vendredi 3 août 2012
Alésia : trop de médiations tue la médiation
Il s'agit ici d'expliquer la bataille, son enjeu, son contexte et son déroulé pour mieux comprendre le site. Hélas, les choix faits en terme de médiations sont peu probants, une pléthore de textes à l'hideux graphisme, dont la hiérarchie se fait très mal percevoir, agrémenté de multiples multimédias peu ergonomiques et surtout d'un audioguide remis systématiquement. Le visiteur ne sait plus où donner de la tête et comme on lui propose de plonger directement dans la matière et dans force détails, sans aucun parcours vraiment lisible, s'il n'est pas un peu informé en amont, il aura des difficultés à recomposer lui-même le récit et surtout à s'y intéresser. Il devra parvenir au terme de son parcours pour disposer d'une synthèse au travers d'un film qui résume les éléments dans une fiction au demeurant assez kitsch. Cela arrive un peu tard pour interpeller et susciter l'intérêt. C'est finalement la partie contemporaine sur Napoléon III qui parait la plus réussie. Enfin les animations et reconstitutions en extérieur sont intéressantes dans leur genre, mais paraissent un peu ridicules par leur taille. Signalons aussi une scénographie de l'exposition signée Guy-Claude François, avec quelques belles idées, mais dont on se demande comment elle va vieillir tant elle parait déjà mis à mal avant son premier hiver... Bref, on ressort du site en se disant qu'il est bien difficile de faire des expositions convaincantes...
à regarder : http://www.dailymotion.com/video/xpmst3_museoparc-d-alesia_tv
vendredi 27 juillet 2012
Par nature
vendredi 20 juillet 2012
Voir autrement le Brésil
Notons surtout que dans le même bâtiment du Palais Impérial, à l'étage, dans un autre genre, est exposée une superbe sélection des travaux de photographes brésiliens du Fond photographique ITAU. Notre palme d'or revient sans conteste pour ce qui nous concerne à Eustaquio Neves dont l'oeuvre est époustouflante. A voir par exemple ici.
dimanche 15 juillet 2012
Planétaire
mercredi 4 juillet 2012
Carbone 12 : à la découverte du clim'art
A visiter jusqu'au 16 septembre, et à regarder toutes les démarches artistiques sur le site de l'Association Cape Farewell.
dimanche 1 juillet 2012
Pour ne pas entrer dans les détails ici et être synthétique dans notre compte rendu, appliquons une approche comptable. La question de la définition du contenu de l'exposition est réglée en 7 pages, suivies de fiches métier et d'interviews, principe au demeurant intéressant. On y aborde du reste aucunement les questions à se poser en amont sur la destination, l'adéquation avec les publics visés, la cohérence avec le lieu, etc. La question de la scénographie se voit attribuée ensuite 14 pages, mais la communication a droit, elle, à 19 pages ! On aura compris que ce n'est pas vraiment le sens et ce que l'on dit qui importe dans une exposition... Enfin, la médiation, au sens large, a droit pour finir à 10 pages fort générales. Le livre traite entre temps des questions de régie, d'édition et de graphisme, sans doute de façon plus réussie.
Une seule fois le mot de muséographie est utilisé dans un entretien (p.54), ailleurs les auteurs préfèrent celui de commissaire. Quoique l'on en pense, peut-on se passer de définir les termes ? Ce n'est malheureusement pas là le seul problème.
On y lit en filigramne la manière dont on pense et conçoit l'exposition dans le monde des beaux-arts, et des choses savoureuses sont écrites, ainsi page 17 : "une fois la sélection d'oeuvres terminée, l'équipe scientifique de l'exposition rédige le contenu didactique". C'est, hélas, vraie dans bien des cas, et c'est toute la différence entre l'exposition d'objets, dans laquelle ces derniers sont sélectionnés d'abord, avec un enrobage construit ensuite, et l'exposition de discours où les idées prévalent à la sélection des expôts. Mais ce type d'exposition n'est pas du tout abordé dans l'ouvrage. Ici, il suffit "souvent d'une simple feuille A4" pour définir les intentions du concepteur (p.13). Bref, nous connaissons certains muséographes qui vont tomber de leur chaise.
Enfin, pas un mot n'est dit de l'évaluation des expositions...
Il est malheureux que l'ouvrage ne se soit pas cantonné à l'exposition d'art et qu'il déploie une ambition généraliste. Les intentions étaient louables. Il sera toutefois utile pour entrer dans le sujet et servir de guide, à la manière de la célèbre collection de manuels, Expographie pour les nuls.
mercredi 27 juin 2012
Saint d'Esprit des lieux
vendredi 22 juin 2012
Les Maitres du désordre
Exposition impressionnante par son assise : il est vrai que le premier texte prend bien soin de nous signaler que : "L'architecture de Jakob+MacFarlane a été conçue à dessein pour accompagner l'évolution des sensations psychiques du visiteur pendant son parcours. Il ne s'agit pas d'une simple scénographie, mais d'un objet poétique qui participe à la signification générale de l'exposition"
Ainsi, attention !, dans cette exposition, la scénographie a du sens ! (c'est sympa pour les autres !). Bref, elle participe du message et elle n'est pas innocente. Le muséologue croit rêver et être déjà en proie aux hallucinations ! Jusque-là nous avions cru, naïvement sans doute, que c'était ce qui caractérisait la scénographie par rapport à la décoration... Mais, respect, nous sommes devant de la poésie matérialisée.
Il est vrai que la scénographie est très présente, au point que ceux qui viennent pour voir de beaux objets en sont énervés à croire le livre d'or, mais pour ceux qui cherchent dans les expositions à mettre en mouvement leur sens et leur intellect, c'est assez réussi. A voir au musée du Quai Branly jusqu'au 29 juillet (pourquoi est-ce si court ?).
samedi 16 juin 2012
Le Voyage à Nantes : c'est parti !
mercredi 13 juin 2012
Des expositions à écouter
C'est un peu la même chose, le son est omniprésent, pour l'exposition présentée à la Galerie des bibliothèques de la ville de Paris où une exposition dédiée à Paris en chansons offre une amusante rétrospective sur la ville. Certes, l'exposition ne dispose pas des mêmes moyens et ne joue pas dans la même catégorie, mais la démarche est sympathique. Une belle ambiance enveloppe le lieu, les visiteurs ne réfrénant guère leur envie de chantonner et de deviner qui vocalise au gré de la sélection faite par les concepteurs. Le sujet est immense, et l'on saisit combien la ville lumière fascine. Il y manque le volet des chansons de révolte qui ont si souvent habité les pavés de la capitale, mais cela mériterait une exposition en soi. On peut rechercher les chansons se rapportant à tel ou tel quartier, et ainsi se laisser surprendre.
A visiter également les deux sites internet : Paris en chansons
et le site du musée des arts et métiers qui propose une petite évaluation pour aider à sa refonte.
mardi 12 juin 2012
Curiosité angevine
jeudi 7 juin 2012
Circuler !
mercredi 23 mai 2012
Mary Pickford : l'invention du 7ème art
dimanche 20 mai 2012
Moi mon colon, l'expo que je préfère...
A ce sujet voir l'intéressante analyse de Nicolas Offenstadt par ici.
vendredi 18 mai 2012
Néon, Who’s afraid of red, yellow and blue ?
mardi 15 mai 2012
Quai Branly : toujours et encore !
et à écouter.
jeudi 10 mai 2012
Projections abstraites
jeudi 3 mai 2012
Tim Burton
lundi 30 avril 2012
Brûler les oeuvres avant de brûler les musées
mercredi 25 avril 2012
Nouveau Palais de Tokyo
samedi 7 avril 2012
Joel-Peter Witkin
Exposition dérangeante, comme on les aime, à la BNF Richelieu, avec ces oeuvres photographiques de Joel-Peter Witkin dont nous avions eu le plaisir de découvrir le travail il y a longtemps déjà. Oeuvres morbides, glauques, improbables, mais qui font référence à bien des obsessions qui ont hanté les artistes depuis toujours. C'est l'intelligence des concepteurs que de mettre en parallèle les héritages du passé depuis Goya, Rops, Picasso et bien d'autres et les productions de cet artiste hors norme. Si les clichés évoquant l'univers forain sont malheureusement moins bien représentés dans cette exposition, et que les oeuvres les plus difficiles à regarder sont également moins présentes, il y a malgré tout un beau panorama de ses productions. Avec toujours des compositions très soignées. Là où l'esthétisation des cadavres chez Van Hagens semble déranger, il apparait peu de réactions offusquées contre Witkins : est-ce parce qu'il est moins connu ? Est-ce parce qu'il ne tourne pas avec des expositions pensées comme des superproductions ? Ame sensible s'abstenir...
lundi 2 avril 2012
Artemisia
Il est plaisant de découvrir de nouveaux artistes qui nous avaient échappé, de les redécouvrir. C'est d'autant plus plaisant quand il s'agit d'une femme artiste, pionnière de l'histoire de l'art. Une belle figure à enseigner pour que toutes les petites filles puissent disposer enfin de modèles d'identification ! Alors que l'on entendait dire il y a peu de temps encore que c'était une fatalité, et que nous n'avions malheureusement que peu d'artistes féminins dans l'histoire de l'art... Quand on cherche, on trouve ! Nous aimons Elisabeth Vigée Le Brun, mais Artemisia Gentileschi est également fort intéressante. Comme le Caravage, il aura fallu trop attendre pour la redécouvrir. C'est un véritable plaisir, non seulement parce que son histoire est touchante et exemplaire, mais aussi parce que sa peinture est souvent prenante. Curieuse époque où l'on prenait plaisir à se repaitre dans les représentation du meurtre et de la violence, mais est-ce si différent aujourd'hui ? !
mardi 27 mars 2012
Exhibitions. L'Invention du sauvage
Prenez des tableaux, des têtes en cire, des artistes, des hommes politiques, des affiches de spectacle et des cartes postales des expositions universelles, et toute iconographie où figure une représentation de l'Autre, de celui que l'on nomme pour cette exposition présentée au Quai Branly, le sauvage : figures mythologiques de l'homme des bois, monstres et êtres difformes et surtout figures d'hommes et de femmes noirs... Tout est bon du moment que cela permet de créer un discours manichéen et très binaire, simpliste à l'excès, mais très politiquement correct pour dénoncer le méchant Occident qui a construit l'Autre. Le problème c'est qu'à force de pointer toujours dans le même sens cela devient suspect, car la thèse ne tient pas très bien. S'il y a mise en représentation des noirs, des indiens ou des papous, c'est que tout est mis en représentation, y compris les bretons, les alsaciens, mais aussi les bourgeois dans les comédies musicales... C'est le paradigme du XIXème siècle que de mettre en représentation et c'est là l'origine de la société du spectacle. N'extraire qu'une facette où ne figure que des noirs est problématique. Mélanger les noirs et les monstres dans l'exposition est tout aussi douteux que dans la réalité de l'époque. Sans évoquer non plus le voyeurisme que l'on suscite chez le visiteur lui-même et que quelques miroirs ne suffissent pas à questionner. De même, ne peut-on pas accuser cette exposition de déployer une conception raciste (malgré la présence de la Fondation Thuram) ? Car que signifie de montrer des rois et des ambassadeurs à la cour du roi ? Les gens de pouvoir n'attirent-ils pas toujours la curiosité ? Où commence l'exotisme de l'Autre ? La reine d'Angleterre déplace également les foules ! Pourquoi montrer par exemple ces gravures d'ambassadeurs de Louis Surugue de Surgis si ce n'est que ce sont des hommes venus d'Afrique ou d'Asie ? Le racisme ne commence t-il pas ainsi ? Il serait possible de faire bien d'autres remarques. Est-ce honnête de mélanger sans avertir réellement le public les représentations de ceux qui étaient déplacés et forcés de s'exposer dans les expositions universelles, de ceux qui l'étaient pas leur propre pays, de ceux qui étaient rémunérés pour cela et qui bénéficiaient de contrat de travail ? Les artistes qui viennent danser alors, comme du Royaume du Siam, sont-ils parfois si différents de ceux qui viennent aujourd'hui à la Maison des cultures du monde ou sur la scène du Quai Branly ? Pourquoi ne pas s'attarder sur la revue nègre quand Joséphine Becker finançait ainsi les expéditions de la mission Dakar Djibouti, source de certaines collections du musée ? Comment le musée du QB lui-même présente t-il les autres cultures en les traitant comme des isolats dans ses expositions permanentes ? Plutôt que de clamer pour finir la disparition des zoos humains, ne serait-il pas intéressant de faire réfléchir le visiteur sur certaine forme de tourisme international, quand des hordes d'Occidentaux vont photographier par exemple les tribus du nord de la Thaïlande ? Une exposition certes très belle, mais dont le contenu est fort discutable... Heureusement, il reste un très beau catalogue qui témoigne de recherches conséquentes.
vendredi 23 mars 2012
Roulez Carrosses !
Ils sont arrivés enfin à Arras les fameux carrosses tant espérés de Versailles, ils ont pris place au coeur de l'abbaye Saint Vaast, entourés de tableaux les mettant en scène, selon leurs usages, à la chasse, à la guerre, par les rues et les champs. De forts beaux tableaux historiques, même si nous préférons malgré tout celui de Natier ! Du carrosse de Louis XV au premier véhicule de la République. En relatant l'évolution technique de ce moyen de transport, l'exposition convie à la découverte d'un pan de l'histoire de France, et braque le projecteur sur de beaux objets, demeurés longtemps dans l'ombre et l'oubli, donnant ainsi l'occasion de les restaurer. Les explications sont essentiellement historiques. Il est vrai qu'il n'est guère besoin de s'attarder longuemment sur le statut social qu'ils représentent, la symbolique du pouvoir qu'ils charrient quand on constate leur richesse et leur somptuosité. On ne viendra pas dans l'exposition non plus pour comprendre comment on les utilisait, la vie de ceux qui en usaient, la dextérité des conducteurs, encore moins les conditions de vie des palefreniers. Pour ça, mieux vaut aller voir L'Adieu à la Reine ! Rien non plus sur ce que cela impose de contraignant ou de souffrance éventuelle aux chevaux ! Non le visiteur viendra pour admirer de magnifiques objets, s'intéresser à l'histoire de France, tout ébloui des ors de la monarchie ! Les révolutionnaires avaient raison, il était prudent de dépecer le carrosse du sacre de Louis XVI ! La force de beaux objets peut être ferments contre-révolutionnaire.
samedi 17 mars 2012
L'oeuvre et ses archives
Exposition aux allures hermétiques, mais qui recèle plusieurs niveaux d'intérêts sur la plan muséologique, avec L'Oeuvre et ses archives, le CAPC présente trois oeuvres de sa collection permanente de Daniel Buren, Mario Merz et Claude Rutault. A priori, ce sont moins les oeuvres en soi de ces trois artistes qui retiennent l'attention que la réflexion à laquelle elles engagent sur leur condition de présentation et de conservation par l'institution. En effet, ces oeuvres ont été présenté dans des contextes et avec des modalités différentes selon les expositions, dès lors que faut-il adopter à l'avenir comme références ? D'une autre manière, que faut-il patrimonialiser et conserver comme étalon ? L'artiste peut faire évoluer ses oeuvres, les retoucher, revenir et les transformer, mais l'institution qui les acquiert, qui les conserve et qui les remet en scène dans de nouvelles expositions doit adopter quel parti-pris ? Au travers de documents d'archives, le CAPC invite ainsi le visiteur à s'interroger non seulement sur les processus de création, mais aussi sur les problématiques muséologiques que l'on peut appréhender du point du vue du conservateur.
lundi 12 mars 2012
Aller Retour vers le futur
Le message n'est pas toujours des plus limpides et l'on ne sait pas toujours si le futur a une belle gueule, mais les oeuvres présentées nous invitent à l'étrangeté. Cascade inversée de Heewon Lee, Micro-ferme et jardins hors sols de Damien Chivialle, ou animaux peu câlins pour Pleix, collectif de 7 artistes, dans Hybrid, puisque ces gentils animaux deviennent féroces dès que l'on veut en approcher, toutes ces propositions pourraient nous faire croire qu'il s'agit de mettre en scène nos rapports à la nature. Cette exposition à la Gaieté Lyrique est davantage préoccupée par une exploration temporelle.
lundi 5 mars 2012
Iturria, la vie comme elle va
Original événement au succès garanti, l'exposition des dessins de presse d'Iturria pour le journal Sud Ouest présentée au musée d'Aquitaine de Bordeaux depuis vendredi est des plus agréable. Drôle, simple et efficace, pour en résumer l'esprit. Des dessins sur l'actualité politique des trente dernières années, mais aussi des enjeux de société, des planches de ses bandes dessinées sur le rugby et plus largement sur la vie régionale, aux fortes tonalités régionalistes. La manière de mettre en scène par le musée, avec des dessins en grand format, en silhouette découpée, est très plaisante et donne à l'exposition une forte présence. Notons le parcours spécifique pour les aveugles, avec un tracé au sol assez étrange, mais aussi des reproductions tactiles d'une sélection de dessins. La conférence d'ouverture avec Cabu et l'inauguration promet un beau succès pour cette exposition à voir durant les trois prochains mois.
lundi 27 février 2012
Centre Pompidou Mobile
Intéressante opération à analyser, pleine d'ambivalences et de paradoxes. C'est ce que les étudiants du master Muséo-Expographie ont tenté de saisir lors du voyage d'étude réalisé à Cambrai, seconde étape du Centre Pompidou Mobile, avec un dispositif initié par le Centre Beaubourg, et initié dans le cadre du feu Conseil à la Création artistique. Les collectivités territoriales se montrent particulièrement volontaires en finançant largement le fonctionnement et la venue des 15 oeuvres mises en scène sous la structure mobile imaginée par Patrick Bouchain. Les médiations mises en oeuvres sont originales, et constituent un pari risqué et imparfait, mais qui donne à réfléchir sur les difficultés et les impératifs d'une démocratisation souvent inaccessible. Le rêve que nourrissait déjà Le Corbusier dans les années 30 avec son musée itinérant trouve ici son lieu d'exercice. Il fallait le faire. Après Cambrai, la structure sera accueillie à Boulogne, puis poursuivra son tour de France bien singulier. Seule une évaluation permettra de dire si les objectifs d'accessibilité par de nouveaux publics seront atteints, et si ceux-ci se précipiteront ensuite dans les musées de la région, soudain frappés par la révélation de l'art !
samedi 25 février 2012
La bosse des maths
Exposition pour initiés ? En tous les cas, il faut être à l'aise avec les mathématiques pour y comprendre quelque-chose. On veut bien croire qu'il y a là des choses étonnantes, mais il faut le croire sur parole. La rencontre de l'art contemporain et des mathématiques laisse pantois, et l'on ne sait que penser de cette exposition fort peu attrayante. La Fondation Cartier pour l'art contemporain a certes eu une idée originale de marier ainsi des univers inattendus, mais le profane est quelque peu oublié en chemin. Que faut-il en retenir ? Qu'en retiendrons nous ? Pas grand chose sans doute. Huit scientifiques rencontres neuf artistes, l'idée est belle. Cependant, le dépaysement soudain laisse un peu de marbre, malgré que les artistes soient en principe convoqués pour nous faire vivre une expérience sensible. Comme un voyage dans une planète si lointaine que l'on ne sait même pas s'il a eu vraiment lieu.
mardi 21 février 2012
Danser sa vie
Exposition très convaincante qui déploie un magnifique panorama sur la danse, où les documents d'archives répondent aux tableaux et aux sculptures et évidemment aux documentaires et captations audiovisuelles de spectacle. Différents thèmes sont tour à tour abordés, les écoles et les mouvements artistiques, qui permettent de cheminer de manière logique et rationnelle, dans une optique pédagogique qui ne met pas à mal, pour autant, le plaisir que l'on peut avoir à flâner et découvrir au grès des découvertes. Une belle proposition qui confirme la maitrise de Beaubourg dans l'art de l'exposition. Mention spéciale pour les danseurs du lac majeur près d'Ascona, datant de 1914, descendants de cette utopie fouriériste, remplis d'amours, à l'aube d'une guerre qui se révélera l'effroyable boucherie que l'on sait. Et puis ces mises en perspective entre oeuvres et moments dansés. Un très beau télescopage, plein de sens.
mercredi 15 février 2012
L'Europe des esprits
Très beau thème pour une exposition dont la plus grande réussite aura été sans doute la communication, conduite de manière magistrale. Comme en atteste la revue de presse abondante, elle aura été remarquée de très loin, provoquant les déplacements vers Strasbourg où se tenait au musée d'art moderne et contemporain cette exposition L'Europe des esprits ou la fascination de l'occulte (1750-1950). A l'heure de son bilan, que pouvons nous en retirer ? D'abord que le thème exigeant est original, et que l'on se plait toujours à découvrir des expositions thématiques qui invitent à relire autrement l'histoire, et dont l'histoire de l'art n'est qu'un élément. Mais c'est peut-être un des écueils de cette exposition, de n'être pas allé assez loin dans l'élaboration d'une vraie réflexion transversale. En composant une exposition en trois parties, si ce n'est trois expositions rassemblées dans un même bâtiment, avec une partie consacrée à l'histoire de l'art réalisée par le musée, une partie à l'histoire et aux archives, réalisée par la bibliothèque, et enfin une partie sur les sciences réalisée par le Jardin des sciences, il y a une volonté de partager une même dynamique, mais cela ne fait pas une exposition transversale pour autant. Ainsi de mêmes thèmes sont abordés plusieurs fois, en laissant le visiteur assurer seul le dialogue et les connexions. Si bien que l'exposition produit ce qu'elle devrait dépasser, la séparation des disciplines ! En embrassant trop largement, elle produit aussi un grand bain dans lequel on surnage difficilement, au risque de se noyer. Sans parler de la muséographie et de la scénographie très inégales selon les parties de l'exposition, la tentative était belle, elle laisse un goût d'inachevé. Une belle accumulation d'objets et d'oeuvres, une recherche certes importante de pièces, dans toute l'Europe, au risque du reste d'une absence fatale de hiérarchies, mais surtout d'un manque de clarté évident dans le propos. L'exposition reste au milieu du guet, entre une exposition d'art et une exposition à thèse, telle qu'un Jean Clair a pu en proposer magistralement par le passé. Une exposition certainement produite trop vite.
vendredi 10 février 2012
Sept fois plus à l'ouest
Yann Kersalé expose présentement à l'Espace Electra à Paris les projets conduits principalement en Bretagne, sa terre de prédilection. Jeux avec la lumière, jeux malicieux et souvent astucieux pour faire ressortir autrement le quotidien de la nuit. Saisissant le passant par des jaillissements imprévus, l'artiste fait surgir une beauté nouvelle, fruit de l'électricité et de l'ingéniosité. En réinvestissant les idées pour en faire autre chose, l'exposition témoigne de la démarche, rend compte d'une situation en créant une situation nouvelle, celle de l'espace d'exposition dans les murs pour s'inspirer du hors les murs. Fort habile et surprenante, l'exposition invite à aller sur place, mais propose aussi une cohérence interne, et se visite pour elle-même, puisque ce sont souvent de nouvelles oeuvres qui font simplement des clins d'oeil à leur grande soeur. Sorte de poupée gigogne, de mise en abîme. Ainsi cette installation pour le centre des télécommunications de Pleumeur-Bodou. Mais il y a aussi les alignements de Carnac, le phare de l'Ile Vierge, le Sillon noir, le Chaos du Diable et bien d'autres noms de lieux inspirants !
jeudi 2 février 2012
La France en relief
Ce n'est sans doute pas véritablement une exposition de préfiguration, mais disons un avant-goût d'un projet qui se veut résolument tourné vers les territoires et vers la France entière. La future Maison de l'Histoire de France se veut une tête de réseau et entend fédérer les musées et lieux d'histoire disséminés ici ou là. Des têtes de réseaux qui avaient cette volonté, il y en a eu un certain nombre à Paris, dans bien des secteurs, espérons que cette volonté dans le champ de l'histoire ne tombera pas dans l'amnésie... Ce serait un comble ! Cependant si la mémoire est importante, elle est d'autant plus intéressante, à notre goût, quand elle est reliée aux problématiques contemporaines. Ce n'est pas vraiment le cas pour cette première exposition présentée aux Galeries du Grand Palais dédiée aux plans reliefs. Certes la mise en parallèle de la ville de Brest et sa destruction est émouvante. On peut découvrir quelques villes de France, fortifiées, et la splendeur d'un temps qui n'est plus, époque où le roi demandait à Vauban s'il construisait sa citadelle bisontine en or tant celle-ci était couteuse aux deniers de l'Etat. Les temps ont bien changé, et on ne peut pas dire que ni la restauration des monuments historiques, ni l'architecture contemporaine, ne bénéficient désormais de largesses. Reste que cette exposition est une mise en bouche, assez belle dans sa présentation, même si le contenu n'est pas renversant.
vendredi 27 janvier 2012
Musées (em)portables
Une fois n'est pas coutume, citons un article du Figaro ! Il rend compte du prix du Sitem décerné aux musées (em)portables. Intéressante initiative qui consiste à inviter les visiteurs à réaliser des films avec leurs portables et à les partager. Belle appropriation des musées par les visiteurs, et notamment, à l'instar de ce premier prix, des jeunes entonnent un rap franco-espagnol au musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. C'est étonnant, et l'on ne sait au premier abord ce qu'il faut en penser, tant le sujet est délicat, mais c'est peut être une manière différente de sensibiliser. Pourquoi ne pas admettre que l'on puisse développer de nouveaux rapports aux lieux, de nouveaux regards ? En tous les cas, l'exercice est intéressant dans ce qu'il signifie des nouvelles approches, participatives et investies des lieux de culture. Loin des institutions repliées sur elles-mêmes, l'exercice invite pleinement à penser le musée comme un lieu d'inventivité et de nouvelles pratiques. "Une nouvelle culture", pour citer Bernard Deloche.
samedi 21 janvier 2012
Bêtes Off
Très belle exposition présentée à la Conciergie à Paris après l'avoir été dans plusieurs sites gérés par le Centre des Monuments nationaux. Bêtes Off rassemble une belle anthologie d'artistes contemporains s'attaquant à la question animalière. Claude d'Anthenaise, le conservateur talentueux du musée de la Chasse et de la nature, assisté de Raphaël Abrille sont les commissaires, et signent une proposition qui trouve un beau succès auprès du public. Certes, il y a bien quelques grincheux qui, venus pour voir le bâtiment, protestent dans le Livre d'or, comme à chaque fois qu'il s'agit de faire vivre un lieu en lui trouvant d'autres fonctions que lui-même. Pour les autres, ils s'étonnent, admirent, s'amusent et s'enthousiasment en découvrant par exemple le repas singulier de Greta Alfaro, pour ne pas évoquer celui de Isabelle Lébvénez, les installations étranges de Nikolay Polissky ou encore l'esprit de la baleine illustré par Julie Faure-Brac différemment de Christian Gonzenbach. C'est plus de 50 oeuvres qui dialoguent et se télescopent (parfois un peu trop quand l'accrochage est peu élégant). Par dessus tout notre enthousiasme va à Claire Morgan avec Here is The End of All Things. Magnifique.
jeudi 19 janvier 2012
Nouveau manuel de Conception des expositons
Vient de paraitre un nouveau manuel de conception des expositions que nous venons de lire. Signé par Pam Locker, professeur à l'Université Lincoln au Royaume-Uni. Nous sommes toujours heureux de découvrir des nouvelles publications en muséologie. D'un très bel aspect, richement documenté, avec des photographies de qualité, agréablement mis en page, le livre est d'une très belle facture. Il est très attractif. Toutefois, le problème réside dans la traduction et de ne pas réellement correspondre aux réalités des métiers tels qu'ils se développent localement, notamment en France. Outre que ce manuel parait très flou, dans sa démarche méthodologique et qu'il semble assez peu structuré dans son développement, il tend à confondre, comme c'est souvent le cas, - et comme nous avions déjà pu le déplorer déjà pour l'ouvrage Scénographie d'exposition de Philip Hugues - les concepts de muséographie et de scénographie. Il est frappant que le glossaire de fin d'ouvrage ne comporte ni le terme de muséographie, ni de muséologie, ni de scénographie, pas même de programme, d'avant projet sommaire ou d'avant projet définitif... Autant de termes usités en France, alors que l'ouvrage utilise le terme anglo-saxon de Brief ! C'est évidemment un problème que de voir un ouvrage traduit sans aucune prise en compte de la réalité professionnelle hexagonale, et plus largement francophone. Plus grave, le présent ouvrage s'intéresse beaucoup aux manières de présenter, mais assez peu à la construction intellectuelle qui devrait présider à la mise en exposition. Cela nous parait d'autant plus dommageable que c'est là un travers trop fréquent dans les institutions. On peut rester très dubitatif sur l'intérêt de cette publication qui cède souvent à l'anecdotique.
mardi 17 janvier 2012
Paris sur grand écran
Magnifique dispositif, simple par sa présentation, mais impressionnant par sa réalisation, le Pavillon de l'Arsenal présente un multimédia sur Paris, qui est assez fascinant. Paris, la métropole et ses projets. Informations sur les projets d'urbanisme et architecturaux, mais survol aussi pour le simple plaisir des quartiers et découverte des aménagements. Ce projet soutenu par Decaux et Google composé d'environ cinquante écrans donne une vision de la capitale que l'on peut admirer depuis la mezzanine du Pavillon. Une présentation plus classique de trente projets de constructions de logements à Paris sont présentés à l'étage avec les différents concurrents. Au total environ 120 projets à comparer, de quoi nourrir tous les amateurs du genre.
mardi 10 janvier 2012
3 grâces à Orsay...
Sur Louvre pour tous, (relayé sur le groupe Orsay Commons), Bernard Hasquenoph a raison d'attirer l'attention sur ce coup de pub. Prenant la logique de la performance, du happening, ou encore de la logique militante des actions surprises (style Greenpeace !), 3 mannequins surprennent les visiteurs d'Orsay en se mettant en petites culottes au sein des expositions. On se rappelle les mouvements de par le monde où l'on se met tout nu en guise de protestation. Voilà de la belle récupération par le système des actions de contestation, du Debord dans le texte. Outre que la vidéo montre une intervention très mauvaise, aucune réflexion sur les attitudes et les comportements qui auraient pu avoir peut-être un sens dans ce lieu où la représentation du corps dévêtu est omniprésente, il faut surtout noter que c'est ici de la pub pour une marque de lingerie célèbre qui l'affiche ainsi sur son site officiel. Bref, le musée d'Orsay pourrait réagir face à ce qui est une forme de publicité intrusive ou clandestine, sauvage, à moins que le musée ait donné son accord ? En tous les cas, c'est assez étonnant de voir qu'une marque peut filmer dans le lieu, et s'en servir pour ses bases besognes de réclames, mais que de simples visiteurs n'ont pas le droit de photographier dans ce musée !
lundi 9 janvier 2012
Mémoires du futur, la collection Olbricht
Très belle exposition, originale et troublante, La Maison Rouge propose de découvrir la collection de Thomas Olbricht, médecin allemand, qui a accumulé depuis vingt-cinq ans une formidable collection où se mêle l'art ancien et l'art contemporain. Cette façon de faire dialoguer les oeuvres du XVIè siècle, les Dürer par exemple, avec les propositions des artistes actuels est des plus passionnante. Non seulement cela témoigne d'une cohérence de collection, qui au travers des 2500 pièces acquises, revisite des thèmes intemporels, la mort, les naturalia, la vanité et la violence, les natures mortes, et les inévitables cabinets de curiosité, les figures religieuses, mais les rapprochements sont souvent troublants laissant presque à penser qu'il s'agit d'oeuvres de commande pour interpréter des oeuvres anciennes. Ainsi cette série Les Grandes Misères de la Guerre de Jacques Callot de 1633 revue par l'artiste suédoise Johanna Karlsson. La vidéo d'Antoine Roegiers à partir des gravures de Pieter Brueghel l'Ancien est captivante et souvent drôle. Elle pose aussi la question sensible d'une oeuvre médiatrice, à la fois artistique et culturelle. C'est le grand intérêt de cette exposition que de donner à découvrir des artistes peu connus en France. La liste des oeuvres et des artistes présentés est impressionnante. A voir très rapidement avant le 15 janvier.
dimanche 8 janvier 2012
Atelier photo au musée
Les jeunes ont de la chance ! Si vous avez entre 14 et 17 ans, l'Apple Store du Louvre vous propose un atelier photo en partenariat avec le musée du Louvre : vous prenez des photos au musée et ensuite vous apprenez à les retoucher et à créer vos albums avec les animateurs du magasin. Renseignement sur le site de l'Apple Store carrousel, dans les ateliers.
samedi 7 janvier 2012
De la gratuité des musées
Lu dans les pages Débats du Monde du 4 janvier, une contribution des GRECs, Groupe d'études et de recherches sur la culture, réunissant des fonctionnaires travaillant dans le domaine culturel, intitulé Pour une autre politique culturelle visant à formuler des propositions en la matière. Au vu des idées énoncées dans l'article, il n'y a pas de révolution en perspective à attendre avec un éventuel retour de la "gauche" aux prochaines élections si ce sont les fonctionnaires qui inspirent les politiques !












