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La Formation en muséologie :

Vous êtes intéressés par une formation initiale ou par la formation continue en muséologie et muséographie ? La formation MEM : Master Expo-Muséographie, en conception des expositions de l'Université d'Artois est faite pour vous !

Voir les renseignements :

ou sur le site de l'Université : (document à télécharger colonne de droite) ou sur ce lien.

Master MEM

lundi 1 mars 2010

Les mille et uns costumes des Bigoudénes

Adeptes de bigoteries et de costumes traditionnels, il était naturel que Bretons et Roumains se rencontrent et s’attirent mutuellement. On ne sait pas si beaucoup de bretons partirent un jour en pèlerinage en Transylvanie, mais les peintres roumains firent comme d’autres, au début du siècle dernier, leur voyage en Bretagne. Ils y peignirent de belles choses, des femmes aux costumes traditionnels surtout, des prières et des chapelles, et puis aussi des marins, la mer et quelques scènes de genre. Le musée départemental breton de Quimper et le musée national d’art de Roumanie se sont donc associés pour proposer une exposition fort belle que l’on peut découvrir en ce moment au Palais des arts de Bucarest. Il est malheureux que la Roumanie soit toujours en prise avec la croyance et la proie de religieux dignes héritiers des temps obscurs, espérons que cette influence bretonne l’aide à s’en sortir pour remiser enfin toutes les bondieuseries définitivement au musée. Ne désespérons pas, après tout la Bretagne a finit par devenir elle aussi moderne.

samedi 27 février 2010

Rock au musée

Drôle d’ambiance au musée du jouet de Colmar pour des concerts atypiques ! Les poupées n’en reviennent toujours pas de voir déambuler les spectateurs le verre de bière à la main dans cet ancien cinéma porno reconverti en drôle de musée il y a maintenant une vingtaine d’années ! C’est pour faire vivre le lieu avec d’autres usagers et donner un coup de jeune à l’institution que les musiques actuelles ont investi la place de manière fort sympathique, il faut bien le dire. Dans une ambiance bon enfant, il s’agit de proposer des rencontres un peu décalées. C’était réussi pour ce concert de Jookabox dimanche dernier.

dimanche 14 février 2010

Musée à vendre ?

Inaliénabilité, sous ce mot imprononçable se cache un débat politique et grave. Serpent de mer de la muséologie, il revient en surface régulièrement, avec toujours plus de forces dès lors qu'une idéologie libérale revêt le manteau des fausses évidences. On l'a vu dernièrement avec le rapport Jouyet et fort heureusement repoussé par le rapport Rigaud. Les arguments ont beau être démontés les uns après les autres, il y a toujours des tentatives pour revenir à la charge. Les réserves des musées seraient pléthoriques, inutiles, et il conviendrait de gérer les actifs, de porter la logique des flux tendus dans le domaine patrimonial. Faut que ça serve !

Si la répartition des multiples peut être raisonnablement envisagé, ce qui intéresse véritablement ce n'est pas de se défaire de ce qui est invendable, sinon cela ne rapporterait rien. Ce qui est en jeu, ce sont les oeuvres susceptibles de vitaliser le marché de l'art. On comprend que certains plaident favorablement pour la levée du tabou. C'est parce qu'il ne faut pas laisser la chose arriver sans débat que François Mairesse a organisé l'an passé un colloque sur la question à Mariemont. Il publie aujourd'hui des actes d'une grande richesse.
Un argument qui n'est jamais mobilisé contre la levée de l'interdit, et qui nous paraît pourtant essentiel, est de rappeler qu'il n'y a aucun document mineur dès lors que l'on envisage l'exposition comme un lieu de discours et non comme une réserve de trésors. Une " croûte ", une copie, peut s'avérer aussi, voire plus passionnante à faire parler et à interpréter qu'un chef d'oeuvre, si l'exposition développe un propos. Dans ce cadre, se séparer de documents est encore plus problématique que d'identifier avec certitude des hiérarchies sur lesquelles on pourrait décider du tri.
On pourra également lire le point de vue d'André Gob sur les musées à vendre, sur le site de l'Université de Liège, très beau site du reste :

samedi 13 février 2010

Diversité de la muséographie belge

Une semaine d'aventures muséographiques dans le Hainault Belge avec les étudiantes de muséologie de Dijon et de Liège pour cette semaine d'étude conjointe. Visites et rencontres de professionnels durant une semaine. Le Pass à Frameries, le Musée de la photographie à Charleroi, Le Bois du Cazier, le Musée Royal de Mariemont, le Centre de la gravure à La Louvières, Le MACS au Grand Hornu, le BAM, musée des beaux arts de Mons, le Mundaneum et l'exposition du Manège sur les transports de l'Après pétrole, le musée du masque et du carnaval de Binche, puis pour finir le musée Hergé à Louvain la neuve. Semaine bien remplie alors que Mons célèbre sa nomination comme Capitale Culturelle 2015. Pays attachant, rencontres multiples et complémentaires, une belle aventure. Une nécessaire découverte des réalités muséologiques sur le terrain et de belles synergies.

samedi 6 février 2010

Faut que ça saigne

Le monde feutré des musées, où sévissent des conservateurs le plus souvent très bien élevés (pas comme ces saltimbanques du spectacle vivant !!), n'est pas habitué des polémiques, des invectives, des prises à parti, encore moins des insultes. Dans cet ouvrage, l'auteur, Paul Werner, n'y va pas de main morte. Son expérience au Guggenheim de New-York semble l'avoir rendu cynique et adepte du vitriol. Mais tout le monde en prend pour son grade, le Metropolitan Museum comme les grands musées qui n'hésitent pas à se lancer dans l'exportation de leur marque à l'autre bout de la terre... Si le propos lapidaire est parfois un peu gratuit, il n'empêche que l'on s'amuse beaucoup à lire ces lignes et que le fond n'est sans doute pas à balayer d'un revers de main. La globalisation de la culture, pour reprendre le sous-titre, concerne aussi les musées. C'est salutaire de le rappeler. Si le livre n'a pas la portée théorique du Malaise dans les musées de Jean Clair, il complète sous un autre ton la critique.

mardi 2 février 2010

Musées et développement durable

Une fois n’est pas coutume : faisons l’annonce du colloque international que nous co-organisons avec Aude Porcedda, chargée de mission au musée de la Civilisation de Québec les 4 et 5 mars prochains : «Musées et Développement durable». De nombreux partenaires se sont investis sur l’opération : SMQ, Société des Musées Québecois, OCIM, Biosphère de Montréal, Zoo de Granby, EANA Terre des possibles, Muséum d’Histoire Naturelle de Dijon, Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris... et beaucoup d’autres institutions seront représentées lors de ces journées : la Cité des Sciences et de l’Industrie, la Cité de l’architecture et du patrimoine, la Bibliothèque National de France, les Muséums nature de Montréal, le Musée de la Civilisation, le Musée des Confluences, le Palais de la Découverte, le Musée des Beaux-arts de Dijon, le Musée de plein air des Maisons Comtoises, le Musée de l’Ile d’Oléron, la direction des parcs et jardins du Conseil Général des Hauts de Seine, l’Espace naturel de Lille Métropole, ainsi que l’agence Altermuséo, des chercheurs, des consultants... Nous aborderons principalement trois thèmes : les actions de sensibilisation et les expositions sur le développement durable ; l’écodesign et la rénovation architecturale intégrant ces principes ; enfin la gestion des établissements. Les journées seront l’occasion de présenter des actions, des programmes internationaux de partenariat, et de réfléchir aussi sur les notions, avec en amont des communications sur la notion même de développement durable et une introduction par l’agence Alterre Bourgogne.

Pour les renseignements et inscriptions, voir ici :

http://web.me.com/cserge1/Séminaires_Denis_Diderot/Podcast/Podcast.html

lundi 1 février 2010

Jouer à soigner la planète: Clim Way

Les centres de sciences et de culture scientifique sont souvent très performant sur les médiations et les techniques de sensibilisation des publics, c'est ce que prouve une fois encore Cap Sciences à Bordeaux qui propose parmi ses expositions virtuelles un jeu en ligne sur le développement durable : Clim Way. Présent à Copenhague, Cap Science se distingue et est remarqué particulièrement pour cet outil de sensibilisation qui apporte des informations scientifiques de manière simple et ludique. Le jeu très performant est accompagné aussi de vidéos thématiques qui constituent des précieuses ressources. Une forme de médiation judicieuse et originale. A découvrir sur le site.

samedi 23 janvier 2010

Musées du monde sur IPhone

Nous avions présenté l'application de la National Galerie, celle du Louvre est amusante, mais moins convaincante. Le problème est que la sélection faite des seuls chefs d'oeuvre est compréhensible, mais rend finalement l'offre peu attractive aux connaisseurs. Il faudrait aller plus loin que l'initiation et développer des offres plus ciblées.
Enfin, ne faisons pas la fine bouche ! C'est quand même au top. Rendez-vous sur ITunes !

Des musées du monde entier proposent des applications, des podcasts
et même des chasses au trésor pour votre iPhone.
Vous trouverez des visites guidées vidéo et audio,
le plan des musées et même le détail des collections.
Visitez le site web de votre musée favori ou découvrez-en d'autres,

vendredi 22 janvier 2010

De la gratuité dans les musées

Séminaire sur les politiques tarifaires organisé par et avec nos collègues de l’Université de Franche-Comté, dans le cadre du PRES, ce mariage qui unit désormais les universités appelées à se rapprocher, voire à fusionner. Nous développons dans ce cadre des séminaires communs pour les étudiants des formations des deux universités. Premier séminaire à Dôle, ville où l’université sévissait au moyen-âge, avant que Besançon et Dijon ne s’imposent. Réflexions autour des questions de gratuité dans les musées, et plus généralement de politiques tarifaires, avec Jacqueline Eidelmann, Claude Fourteau, Dominique Bourgeon-Renault, François Mairesse, Jean-Michel Tobelem... les étudiants et des professionnels des musées. Enquêtes, approches théoriques, débats et controverses... Journée stimulante qui en appelle d’autres.

Pour le programme, voir le site de l’UFC : http://www.publicsdelaculture.com/index.html

Pour les séminaires, voir : http://web.me.com/cserge1/Séminaires_Denis_Diderot/Podcast/Podcast.html ( à coller dans votre navigateur)

lundi 18 janvier 2010

Retour au MacVal

Retour au MacVal, Musée d'art contemporain du Val de Marne, pour le volet Après de l'exposition Christian Boltanski. Si le concept est intéressant, l'expérience que le visiteur est censé ressentir nous a laissé un peu froid. C'est d'autant plus frustrant que les oeuvres de l'artiste nous ont souvent touchées. Les installations vues notamment au Grand Hornu, au Luxembourg, nous avaient bouleversées. Peu importe, c'était aussi l'occasion de visiter la présentation 3 du MacVal et de constater une fois encore la qualité et la pertinence de ce lieu. Si la visite la veille au Palais de Tokyo avait été une agréable sortie pour discuter entre amis au gré d'une ballade dans des salles dans lesquelles des artistes avaient parait-il sévis, la discussion permettait de ne pas trop s'interroger sur la vacuité de tous ces artistes sans art... Le MacVal permet en revanche de renouer avec un art contemporain un peu moins affligeant, et de croire que ce milieu puisse même avoir une certaine éthique.

mardi 12 janvier 2010

Parce Queue

Voyage annuel à Neuchâtel avec les étudiants de muséologie patrimoine. Au menu des réjouissances, l’exposition du muséum d’histoire naturelle, Parce Queue. Belle exposition anthropologique, transversale sur un sujet bizarre et incongru, qui se révèle après visite aussi sérieux et passionnant qu’on le croyait d’abord futile. Voilà comment surprendre le visiteur, l’instruire, le faire rire, car l’humour est, comme toujours au muséum de Neuchâtel, très présent. On fait la queue évidemment pour entrer dans l’exposition et un clin d’oeil en fin d’exposition nous rappelle que l’inauguration s’est faite à la queue leu leu ! Intelligente approche qui de la queue de poisson aux imaginaires de sirène et aux variantes mythologiques, de l’usage à l’inutilité de la queue des mammifères en passant par les fantasmes masculins ne laisse aucun sujet de côté. Mais ne gâchons aucune surprise, encore une belle démonstration du savoir faire en matière d’exposition à partir d’un scénario tenu, d’une scénographie inventive et d’une démarche audacieuse. Jusqu’où iront-ils ? On brûle de savoir quels thèmes, le muséum nous réserve à l’avenir !

dimanche 3 janvier 2010

Irrésistible art contemporain

Les Français s’y pressent tout particulièrement, on ne sait pourquoi ! Sans doute un peu inquiet d’avoir vu s’éloigner une collection dont on dit qu’elle est importante. Mais d’île en île, elle a échoué dans un des lieux les plus fréquentés de la planète. En réalité, cela n’a guère plus, guère moins d’intérêt que ce l’on voit habituellement dans les musées d’art contemporain de France et de Navarre. Les artistes y sont les mêmes, les oeuvres tout aussi souvent indigentes. Bien sûr il y a quelques propositions fortes, de bonnes idées, dans un flot de choses plus désoeuvrantes les unes que les autres. Mais on ne le dira pas, ce serait très mal vu de critiquer la quintessence artistique contemporaine. Donc François Pinault a choisi de présenter sa collection, à Venise, dans deux lieux stratégiques de la ville, Le Palazzo Grassi et Punta Della Dogana. De très beaux lieux, bien rénovés, héritage d’un passé glorieux, dans une ville en perdition. Des lieux pour lesquels de nombreux sponsors ont été mis à contribution et qui ne se visitent pas pour autant gratuitement, cela semble même un bisness d’un bon rapport, à 20 euros l’entrée, et 17 euros tarif réduit ! Car on ne passe pas à Venise sans céder à la tentation, évidemment !

vendredi 1 janvier 2010

A mourir pour mourir !

S’enfonçant chaque jour davantage dans les eaux d’une lagune polluée et contaminée par les industries avoisinantes, Venise est superbe. Evidemment superbe, comme tous ces bijoux que l’on conserve précieusement dans nos vitrines de musées, témoignant d’un passé qui n’est plus. Ville musée, Venise est avec Las Vegas sans doute les deux parcs d’attractions formidables de notre planète, l’une patrimoniale, mise à mort par un tourisme béatifié par l’UNESCO, l’autre enfer du jeu qui étourdit de son électricité les esprits simples. Ville Lumière, elle était le symbole d’un humanisme éclairé et de la prouesse du génie humain, dont ses gloires passées témoignent, peintres, musiciens, architectes, décorateurs d’opéra... Venise rend compte du déclin de notre civilisation, enfermée dans un mouroir festif. Carnaval, parades des gondoles, réjouissantes escapades touristiques pour amoureux insouciants... Régis Debray l'accusait jadis d'être trop policée pour être honnête, son image parfaite est pourtant écornée. Venise condamnée par le réchauffement climatique est aussi en proie au trompe-l’oeil qui la menace. Devenue une sorte de lieu de pèlerinage pour touristes, elle fait semblant de vivre, alors que tout y est devenu factice. La plupart des habitants ont fuis, et ne demeurent que ceux qui travaillent pour l’industrie du tourisme. La vie se singe elle-même pour que les badauds puissent s’immortaliser sur des clichés que l’on efface aussi vite qu’on les prend. Elle est un formidable lieu de réflexion sur les excès de la patrimonialisation.

jeudi 24 décembre 2009

Evaluation ?

Dernier numéro de La Lettre de l'OCIM, consacré à l'évaluation : au sommaire :

L’observation du Patrimoine et de la Culture Scientifiques et Techniques : un défi collectif et un nouveau chantier pour l’OCIM, Louis-Jean Gachet

Évaluation muséale : Hermès ou les contraintes de la richesse , Joëlle Le Marec et Serge Chaumier

Genèse de l’Observatoire du Patrimoine et de la Culture Scientifiques et Techniques , Florence Belaën

Entretien avec René Rizzardo

Une culture scientifique et technique au service d’une co-construction des savoirs , Jean-Pierre Cordier, Séverine Dessajan et Jacqueline Eidelman

Témoignages de pratiques d’évaluation et entretiens avec des professionnels de l’évaluation

mercredi 16 décembre 2009

De Gaule nous poursuit !

Après l’Historial aux Invalides, lieu à découvrir pour sa scénographie originale, le Mémorial à Colombey-les-Deux-Eglises ne démérite pas, loin s’en faut. Le discours est assez similaire de part et d’autre, évidemment hagiographique et consensuel, on ne peut s’attendre à autre chose. Ce qui importe là, c’est la manière dont les choses sont abordées. Si l’exposition de Colombey est forte sur sa seconde partie, elle est plus molle sur le départ, notamment avec le passage obligé par l’enfance du grand Chef et son attachement à une terre nourricière. Nourriture de l’esprit et lieu de retrouvailles avec soi-même et les siens, car les origines familiales n’y sont pas du tout implantées. Peu importe, c’est un bel exemple de centre d’interprétation, avec son recours à différents registres pour entretenir d’une époque et de l’histoire d’une vie, qui concerne et implique le pays tout entier. La muséographie et la scénographie y sont mieux abouties que dans l’exemple parisien. Dans les deux cas de figure les moyens n'ont pas du manquer...


dimanche 6 décembre 2009

Le cas Alan Fleischer

Ce créateur doit entretenir des ateliers clandestins d’artistes, outre son école du Fresnoy où s’exerce les jeunes talents européens. Ce n’est pas humainement possible toute cette production artistique, en littérature, en arts plastiques, en audiovisuel..., ajoutés au montage de projets, de commissaires d’expositions, en plus de ses fonctions de directeur d’une école pour artistes. Cela est diabolique ! L’exposition Choses lues, choses vues, présentée à la BNF rue Richelieu, si elle reprend en partie le principe de Sophie Calle (exposition présentée dans le même lieu), celle de Fleischer soufre de paradoxes, comme le fait de parier sur l’audiovisuel pour inviter à la lecture qui nécessite recueillement et temps long, mais elle est malgré tout réussie. Une belle prouesse qui fait alterner les extraits lus par des comédiens que l’on écoute individuellement et des séquences collectives qui explore le thème de la lecture. Des interprétations multiples. Jusqu'au 31 janvier 2010.

Voir la vidéo sur l'exposition ici.

jeudi 19 novembre 2009

Helvetia Park


A son habitude le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel mets les pieds dans le plat, mais pas là où on l’attend. En s’attaquant au débat sur l’identité nationale, version helvétique, il ne se demande pas s’il faut où non élever des minarets sur les montagnes pour permettre aux croyants de se rapprocher des cieux, ni d’épiloguer sur la façon d’être Suisse dans un univers mondialisé. C’est la notion de culture elle-même qui est passée au crible, dans une fête foraine iconoclaste et joyeuse. Télescopant culture légitime et populaire, interrogeant les usages sociaux, mais aussi économiques, l’exposition désarçonne et prend le visiteur à contre-pied. Et si l’on s’amusait de toutes ces questions sérieuses ? Et si ces questions n’étaient pas aussi graves qu’on le prétend ? Le visiteur se grattera la tête en sortant, l’exercice est trop déroutant pour nos besoins de catalogages. Le pied de nez, à ce sujet, envers les experts en conseils et marketing culturels transformés en fin d’exposition en Madame Irma, est à ce sujet des plus savoureux. Il est vrai que l’on peut dans certains secteurs, et notamment celui des musées et du patrimoine, parler du syndrome de l’étudionnite comme on parle ailleurs de réunionnite ! A visiter d’urgence jusqu’au 16 mai 2010.


samedi 14 novembre 2009

Exposer des idées. Du musée au Centre d'interprétation

Qu’est-ce qui définit un centre d’interprétation ? Les différents auteurs qui ont participé à cet ouvrage apportent chacun à leur manière des éléments de compréhension. Les limites si difficiles à saisir d’avec le musée, mais aussi avec le parc d’attraction y sont explorées, les fondamentaux du Centre d’interprétation énoncés, et des exemples notamment des CIAP, centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine y sont développés. D’autres auteurs développent des comparaisons internationales. Faisant suite au séminaire organisé à l’IUP Denis Diderot avec ses partenaires, notamment l’OCIM et l’Université d’Avignon en décembre 2007, cette publication vient compléter La Lettre de l’OCIM parue l’an passé sur le même sujet. Les contributions plus denses et plus étoffées du point de vie théorique viennent combler une lacune dans la littérature muséologique puisque bien peu de documents en langue française existaient jusque-là sur le sujet. Une bibliographie permettra au lecteur curieux de poursuivre l’exploration.

Exposer des idées. Du musée au Centre d'interprétation, sous la direction de Serge Chaumier et Daniel Jacobi, Ed. Complicités, 2009.

mercredi 11 novembre 2009

Fragonard à vif

Incroyable musée ! Il y a en a de toutes sortes et celui-ci est tout sauf banal. Lieu d’études pour les apprentis vétérinaires, le musée de Maison-Alfort est un digne représentant de ces musées universitaires qui ont pour fonction première d’être un instrument didactique. Héritier des musées du XIXème, sa récente rénovation n’a rien entamé de son originalité et du témoignage de ce pan de l’histoire des musées. Le lieu est évidemment connu pour ses écorchés de Fragonard, impressionnant résultat d’une histoire de la médecine à laquelle Van Hagens se réfère et à laquelle il fait des clins d’oeil. Notre époque est de plus en plus pudique et le politiquement correct interdira sans doute bientôt d’exposer ces foetus pendus dans un bocal ou la main du géant du cirque Barnum. Il faut se presser de voir ça quand on s’intéresse à la muséologie. Apprécions la rénovation du lieu, respectueuse et économe, qui conserve le lieu dans son authenticité. Certes les médiations ne sont pas fabuleuses, mais un audioguide permet au visiteur d’approfondir la visite.

samedi 7 novembre 2009

Homme-Femme : de quel sexe êtes vous ?

Il y aurait tellement de choses à dire sur le sujet ! La différence entre les hommes et les femmes : de la construction sociale de la différence et de l’approche biologisante qui entend souvent suffire à rendre compte des différences. Le féminisme différencialiste, tendance psych&po et l'affrontement avec les culturalistes. L’histoire, l’ethnologie et la théorie féministe, et puis évidemment l’approche queer du genre et la critique des impositions normalisantes, la remise en cause des stéréotypes sur la nature des êtres... L’indétermination sexuelle, la différence entre transsexualisme, transsexuel et transgender... Rappeler que la différence est tout sauf évidente, contrairement à ce que le sens commun imagine... Tellement de choses possibles à raconter sur ce thème si riche et qui anime une vraie controverse et une actualité scientifique en prise à l’idéologie (et il y en reste pourtant si peu...). Comment peut on à ce point passer à côté du sujet, en mêlant indistinctement sans aucune écriture tenue du scénario de l’exposition les éléments les plus hétéroclites ? Excusons le peu de moyen qui explique la « scénographie», pour utiliser un terme un peu excessif au sujet d’une mise en exposition des plus minimalistes... Mais en revanche on ne peut pas cautionner la polémique facile entretenue autour des positions d’Elisabeth Badinter ramenées à une interprétation digne du café du commerce... Reste l’affiche de l’exposition qui est très réussie... mais au risque de produire beaucoup de déceptions par des attentes frustrées...

Jusqu'au 3 janvier au muséum de Nancy.

mardi 3 novembre 2009

Des villes, mais lesquelles ?

Les expositions sur l’urbanisme se multiplient, elles invitent à la comparaison. Le Pavillon de l’Arsenal propose de se pencher sur les grands projets parisiens conduits ou en prévision depuis un an sur Paris et la proche banlieue. Si les vidéos de La ville de demain s'invente aujourd'hui, sont courtes et un peu frustrantes, ne donnant que peu d’informations, en revanche l’exposition Habiter 09/08-09/09 détaille les projets de logements au travers des planches de concours. Effet inverse ! L’austérité et la complexité les rend illisible pour le non initié ou pour celui qui ne veut pas lire des mentions en caractère 9 insérées au milieu de schéma technique.

D’une autre nature est l’exposition présentée à l’Espace Electra. L'Espace Fondation EDF oriente désormais son action sur les thématiques liées au développement durable. Ainsi, la réflexion proposée dans Villes rêvées, villes durables conduit le visiteur à s’interroger sur les choix à faire pour être le plus efficace en la matière. Par exemple, faut-il respecter les demandes majoritaires des usagers qui aiment disposer d’un espace extérieur et d’un pavillon bien à eux, où construire en hauteur pour densifier l’espace, éviter les emprises au sol et multiplier l’occasion des déplacements énergivores ? L’exposition est belle, si on aime le graphisme un peu branché, mais nous ne pourrons pas vous la présenter pour vous donner envie de vous y précipiter, car la photographie est interdite dans l’exposition. Tant pis pour cette institution qui se prive ainsi de paraître dans les blogs et de démultiplier son impact auprès de visiteurs potentiels !

Enfin, citons l’exposition à la Cité de l’architecture Vers de nouveaux logements sociaux et celle sur les matériaux, notamment l’usage de la terre dans la construction, Ma terre première pour construire demain, à la Cité des Sciences. Des expositions complémentaires.

mercredi 28 octobre 2009

Des expositions temporaires durables ?

La Bibliothèque Nationale de France a intégré la question du développement durable dans ses sujets de préoccupation et propose une démarche d'écoconception avec deux expositions actuellement présentées qui sont deux formes différentes en la matière. Si la très belle exposition Ionesco se déploie avec un mobilier en carton, La légende du Roi Arthur prend pour sa part le parti des calicots en tissu pour délimiter les espaces et servir du même fait de support des médiations. Deux beaux exemples en la matière, pour convaincre qu’une exposition peut conjuguer attractivité et respect de l’environnement.


Et sur le fond ?

Ionesco est très convaincante tant par sa forme que par son propos. Le visiteur s’étonne sans doute que Ionesco demeure si contemporain et si présent, alors que l’on aurait pu s’attendre à ce qu’il passe de mode assez vite. Sa puissance de mots demeure et continue de fonctionner. Ses pièces sont jouées, et le spectateur continue de rire.

La Légende du Roi Arthur est plus classique et demeure très proche d’une présentation de la légende de la table ronde et de ses mythes associés. Si les représentations sociales qui continuent de nourrir l’imaginaire contemporain sont présents par des extraits de films dans une séquence introductive, très vite c’est la narration d’une histoire très compliquée qui prend le dessus. Le spectateur s’y perd, et décroche assez vite d’une intrigue trop complexe à nos cerveaux habitués des scénarios binaires américains ! Sans doute que partir du mythe pour l’analyser, davantage que pour le narrer aurait eu plus d’intérêt. Rappeler le contexte, montrer par la légende arthurienne la réalité des réseaux d’échanges européens, la construction de la littérature par les strates d’interprétations mêlées, l’irrigation de l’imaginaire occidental au travers des produits dérivés, voilà qui aurait permis de dépasser l'exhibition de magnifiques manuscrits.

Si on veut mieux comprendre le propos, mieux vaut regarder la séquence de présentation virtuelle sur le site internet : http://expositions.bnf.fr/arthur/visite/album.htm


mercredi 14 octobre 2009

Une crise de la culture ?

Séminaire du Master 2 MMC. Université de Bourgogne.

Dijon, le 25 novembre 2009, bât. Droit-Lettres, salle 202, 14 h-18 h.
Sous la responsabilité de Philippe Poirrier (Pr. Histoire contemporaine)

Marie-Ange Rauch (Paris VIII) : Le Théâtre en Mai 1968

Docteur es Lettres et Sciences humaines, réalisateur des premiers recueils d'archives orales pour le Comité dhistoire du ministre de la culture, ex-déléguée générale du Comité d'histoire de l'Union des artistes-SFA. Actuellement, professeur associé au département arts du spectacle - théâtre de l'Universit de Paris 8, membre de l'équipe de recherche scènes et savoirs. A notamment publié : Le bonheur d'entreprendre, enquête sur le rôle des anciens administrateurs de la FOM dans la construction du ministère des Affaires culturelles, La Documentation Franaise/Ministre de la culture. Paris, 1998 ; De la cigale la fourmi, histoire du mouvement social et syndical des artistes interprètes 1840-1960, L'Amandier, Paris, 2006 et Le théâtre en France en 1968, histoire d'une crise, crise d'une histoire, L'Amandier, 2008.

Jean-Marc Rémy (Ub) : La crise des intermittents du spectacle

Agrégé de Sciences Sociales - professeur de SES en Lycée, Chargé de cours au département de Sociologie de l'Université de Dijon
Doctorant au Centre Georges Chevrier - Dijon (UMR CNRS 5605)
A publié : L'intermittent du spectacle, figure avancée du néo-travailleur ?, Idées, 144, juin 2006 ; Tous virtuoses ? , Revue des Sciences Sociales, 37, mars 2007 ; Inter-mutants, l'intermittence du spectacle entre exception et exemplarité, Socio-logos, mars 2007, n°2 et Extension du domaine de l’intermittence, Interrogations, 2007, n° 4.

Claude Patriat (Ub) : Une crise de la politique culturelle ?

Professeur de sciences politiques à l'université de Bourgogne, fondateur de l'Institut Denis Diderot. A publié Eloge de la perturbation : l'université dans l'action culturelle : considérations autour de l'expérience de l'Université de Bourgogne, Dijon, les Presses du réel,1993 ; La culture, un besoin d'Etat, Paris, Hachette, 1998 et Pas de Grenelle pour Valois, Paris, Carnets Nord, 2009.

mardi 13 octobre 2009

Un site de ressources pour les séminaires


Nouveau ! nous proposons un site dédié aux séminaires prévus dans l'année. Ces journées sont organisées ou co-organisées avec nos partenaires. Pour accéder plus facilement aux programmes et aux informations pratiques :


En 2010, quatre rencontres sont proposées :

- le 7 janvier : Politiques tarifaires et musées, à Dôle. Journée pilotée par Olivier Thévenin, Université de Franche-Comté.

- les 4 et 5 février : La gouvernance des politiques culturelles. La coopération entre le ministère de la culture et les collectivités territoriales. 1959-2009. Sous la direction de Philippe Poirrier et de René Rizzardo

- les 4 et 5 mars : Musées et développement durable. Colloque international coordonné par Serge Chaumier et Aude Porcedda

- le 26 mars : Journée Culture et Social : L'Art Brut. Journée coordonnée par Itinéraires Singuliers.

Tous renseignements ici.

samedi 3 octobre 2009

Un cycle de conférences éditoriales
















Philippe Poirrier, historien des politiques culturelles, avec lequel nous collaborons régulièrement pour organiser des séminaires, animera un cycle de conférences, "Cultures et Sociétés", lors de l'année 2009_2010.

Ce cycle de conférences proposé par le pôle " patrimoines " de la MSH de Dijon, en partenariat avec le Centre Georges Chevrier (UMR 5605) et le Centre de recherche sur la culture et les musées (CRCM-CIMEOS), s'adresse aux étudiants de l'Ub, notamment ceux des filières qui préparent aux métiers de la culture. Il sera librement ouvert au public, et participe d'une volonté assumée de démocratisation des savoirs à l'échelle, non seulement du Grand campus, mais de la cité. Les intervenants sont invités en fonction de l'actualité éditoriale.


Programme :

Guillaume Mazeau (MCF histoire à l'université de Paris I Panthéon Sorbonne). [Le bain de l'histoire. Charlotte Corday et l'attentat contre Marat (1793-2009), Seyssel, Champ Vallon, 2009].

le 15 octobre 2009


Bertrand Tillier (PR Histoire de l'art contemporain à l'Ub) [Les artistes et l’affaire Dreyfus (1898-1908), Seyssel, Champ Vallon,

2009]

le 9 décembre 2009


Claude Patriat (PR de Sciences politiques à l’Ub) [Pas de Grenelle pour Valois. Bon Anniversaire Monsieur Malraux, Editions Carnets Nord, 2009].

le 16 novembre 2009


Gérard Noiriel (Directeur d'études à l'EHESS) [Histoire, théâtre et politique, Marseille, Agone, 2009]

le 17 décembre 2009


Xavier Greffe (PR d'économie à l'université de Paris I Panthéon Sorbonne). [La politique culturelle en France, Paris, La Documentation française, 2009].

le 7 ou 14 janvier 2010


Université de Bourgogne

de 17 h à 19 h.

Entrée libre


mercredi 23 septembre 2009

Et Jane dans tout ça ?

Bon, c’est au tour de Tarzan. Après Tintin, Haddock, Astérix, Mortimer, Alix ou Gaston Lagaffe et en attendant Picsous au Musée de la Monnaie ou peut-être Titi et Grosminet au Muséum, voici que le Musée du Quai Branly nous gratifie d’une exposition sur le héros de la jungle. Il faut dire qu’il est bizarre ce type, super héros, mi-viril mi efféminé, sauvage face à la Civilisation et civilisé devant les sauvages, défenseur des victimes à coups de muscles et de tour de force... Bref, notre homme sauvage hésite entre être GI ou Saint François d’Assise ! Il y aurait sans doute beaucoup à dire si on voulait faire une analyse idéologique des contenus des multiples versions imagées et filmées de l’homme des bois. C’est ce que cherche à faire l’exposition, mais de manière assez prudente et à demi-mots. Car nous n’avons pas ici le résultat d’une véritable recherche, à la manière de Cannibales et Vahinés, exposition présentée jadis au MAO, mais une exposition en demi-teinte, avec des éléments disparates, mal contrôlés, dont le fil narratif semble incertain. Passons sur le parcours enfant qui frise le n’importe quoi, avec un discours politiquement correct sur le développement durable que l’on pourrait coller dans n’importe quelle expo tant nous sommes loin du sujet traité, mais même le discours principal est suspect. On veut nous faire croire que Tarzan est un apôtre de la nature et on nous sert l’homme en train de balancer des tigres contre des rochers, on veut nous le faire apprécier humaniste quand il bousille des sauvages en bon blanc qui sait prendre parti. L’homme semble plutôt colporter les stéréotypes occidentaux que les dénoncer. Bref, le propos est loin d’être convaincant, et si l’on n’est pas un amoureux de la gentille brute qui semble pourvu d'au moins deux neurones on ne voit pas trop ce que tout ça vient faire dans ce musée. Enfin, cela fait sans doute recette puisqu’on peut se faire photographier devant un bel orang-outan en peluche, et ça c’est chouette !!

jeudi 27 août 2009

Des Projets Scientifiques et Culturels

Le numéro thématique de La Lettre de l'OCIM consacré au Projet d’établissement, que nous avons coordonné avec Marie Bachy, suite au séminaire conduit en décembre dernier à l’Institut Denis Diderot, à Dijon, avec nos partenaires, et un public nombreux de professionnels et d’étudiants en muséologie.

Ce numéro rend compte partiellement du séminaire, propose des contributions originales, offre des cas de figure, matière à réfléchir pour tous ceux et toutes celles qui conduisent ou s’intéressent au PSC, petit nom intime du Projet Scientifique et Culturel. Marie-Hélène Joli qui a été une cheville ouvrière pour formaliser la méthodologie du PSC au temps où elle officiait à la DMF signe un article capital, elle y rappelle que le PSC est un outil, pas un instrument de contrôle. Chose dont doute François Cheval qui y voit surtout un instrument de police et d’aliénation, ce qu’il est sans doute devenu partiellement avec l’évolution récente de la DMF. Mathieu Pinette rappelle tous les éléments que l’on a tôt fait d’oublier dans une version trop standardisée. Enfin plusieurs auteurs apportent des exemples précis par des études de cas. Regrettons qu’aucun représentant de la DMF n’ait eu le courage de venir s’exprimer lors du séminaire pour mentionner les attentes de l’IGM en la matière. Il semble du reste que la formation des jeunes professionnels ne soit pas une priorité dès lors qu’il ne s’agit pas de l’INP ou des formations où les inspecteurs officient. Mais ne revenons pas sur une histoire qui fâche, espérons seulement que l’avenir permette des relations plus positives avec ce qui restera des services de l’Etat.

dimanche 16 août 2009

Survivants de l'X'TREME

Encore quelques jours pour visiter cette intéressante exposition au muséum d'histoire naturelle de Bruxelles : Survivants de l'X'TREME. Cette exposition présente les conditions de vie d'espèces animales dans des milieux hostiles : grand froid, chaleur, sécheresse, obscurité totale, sous-marine ou terrestre, manque d'oxygène... L'inventivité de la nature est, on le constate une fois de plus, extraordinaire. On passe un bon moment sans s'ennuyer tant on apprend de choses passionnantes sur des espèces souvent mal connues. Et l'interactivité est au rendez-vous et pas pour faire mode, il y a de vraie mise en situation du visiteur avec de petites expérimentations inventives. Notons également le système de traduction sur les bornes multimédia, très ingénieux. L'exposition est une co-production du muséum avec L'Expérimentarium de Copenhague et le Naturalis de Leyde.

lundi 10 août 2009

Que peut Google Earth pour les musées ?


Que diriez-vous d’une visite du Prado avec Google Earth ?! Plus fort que les centres villes qui finissent par nous lasser, les déserts africains ou les fosses marines, Google Earth fait plus fort et nous propose de partir découvrir les musées ! Ce sont 14 toiles qui sont auscultés avec des images d’une qualité rare. Ce sont surtout les précisions et les niveaux de détail qui font que vous pourrez y découvrir les chefs d’oeuvres comme vous ne les avez jamais vu jusque-là. Décidément les musées rivalisent d’ingéniosité pour être à la pointe des innovations avec les NTIC. Google Earth au Prado, Musetrek au Louvre, Widget au Rijksmuseum, Appli pour Iphone à la National Gallery, Podcasts un peu partout... Y’a t-il l’équivalent de toutes ces techniques de médiation, que nous avons décrites dans des rubriques précédentes, dans d’autres secteurs de la culture ? La question mériterait d’être examinée sérieusement pour insister sur le caractère avant-gardiste des musées. Que l’on cesse de dire qu’ils sont poussiéreux, ce sont les théâtres qui le sont à présents !!!

Google Earth au Prado :

http://www.google.fr/intl/fr/landing/prado/

samedi 8 août 2009

Le Rize : Centre mémoire et société

Nouveau lieu de Villeurbanne, Le Rize est un lieu pertinent et à taille humaine. Ancien bâtiment bancaire réhabilité avec soin, il offre un équipement de proximité d'une grande qualité dans ce quartier peu engageant. Regroupant une antenne de quartier de la médiathèque, les archives municipales et un lieu d’exposition, c’est aussi un équipement convivial, avec son espace bar et lieu de ressource, mais surtout un endroit original par ses préoccupations. Il s’agit de collecter et de restituer les mémoires des habitants sur le quartier et de témoigner des évolutions de la ville, de son urbanisme, à l'architecture si particulière, « Villeurbanne, une ville à l’américaine ? », et d’être un lieu de médiation entre les générations pour témoigner des mutations urbaines. Ceci inclut évidemment tous les aspects de la vie sociale. Si la médiathèque centre ses préoccupations sur ces questions, ce sont bien évidemment les expositions et l’action culturelle qui vont pouvoir puiser dans cette richesse thématique dans les années à venir pour proposer des animations. Nous ne manquerons pas d’en suivre l’actualité, en attendant un lieu à visiter.


mardi 4 août 2009

Des fouilles archéosoniques !

Une fois de plus la compagnie Décor Sonore aura su nous séduire en proposant un spectacle exigeant et cohérent, avec Les Chantiers archéophoniques de l’OREI. Cohérent, par son inscription dans une continuité avec les recherches conduites pas la compagnie depuis ses débuts sur le son, l’écoute et la sensibilisation à l’univers sonore. Exigeant, car vrai spectacle populaire accessible à tous, de 7 à 77 ans, drôle, il est aussi loin d’être futile et conduit le spectateur a s’interroger sur son rapport au monde, auditif ici. Si nous avons commis par le passé plusieurs articles sur d’autres spectacles de la compagnie, nous en parlons dans ce blog car le concept du spectacle repose moins sur une exposition du son, que sur sa recherche au travers d’un chantier archéologique. Il s’agit de découvrir les sons du passé, inscrits au profond de la matière et de ses capacités de réverbération de par les âges. Plusieurs stations ingénieuses sont prévus, mais nous n’en diront pas plus, laissons le plaisir de la découverte... Rendez-vous sur le site de la Compagnie, ici, pour les dates et lieux de représentations.

Pour regarder une bande annonce sur You-Tube : http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=wii6zyYkUd0

lundi 27 juillet 2009

Scènes et scénographies alimentaires

Loin d’être un numéro sur les pratiques et rituels alimentaires, tel qu’une revue d’ethnologie pourrait le faire, il s’agit dans ce numéro de Culture et Musées, coordonné par Jean-Jacques Boutaud et Serge Chaumier, de questionner les mises en représentations. La gastronomie ou l’alimentation en général a donné lieu à des spectacles, cabarets dînatoires par exemple ou dégustations liées à un sujet donné. Nombre de lieux de patrimoine proposent une convergence entre le propos du site et une déclinaison à la cafétéria. D’autres endroits de visite sont spécifiquement dédiés à un thème lié à l’alimentation, et quelques lieux d’art contemporain font même dans le design culinaire. Ce sont ces différentes facettes que les auteurs de ce numéro explorent avec des approches souvent originales. Articulant réflexions théoriques et exemples de propositions artistiques et patrimoniales, le numéro est bien sûr une mise en bouche pour d’autres explorations futures ! Avec les contributions de Isabelle Rieusset-Lemarié ; Emmanuelle Lambert ; Stéphanie Sagot ; Jérôme Dupont ; Pierre Berthelot ; Martin R Schärer, Marc Grodwohl.

vendredi 10 juillet 2009

Des dioramas bien singuliers

Etonnants dioramas que ceux proposés dans la prison de Séoul, Seodaemun Prison Museum, où des Coréens furent torturés par l’armée japonaise. Les reconstitutions de tortures, de viols et d’interrogatoires musclés sont présentés dans les cellules, avec sons et lumières au moyen de mannequins articulés poussant des cris. Du pédagogique assurément ! Car il est encore plus surprenant de voir défiler consciencieusement des groupes scolaires pour y apprendre une facette de l’histoire nationale. Cela met mal à l’aise le visiteur occidental, mais il faut reconnaître que les écoliers y sont très attentifs et passant de cachots en cellules très impressionnés. Qui a dit qu’il ne fallait pas choquer la jeunesse, le traumatisme n’est-il pas utile pour se forger une conscience et une conviction ? Certes, on pourra voir là une sorte d’idéologies inculquées à grands coups d’images chocs, et le lieu est pour cela fascinant pour le muséologue. Car ce musée des horreurs comme il en existe bien d’autres de par le monde est en cela singulier qu'il se trouve dans les bâtiments mêmes des faits, et qu’il sert donc de lieu de commémoration en quelque-sorte. Il fallait (ou pas) oser ! 

dimanche 5 juillet 2009

Musetrek : un outil révolutionnaire !

Comme l’Iphone, le téléphone révolutionnaire, selon Apple et ses utilisateurs, le concept de Musetrek consiste à fournir un Iphone pour le temps d’une visite avec des médiations intégrées. Durant les Nocturnes Jeunes au mois d’avril, le Louvre a testé le dispositif avec succès. A l’instar de la National Galerie qui propose une appli à télécharger pour visiter les espaces permanents, le Louvre devrait dans l’avenir vraisemblablement proposer son appli sur l’App’store d’Apple. Loin d’être gadget, ceci signifie une médiation intéressante, avec des possibilités de parcours différenciés. Parcours imaginés en partenariat avec un artiste, comme c’était le cas ici avec Shilpa Gupta, la chose peut être étendue à toutes sortes de parcours interprétatif. On peut imaginer demain suivre les pas d’un scientifique, d’un philosophe, d’un artiste comme d’un historien de l’art pour arpenter le Louvre. De bien belles raisons de rédécouvrir les oeuvres au travers de multiples regards singuliers. Car le plus original est l'interactivité offerte qui permet à tout chacun de créer et proposer son propre parcours, digne du Web.2. Voir des exemples ici :  http://www.musetrek.com/louvre/.