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La Formation en muséologie :

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Master MEM

vendredi 3 août 2012

Alésia : trop de médiations tue la médiation

Très belle architecture, originale et intelligente, signée Bernard Tschumi, pour le centre d'interprétation du Muséo-Parc d'Alésia, inauguré en mars dernier en Côte d'Or. Cet élément fait partie d'un ensemble, constitué du champ de fouilles avec ses vestiges, de la statue et du futur musée rénové. C'est la première question que l'on peut se poser : était-ce raisonnable de faire dans un site aussi enclavé et peu habité, un musée plus un centre d'interprétation ? L'avenir dira si la fréquentation est au rendez-vous. Simplement le centre d'interprétation ne présente de ce fait que peu de collections, si ce n'est quelques éléments issus du musée de Saint Germain en Laye et des reconstitutions placées parfois sous vitrine, à tel point que le public est en droit de s'interroger et de douter face au peu de traces présentées.
Il s'agit ici d'expliquer la bataille, son enjeu, son contexte et son déroulé pour mieux comprendre le site. Hélas, les choix faits en terme de médiations sont peu probants, une pléthore de textes à l'hideux graphisme, dont la hiérarchie se fait très mal percevoir, agrémenté de multiples multimédias peu ergonomiques et surtout d'un audioguide remis systématiquement. Le visiteur ne sait plus où donner de la tête et comme on lui propose de plonger directement dans la matière et dans force détails, sans aucun parcours vraiment lisible, s'il n'est pas un peu informé en amont, il aura des difficultés à recomposer lui-même le récit et surtout à s'y intéresser. Il devra parvenir au terme de son parcours pour disposer d'une synthèse au travers d'un film qui résume les éléments dans une fiction au demeurant assez kitsch. Cela arrive un peu tard pour interpeller et susciter l'intérêt. C'est finalement la partie contemporaine sur Napoléon III qui parait la plus réussie. Enfin les animations et reconstitutions en extérieur sont intéressantes dans leur genre, mais paraissent un peu ridicules par leur taille. Signalons aussi une scénographie de l'exposition signée Guy-Claude François, avec quelques belles idées, mais dont on se demande comment elle va vieillir tant elle parait déjà mis à mal avant son premier hiver... Bref, on ressort du site en se disant qu'il est bien difficile de faire des expositions convaincantes...
à regarderhttp://www.dailymotion.com/video/xpmst3_museoparc-d-alesia_tv

vendredi 27 juillet 2012

Par nature

Le Domaine de Chamarande poursuit ses investigations Nature-Culture avec des présentations de jeunes artistes ou d'artistes confirmés explorant les relations et les visions sur l'environnement. De l'exposition présentée cet été, inégale, nous retiendrons surtout l'oeuvre de Ackroyd & Harvey intitulée Face to face et conçue spécialement pour le lieu de l'Orangerie. Tableaux spectaculaires vivants, puisque réalisés en herbe, en utilisant la sensibilité à la lumière du cycle de la photosynthèse pour révéler des images. Performance simple et étonnante qui nous interroge sur notre rapport au vivant, à la mort... En présentant le portrait d'agents du domaine, la volonté d'inscrire l'oeuvre dans le lieu est redoublée. On appréciera également dans le Château les propositions pleines d'humour de Thierry Boutonnier dont le distributeur d'oeufs dissimule derrière un humour potache des questions essentielles sur la société de consommation et sur la standardisation de nos modes de vie. A voir jusqu'au 30 septembre. 

vendredi 20 juillet 2012

Voir autrement le Brésil

Si à Paris, la Fondation Cartier pour l'art contemporain présente l'exposition Histoires de Voir dans une scénographie originale d'Alessando Mendini, avec la présence d'un grand nombre d'artistes brésiliens inscrits dans la mouvance de l'art brut, domaine atteignant désormais la reconnaissance évidente des grandes institutions ; de son côté le centre des expositions du Palais Impérial de Rio de Janeiro invite dans le même temps des artistes semblables, et parfois communs, à présenter également leurs oeuvres. Teimosia da Imaginaçao, est une exposition curieuse, rassemblant un grand nombre de contemporains, démontrant l'universalité des approches, tant les parentés sont évidentes avec d'autres artistes du monde entier, collectionnés par exemple au LAM de Villeneuve d'Ascq. Ressemblance au demeurant troublante, comme si un imaginaire humain enfoui s'y exprimait irrésistiblement.
Notons surtout que dans le même bâtiment du Palais Impérial, à l'étage, dans un autre genre, est exposée une superbe sélection des travaux de photographes brésiliens du Fond photographique ITAU. Notre palme d'or revient sans conteste pour ce qui nous concerne à Eustaquio Neves dont l'oeuvre est époustouflante. A voir par exemple ici.

dimanche 15 juillet 2012

Planétaire

Comme à la Fondation Electra avec Carbone 12, dans le monde entier des expositions donnent à penser les questions environnementales et à favoriser les prises de conscience citoyenne. Les artistes se mobilisent, et les convergences entre urgences planétaires, recherches scientifiques et actions artistiques participent des expositions passionnantes qui nous sont données à voir présentement. À l'occasion de Rio + 20, le jardin botanique de Rio de Janeiro présente une exposition où des artistes inventifs explorent les questions environnementales. Les Cités du futur sont appréhendées au travers d'oeuvres interactives. Des médiateurs accompagnent les visiteurs pour les sensibiliser. Le Jardin botanique présente ainsi des actions multiples en faveur de la biodiversité et de la prise de conscience citoyenne.

mercredi 4 juillet 2012

Carbone 12 : à la découverte du clim'art

L'association britannique Cape Farewell soutient et initie des projets artistiques en relation avec le développement durable. Cinq équipes sont présentées ici avec des travaux aboutis ou en cours de recherche. Les expéditions en terre australe sont passionantes et les relations tissées entre artistes et scientifiques prennent du sens. Toutes les réalisations ne sont pas aussi fortes bien sur, mais ce qui compte ce sont les processus de compréhension qui par les démarches mêmes des artistes, que l'on saisit au travers des reportages notamment de David Buckland, induisent immédiatement la sensibilisation du visiteur. La Fondation Electra présente les résultats dans une exposition très agréable et judicieuse, malgré le sujet pour le moins angoissant, à l'heure de Rio + 20. Si peu de solutions semblent se profiler pour l'avenir, les artistes cherchent à nous alerter, avec des moyens symboliques. A ce titre, les icebergs couleur rouge sang ne constituent pas les oeuvres les moins fortes.
A visiter jusqu'au 16 septembre, et à regarder toutes les démarches artistiques sur le site de l'Association Cape Farewell.

dimanche 1 juillet 2012

Les manuels de conception des expositions sont encore très peu nombreux, ils sont donc fort utiles. L'idée est bonne, mais pour de nombreuses raisons, elle est très difficile à réaliser. Ainsi l'ouvrage édité récemment chez Eyrolles, intitulé Concevoir et réaliser une exposition, de Carole et Marion Benaiteau, Olivia Berthon et Anne Lemonnier est bienvenu. Hélas, le titre est mensonger, car il s'agit en réalité de Concevoir et réaliser une exposition d'art, les auteurs maitrisant très approximativement les approches non artistiques de la mise en exposition.
Pour ne pas entrer dans les détails ici et être synthétique dans notre compte rendu, appliquons une approche comptable. La question de la définition du contenu de l'exposition est réglée en 7 pages, suivies de fiches métier et d'interviews, principe au demeurant intéressant. On y aborde du reste aucunement les questions à se poser en amont sur la destination, l'adéquation avec les publics visés, la cohérence avec le lieu, etc. La question de la scénographie se voit attribuée ensuite 14 pages, mais la communication a droit, elle, à 19 pages ! On aura compris que ce n'est pas vraiment le sens et ce que l'on dit qui importe dans une exposition... Enfin, la médiation, au sens large, a droit pour finir à 10 pages fort générales. Le livre traite entre temps des questions de régie, d'édition et de graphisme, sans doute de façon plus réussie.
Une seule fois le mot de muséographie est utilisé dans un entretien (p.54), ailleurs les auteurs préfèrent celui de commissaire. Quoique l'on en pense, peut-on se passer de définir les termes ? Ce n'est malheureusement pas là le seul problème.
On y lit en filigramne la manière dont on pense et conçoit l'exposition dans le monde des beaux-arts, et des choses savoureuses sont écrites, ainsi page 17 : "une fois la sélection d'oeuvres terminée, l'équipe scientifique de l'exposition rédige le contenu didactique". C'est, hélas, vraie dans bien des cas, et c'est toute la différence entre l'exposition d'objets, dans laquelle ces derniers sont sélectionnés d'abord, avec un enrobage construit ensuite, et l'exposition de discours où les idées prévalent à la sélection des expôts. Mais ce type d'exposition n'est pas du tout abordé dans l'ouvrage. Ici, il suffit "souvent d'une simple feuille A4" pour définir les intentions du concepteur (p.13). Bref, nous connaissons certains muséographes qui vont tomber de leur chaise.
Enfin, pas un mot n'est dit de l'évaluation des expositions...
Il est malheureux que l'ouvrage ne se soit pas cantonné à l'exposition d'art et qu'il déploie une ambition généraliste. Les intentions étaient louables. Il sera toutefois utile pour entrer dans le sujet et servir de guide, à la manière de la célèbre collection de manuels, Expographie pour les nuls.

mercredi 27 juin 2012

Saint d'Esprit des lieux

Au Louvre, Marie-Laure Bernadac poursuit l'imbrication des histoires, s'ingéniant à croiser la création contemporaine et les oeuvres consacrées. Pour cette fois c'est surtout le cadre qui est investit, dans le département des objets d'arts, au coeur des appartements cossus que Wim Delvoye le grand provocateur officie. Le maitre de cérémonies, puisque nous sommes semble-t-il en Grandes loges, y tatoue ses cochons, entortille les christs et rejoue le baiser de Rodin à la façon anamorphose. Les ciboires et autres calices environnent les maquettes écorchées de cathédrales, sans que l'on sache si on est plus proche de l'architecture, de la prouesse d'un compagnon du tour de France où de la démence kitschounette de l'art brut. Et c'est justement cette indistinction qui est intéressante, troublante, amusante, envoutante. Les églises s'enroulent comme des guimauves, des clochers poussent au ciel, et des vitraux hantent le paysage. Beaucoup d'oeuvres présentées l'an passé à Bruxelles, et bien d'autres, sont ici rassemblées où produites pour l'occasion. Pour communier, il manque Cloaca, mais quand même, pour le Louvre, la coupe est pleine. Il faut la boire jusqu'à la lie. C'est un pur bonheur, puisque Delvoye raffole des paradoxes.

vendredi 22 juin 2012

Les Maitres du désordre

Savant alliage entre les thèmes attendus de l'ethnologie sur le sujet (la reconnaissance universelle du chaos à la genèse de toutes les mythologies, la mise en ordre en dessein d'harmonie par la maitrise sociale, les voyages initiatiques des dimensions mystiques, enfin les catharsis pour rythmer et dompter les énergies), le tout mis en musique avec des prolongements plus surprenants sur la fête et les manifestations contemporaines dans une dernière salle qui fait un clin d'oeil manifeste à la muséographie neuchâteloise, et puis l'approche du thème par des oeuvres artistiques les plus contemporaines. La manière de tisser les fils est remarquable, d'ouvrir la discipline ethnologique si habituellement repliée sur elle-même (ce qui n'est pas là son moindre paradoxe) - et Jean de Loisy comme commissaire n'y est sans doute pas pour rien.
Exposition impressionnante par son assise : il est vrai que le premier texte prend bien soin de nous signaler que : "L'architecture de Jakob+MacFarlane a été conçue à dessein pour accompagner l'évolution des sensations psychiques du visiteur pendant son parcours. Il ne s'agit pas d'une simple scénographie, mais d'un objet poétique qui participe à la signification générale de l'exposition" 
Ainsi, attention !, dans cette exposition, la scénographie a du sens ! (c'est sympa pour les autres !). Bref, elle participe du message et elle n'est pas innocente. Le muséologue croit rêver et être déjà en proie aux hallucinations ! Jusque-là nous avions cru, naïvement sans doute, que c'était ce qui caractérisait la scénographie par rapport à la décoration... Mais, respect, nous sommes devant de la poésie matérialisée.
Il est vrai que la scénographie est très présente, au point que ceux qui viennent pour voir de beaux objets en sont énervés à croire le livre d'or, mais pour ceux qui cherchent dans les expositions à mettre en mouvement leur sens et leur intellect, c'est assez réussi. A voir au musée du Quai Branly jusqu'au 29 juillet (pourquoi est-ce si court ?).

samedi 16 juin 2012

Le Voyage à Nantes : c'est parti !

Depuis hier, ouverture officielle d'un programme de festivités hors du commun sur le territoire de Nantes et de la région. Avec Estuaire numéro 3, mais aussi un parcours dans les lieux institutionnels ou plus cachés de la ville, la manifestation imaginée par Jean Blaise joue du transdisciplinaire évidemment, démocratise et rend accessible l'art contemporain comme un art de rue, mêle les réjouissances et donne à la culture un horizon de proximité - bel oxymore ! Ane Leccia sur le Canal Saint-Félix, Fabrice Hyber, mais aussi Yan Pei-Ming, et Maurizio Cattelan au muséum. L'artiste universellement nantais, Pierrick Sorin et ses théâtres optiques, Les anneaux sur la quai des Antilles de Buren et Bouchain, mais aussi Orlan, Morelet, et puis le carrousel marin enchanté de l'île de Nantes, féerie de Patrick Bouchain. Nous ne pouvons tout énumérer, le programme est ici ! A voir et revoir la suite de triangles à Saint Nazaire de Fabrice Varini et aussi le jardin du tiers paysage de Gilles Clément sur le toit de la base sous-marine, une belle idée à développer et voir évoluer dans le temps. Nous avons adoré en avant-goût le Serpent d'océan, de Huang Yong Ping à St Brévin les pins.

mercredi 13 juin 2012

Des expositions à écouter

Il se trouve deux expositions en ce moment à Paris qui sont suffisamment originales puisqu'elles s'écoutent  tout autant qu'elles se visitent ! Martine Thomas Bourgneuf a invité dans un bel article critique ce week-end dans le journal Libération à visiter l'une d'elle, à savoir l'exposition sur la radio présentée au Musée des arts et métiers présentement. Belle exposition où l'on peut écouter des heures d'émissions, comme autant de témoignages de l'histoire et des évolutions de la radio en France. A noter, la scénographie attractive, et des collections du musée de la maison de la radio qui viennent appuyer un propos qui est surtout porté par le son. Un studio d'enregistrement, des interviews et une réflexion sur les évolutions actuelles futures concluent l'exposition.
C'est un peu la même chose, le son est omniprésent, pour l'exposition présentée à la Galerie des bibliothèques de la ville de Paris où une exposition dédiée à Paris en chansons offre une amusante rétrospective sur la ville. Certes, l'exposition ne dispose pas des mêmes moyens et ne joue pas dans la même catégorie, mais la démarche est sympathique. Une belle ambiance enveloppe le lieu, les visiteurs ne réfrénant guère leur envie de chantonner et de deviner qui vocalise au gré de la sélection faite par les concepteurs. Le sujet est immense, et l'on saisit combien la ville lumière fascine. Il y manque le volet des chansons de révolte qui ont si souvent habité les pavés de la capitale, mais cela mériterait une exposition en soi. On peut rechercher les chansons se rapportant à tel ou tel quartier, et ainsi se laisser surprendre.

A visiter également les deux sites internet : Paris en chansons
et le site du musée des arts et métiers qui propose une petite évaluation pour aider à sa refonte.

mardi 12 juin 2012

Curiosité angevine

En passant par Angers, n'hésitez pas à faire un détour par Beaufort en vallée pour visiter le musée Joseph Denais. Le lieu relate une histoire de la muséologie, certes bien connue des spécialistes, mais finalement encore peu visible de nos jours. Ce musée de collectionneurs installé au début du siècle dernier dans un curieux bâtiment, agrémenté d'une extension dans une ancienne caisse d'épargne, au coeur d'un charmant petit village, a été rénové par les soins du Conseil Général et inauguré il y a peu. La rénovation a respecté l'esprit du lieu et rend compte du charme de ces accumulations, avec des collections certes classées par thématique, mais dont l'enchantement réside surtout dans l'imaginaire suscité par des rapprochements incongrus. La partie contemporaine du musée n'est toutefois pas la plus convaincante. Puisque ce musée interdit à ces visiteurs de faire des photographies (on se demande bien pourquoi), nous nous étions promis de ne pas en parler sur ce blog, à l'instar de ce que nous faisons habituellement, mais nous n'avons pu résisté tant son caractère est singulier. Dommage que nous ne puissions donner envie de le découvrir en mettant l'eau à la bouche par quelques visuels...

jeudi 7 juin 2012

Circuler !

Circuler, quand nos mouvements façonnent les villes, exposition conçue et scénographiée par l'architecte et ingénieur Jean-Marie Duthilleul à la  Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris. Il s'agit de porter le regard sur le mouvement pour comprendre l'architecture et l'urbanisme, ce qui est une belle idée. Le propos est un peu trop centré sur le bâti lié aux transports, gares, aéroports, parkings... ce qui est un peu dommage, davantage que sur les logiques d'ensemble, les approches urbanistiques, les réseaux et les flux. Grande exposition qui fait le point d'abord sur le plan historique, mais qui ne délaisse pas la réflexion contemporaine et les aspects prospectifs dans sa dernière partie. Les extraits de films en grand nombre (mais quel film ne pourrait pas intégrer un pareil sujet ?!), sont là pour montrer combien le thème est redondant. Certes un peu répétitive, avec ses alignements de documents, notamment de photographies classées par thèmes, l'exposition aborde néanmoins quelques beaux sujets et fait preuve de belles innovations. Le graphisme y est plaisant et inventif. A voir avant le 26 aout.

mercredi 23 mai 2012

Mary Pickford : l'invention du 7ème art

Exposition pour connaisseur ! L'exposition sur Mary Pickford au musée McCord à Montréal intéresse par son thème, retraçant l'invention du star système par une femme contemporaine et collègue associée de Charlie Chaplin. Cette femme de génie n'hésite pas à prendre des risques, à créer sa maison de production et à se lancer dans les affaires à une époque où ce monde n'est guère ouvert aux femmes. Elle participe de l'invention des industries cinématographiques. L'exposition est prenante, même si l'on regrette malgré tout que les extraits de films présentés soient bien courts, ils mettent en appétit puis laissent sur sa faim. L'exposition présente essentiellement des objets se rapportant à la vie et aux succès de cette femme qui rencontre la célébrité avant que de connaitre des déboires. Pour celui qui ne connait pas cette héroïne nord-américaine (elle est originaire de Toronto), l'introduction pour remettre dans le contexte de l'époque est un peu trop sommaire. Toutefois, on se laisse prendre à découvrir avec plaisir celle qui a alors connu un succès populaire. Une belle figure du septième art à l'heure où certain(e)s critiquent le festival de Cannes pour sa politique trop masculine, ignorant que le cinéma est aussi produit par des femmes et qu'elles n'y tiennent pas que des rôles de jolies actrices. Mary Pickford fait partie des pionnier(e)s, cette exposition lui rend justice.

dimanche 20 mai 2012

Moi mon colon, l'expo que je préfère...

La muséologie n'est pas une longue marche en avant, affinant et précisant ses logiques pour parvenir à la meilleure des expressions. Il est des progressions et des retours en arrière, des avancées et des propositions rétrogrades. Certes, il en faut pour tous les goûts aussi. Tous les visiteurs ne recherchent pas la même chose dans les expositions. Toutefois, est-il vraiment raisonnable d'inaugurer en 2012 un musée en s'enorgueillissant de disposer de 50 000 objets ? Est-il opportun de les aligner dans les vitrines pour attester de son importance ? Faut-il s'en tenir au discours convenu et attendu ? Quand le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux s'en tient à présenter ainsi des alignements dans une scénographie plus ou moins heureuse, on demeure perplexe en songeant que l'Historial de Péronne  a déjà vingt ans et que ce qui a constitué alors une révolution ne semble pas avoir animé beaucoup la réflexion en Seine et Marne. Le musée d'Ypres est en cours de réfection et l'on en attend beaucoup tant la version précédente jouait sur un autre registre, qui dans son style était très convainquant. La volonté de sensibilisation du public doit-il conduire un musée de la première guerre mondiale à proposer des jeux ? Ne devrait-on pas conserver une certaine solennité et faire réfléchir, émouvoir, plutôt que d'amuser et impressionner ? Si le début de l'exposition, la période précédant la guerre, est assez bien fait, c'est qu'il y a peu d'objets à montrer, mais ensuite cela s'aggrave ! Pour finir, on défile devant des rangées d'objets classés comme en de vastes réserves ! Bref, il n'y a pas là l'oeuvre d'un musée renouvelant les formes de la muséologie pour le XXIème siècle !

A ce sujet voir l'intéressante analyse de Nicolas Offenstadt par ici.

vendredi 18 mai 2012

Néon, Who’s afraid of red, yellow and blue ?

Que la lumière soit. La Maison rouge s'illumine ces temps ci de drôle de façon. Première exposition consacrée à l'art du néon ! Genre populaire un brin méprisé, révélé ici par les plus grands noms, avec un panorama du genre des années 40 à nos jours, avec de très belles propositions de François Morellet, Lusio Fontana ou Bruce Nauman. Art renouvelé avec Claude Levêque, Sylvie Fleury, Jason Rhoades aujourd'hui. Une exposition qui se donne sans complexité, qui se laisse apprécier sans demander beaucoup d'investissement intellectuel. Il est peut être dommage que l'exposition se cantonne à l'artistique et ne soit pas une entrée pour s'interroger sur les nouveaux visages de la ville, la manière dont le néon transforme la perception urbaine et en quoi l'art y joue un rôle. La confusion entre les espaces, celui du boulevard et de la salle d'exposition, dans lequel le néon tient une place de premier plan pour hypnotiser le passant et le mettre sous le charme de la fée électricité est peut être le meilleur signe de cette artialisation de la vie... Les oeuvres sont ici un peu isolées et apparaissent parfois étranges, dans ce cas plus que dans d'autres peut être, alors qu'il faut les imaginer prendre place dans un environnement plus propice.

mardi 15 mai 2012

Quai Branly : toujours et encore !

La traduction en français de l'ouvrage de Sally Price, Au musée des illusions : le rendez-vous manqué du quai Branly vient s'ajouter à une longue liste de publications. Rarement un musée aura fait couler autant d'encre en si peu de temps. Si l'on considère l'histoire du musée de l'Homme et les polémiques qui entachèrent la création de Branly, puis sa réception, la littérature est impressionnante. La vision d'une célèbre anthropologue américaine est évidemment un regard inestimable. Il est dommage que le livre soit parsemé d'erreurs, de mauvaises compréhensions de certains aspects nationaux ou de parti-pris parfois un peu caricaturaux, ceci amenuise la portée d'un ouvrage qui demeure, malgré tout, important pour retracer l'histoire du lieu. Contrairement à d'autres témoignages d'acteurs impliqués, l'appréciation de Price pourrait paraitre plus objective. L'auteure apporte des éléments à la réflexion et dresse un sévère réquisitoire contre l'approche archaïque d'un musée qui se rêvait comme l'ouverture innovante du XXIème siècle. C'est tout-à-fait justifié. Toutefois, il est étonnant de voir que l'ethnologue qui comprend fort bien les Dogon, les Tifalmin ou les Paramaka, semble avoir beaucoup de difficultés en revanche pour comprendre la conception française de la laïcité ! Comme si l'intrication de la religion et du politique rendait la société américaine plus proche des sociétés traditionnelles... De même, on aimerait que la critique portée envers la France et de sa difficulté à aborder la période coloniale trouve son équivalent, car si les amérindiens gèrent le musée à Washington, nous n'avons encore guère vu d'exemples d'autoflagellation américaine sur les génocides remontant au temps des conquêtes ou sur les crimes contre l'humanité perpétrés pendant la guerre du Vietnam... Il est peut-être plus facile de donner la parole aux communautés que de s'adonner à une autocritique. Si nous avons beaucoup de désaccords avec les thèses défendues par l'auteure, notamment sur la politique des restitutions ou sur la légitimité de parole accordée aux descendants d'une culture (qui entérine un essentialisme que l'auteure critique par ailleurs), en revanche les analyses sur les idéologies qui sous-tendent le musée du quai Branly sont des plus pertinentes à examiner. Une lecture qui demeure par conséquent stimulante. 
et à écouter

jeudi 10 mai 2012

Projections abstraites

Très belle oeuvre de Carsten Nicolai, Unidisplay, présentée en ce moment au musée d'art contemporain de Montréal dans le cadre de l'exposition sur les abstractions géométriques. Nous ne sommes guère amateur du genre habituellement, mais les abstractions sont ici proprement envoutantes, avec une captation du regard qui se promène de la science à l'art, de l'abstraction aux évocations des séries aléatoires et du cosmos aux matrices informatiques. Le mur écran avec ses deux miroirs de côté est d'une grande portée évocatrice. Cet art mathématique est plus convaincant que celui vu dernièrement à la Fondation Cartier à Paris. Le travail sur le son de cet artiste allemand est également très en phase avec cet hypnotysme généré par l'image en mouvement. Les séries toujours recommencées, toujours différentes, les séquences, les motifs géométriques, les ruptures, et puis ces fenêtres qui s'ouvrent sur mille possibilités et qui en choisit une pour nous emmener dans une expédition, avant que de revenir à l'écran de contrôle pour en sélectionner une autre. Une oeuvre que l'on pourrait regarder des heures durant, tant elle est éternellement recommencée. A voir jusqu'au 27 mai.

jeudi 3 mai 2012

Tim Burton

Qui prétendra que la culture n'intéresse pas ? Il est vrai qu'elle ne fait guère débat, et que ces élections ont démontré que les seules questions culturelles abordées par les candidats concernaient Internet et Hadopi. Pour le reste, le Syndeac a beau faire des lettres ouvertes, l'association des conservateurs des livres blancs, la revue Cassandre lancer des forums de débats et d'interpellations... tout cela demeure confiné, et les partis politiques s'en désintéressent visiblement. Le public est pourtant au rendez-vous, les jauges sont pleines dans les théâtres, les fréquentations augmentent dans les cinémas, les musées attirent toujours davantage. Certes, il y a des expositions blockbusters qui peuvent expliquer cela. Ainsi l'exposition Tim Burton à la Cinémathèque. Pourtant ce n'est vraiment pas l'espace adapté pour recevoir des foules, mais le succès est impressionnant. Le lieu a déjà dépassé les 100 000 visiteurs et va très certainement battre le précédent record des 140 000 visiteurs de l'exposition Kubrick en 2011. Comme dans cette dernière les reliques sont présentées et des admirateurs viennent se recueillir. Bon l'exposition est sans doute émouvante pour les fans, mais c'est ce qui entoure l'exposition qui demeure pourtant le plus original. Les projections, mais surtout l'appel à participation pour réaliser son film d'animation par exemple. Et même des quiz au restaurant le 51 ! On trouvera tout cela sur le site de la Cinémathèque.

lundi 30 avril 2012

Brûler les oeuvres avant de brûler les musées

On se souvient du titre de l'article de Jean Jamin en 1999 qui posait la question : "Faut-il brûler les musées d'ethnographie ?", il faisait écho aux provocations des surréalistes invitant à bruler les musées pour stimuler la création contre tous les conservatismes. Certains disaient même le Louvre, crime suprême ! Les musées avaient alors mauvaise presse chez les artistes. Les temps ont bien changé et ce n'est pas par désir révolutionnaire que l'on voit aujourd'hui un conservateur menacé de brûler les oeuvres, puis passer à l'acte. C'est par désespoir, frappé par la disette budgétaire. Le conservateur du musée d'art contemporain de Casoria près de Naples lance ainsi un cri d'alerte, relaté par bien des médias, dont le Monde. Avec l'autorisation et le soutien des artistes concernés, il commence à faire le vide. Il n'y aura ainsi plus besoin de crédits pour entretenir ce patrimoine. En Espagne, le conservateur du musée du Prado n'imagine heureusement pas de telles extrémités, mais reconnait également une baisse de 30% de ses subventions et il avertit également dans le Monde d'une situation qui va devenir dramatique et intenable pour bien des sites plus modestes. Quand est-ce que l'on change de modèle économique et que l'on invente autre chose ?

mercredi 25 avril 2012

Nouveau Palais de Tokyo

Nous attendions sa réouverture : il y a de quoi se perdre en effet dans ces nouveaux espaces immenses du Palais de Tokyo. Avec une double présentation, gratuite en partie pour les propositions de la Fondation Pierre Bergé et Yves Saint Laurent et payante pour la Triennale Intense Proximité, le Palais expose de multiples oeuvres de la création contemporaine. Comment s'y retrouver ? Comment lire et comprendre ? Aucun accompagnement des visiteurs, de vagues cartels scotchés sur les poutrelles en béton, et puis rien d'autre. Certes quelques médiatrices sont présentes pour répondre, mais à quoi ? On ne sait pas, car il faudrait pour que l'on entame le dialogue que les oeuvres donnent une quelconque envie de se poser des questions. La plupart sont jetées là et nous laissent complètement froids. Contrairement aux propositions de l'art contemporain tel qu'on l'aime, quand il est occasion de conduire et de susciter une réflexion sur un thème, on saute ici d'une chose à l'autre comme dans n'importe quelle biennale. Vaste supermarché de la création contemporaine. Il y a bien le thème de l'ethnologie qui se voit instrumentalisé et récupéré, parce que tout se recycle dans cette société de consommation fusse t-elle culturelle. Le lieu est curieux et toujours étonnant à surprendre dans ce XVIème arrondissement de Paris, toujours plus friche et plus mode, ou plus moche pour cette nouvelle version.

samedi 7 avril 2012

Joel-Peter Witkin

Exposition dérangeante, comme on les aime, à la BNF Richelieu, avec ces oeuvres photographiques de Joel-Peter Witkin dont nous avions eu le plaisir de découvrir le travail il y a longtemps déjà. Oeuvres morbides, glauques, improbables, mais qui font référence à bien des obsessions qui ont hanté les artistes depuis toujours. C'est l'intelligence des concepteurs que de mettre en parallèle les héritages du passé depuis Goya, Rops, Picasso et bien d'autres et les productions de cet artiste hors norme. Si les clichés évoquant l'univers forain sont malheureusement moins bien représentés dans cette exposition, et que les oeuvres les plus difficiles à regarder sont également moins présentes, il y a malgré tout un beau panorama de ses productions. Avec toujours des compositions très soignées. Là où l'esthétisation des cadavres chez Van Hagens semble déranger, il apparait peu de réactions offusquées contre Witkins : est-ce parce qu'il est moins connu ? Est-ce parce qu'il ne tourne pas avec des expositions pensées comme des superproductions ? Ame sensible s'abstenir...

lundi 2 avril 2012

Artemisia

Il est plaisant de découvrir de nouveaux artistes qui nous avaient échappé, de les redécouvrir. C'est d'autant plus plaisant quand il s'agit d'une femme artiste, pionnière de l'histoire de l'art. Une belle figure à enseigner pour que toutes les petites filles puissent disposer enfin de modèles d'identification ! Alors que l'on entendait dire il y a peu de temps encore que c'était une fatalité, et que nous n'avions malheureusement que peu d'artistes féminins dans l'histoire de l'art... Quand on cherche, on trouve ! Nous aimons Elisabeth Vigée Le Brun, mais Artemisia Gentileschi est également fort intéressante. Comme le Caravage, il aura fallu trop attendre pour la redécouvrir. C'est un véritable plaisir, non seulement parce que son histoire est touchante et exemplaire, mais aussi parce que sa peinture est souvent prenante. Curieuse époque où l'on prenait plaisir à se repaitre dans les représentation du meurtre et de la violence, mais est-ce si différent aujourd'hui ? !

Remarquons quand même la politique commerciale agressive du musée Maillol, allez jusqu'à proposer du parfum et des savonnettes au nom de l'artiste en boutique, quand même est-ce bien raisonnable ? ...

mardi 27 mars 2012

Exhibitions. L'Invention du sauvage

Prenez des tableaux, des têtes en cire, des artistes, des hommes politiques, des affiches de spectacle et des cartes postales des expositions universelles, et toute iconographie où figure une représentation de l'Autre, de celui que l'on nomme pour cette exposition présentée au Quai Branly, le sauvage : figures mythologiques de l'homme des bois, monstres et êtres difformes et surtout figures d'hommes et de femmes noirs... Tout est bon du moment que cela permet de créer un discours manichéen et très binaire, simpliste à l'excès, mais très politiquement correct pour dénoncer le méchant Occident qui a construit l'Autre. Le problème c'est qu'à force de pointer toujours dans le même sens cela devient suspect, car la thèse ne tient pas très bien. S'il y a mise en représentation des noirs, des indiens ou des papous, c'est que tout est mis en représentation, y compris les bretons, les alsaciens, mais aussi les bourgeois dans les comédies musicales... C'est le paradigme du XIXème siècle que de mettre en représentation et c'est là l'origine de la société du spectacle. N'extraire qu'une facette où ne figure que des noirs est problématique. Mélanger les noirs et les monstres dans l'exposition est tout aussi douteux que dans la réalité de l'époque. Sans évoquer non plus le voyeurisme que l'on suscite chez le visiteur lui-même et que quelques miroirs ne suffissent pas à questionner. De même, ne peut-on pas accuser cette exposition de déployer une conception raciste (malgré la présence de la Fondation Thuram) ? Car que signifie de montrer des rois et des ambassadeurs à la cour du roi ? Les gens de pouvoir n'attirent-ils pas toujours la curiosité ? Où commence l'exotisme de l'Autre ? La reine d'Angleterre déplace également les foules ! Pourquoi montrer par exemple ces gravures d'ambassadeurs de Louis Surugue de Surgis si ce n'est que ce sont des hommes venus d'Afrique ou d'Asie ? Le racisme ne commence t-il pas ainsi ? Il serait possible de faire bien d'autres remarques. Est-ce honnête de mélanger sans avertir réellement le public les représentations de ceux qui étaient déplacés et forcés de s'exposer dans les expositions universelles, de ceux qui l'étaient pas leur propre pays, de ceux qui étaient rémunérés pour cela et qui bénéficiaient de contrat de travail ? Les artistes qui viennent danser alors, comme du Royaume du Siam, sont-ils parfois si différents de ceux qui viennent aujourd'hui à la Maison des cultures du monde ou sur la scène du Quai Branly ? Pourquoi ne pas s'attarder sur la revue nègre quand Joséphine Becker finançait ainsi les expéditions de la mission Dakar Djibouti, source de certaines collections du musée ? Comment le musée du QB lui-même présente t-il les autres cultures en les traitant comme des isolats dans ses expositions permanentes ? Plutôt que de clamer pour finir la disparition des zoos humains, ne serait-il pas intéressant de faire réfléchir le visiteur sur certaine forme de tourisme international, quand des hordes d'Occidentaux vont photographier par exemple les tribus du nord de la Thaïlande ? Une exposition certes très belle, mais dont le contenu est fort discutable... Heureusement, il reste un très beau catalogue qui témoigne de recherches conséquentes.

vendredi 23 mars 2012

Roulez Carrosses !

Ils sont arrivés enfin à Arras les fameux carrosses tant espérés de Versailles, ils ont pris place au coeur de l'abbaye Saint Vaast, entourés de tableaux les mettant en scène, selon leurs usages, à la chasse, à la guerre, par les rues et les champs. De forts beaux tableaux historiques, même si nous préférons malgré tout celui de Natier ! Du carrosse de Louis XV au premier véhicule de la République. En relatant l'évolution technique de ce moyen de transport, l'exposition convie à la découverte d'un pan de l'histoire de France, et braque le projecteur sur de beaux objets, demeurés longtemps dans l'ombre et l'oubli, donnant ainsi l'occasion de les restaurer. Les explications sont essentiellement historiques. Il est vrai qu'il n'est guère besoin de s'attarder longuemment sur le statut social qu'ils représentent, la symbolique du pouvoir qu'ils charrient quand on constate leur richesse et leur somptuosité. On ne viendra pas dans l'exposition non plus pour comprendre comment on les utilisait, la vie de ceux qui en usaient, la dextérité des conducteurs, encore moins les conditions de vie des palefreniers. Pour ça, mieux vaut aller voir L'Adieu à la Reine ! Rien non plus sur ce que cela impose de contraignant ou de souffrance éventuelle aux chevaux ! Non le visiteur viendra pour admirer de magnifiques objets, s'intéresser à l'histoire de France, tout ébloui des ors de la monarchie ! Les révolutionnaires avaient raison, il était prudent de dépecer le carrosse du sacre de Louis XVI ! La force de beaux objets peut être ferments contre-révolutionnaire.

Belle scénographie très posée de Frédéric Beauclair. Regrettons seulement que celui qui fait oeuvre de scénographie soit appelé muséographe (ici, comme au Louvre-Lens...). A croire que les plus grandes institutions n'ont pas encore compris la différence qu'il conviendrait pourtant de faire pour s'y retrouver quelque-peu entre ceux qui travaillent aux contenus et ceux qui les mettent en forme et en espace... Bref, sujet d'éternels énervements en lisant les génériques d'exposition...
Signalons enfin le travail remarquable d'actions culturelles conduit localement par les chargés de mission pour donner à l'exposition toute son envergure et sa place dans la cité.

vidéo sur l'expo : http://dai.ly/GQRdW1

samedi 17 mars 2012

L'oeuvre et ses archives

Exposition aux allures hermétiques, mais qui recèle plusieurs niveaux d'intérêts sur la plan muséologique, avec L'Oeuvre et ses archives, le CAPC présente trois oeuvres de sa collection permanente de Daniel Buren, Mario Merz et Claude Rutault. A priori, ce sont moins les oeuvres en soi de ces trois artistes qui retiennent l'attention que la réflexion à laquelle elles engagent sur leur condition de présentation et de conservation par l'institution. En effet, ces oeuvres ont été présenté dans des contextes et avec des modalités différentes selon les expositions, dès lors que faut-il adopter à l'avenir comme références ? D'une autre manière, que faut-il patrimonialiser et conserver comme étalon ? L'artiste peut faire évoluer ses oeuvres, les retoucher, revenir et les transformer, mais l'institution qui les acquiert, qui les conserve et qui les remet en scène dans de nouvelles expositions doit adopter quel parti-pris ? Au travers de documents d'archives, le CAPC invite ainsi le visiteur à s'interroger non seulement sur les processus de création, mais aussi sur les problématiques muséologiques que l'on peut appréhender du point du vue du conservateur.

lundi 12 mars 2012

Aller Retour vers le futur

Le message n'est pas toujours des plus limpides et l'on ne sait pas toujours si le futur a une belle gueule, mais les oeuvres présentées nous invitent à l'étrangeté. Cascade inversée de Heewon Lee, Micro-ferme et jardins hors sols de Damien Chivialle, ou animaux peu câlins pour Pleix, collectif de 7 artistes, dans Hybrid, puisque ces gentils animaux deviennent féroces dès que l'on veut en approcher, toutes ces propositions pourraient nous faire croire qu'il s'agit de mettre en scène nos rapports à la nature. Cette exposition à la Gaieté Lyrique est davantage préoccupée par une exploration temporelle.

L'espace est agréable, dédié aux arts numériques, il permet de faire revivre un lieu longtemps laissé à l'abandon. On devra tester le dispositif audioguidé qui invite à revisiter l'histoire de cette salle de spectacle, de l'abri pour éléphants au rez de chaussé, jusqu'au foyer et aux musiques de la folle vie parisienne à l'étage. Des courts témoignages et des extraits d'entretiens sont proposés selon les lieux à partir des flash codes, que l'on peut même alimenter grâce à un dispositif contributif. La technique d'interprétation des lieux de KOM.POST & ORBE est en test, elle va gagner très certainement de nombreux endroits dans un proche avenir.

lundi 5 mars 2012

Iturria, la vie comme elle va

Original événement au succès garanti, l'exposition des dessins de presse d'Iturria pour le journal Sud Ouest présentée au musée d'Aquitaine de Bordeaux depuis vendredi est des plus agréable. Drôle, simple et efficace, pour en résumer l'esprit. Des dessins sur l'actualité politique des trente dernières années, mais aussi des enjeux de société, des planches de ses bandes dessinées sur le rugby et plus largement sur la vie régionale, aux fortes tonalités régionalistes. La manière de mettre en scène par le musée, avec des dessins en grand format, en silhouette découpée, est très plaisante et donne à l'exposition une forte présence. Notons le parcours spécifique pour les aveugles, avec un tracé au sol assez étrange, mais aussi des reproductions tactiles d'une sélection de dessins. La conférence d'ouverture avec Cabu et l'inauguration promet un beau succès pour cette exposition à voir durant les trois prochains mois.

lundi 27 février 2012

Centre Pompidou Mobile

Intéressante opération à analyser, pleine d'ambivalences et de paradoxes. C'est ce que les étudiants du master Muséo-Expographie ont tenté de saisir lors du voyage d'étude réalisé à Cambrai, seconde étape du Centre Pompidou Mobile, avec un dispositif initié par le Centre Beaubourg, et initié dans le cadre du feu Conseil à la Création artistique. Les collectivités territoriales se montrent particulièrement volontaires en finançant largement le fonctionnement et la venue des 15 oeuvres mises en scène sous la structure mobile imaginée par Patrick Bouchain. Les médiations mises en oeuvres sont originales, et constituent un pari risqué et imparfait, mais qui donne à réfléchir sur les difficultés et les impératifs d'une démocratisation souvent inaccessible. Le rêve que nourrissait déjà Le Corbusier dans les années 30 avec son musée itinérant trouve ici son lieu d'exercice. Il fallait le faire. Après Cambrai, la structure sera accueillie à Boulogne, puis poursuivra son tour de France bien singulier. Seule une évaluation permettra de dire si les objectifs d'accessibilité par de nouveaux publics seront atteints, et si ceux-ci se précipiteront ensuite dans les musées de la région, soudain frappés par la révélation de l'art !

samedi 25 février 2012

La bosse des maths

Exposition pour initiés ? En tous les cas, il faut être à l'aise avec les mathématiques pour y comprendre quelque-chose. On veut bien croire qu'il y a là des choses étonnantes, mais il faut le croire sur parole. La rencontre de l'art contemporain et des mathématiques laisse pantois, et l'on ne sait que penser de cette exposition fort peu attrayante. La Fondation Cartier pour l'art contemporain a certes eu une idée originale de marier ainsi des univers inattendus, mais le profane est quelque peu oublié en chemin. Que faut-il en retenir ? Qu'en retiendrons nous ? Pas grand chose sans doute. Huit scientifiques rencontres neuf artistes, l'idée est belle. Cependant, le dépaysement soudain laisse un peu de marbre, malgré que les artistes soient en principe convoqués pour nous faire vivre une expérience sensible. Comme un voyage dans une planète si lointaine que l'on ne sait même pas s'il a eu vraiment lieu.

mardi 21 février 2012

Danser sa vie

Exposition très convaincante qui déploie un magnifique panorama sur la danse, où les documents d'archives répondent aux tableaux et aux sculptures et évidemment aux documentaires et captations audiovisuelles de spectacle. Différents thèmes sont tour à tour abordés, les écoles et les mouvements artistiques, qui permettent de cheminer de manière logique et rationnelle, dans une optique pédagogique qui ne met pas à mal, pour autant, le plaisir que l'on peut avoir à flâner et découvrir au grès des découvertes. Une belle proposition qui confirme la maitrise de Beaubourg dans l'art de l'exposition. Mention spéciale pour les danseurs du lac majeur près d'Ascona, datant de 1914, descendants de cette utopie fouriériste, remplis d'amours, à l'aube d'une guerre qui se révélera l'effroyable boucherie que l'on sait. Et puis ces mises en perspective entre oeuvres et moments dansés. Un très beau télescopage, plein de sens.

mercredi 15 février 2012

L'Europe des esprits

Très beau thème pour une exposition dont la plus grande réussite aura été sans doute la communication, conduite de manière magistrale. Comme en atteste la revue de presse abondante, elle aura été remarquée de très loin, provoquant les déplacements vers Strasbourg où se tenait au musée d'art moderne et contemporain cette exposition L'Europe des esprits ou la fascination de l'occulte (1750-1950). A l'heure de son bilan, que pouvons nous en retirer ? D'abord que le thème exigeant est original, et que l'on se plait toujours à découvrir des expositions thématiques qui invitent à relire autrement l'histoire, et dont l'histoire de l'art n'est qu'un élément. Mais c'est peut-être un des écueils de cette exposition, de n'être pas allé assez loin dans l'élaboration d'une vraie réflexion transversale. En composant une exposition en trois parties, si ce n'est trois expositions rassemblées dans un même bâtiment, avec une partie consacrée à l'histoire de l'art réalisée par le musée, une partie à l'histoire et aux archives, réalisée par la bibliothèque, et enfin une partie sur les sciences réalisée par le Jardin des sciences, il y a une volonté de partager une même dynamique, mais cela ne fait pas une exposition transversale pour autant. Ainsi de mêmes thèmes sont abordés plusieurs fois, en laissant le visiteur assurer seul le dialogue et les connexions. Si bien que l'exposition produit ce qu'elle devrait dépasser, la séparation des disciplines ! En embrassant trop largement, elle produit aussi un grand bain dans lequel on surnage difficilement, au risque de se noyer. Sans parler de la muséographie et de la scénographie très inégales selon les parties de l'exposition, la tentative était belle, elle laisse un goût d'inachevé. Une belle accumulation d'objets et d'oeuvres, une recherche certes importante de pièces, dans toute l'Europe, au risque du reste d'une absence fatale de hiérarchies, mais surtout d'un manque de clarté évident dans le propos. L'exposition reste au milieu du guet, entre une exposition d'art et une exposition à thèse, telle qu'un Jean Clair a pu en proposer magistralement par le passé. Une exposition certainement produite trop vite.

vendredi 10 février 2012

Sept fois plus à l'ouest

Yann Kersalé expose présentement à l'Espace Electra à Paris les projets conduits principalement en Bretagne, sa terre de prédilection. Jeux avec la lumière, jeux malicieux et souvent astucieux pour faire ressortir autrement le quotidien de la nuit. Saisissant le passant par des jaillissements imprévus, l'artiste fait surgir une beauté nouvelle, fruit de l'électricité et de l'ingéniosité. En réinvestissant les idées pour en faire autre chose, l'exposition témoigne de la démarche, rend compte d'une situation en créant une situation nouvelle, celle de l'espace d'exposition dans les murs pour s'inspirer du hors les murs. Fort habile et surprenante, l'exposition invite à aller sur place, mais propose aussi une cohérence interne, et se visite pour elle-même, puisque ce sont souvent de nouvelles oeuvres qui font simplement des clins d'oeil à leur grande soeur. Sorte de poupée gigogne, de mise en abîme. Ainsi cette installation pour le centre des télécommunications de Pleumeur-Bodou. Mais il y a aussi les alignements de Carnac, le phare de l'Ile Vierge, le Sillon noir, le Chaos du Diable et bien d'autres noms de lieux inspirants !

jeudi 2 février 2012

La France en relief

Ce n'est sans doute pas véritablement une exposition de préfiguration, mais disons un avant-goût d'un projet qui se veut résolument tourné vers les territoires et vers la France entière. La future Maison de l'Histoire de France se veut une tête de réseau et entend fédérer les musées et lieux d'histoire disséminés ici ou là. Des têtes de réseaux qui avaient cette volonté, il y en a eu un certain nombre à Paris, dans bien des secteurs, espérons que cette volonté dans le champ de l'histoire ne tombera pas dans l'amnésie... Ce serait un comble ! Cependant si la mémoire est importante, elle est d'autant plus intéressante, à notre goût, quand elle est reliée aux problématiques contemporaines. Ce n'est pas vraiment le cas pour cette première exposition présentée aux Galeries du Grand Palais dédiée aux plans reliefs. Certes la mise en parallèle de la ville de Brest et sa destruction est émouvante. On peut découvrir quelques villes de France, fortifiées, et la splendeur d'un temps qui n'est plus, époque où le roi demandait à Vauban s'il construisait sa citadelle bisontine en or tant celle-ci était couteuse aux deniers de l'Etat. Les temps ont bien changé, et on ne peut pas dire que ni la restauration des monuments historiques, ni l'architecture contemporaine, ne bénéficient désormais de largesses. Reste que cette exposition est une mise en bouche, assez belle dans sa présentation, même si le contenu n'est pas renversant.

vendredi 27 janvier 2012

Musées (em)portables

Une fois n'est pas coutume, citons un article du Figaro ! Il rend compte du prix du Sitem décerné aux musées (em)portables. Intéressante initiative qui consiste à inviter les visiteurs à réaliser des films avec leurs portables et à les partager. Belle appropriation des musées par les visiteurs, et notamment, à l'instar de ce premier prix, des jeunes entonnent un rap franco-espagnol au musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. C'est étonnant, et l'on ne sait au premier abord ce qu'il faut en penser, tant le sujet est délicat, mais c'est peut être une manière différente de sensibiliser. Pourquoi ne pas admettre que l'on puisse développer de nouveaux rapports aux lieux, de nouveaux regards ? En tous les cas, l'exercice est intéressant dans ce qu'il signifie des nouvelles approches, participatives et investies des lieux de culture. Loin des institutions repliées sur elles-mêmes, l'exercice invite pleinement à penser le musée comme un lieu d'inventivité et de nouvelles pratiques. "Une nouvelle culture", pour citer Bernard Deloche.

La Franche-Comté se distingue par le premier et le quatrième prix, celui attribué à Yvain Reydy pour Les Tribulations d'un rouleau de scotch au musée, au musée de Dôle, que nous apprécions particulièrement, et que l'on pourrait dédier à Thomas Hirschorn ! Mais quand même, nous, notre préféré, c'est Mosquito... à découvrir...


samedi 21 janvier 2012

Bêtes Off

Très belle exposition présentée à la Conciergie à Paris après l'avoir été dans plusieurs sites gérés par le Centre des Monuments nationaux. Bêtes Off rassemble une belle anthologie d'artistes contemporains s'attaquant à la question animalière. Claude d'Anthenaise, le conservateur talentueux du musée de la Chasse et de la nature, assisté de Raphaël Abrille sont les commissaires, et signent une proposition qui trouve un beau succès auprès du public. Certes, il y a bien quelques grincheux qui, venus pour voir le bâtiment, protestent dans le Livre d'or, comme à chaque fois qu'il s'agit de faire vivre un lieu en lui trouvant d'autres fonctions que lui-même. Pour les autres, ils s'étonnent, admirent, s'amusent et s'enthousiasment en découvrant par exemple le repas singulier de Greta Alfaro, pour ne pas évoquer celui de Isabelle Lébvénez, les installations étranges de Nikolay Polissky ou encore l'esprit de la baleine illustré par Julie Faure-Brac différemment de Christian Gonzenbach. C'est plus de 50 oeuvres qui dialoguent et se télescopent (parfois un peu trop quand l'accrochage est peu élégant). Par dessus tout notre enthousiasme va à Claire Morgan avec Here is The End of All Things. Magnifique.

A voir jusqu'au 11 mars.

jeudi 19 janvier 2012

Nouveau manuel de Conception des expositons

Vient de paraitre un nouveau manuel de conception des expositions que nous venons de lire. Signé par Pam Locker, professeur à l'Université Lincoln au Royaume-Uni. Nous sommes toujours heureux de découvrir des nouvelles publications en muséologie. D'un très bel aspect, richement documenté, avec des photographies de qualité, agréablement mis en page, le livre est d'une très belle facture. Il est très attractif. Toutefois, le problème réside dans la traduction et de ne pas réellement correspondre aux réalités des métiers tels qu'ils se développent localement, notamment en France. Outre que ce manuel parait très flou, dans sa démarche méthodologique et qu'il semble assez peu structuré dans son développement, il tend à confondre, comme c'est souvent le cas, - et comme nous avions déjà pu le déplorer déjà pour l'ouvrage Scénographie d'exposition de Philip Hugues - les concepts de muséographie et de scénographie. Il est frappant que le glossaire de fin d'ouvrage ne comporte ni le terme de muséographie, ni de muséologie, ni de scénographie, pas même de programme, d'avant projet sommaire ou d'avant projet définitif... Autant de termes usités en France, alors que l'ouvrage utilise le terme anglo-saxon de Brief ! C'est évidemment un problème que de voir un ouvrage traduit sans aucune prise en compte de la réalité professionnelle hexagonale, et plus largement francophone. Plus grave, le présent ouvrage s'intéresse beaucoup aux manières de présenter, mais assez peu à la construction intellectuelle qui devrait présider à la mise en exposition. Cela nous parait d'autant plus dommageable que c'est là un travers trop fréquent dans les institutions. On peut rester très dubitatif sur l'intérêt de cette publication qui cède souvent à l'anecdotique.

mardi 17 janvier 2012

Paris sur grand écran

Magnifique dispositif, simple par sa présentation, mais impressionnant par sa réalisation, le Pavillon de l'Arsenal présente un multimédia sur Paris, qui est assez fascinant. Paris, la métropole et ses projets. Informations sur les projets d'urbanisme et architecturaux, mais survol aussi pour le simple plaisir des quartiers et découverte des aménagements. Ce projet soutenu par Decaux et Google composé d'environ cinquante écrans donne une vision de la capitale que l'on peut admirer depuis la mezzanine du Pavillon. Une présentation plus classique de trente projets de constructions de logements à Paris sont présentés à l'étage avec les différents concurrents. Au total environ 120 projets à comparer, de quoi nourrir tous les amateurs du genre.

A voir la remarquable vidéo de l'installation.

mardi 10 janvier 2012

3 grâces à Orsay...

Sur Louvre pour tous, (relayé sur le groupe Orsay Commons), Bernard Hasquenoph a raison d'attirer l'attention sur ce coup de pub. Prenant la logique de la performance, du happening, ou encore de la logique militante des actions surprises (style Greenpeace !), 3 mannequins surprennent les visiteurs d'Orsay en se mettant en petites culottes au sein des expositions. On se rappelle les mouvements de par le monde où l'on se met tout nu en guise de protestation. Voilà de la belle récupération par le système des actions de contestation, du Debord dans le texte. Outre que la vidéo montre une intervention très mauvaise, aucune réflexion sur les attitudes et les comportements qui auraient pu avoir peut-être un sens dans ce lieu où la représentation du corps dévêtu est omniprésente, il faut surtout noter que c'est ici de la pub pour une marque de lingerie célèbre qui l'affiche ainsi sur son site officiel. Bref, le musée d'Orsay pourrait réagir face à ce qui est une forme de publicité intrusive ou clandestine, sauvage, à moins que le musée ait donné son accord ? En tous les cas, c'est assez étonnant de voir qu'une marque peut filmer dans le lieu, et s'en servir pour ses bases besognes de réclames, mais que de simples visiteurs n'ont pas le droit de photographier dans ce musée !

lundi 9 janvier 2012

Mémoires du futur, la collection Olbricht

Très belle exposition, originale et troublante, La Maison Rouge propose de découvrir la collection de Thomas Olbricht, médecin allemand, qui a accumulé depuis vingt-cinq ans une formidable collection où se mêle l'art ancien et l'art contemporain. Cette façon de faire dialoguer les oeuvres du XVIè siècle, les Dürer par exemple, avec les propositions des artistes actuels est des plus passionnante. Non seulement cela témoigne d'une cohérence de collection, qui au travers des 2500 pièces acquises, revisite des thèmes intemporels, la mort, les naturalia, la vanité et la violence, les natures mortes, et les inévitables cabinets de curiosité, les figures religieuses, mais les rapprochements sont souvent troublants laissant presque à penser qu'il s'agit d'oeuvres de commande pour interpréter des oeuvres anciennes. Ainsi cette série Les Grandes Misères de la Guerre de Jacques Callot de 1633 revue par l'artiste suédoise Johanna Karlsson. La vidéo d'Antoine Roegiers à partir des gravures de Pieter Brueghel l'Ancien est captivante et souvent drôle. Elle pose aussi la question sensible d'une oeuvre médiatrice, à la fois artistique et culturelle. C'est le grand intérêt de cette exposition que de donner à découvrir des artistes peu connus en France. La liste des oeuvres et des artistes présentés est impressionnante. A voir très rapidement avant le 15 janvier.

dimanche 8 janvier 2012

Atelier photo au musée

Les jeunes ont de la chance ! Si vous avez entre 14 et 17 ans, l'Apple Store du Louvre vous propose un atelier photo en partenariat avec le musée du Louvre : vous prenez des photos au musée et ensuite vous apprenez à les retoucher et à créer vos albums avec les animateurs du magasin. Renseignement sur le site de l'Apple Store carrousel, dans les ateliers.

Prochain atelier le mercredi 11 janvier à 14h.
Une façon d'apprendre à regarder en cadrant et en cherchant les points de vue originaux, bref de développer la créativité au musée...
Et dire que pendant ce temps là, d'autres musées comme le voisin Orsay interdit la pratique de la photo dans ses salles pour mieux permettre la contemplation ! Et dire surtout que celui qui se rêve déjà en futur ministre de la culture d'un gouvernement de gauche, Christophe Girard, se prononce dans un livre récemment publié pour l'interdiction de la photo au musée. Un vrai progressiste !

samedi 7 janvier 2012

De la gratuité des musées

Lu dans les pages Débats du Monde du 4 janvier, une contribution des GRECs, Groupe d'études et de recherches sur la culture, réunissant des fonctionnaires travaillant dans le domaine culturel, intitulé Pour une autre politique culturelle visant à formuler des propositions en la matière. Au vu des idées énoncées dans l'article, il n'y a pas de révolution en perspective à attendre avec un éventuel retour de la "gauche" aux prochaines élections si ce sont les fonctionnaires qui inspirent les politiques !

Cependant une mention sur les musées peut nous faire bondir, elle vilipende "la coûteuse gratuité d'accès aux musées nationaux qui selon toutes les évaluations n'a pas permis de diversifier la fréquentation"... Et qui remplacerait "la politique des publics". Pourtant on peut s'interroger : la mise en place de la gratuité n'est-ce pas justement une mesure de politique des publics ? Mais ce n'est pas le plus grave, le problème sur le fond c'est que les études conduites démontrent au contraire l'efficacité et la diversification. Il faudrait pour l'admettre prendre la peine de lire les études existantes (rapportées par Jacqueline Eidelman, Claude Fourteau...) plutôt que de répéter les idées convenues de certains économistes de la culture, aux affirmations plus idéologiques que scientifiques, et qui n'ont réalisé eux aucune étude de terrain mais qui occupent les médias pour ressasser ce que beaucoup de conservateurs se plaisent à croire.