions d’architectures locales, voire stéréotypées, ainsi le Palais de Oman d’autres font dans le clinquant kitsch (Turkhménistan, Kazakhstan…) quand d'autres sont dans la recherche architecturale contemporaine (Chili, Pologne…). Certaines architectures se suffisent à elles-mêmes, citons le pavillon du Barhem, d’une belle ligne photogénique.
Sur plus de trente pavillons visités (sur 55 pavillons nationaux), éliminons ceux qui ne présentent quasiment rien à l’intérieur, ceux qui exposent leur artisanat local, et ceux qui confondent l’exercice avec la foire commerciale. Reste ceux, assez nombreux, qui comprennent le thème proposé : « Nourrir la planète », non pas comme un exercice de réflexion sur l’alimentation de demain mais comme occasion de présenter la gastronomie nationale. C’est alors assez peu intéressant. Enfin les rares pays qui ont fait l’effort de problématiser la question et de réellement proposer une exposition, ils se comptent grosso-modo, en étant généreux, sur les doigts des deux mains. Plusieurs donnent l’impression de consacrer un espace à l’exposition par obligation et comme prétexte pour traiter d’autres choses ou vendre leurs produits. Ainsi l’effort de la Belgique de proposer une réflexion sur l’aquaculture aurait été méritant si la question n’était pas restée en suspens dans un espace en déshérence. La boutique à chocolat, la vente de bières et surtout de frites sont les vrais succès du pavillon… C’est aussi le cas des Pays-Bas, de la Slovaquie… Ne parlons pas du Brésil dont le succès vient du filet en suspension que le visiteur explorateur traverse comme à Disneyland pour aboutir sur une exposition invisible, illisible et pour tout dire indigente. Du reste personne ne la voit et tout le monde s’en fiche. Quelques pavillons font de vagues promesses durant deux salles, puis oublient le sujet, ainsi la Russie, la Chine, l’Irlande… Plus tenue et plus dense, l’Espagne s’égare malgré tout dans la valorisation de ses productions au détriment de la réflexion. Saluons par conséquent la Suisse, qui malgré un système alambiqué de quatre expositions successives, fait l’effort d’aborder des thèmes originaux, même si cela demeure assez ésotérique. Enfin, les Etats-Unis traite la question — et ne refait pas l’erreur de Shanghai, contrairement au Japon - de canaliser les visiteurs avec des séances obligées, mais pour leur asséner les miracles des technologies comme réponse aux défis du futur : vive Monsanto ! Le tout est assez laid. Si la pavillon du Japon est très beau d‘extérieur, le système de gestion des flux est une vraie usine à gaz pour une proposition qui l’est tout autant. Recherché au début, le parcours finit dans une sorte de show télévisé affligeant.
Au vue de l’ensemble des pavillons, y compris celui assez indigent et sans intérêt de l’ONU, il reste cinq pays qui véritablement se distinguent et peuvent justifier le voyage (mea culpa, nous n’avons pas vu celui de l’Italie, sur laquelle nous n’avons donc pas d’avis). Enfin, on pourra faire ses courses dans un supermarché du futur (même si on peut toujours espérer que les supermarchés auront disparus dans l'avenir et qu'ils sauront au moins éviter la débauche d’écrans inutiles).
samedi 12 septembre 2015
L'Angola
Libellés :
à propos de...,
exposition
Citons d'abord l’Angola. Si l’exposition du pavillon national ne recourt pas à des moyens démesurés, un effort certain est fait pour construire un propos et proposer une scénographie. La proposition est certes assez classique et au final peu innovante, mais nous pouvons malgré tout saluer l’effort aussi rare à Milan qu’il était courant à Shanghai de ces pavillons qui jouent le jeu de l’exposition. Certes, le propos est moins sur les problèmes à résoudre et les solutions d’avenir, et davantage sur le bilan de l’agro-industrie nationale et sur sa gastronomie, mais malgré tout, le pavillon présente une véritable exposition digne de ce nom. On rit jaune parfois dans les pavillons quand l’agriculture moderne est synonyme de traitements avec des images d’agriculture industrielle digne des années 70. Il est vrai que plus souvent ailleurs on vise à faire croire au produit authentique en masquant des conditions de production moins exaltantes. Il est du reste effrayant de constater combien la prise de conscience environnementale demeure embryonnaire en visitant l’ensemble des expositions.
vendredi 11 septembre 2015
L'Angleterre
Libellés :
exposition
L’Angleterre. Comme à Shanghai, où le pavillon nous avait séduit, Le Royaume-unis démontre sa capacité à problématiser une question, à savoir la tenir durant tout le pavillon, à délivrer des messages simples et percutants, et à gérer des flux dans les conditions exécrables d’une exposition universelle ! C’est le bâtiment qui porte le message, qui est le véritable médiateur, et qui conditionne la compréhension, bref qui fait sens et symbole. En axant sur la pollinisation et la survie des abeilles, c’est bien le système alimentaire mondial qui est en cause. Le visiteur le découvre dès la file d’attente, puis s’intéresse aux systèmes de communication des abeilles en expérimentant les vibrations, s’incarne même en abeille pour pénétrer dans une salle exiguë, - et l’on pardonne la chose quand on comprend que ce sont les visiteurs qui ainsi miment la ruche -, puis s’arrête sur une expérimentation mi-scientifique mi-artistique de rencontres avec les petites bêtes. Ajoutons à cela que le pavillon est en lui-même très beau, agréable et inventif. Certes pas aussi fort qu’il y a 5 ans, mais avec les mêmes recettes convaincantes.
jeudi 10 septembre 2015
L'Allemagne
Libellés :
à propos de...,
exposition
L’Allemagne. A l’opposé de celui de l’Angleterre, même s'il est censé porté un concept avec ses pétales en forme de dôme, le pavillon de l’Allemagne est d’une lourdeur éprouvante. La scénographie de son exposition l’est également. Cependant, les messages sont là, des recherches pour innover dans leur transmission, et avec l’engagement écologique que l’on pouvait attendre du pays. Avec un système de tablette remis au visiteur, et de savantes projections ciblées, tout porte à craindre l’usine à gaz dans de pareilles conditions. Il est vrai que la file d’attente s’en ressent, tant il faut expliquer, et mettre en condition un visiteur impatient de rentrer dans le pavillon. Mais une fois compris, le système fonctionne plutôt bien et devient convaincant. Heureusement, le jardin des idées s’achève dans une ambiance berlinoise ou d’Hambourg, avec des aménagements forts agréables. Dommage de n’avoir pas terminé ainsi la visite et de devoir subir un show ridicule à la fin. Mais vous n’aurez pas le choix, ici tout est sous contrôle et il est impossible d’y échapper. Bref, un pavillon en demi-teinte, mais vu l’offre générale, on s’en satisfait.
mercredi 9 septembre 2015
La France
Libellés :
à propos de...,
exposition
La France. Autant le dire d’emblée, ce n’est pas par patriotisme que l’on retient la proposition de la France. Nous avions eu honte de la proposition ridicule faite à Shanghai en 2010. Mais là, il faut reconnaitre que c’est l'un des pavillons les plus réussis. Tout d’abord une gestion de l’entrée intéressante avec une déambulation dans un jardin botanique où l’on voit des plantes comestibles (contrairement à ailleurs), et la métaphore simple mais efficace d’une halle de marché. Ensuite, le parti pris osé de séquences audiovisuelles, un peu longue certes, mais fort bien faites et attractives. Surtout un discours intelligent, mesuré et aussi engagé qu’il est possible de l’être dans pareilles circonstances. C’est une bonne synthèse des problématiques. Dans une scénographie agréable et qui fonctionne bien, où l’on peut flâner sans se gêner malgré la foule, et découvrir de multiples propositions adjacentes. Les petits textes, certes un peu trop longs, placés sur les pupitres sont intéressants et mériteraient d’être regroupés et proposés dans un catalogue. Regrettons seulement l’espace régional, dédié à la Bretagne lors de notre passage, et qui n’était pas à la hauteur de l’ensemble (et aussi la voiture à l'entrée dont on se serait volontiers passé !). Le Pavillon est efficace, tant par son contenu que par la manière de le véhiculer. Bravo.
mardi 8 septembre 2015
La Corée
Libellés :
à propos de...,
exposition
La Corée. Enfin la proposition de la Corée est sans doute la plus marquante. Si le système d’entrée par groupes n’était pas pour nous convaincre au départ, on peut vite s’en émanciper une fois dans la place. La Corée sait allier le bon gout pour la forme (le vrai design est là), l’ancrer dans une tradition et nourrir un propos porté par les nouvelles technologies qui caractérisent le pays désormais. Cette alliance de traditions et de modernité, au travers d’un propos allant de la science à l’artistique se décline dans un parcours rythmé qui ménage les surprises. Tout est précis et raffiné. De belles photographies mettent en appétit et donnent envie de se précipiter pour dévorer du Kimchi, puisque le propos est de réhabiliter le fermenté, et de plaider avec lui pour une lutte contre l’obésité. Le tout procure une exposition fort agréable. La comparaison avec le pavillon du Japon est cruel pour ce dernier. Bref, un pavillon intelligent qui donne envie d’aller en Corée, sans déployer le bête plaidoyer touristique que l’on trouve ailleurs. Superbe.
samedi 29 août 2015
Habiter Chamarande
Libellés :
exposition
Si faire de la barque dans une salle du Palais de Tokyo ne vous emporte pas dans des ravissements esthétiques, vous avez une autre possibilité : prendre le RER et filer au domaine de Chamarande. Là vous prenez la barge pour traverser et rejoindre le milieu du lac, et là miracle ! Vous vous installez sur le dispositif mis en place par Florent Albinet et vous contemplez la nature. Effet relaxant garanti. Et puis pourquoi pas profiter de ce merveilleux parc et de l'exposition de l'année : Habiter 2015. Florence Doleac et David de Tscharner vous proposent même des cabanes pour passer la nuit sur le site et Coloco d'explorer le paysage sur une structure mobile. Bref, une interaction avec le paysage animée qui a du sens. Des tables de pique nique vous attendent, et même si vous êtes chanceux et qu'il est ouvert un petit café ! Il vous restera encore l'exposition dans le Château qui révèle quelques bonnes surprises sur l'habiter.
lundi 24 août 2015
Une sur cinq, c'est pas mal !
Libellés :
exposition
Bon ok c'est drôle et étonnant, inattendu, bref c'est une performance technique que de proposer de faire du bateau dans des salles d'expo. Ok, et après ? La tendance Disneyland se confirme. On préfère de loin l'exposition de Patrick Neu, un travail subtil et délicat, patient, plein de finesse. De vraies merveilles. Du reste, le cartel à l'entrée de l'exposition est délicieux, demandant aux visiteurs de respecter les oeuvres qui pour cette exposition ont demandé des années de travail... Autant dire que dans les autres expositions... On préférera ne pas parler du sous-sol et de ses immondices. L'installation de Céleste Boursier-Mougenot est une curiosité, certes, et les projections vidéo des visiteurs sur les murs sont de loin ce qu'il y a de plus intéressant, mais nous demeurerons malgré tout en désaccord avec l'artiste quant il prétend que pour bien voir il faut être actif. Lorsque vous vous escrimez à faire avancer votre barque, vous êtes concentrés sur votre travail et pas du tout contemplatif, c'est encore là une idée convenue. Enfin bref, dépaysement garanti quand même pour ces cinq expos présentées actuellement au Palais de Tokyo.
mardi 18 août 2015
Chut ! Une exposition à ne pas ébruiter
Libellés :
exposition
Il devrait être obligatoire lorsque l'on travaille dans les musées de faire le pèlerinage à Neuchâtel chaque année ! Mieux qui dispose de la carte ICOM devrait se le voir imposer ! C'est à chaque fois une révélation et un régal. Les expositions des institutions de la ville sont toujours excellentes, que ce soit au muséum d'histoire naturelle, au Laténium, ou encore au Musée d'art et d'histoire dont la présente exposition sur la Suisse durant la première guerre mondiale est de très belle facture. Mais c'est évidemment au MEN que nos pas se dirigent à nouveau pour deux expositions, l'une convaincante sur la mort ("C'est pas la mort"), exercice réalisé avec les étudiants de l'Institut d'ethnographie, et l'autre, l'exposition annuelle du MEN intitulé Secrets et sur laquelle nous ne pouvons rien divulguer, comme il se doit. Ca nous démange pourtant, tant il y a à dire. Contenus et parcours dans dix-sept lieux de la ville tenus secrets, le visiteur s'engage à n'en rien révéler ! C'est une exposition performance, inventive et comme vous n'en avez jamais vu ! C'est dit.
vendredi 7 août 2015
Sous la pyramide...
Après avoir obtenu et et réalisé une mission d'étude et de proposition d'aménagement de l'espace d'accueil du Louvre pour le réaménagement face à la hausse inexorable de la fréquentation, François Fressoz, de l'Agence Café Programmation, défriche un sujet inexploré, la fonction d'accueil des institutions. Car malgré son cas particulier, l'ouvrage ne s'intéresse pas qu'au Louvre, mais le prend comme cas d'étude pour élargir la réflexion à l'accueil en général dans les musées. D'une plume alerte, l'auteur conduit ainsi le lecteur dans une stimulante investigation pour imaginer ce que l'institution pourrait faire si elle n'était si frileuse envers l'innovation. Sans doute les propositions resteront lettres mortes, mais l'étude fournit une intéressante publication pour tous ceux que les musées et leurs rôles dans l'espace public intéresse.
mardi 4 août 2015
Tout savoir sur la croix et le croissant rouge
Libellés :
exposition
Intéressant parti pris du musée international de la croix rouge et du croissant rouge à Genève qui présente moins l'histoire de l'institution comme on pourrait s'y attendre, mais les missions, les rôles, et les objectifs de l'organisme. En trois espaces structurés par des prestataires différents, consacrés aux risques naturels, aux liens familiaux, et à la préservation de la dignité humaine, que l'on visite librement dans l'ordre que l'on souhaite, se déploient des ambiances différentes, complétées d'une quatrième séquence consacrée aux grands témoins. On apprécie évidemment les petites installations très drôles de Pierrick Sorin, dans l'espace des risques même si elles peuvent paraitre curieuses et un peu déconnectées du reste du propos.
mercredi 15 juillet 2015
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le mariage...
Libellés :
exposition
Daoulas vous dit tout sur le mariage ! L'exposition de l'année de Daoulas, Petits arrangements avec l'amour, sur laquelle nous avons eu la chance et le bonheur de travailler comme conseiller scientifique est consacrée au mariage ! Car si les apparences laissent à penser qu'il s'agit là d'un phénomène universel, comme l'ont laissé entendre quelques voix mal informées les années passées... en réalité il apparait que les motivations à se marier, les manières de se marier et les conséquences du mariage sont bien différentes selon les cultures. Ainsi Daoulas poursuit ses invitations à voyager d'un pays à l'autre, d'une époque à une autre et à relativiser nos évidences et nos bien pensances. Pourquoi devrait-on se marier, à deux ? Pour la vie ? Avec quelqu'un de l'autre sexe ? Doit-on tout faire par amour ? Chacun place le curseur de ses normes selon sa culture : s'ouvrir à la raison de l'Autre, c'est pousser la réflexion et transformer son rapport à l'existence. L'exposition ambitionne de faire bouger les lignes ! La scénographie de l'Atelier Pascal Payeur et le graphisme de Pascal Hoarau ne manqueront pas de vous séduire ! Un cycle de films et une exposition de photographies de Gérard Uféras complète le paysage dans les jardins de l'abbaye.
mardi 14 juillet 2015
L'Homme qui marche, Giacometti arrive à Landerneau
Libellés :
exposition
Très classique, mais très belle exposition Giacometti au nouveau lieu pour l'art moderne et contemporain situé dans l'ancien bâtiment des Capucins à Landerneau. Les Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture, fondation qui oeuvre pour mettre en valeur des collections dans le Finistère et qui a déjà exposé les années précédentes, depuis 2012, Jacques Monory, Dubuffet, Miro, Kersalé, Fromanger et même Métal Hurlant ! Programme éclectique donc, mais qui se loge dans un bâtiment à l'étrange destinée. D'abord bâtiment religieux, ancien couvent du XVIIème, voisin du premier supermarché d'Edouard Leclerc avant d'être converti pour sa patrie natale en lieu d'exposition par le chef d'entreprise. Le lieu est agréable et l'exposition réalisée avec la Fondation Giacometti de très belle facture se divise en onze parties thématiques. A voir jusqu'en octobre.
samedi 11 juillet 2015
Corps et âmes à Jublains
Libellés :
exposition
Sculpter l'Homme, sculpter les Dieux suppose des partis pris et toutes les périodes de l'antiquité n'opère pas les mêmes choix. Le musée départemental de Jublains dédié à l'archéologie sur un site de fouille traite de ces questions dans son exposition temporaire de l'été, Corps et âmes. Les collections du musée d'art et d'histoire de Château-Gonthier, rapportées par Pierre Aristide Boullet-Lacroix, au XIXème siècle sont exposées à cette fin. Outre de belles pièces présentées, ce sont surtout les médiations qui sont intéressantes, avec des manips inventives. Ainsi est-il proposé des découvertes tactiles et des petits jeux, qui fonctionnent assez bien avec le public scolaire. Une exposition simple qui trouve son public. A voir jusqu'au 31 mars 2016.
Inscription à :
Articles (Atom)










