dimanche 19 mai 2013
Debord, un art de la simulation
Libellés :
exposition
Crime de lèse majesté que d'oser critiquer Debord évidemment, mais quand même, il faut bien avouer que l'exposition de la BNF, loin de rendre seulement hommage au grand homme, dévoile sans en avoir l'air le visage d'un chef de groupe, certes révolutionnaire et sympathique, mais qui rivalise néanmoins avec les mouvements les plus sectaires et ésotériques, et qui derrière une apparence de refus des codes bourgeois cultive en réalité le culte de la personnalité. Le tableau des appartenances et des exclusions présenté dans l'exposition est à cet égard fabuleux. Car au final le mouvement finit par s'enfermer et lorsque des jeunes tentent de destituer le gouverneur, selon le rituel instauré, ils se font exclure ! La dérision du début à ses limites. Tout comme l'auto-organisation fédéraliste libertaire bientôt abandonnée au profit d'un bon centralisme des décisions, digne du comité central ! Comme bien des mouvements de l'époque, les situationnistes répondent aux mêmes réflexes un brin totalitaire. Passons sur les théories qui sont souvent fantaisistes pour ne pas dire foutaisistes. L'internationale lettriste puis situationniste, ne serait-ce donc que de petits groupes de fanatiques qui s'autocongratulent ? L'exposition laisse un drôle de goût si l'on n'arrive pas à priori en décidant de parcourir l'exposition en se prosternant. C'est quoi au final, le véritable apport de Debord ? C'est tellement intense, que cela parait indicible ou inintelligible ! Quand fera-t-on la lecture critique d'une époque qui n'a pas dédaigné participer du système tout en prenant la pause de ceux qui le refusent avec radicalité ? Ainsi la publication des ouvrages savamment calculée ! Quel génie du marketing ce Debord !
L'exposition, que l'on ne peut pas photographier (c'est bien la peine d'avoir acheté aussi cher ces archives !!), est malgré tout fort belle. Mais l'on peut aussi critiquer la manière dont l'institution BNF en intitulant l'exposition Guy Debord. Un art de la guerre, alors qu'il s'agit d'abord d'un mouvement collectif, travestie à la fois l'esprit et participe de la célébration trompeuse en nourrissant un individualisme peu en phase avec le sujet.
L'exposition, que l'on ne peut pas photographier (c'est bien la peine d'avoir acheté aussi cher ces archives !!), est malgré tout fort belle. Mais l'on peut aussi critiquer la manière dont l'institution BNF en intitulant l'exposition Guy Debord. Un art de la guerre, alors qu'il s'agit d'abord d'un mouvement collectif, travestie à la fois l'esprit et participe de la célébration trompeuse en nourrissant un individualisme peu en phase avec le sujet.
lundi 22 avril 2013
Chapeau au graphiste !
Libellés :
exposition
L'exposition de préfiguration de la future Cité de l'Economie à Paris, voulue par la Banque de France, est présentée en ce moment à la Cité des Sciences et de l'Industrie sous le titre L'Economie, Krack, boom, mue. Exposition originale, et complexe à appréhender pour le visiteur comme pour le muséographe, car le sujet n'est à priori par facile. Bravo aux muséographes qui ont oeuvré à rendre le sujet attractif. Si le propos demeure un brin trop classique et orthodoxe - on ne cherchera pas des discours révolutionnaires -, déroulant un fil un brin scolaire, en trois phases (Qui fait l'économie ? Comment ça marche ? Quel est l'état du monde ?) , malgré tout, il faut dire combien on se laisse prendre dans ce propos bien construit. Car l'exposition non seulement développe des manips et des interactifs efficaces, ce dont la Cité des Sciences a le secret, mais s'appuie aussi sur un travail de graphiste remarquable, sous la houlette de Fabien Hahusseau, travail qui contribue à rendre l'exposition plaisante et lisible. Les exemples développés sont probants, ainsi l'illustration pratique de la mondialisation qui invite à scanner des produits communs pour comprendre, ou encore les vidéos ou les données pertinentes. On pourra prolonger ou devancer la visite en se rendant sur le site internet de l'exposition, lui aussi très documenté et également remarquable. A visiter jusqu'en janvier 2014.
vendredi 19 avril 2013
Anticorps au BAL
Libellés :
exposition
Etonnant accrochage, d'une série intitulée Anticorps composée des photographies d'Antoine d'Agata, qui vient de s'achever au Bal à Paris. Jouant complètement sur le processus immersif, l'exposition conduit le visiteur à plonger dans la matière, en la démultipliant comme en des jeux de miroirs infinis. Telle série rebondit comme par ricochet sur telle autre, et ainsi de suite. Choisissant dans des milliers d'images, les commissaires de l'exposition Fannie Escoulen et Bernard Marcadé n'ont pas hésité à coller et faire se téléscoper et même se recouvrir les clichés comme pour faire ressortir l'aspect massif et totalisant de la matière. La mort, l'obscène, le sexe y sont omniprésents comme pour traduire la pulsion qui anime le photographe qui assurément ne démérite pas de Georges Bataille. Ce lieu d'exposition fort sympathique poursuit ainsi ses propositions fortes et originales. La prochaine exposition qui ouvre ses portes le 24 avril promet d'être également originale, avec une carte blanche PMU, intitulée Fouilles d'Olivier Cablat qui partagera sa vision des jeux.
vendredi 12 avril 2013
Sous influences
Libellés :
exposition
Sous influences, artistes et psychotropes, sous ce titre prometteur La Maison rouge nous promet des voyages intérieurs insoupçonnés. Etonnement peu d'expositions abordant la question de l'influence des drogues sur les processus de création n'avaient jusque-là été montées en France, c'est chose faite. Toutefois, il ne suffit pas de prendre des drogues pour être inspiré, et l'exposition aurait plutôt tendance à démontrer de leurs effets néfastes, car il y a peu d'oeuvres convaincantes. Beaucoup se résument à des gribouillis informes devant lesquels on passe en courant. L'exposition embrasse peut-être trop large aussi, en voulant aborder des univers d'artistes trop éloignés par le style et les motivations, le visiteur finit par perdre pied. De Jean-Martin Charcot à Damien Hirst en passant par Jean-Michel Basquiat ou Larry Clark, l'exposition entend tellement montrer qu'elle finit par créer un Gloubi-Boulga, avec presque 250 oeuvres d'horizons très éloignés. Prouesse que de rassembler toutes ces oeuvres et de donner un premier aperçu de l'étendue du sujet, mais au risque de mettre en lumière tous les absents. Evidemment, l'oeuvre immersive de Yayoi Kusama ne laisse pas indifférent et génère l'effet recherché, des troubles de la perception et des hallucinations visuelles qui rendent compte des substances. Beaucoup d'autres oeuvres sont davantage des productions sous influences, sans chercher à mettre le visiteur dans un état second. C'est l'ambiguité et la force de cette exposition que de jouer sur les deux tableaux. Mention spéciale pour la proposition des amis de La Maison Rouge qui avec Système adéquat de Vincent Mauger crée un bel effet.
samedi 6 avril 2013
Présentation de l'Objectif en Coulisses
Libellés :
voyage d'étude formation muséologie
Voir l'extrait de l'émission de Télé Gohelle qui présente l'exposition :
http://www.dailymotion.com/video/xyijjm_journal-du-vendredi-22-mars-2013-tele-gohelle_news&start=1711
Lire aussi ici la critique d'Isabelle Roussel-Gillet sur ce blog.
jeudi 4 avril 2013
The Museum of everything
Libellés :
exposition,
humeur
Fin d'exposition pour ce musée très étrange, présenté cet hiver boulevard Raspail à Paris, avant de partir pour Londres, Moscou et ailleurs... L'exposition semble une bonne affaire, puisque l'on se presse pour voir des oeuvres d'art brut, peu innovante au fond, puisque beaucoup d'artistes sont déjà bien connus, mais "révélé" dans une ambiance trash pour faire plus vrai... Si vous aviez aimé le Palais de Tokyo, et sa friche d'attraction culturelle, puisqu'il s'agit en quelque-sorte d'un parc mimant l'univers alternatif, il est certain que vous trouverez le Muséum of Everything à votre goût. C'est juste un cran au-dessus dans la commercialisation de l'alternatif. Le parcours n'est pas soumis à l'accessibilité handicapé, semble-t-il, les musées privées peuvent ainsi s'émanciper des règles sévissant dans le public ? Et il est permis de mettre en scène avec trois francs six sous des collections produites par des marginaux et de remplir le tiroir caisse. Et comme il n'est pas de petit profit, la prise de photo est soumise à une amende de 1000 euros ! Transgression s'abstenir !
vendredi 29 mars 2013
Départs en stage !
Les étudiants et étudiantes du Master Expographie-Muséographie de l'Université d'Artois sont partis en stage en ce début avril... Impliqués pour la plupart dans des stages de 4 à 6 mois, les champs d'intérêts, ancrés en muséologie, sont multiples, ce dont la diversité des missions et des structures témoignent. Musées, agences, communautés de communes, centre d'arts... les lieux d'accueil sont aussi répartis dans toutes les régions et à l'étranger. Parmi les 35 étudiants (15 en master 1 et 20 en master 2), six effectuent leur stage à l'étranger : 2 en Suisse, 2 au Québec, 2 en Belgique. 10 étudiant.e.s font un stage en Nord Pas de Calais, et 25 sont à l'extérieur de la Région. Parmi les lieux d'accueil, citons par exemple le Musée de la Civilisation à Québec, le musée du Louvre, le Musée d'Ethnographie de Neuchâtel, la Friche Belle de mai à Marseille, le domaine de Chamarande, le FRAC Nord Pas de Calais, l'Adresse, musée de la Poste, l'Atelier-musée du papier à Angoulême, le musée de la Céramique de Dieulefit, le musée du jouet à Moirans, les musées Royaux de Bruxelles, le musée du Docteur Guislain à Gand, le musée archéologique de St Romain en Gal, le musée d'Art et d'Histoire de La Rochelle, la Ferme musée du Cotentin, le musée de l'Ailleurs à Yverdon, le Festival de l'Affiche à Chaumont, le Pôle Numérique, la Photothèque de Douai, La Piscine à Roubaix, le centre historique des soeurs de St Anne à Montréal, le musée de St Amand, le Centre d'Histoire Local de Tourcoing, etc, mais aussi une Fondation et quatre agences en muséographie-scénographie. En espérant que les partenariats avec les lieux d'accueil iront en se démultipliant. Bon stage !
mercredi 13 mars 2013
Les musées d'ethnologie
Libellés :
publication muséologie
Les Musées d'ethnologie. Culture, politique et changement institutionnel. Cet ouvrage collectif, sous la direction de Camille Mazé, Frédéric Poulard et Christelle Ventura, regroupe les contributions d'une dizaine de chercheur.e.s. Comme le mentionne l'introduction de l'ouvrage, les musées d'ethnologie connaissent des crises multiples et les auteurs tentent d'en rendre compte et d'esquisser des voix pour l'avenir. Plusieurs auteur.e.s reviennent d'abord sur l'histoire des institutions, le musée de l'Homme évidemment, mais aussi le Palais de la Porte Dorée, le Musée National des Arts et Traditions Populaires et d'autres sur leur devenir, le musée du Quai Branly, la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, et naturellement le MUCEM qui ouvrira prochainement ses portes. Mais d'autres contributeurs se penchent aussi sur des sites moins emblématiques et moins connus, mais qui forment également des études de cas représentatives de la diversité des musées d'ethnographie : musées du patrimoine industriel en Nord-Pas de Calais, musées de la ruralité en Picardie, écomusée de Saint-Nazaire pour l'activité portuaire.
Sommaire :
Fabrice Grognet : La réinvention du musée de l’Homme au regard des métamorphoses passées du Trocadéro
Christelle Ventura : Les « polyphonies » du musée du quai Branly ou l’art d’acclimater les discours
Anne Monjaret et Mélanie Roustan : La repatrimonialisation du Palais de la porte dorée : du musée des Colonies à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Des musées pour représenter la France
Richard Dupuis : De l’agriculture dans les musées aux musées d’agriculture de 1920 à 1980
Martine Segalen : L’impossible musée des cultures de la France. Le cas du musée national des Arts et Traditions populaires
Camille Mazé : Du MNATP au(x) MuCEM. Les vicissitudes du musée français d’ethnologie nationale
Des musées au service et à l’épreuve des territoires
Helène Melin : Le rôle des musées de patrimoine industriel dans les reconversions territoriales. Le cas de la Région Nord-Pas-de-Calais
Anne Hertzog : Les musées d’ethnologie au défi des recompositions territoriales. Le cas des musées consacrés à la ruralité en Picardie
Serge Chaumier : Écomusées : structures porteuses de ressources pour l’avenir. L’exemple de l’écomusée de Saint-Nazaire
Sommaire :
Camille Mazé, Frédéric Poulard et Christelle Ventura : Démantèlements, reconversions, créations. Contribution à l’analyse du changement institutionnel.
Des musées pour penser l’altéritéFabrice Grognet : La réinvention du musée de l’Homme au regard des métamorphoses passées du Trocadéro
Christelle Ventura : Les « polyphonies » du musée du quai Branly ou l’art d’acclimater les discours
Anne Monjaret et Mélanie Roustan : La repatrimonialisation du Palais de la porte dorée : du musée des Colonies à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Des musées pour représenter la France
Richard Dupuis : De l’agriculture dans les musées aux musées d’agriculture de 1920 à 1980
Martine Segalen : L’impossible musée des cultures de la France. Le cas du musée national des Arts et Traditions populaires
Camille Mazé : Du MNATP au(x) MuCEM. Les vicissitudes du musée français d’ethnologie nationale
Des musées au service et à l’épreuve des territoires
Helène Melin : Le rôle des musées de patrimoine industriel dans les reconversions territoriales. Le cas de la Région Nord-Pas-de-Calais
Anne Hertzog : Les musées d’ethnologie au défi des recompositions territoriales. Le cas des musées consacrés à la ruralité en Picardie
Serge Chaumier : Écomusées : structures porteuses de ressources pour l’avenir. L’exemple de l’écomusée de Saint-Nazaire
lundi 11 mars 2013
Images à conviction
Libellés :
exposition
Conjonction de calendrier et pour poursuivre dans la légèreté, il se trouve que Liège commémore cette année la mémoire la Shoah et témoigne de la politique envers les juifs durant la seconde guerre mondiale, un mémorial et une exposition retrace l'histoire peu glorieuse de Liège durant cette période. Démarche courageuse.
samedi 9 mars 2013
Visiteurs photographes au musée
Libellés :
publication muséologie
Vient de paraitre Visiteurs photographes au musée, sous la direction de Serge Chaumier, Anne Krebs et Mélanie Roustan et rassemblant les contributions d'une trentaines de chercheurs, mais aussi de photographes.
Interdire, autoriser ou encourager la pratique photographique des visiteurs ? Quelle
vision d’eux-mêmes et de leurs missions les musées livrent-ils à travers les choix
qu’ils opèrent ? La photographie amateur, apparue dans les musées au xixe siècle,
s’est généralisée avec la démocratisation de son usage privé, le développement
du tourisme et le renouvellement des technologies. Elle fait aujourd’hui l’objet
d’une controverse concernant les biens relevant du domaine public.
Cet ouvrage pluridisciplinaire fait d’abord le point sur les ressorts juridiques du débat et dévoile des enjeux de légitimité plutôt que de légalité. Puis, l’attention se porte sur l’expérience des visiteurs et sur la pluralité des usages de la photographie dans les musées : instrument de travail, support d’apprentissage et de formation du regard, mémoire de la visite ou source d’expression. Plusieurs études de cas s’intéressent aux formes d’appropriation des images numériques et explorent des pistes quant à leur intégration à une politique des publics ouverte au partage des savoirs ou à la créativité. Des interludes photographiques ponctuent les textes et portent un autre regard sur cette question.
Cet ouvrage pluridisciplinaire fait d’abord le point sur les ressorts juridiques du débat et dévoile des enjeux de légitimité plutôt que de légalité. Puis, l’attention se porte sur l’expérience des visiteurs et sur la pluralité des usages de la photographie dans les musées : instrument de travail, support d’apprentissage et de formation du regard, mémoire de la visite ou source d’expression. Plusieurs études de cas s’intéressent aux formes d’appropriation des images numériques et explorent des pistes quant à leur intégration à une politique des publics ouverte au partage des savoirs ou à la créativité. Des interludes photographiques ponctuent les textes et portent un autre regard sur cette question.
Contributions
Michaël Bourgatte
Nathalie Casemajor Loustau
Serge Chaumier Sylvaine Conord Noémie Couillard Mélanie Dulong de Rosnay
Jacqueline Eidelman Émilie Flon Séverine Giordan André Gunthert
Bernard Hasquenoph
Annie Héritier Irène Jonas Anne Krebs
Pierre Lannoy
Gaëlle Lesaffre
Valentina Marziali
Susanna Muston
Martine Regourd
Chloé Roubert
Mélanie Roustan
Géraldine Salord
Jean-Michel Tobelem
Dominique Trouche
Hécate Vergopoulos
Interludes
photographiques
Robert Baronet
Hilli Hassemer
Gérald Ritter et ses élèves
Gérald Ritter et ses élèves
Corinne Vionnet
vendredi 8 mars 2013
Journée d'étude sur la photographie au musée
Vendredi se déroulait au Louvre-Lens une journée d'étude co-organisée par le master Expo-Muséographie de l'université d'Artois, le Louvre Lens, le musée du Louvre et la direction des patrimoines du ministère de la culture et de la communication. 115 participants, dont un tiers d'étudiants, doctorants et deux tiers de professionnels des musées et de chercheurs, ont participé à cinq ateliers thématiques sur :
Ces cinq ateliers, dont les étudiantes du master ont proposés les comptes rendus donneront lieu à des synthèses. Des professionnels du musée du Louvre, du Centre Pompidou, de Versailles, de la BNF, du musée d'Orsay, du MAHJ, du musée d'Hazebrouck, du réseau PROSITEC, du Forum de Bavay, de l'association des conservateurs Nord Pas de Calais, du Conseil Général Pas de Calais, du Centre des monuments nationaux, du musée des Beaux arts de Lille et de Valenciennes, le service de la conservation du diocèse de Cambrai, le LAM, le musée de la Céramique de Desvres, du musée de la dentelle de Calais, la Piscine de Roubaix, l'Espace 36, la Fédération des amis de musées, Universciences, le Forum des sciences, des musées universitaires de Bruxelles... mais aussi de Clic France, de Who Art You, de Culture Visuelle, du Louvre pour tous et des journalistes étaient également présents, ainsi que plusieurs universités au travers de la présence d'une quinzaine de chercheurs, du ministère, et de la Réunion des musées nationaux.
- les usages et comportements des visiteurs photographes dans les expositions
- les aspects juridiques attachés à la photographie dans les musées
- l'usage sur internet et sur les réseaux sociaux
- les actions culturelles conduites avec l'usage de photographie
- les enjeux et effets de la photographie sur les institutions et les métiers
Ces cinq ateliers, dont les étudiantes du master ont proposés les comptes rendus donneront lieu à des synthèses. Des professionnels du musée du Louvre, du Centre Pompidou, de Versailles, de la BNF, du musée d'Orsay, du MAHJ, du musée d'Hazebrouck, du réseau PROSITEC, du Forum de Bavay, de l'association des conservateurs Nord Pas de Calais, du Conseil Général Pas de Calais, du Centre des monuments nationaux, du musée des Beaux arts de Lille et de Valenciennes, le service de la conservation du diocèse de Cambrai, le LAM, le musée de la Céramique de Desvres, du musée de la dentelle de Calais, la Piscine de Roubaix, l'Espace 36, la Fédération des amis de musées, Universciences, le Forum des sciences, des musées universitaires de Bruxelles... mais aussi de Clic France, de Who Art You, de Culture Visuelle, du Louvre pour tous et des journalistes étaient également présents, ainsi que plusieurs universités au travers de la présence d'une quinzaine de chercheurs, du ministère, et de la Réunion des musées nationaux.
mercredi 27 février 2013
Chapeau au musée de la vie wallonne !
Libellés :
actualités des musées,
exposition
Coup de chapeau au musée de la vie wallonne, non seulement pour le très beau colloque sur les musées d'ethnographie qu'il vient d'organiser durant deux jours, et aussi pour la très belle rénovation du site conduite il y a quelques années. L'endroit au coeur du Liège historique est très agréable : on vient visiter, mais aussi prendre un café, déjeuner ou se reposer au calme de son cloitre avec plaisir. C'est un vrai lieu de vie. Le musée de la vie wallonne a repensé entièrement son propos et sa muséographie, offrant un parcours agréable et bien calibré. Appliquant les approches des musées de société, il donne à voir un visage historique de la Wallonie traditionnelle, mais il sait aussi aborder par quelques touches les aspects des évolutions contemporaines, évoquant par exemple la loi sur l'euthanasie ou les salles pour accompagner les personnes en proie aux drogues, chose que la France est encore incapable de penser ouvertement. Le musée montre donc aussi un peu de cette Belgique actuelle et moderne, au-delà des clichés, même s'ils sont bien vivants dans un pays de carnavals, de fêtes, de bière et de pecquet.
Coup de chapeau au musée évidemment aussi pour son exposition sur le chapeau justement ! Une vie de Chapeau : un chapeau pour chaque tête ? Belle scénographie ingénieuse et agréable pour présenter les divers aspects sociologiques du chapeau, ce que le porter veut dire, comment il se fabrique et comment il évolue. Bien sûr les collections et le savoir-faire du musée de Chazelles sur Lyon ont été mises à contribution pour l'occasion, offrant un beau partenariat entre les deux structures.
samedi 23 février 2013
Photographie et Cinéma : je t'aime, moi non plus
Libellés :
exposition
Le musée Nicéphore Niépce propose une exposition sur les relations entre photographie et cinéma avec une belle réflexion de leurs rapports ambivalents, sous le commissariat de François Cheval. Sous le titre, Les arts associés, la photographie au service du cinéma, l'exposition déploie les multiples visages en autant de clins d'oeil. D'abord évidemment moyen d'information, de propagande et de conviction en direction d'un public à conquérir, la photographie n'est pas seulement un moyen de dévoiler et de fabriquer des stars, c'est aussi un outil de travail. Même si le regard condescendant du cinéma envers la photographie, cette image fixe, la réduisait trop souvent à être une antiquité, un archaïsme au regard des techniques plus élaborées de l'image animée. Eisenstein comparait les « belles » photographies de film « à un fatras décousu de jolies phrases » ! rappelle François Cheval. Pourtant la photographie permet de voir autrement, de dévoiler ce que l'on ne voit pas à l'écran dans l'enchainement et la fuite en avant de la bobine. La salle obscure crée une fascination et un éblouissement, en cela elle empêche de voir en concentrant les regards sur l'intrigue ; la photographie, au contraire, permet de restituer le temps long et le choix du regardeur à scruter, à détailler, à s'arrêter. Nulle opposition intestine, mais une complémentarité que l'exposition interroge.
jeudi 21 février 2013
Mondes éléctriques
Libellés :
exposition
Belle exposition à l'Espace Electra sur La Fée électricité et sa fabuleuse histoire. En revenant à ses fondamentaux, la Fondation EDF n'oublie pas pour autant les questions de développement durable, qui demeurent bien présents dans l'exposition. Surtout, elle permet de découvrir la relation que l'homme entretient à l'électricité, et surtout les espoirs et les craintes que cette énergie miraculeuse a générées à ses débuts. Ainsi, c'est le pan médical et les espoirs d'électrothérapie qui sont les moments les plus savoureux. Il en reste des traces et à ce sujet le documentaire sur les croyances actuelles en Asie relatives à la guérison espérée en s'allongeant entre deux rails de chemin de fer est du point de vue ethnographique extraordinaire. Les affiches de campagne électorale de François Mitterrand devant des cheminées d'usines et des réacteurs sont également étonnantes ! Mais il y a aussi les films des premiers âges du cinéma qui rendent compte des représentations de l'époque et qui sont des ravissements pour le visiteur. On retrouve également, La Jamais contente, présentée dans l'exposition Des Transports et des hommes à la Cité des Sciences, une des premières voitures, d'emblée électrique, et qui dépasse les 100 km heure. On se demande pourquoi tout ce temps perdu depuis un siècle... Une belle exposition, intelligemment scénographié sur un propos bien construit par Alain Beltran, commissaire de l'exposition.
mardi 19 février 2013
Des réalisations signées MEM
Libellés :
voyage d'étude formation muséologie
C'est ainsi que nous concevons la formation professionnelle en muséologie : au travers de mise en pratique, d'expériences de terrain, d'analyse de visites, de rencontres, de cas pratiques...
C'est ainsi que nous concevons l'exposition : non pas comme une réserve patrimoniale plus ou ou moins bien présentée et documentée, mais comme un véritable travail d'écriture et comme une création collective en vue d'une interprétation pour laquelle le patrimoine et les collections peuvent éventuellement être convoqués.
Pour cette raison, nous sommes très heureux des réalisations que les étudiantes du master expo-muséographie proposent.
Nous ne pouvons signaler ici les autres actions conduites : évaluation d'expositions, réalisations d'étude, voyages sur sites et rencontres, journées d'étude... ainsi se déroule la formation dès lors que l'université laisse un peu de marge de manoeuvre pour innover et sortir de la classique compilation de cours à laquelle s'ajoute un stage ; résumé de bien des formations...
C'est ainsi que nous concevons l'exposition : non pas comme une réserve patrimoniale plus ou ou moins bien présentée et documentée, mais comme un véritable travail d'écriture et comme une création collective en vue d'une interprétation pour laquelle le patrimoine et les collections peuvent éventuellement être convoqués.
Pour cette raison, nous sommes très heureux des réalisations que les étudiantes du master expo-muséographie proposent.
- Un premier groupe a travaillé sur une exposition L'Objectif en coulisses, afin de présenter le travail artistique de Robert Baronet, photographe québecois que les étudiantes ont accompagné dans son exploration en Nord-Pas de Calais. L'exposition inaugurée à l'Office culturel d'Arras début février poursuivra sa route avec une inauguration début mars à Lens.
- Un second groupe présente une exposition sur les mythes et préjugés relatifs à l'épilepsie au musée d'ethnographie de Béthune. Très belle exposition également qui aborde le sujet en le construisant rigoureusement et avec une approche transversale art science et société. Des interviews donnent une approche sensible et humaine du sujet. Ce qui prime ici est l'approche interprétative et réflexive...
- D'autres projets, dont nous reparlerons, sont en cours de concrétisation...
- Profitons en pour signaler également les critiques proposées sur le blog de la formation, L'Art de muser, les étudiant.e.s de master 1 et 2 y publient des papiers argumentés régulièrement.
Nous ne pouvons signaler ici les autres actions conduites : évaluation d'expositions, réalisations d'étude, voyages sur sites et rencontres, journées d'étude... ainsi se déroule la formation dès lors que l'université laisse un peu de marge de manoeuvre pour innover et sortir de la classique compilation de cours à laquelle s'ajoute un stage ; résumé de bien des formations...
jeudi 14 février 2013
Ecriture d’exposition : pour un traité d’expologie ?
Libellés :
publication muséologie
Il est dans nos convictions que l’exposition ne sert pas seulement à montrer mais à démontrer. Que celle-ci sert à communiquer du sens, à tenir des propos si possible signifiant pour les visiteurs, à rendre intelligible le vécu de chacun, par la mise en avant d’idées, de sensations, d’émotions, de ravissements... C’est pour cela que nous visitons les expositions et apprécions leur diversité, cherchant à cerner leur efficacité et leur à propos. C’est ainsi que nous entendons sensibiliser les étudiants qui suivent une formation en muséologie.
Pour parvenir à mieux comprendre les initiatives des concepteurs, nous proposons dans cet ouvrage une réflexion sur la mise en exposition et tentons un classement des démarches. En s’appuyant sur les différentes approches en muséologie, il s’agit de passer en revue les concepts et de sérier les évolutions. Car les modes de conception, mais aussi les raisons de concevoir et surtout de visiter les expositions se transforment. Aussi il faut tenter de voir plus clair en mettant à plat cette magnifique diversité au travers d’une analyse comparative. Nous proposons dans cet ouvrage une première tentative de classement des écritures de l’exposition, étape d’un cheminement réflexif que chacun pourra alimenter, nous l’espérons, par ses propres exemples et par ses propres visites.
lundi 4 février 2013
De mémoires de pères
Libellés :
exposition
Courageuse démarche que d’appréhender l’histoire de la seconde guerre mondiale au travers des albums de famille et des photos reléguées au grenier des mémoires familliales. Le musée de Graz, Universalmuseum Joanneum, propose une exposition faite de photographies collectées auprès de la population locale. Des duplicatas d’albums sont proposés en consultation pour suivre des vies au travers de ces captations éphémères. Emouvante traversée biographique que l’on se prend à reconstituer en regardant ces soldats de l’armée allemande sur les différents théâtres des opérations militaires et même dans les camps de détenus... Etrange sentiment quand les albums dévoilent ces clichés de soldats semblant faire du tourisme de Bretagne en Flandres, de Paris à Budapest, et même jusqu’au Maghreb... Et puis d’autres apparitions de fuites, de prisonniers, de villes dévastées, de vies brisées. Photos émouvantes comme cette femme envoyée en cobaye pour traverser une rivière afin de constater que celle-ci n’est pas minée. Appréhender ainsi un passé et avoir le courage d’y faire face, même s’il n’est guère avantageux. On attend de semblables courages dans les musées français pour appréhender les guerres coloniales jusqu’à celle d’Algérie.
samedi 2 février 2013
Lu dans la presse...
Libellés :
actualités des musées
- Nous n'arrêterons pas d'être surpris par les musées ! Nous apprenions avant hier qu'il fallait ne pas sentir mauvais pour contempler les oeuvres (voir ici et aussi Médiapart). Ainsi le musée d'Orsay (toujours lui !) se fait remarquer en expulsant manu militari une famille de SDF venue visiter, accompagnée d'ADT Quart Monde, sous prétexte que cela sent trop fort. Cela rappelle les petites odeurs de sinistre mémoire ! A quand l'installation de cabines de douches à l'entrée des musées comme dans les piscines ? Outre le traumatisme pour la famille en question, on pourrait en rire si cela n'en disait pas long sur la manière dont ce musée envisage le lieu et ses utilisateurs légitimes. Sans doute peut-on s'interroger aussi sur la sous-traitance de la sécurité à des sociétés extérieures (mais prennent-elles vraiment l'initiative d'expulser des visiteurs sans en informer la direction du musée, comme Orsay tente de le faire croire ?). C'est quoi déjà la magnifique phrase de Clemenceau ? : "Laissez rêver les pauvres...".
- Autre information étonnante dans Le Monde du 30 janvier, dans un tout autre registre : la demande de la Belgique au musée des beaux-arts de Nantes, de restitution d'un Rubens à la cathédrale de Tournai, prélevé en 1794 par notre amoureux des arts, l'emporté Napoléon pour son musée universel des arts ! La logique de la restitution, théorisée depuis quelques décennies, entre enfin dans sa logique concrète. Le vers est dans le fruit ! On n'a pas fini de s'amuser si on poursuit ainsi, on va bientôt restituer tous les biens spoliés. C'est Quatremère de Quincy qui va être content. Mais jusqu'à quand faudra-t-il remonter ? Au vu du délabrement de toutes les valeurs de la Révolution et de l'héritage des Lumières, la réhabilitation de l'Ancien Régime se profile. Ainsi, les agités de Civitas vont sans doute un jour s'emparer du dossier pour plaider la restitution des biens nationaux au clergé et espérer ainsi repeupler les églises, puisque ces objets de culte attirent dans les musées ! On va remettre les choses en ordre et un jour replacer toutes les oeuvres à leur place dans leurs pays d'origine, niant par la même l'histoire et la circulation inéluctable de par le monde. Et du même coup la volonté de faire des musées pour permettre au Peuple d'avoir accès à un bien artistique universel, en neutralisant ses usages, en toute laïcité.
samedi 26 janvier 2013
Fermeture du Bioscope
Cela est passé inaperçu dans la communauté muséo me semble t-il, mais j’apprend en lisant Terra Eco (et oui !) que le Bioscope, ce parc d’attraction culturel que les collectivités avaient eu l’idée de susciter à deux pas de l’Ecomusée d’Alsace a fermé ses portes après sa saison 2012 (voir aussi l'Alsace). Cela mériterait un examen approfondi, car c’est emblématique des rêves qui tournent en cauchemar ! Avec 90 000 visiteurs l'an passé au lieu des 300 000 espérés, le parc ne dépasse pas sa septième année d'exploitation. Rappelons 30 millions d'investissement et des déficits d'environ 4 millions par année d'exploitation (voir ici). Que va devenir le site ? Les idées sont à l'étude. Espérons que les effets ne seront pas trop négatifs pour l'Ecomusée d'Alsace qui avait été lié à cette aventure.
Les élus envisagent des "Futuroscopes" sur leur territoire pour impulser avant tout des dynamiques économiques et n’hésitent pas à financer des investissements très lourds pour des équipements gérés le plus souvent ensuite par le privé (ici la Compagnie des Alpes). Le Bioscope a connu un premier échec et a du revoir son projet au bout d’une saison, puis a consenti de nouveaux investissements pour s’orienter vers des propositions plus ludiques encore sur le thème du développement durable ! La réussite s’est fait attendre... Le pari réussira t-il mieux ailleurs ? Eana, à l'abbaye du Valasse à également fermé ses portes cet hiver... D'autres lieux tel Terra-Botanica le parc du végétal à Angers, trouveront-ils leur rythme à l’image de Vulcania qui a également eu des débuts difficiles, de Micropolis ou de la Cité de l’Espace à Toulouse ? La mairesse de Montpellier ambitionne de développer, dit-on, un projet autour du corps humain, sera t-il plus probant ?
lundi 21 janvier 2013
En plein dans le mille
Libellés :
exposition
Le thème est à priori étrange : exposer des oeuvres peintes, sorte de tableaux populaires prises pour cibles de tir. La tradition croate fait mieux comprendre ce pays de violence exacerbée où de belles jeunes femmes sont soigneusement peintes pour être dégommées à vue. Car ce ne sont pas seulement, et même rarement des animaux, comme on pourrait s'y attendre, qui figure comme sujets des cibles, mais des expressions de la vie quotidienne, des figures dont on ne sait pas si elles représentent des personnages réels. Le tout est très beau et très cruel. Mais au final, n'est-ce pas aussi que le chasseur exacerbe là un lien passionnel avec l'objet de ses désirs mortifères ? Il était donc à propos de demander à Annie Le Brun de se pencher sur la question dans le très beau catalogue qui accompagne l'exposition. Car de la mort, du désir et de la cruauté, s'entremêlent les fils de la passion. Le musée de la chasse et de la nature, une fois de plus, nous épate en proposant un parcours sensible, au gré de ses collections permanentes, mêlant avec joie les approches, entre art ancien, réflexion anthropologique, art contemporain. Voilà des oeuvres qui prennent ainsi tout leur sens. Nous avons été surpris de ne pas y retrouver Valère Novarina qui tirait sur ses toiles à peine peintes, mais il y a Niki de Saint-Phalle qui s'inscrit dans la même tradition. Une exposition pour un très grand plaisir car comme toujours dans ce lieu la muséographie est tout aussi irréprochable que la scénographie.
à lire aussi cette critique de Libération : http://www.liberation.fr/culture/2013/01/11/cibles-pan-de-l-art-meconnu_873426
et celle sur Lunettes rouges : http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2013/01/19/on-ne-tire-que-sur-ce-quon-aime/
à lire aussi cette critique de Libération : http://www.liberation.fr/culture/2013/01/11/cibles-pan-de-l-art-meconnu_873426
et celle sur Lunettes rouges : http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2013/01/19/on-ne-tire-que-sur-ce-quon-aime/
samedi 19 janvier 2013
Chantier autorisé
Libellés :
exposition
Voici une exposition qui n’est ni pour les enfants, ni pour les adolescents, ni pour les adultes, mais pour les trois à la fois ! En articulant intelligemment les niveaux de lecture, il ne s’agit pas de proposer un même contenu selon trois angles de complexités, mais de disposer sur un même thème des contenus complémentaires que les trois publics pourront partager. Car l’idée est bien de permettre une communication entre les générations, chacune d’entre elles ayant quelque-chose de spécifique à faire partager aux trois autres. L’idée peut paraitre en soi assez simple et évidente, mais elle est toutefois originale car au final peu courante. Elle permet d’éviter les cloisonnements des publics et de mettre en oeuvre une co-éducation de tous avec tous. L’enfant découvre des choses qu’il peut également partager avec l’adulte, et réciproquement. Le pari est d’autant plus intéressant que l’exposition ne cherche pas à couvrir un sujet facile et populaire, mais à expliquer les démarches de l’archéologie contemporaine, des chantiers de fouille et des métiers concernés. Cette exposition du Latenium de Neuchâtel conjugue les discours et donc les niveaux de vitrines déclinées systématiquement à trois niveaux de hauteur. Une exposition qui pourrait très certainement utilement circuler dans les musées d’archéologie.
samedi 12 janvier 2013
L’Imaginarium : à inventer ensemble
Libellés :
exposition,
nouvelles technologies et musée
Nouveaux lieux dédiés aux cultures numériques de l’agglomération lilloise, à proximité du Fresnoy à Tourcoing, au coeur d’un nouvel espace alliant entreprises, centres de ressources, lieux de formation, espace patrimonial et culturel, l’Imaginarium a ouvert ses portes récemment sous la férule de Pascale Debrock et avec la direction artistique de Pierre Giner. Même si le lieu propose une exposition Do It Yourself cherchant à allier science art et bricolage inventif pour en montrer les liens de convergence, c’est moins un lieu institutionnel d’expositions qu’un lieu de créations et d’innovations, un co-working space, ouvert aux surgissements de propositions. Dans la tradition du Fab Lab anglo-saxon, l’Imaginarium réserve des espaces pour accueillir, inventer avec et impulser des initiatives. Le pari est que cet espace trouve à l’avenir son usage par ses usagers. La prochaine exposition dédiée aux jeux vidéos qui devrait ouvrir ce printemps sera sans doute l’occasion d’associer les passionnés et amateurs du domaine.
mercredi 9 janvier 2013
Exposer des photos dans le noir
Libellés :
exposition
La photographie est l’art de la révélation. C’est sans doute de ce fait d’évidence que le FRAC Lorraine s’est inspiré pour proposer au dernier étage du Centre Pompidou Metz une exposition FRAC Forever de sa collection de photographies que l’on visite et découvre à la lampe de poche, plongé dans une obscurité déconcertante. L’affaire est amusante et parait novatrice, et il est dommage qu’aucun texte ne mentionne l’histoire de la chose, alors que les surréalistes avaient inventés cela dans les années 30, avec Man Ray distribuant des lampes à l’entrée de l’exposition tandis que Duchamp éteignait les lumières. L’idée était évidemment d’accroitre la vision en la stimulant. Aujourd’hui, au règne de l’expérientiel, l’affaire est ludique et vise à exciter le visiteur. Il faut bien reconnaitre qu’au-delà de l’étonnement premier la chose est assez vite lassante car à savoir toutes ces magnifiques photos présentes et malgré tout très peu visibles, le visiteur est saisit surtout de frustration. Bref, si l’exposition était de taille plus modeste, elle serait agréable, mais à occuper tout un plateau du centre, elle devient énervante. Le visiteur filera donc assez vite et ce n’est pas l’exposition Sol LeWitt au second qui le retiendra, tant les très belles perspectives dégagées peuvent malgré tout être traversées en courant. Reste l’exposition sur le rideau de scène du ballet Parade au rez-de-chaussée. Mais une fois avoir contemplé l’objet en question, pour le reste, mieux vaut pour le visiteur intéressé lire un catalogue confortablement installé dans son fauteuil. Est-il vraiment nécessaire de faire des expositions pour proposer ça ? D’un côté l’hyper expérience, de l’autre l’absence totale d’expérience, le visiteur pourra dans tous les cas passer son chemin.
dimanche 6 janvier 2013
Hors-Champ : cap aux pôles
Quatre belles pages dans le journal Libération de ce week-end, avec un article signé de la muséologue et muséographe Martine Thomas-Bourgneuf sur l'exposition en cours au Musée d'Ethnographie de Neuchâtel, accompagné d'une interview de Marc-Olivier Gonseth, son directeur. Exposition renversante, nouveau défi de la part de l'équipe du MEN, un de plus !, qu'il est bien difficile de raconter, tant la démarche étourdissante peut laisser sans voix. C'est donc une prouesse que de commenter l'exposition, à l'image des étudiantes du Master Expo-Muséographie lors de notre visite de l'exposition en décembre, et davantage encore d'en écrire une critique dans un quotidien national. L'exercice n'est pas facile et l'auteure s'en tire fort bien. Il faut dire que le propos de l'exposition est aussi riche que complexe, nourrie de références, mais aussi d'humour et de dérision. La très belle scénographie donnant son relief au tissage conceptuel appréhende le hors-champ. L'exposition force, comme toujours au MEN, à s'interroger non seulement sur la discipline ethnologique, mais aussi sur la muséologie et sur le rapport au patrimoine en général. Nous sommes toujours étonnés que les professionnels du musée ne s'y précipitent pas dès l'ouverture, car les occasions de penser sur le métier ne sont pas si fréquentes. Que l'on n'aime ou non les propositions du MEN, on ne peut pas les ignorer tant elles sont la résultante d'une intense activité intellectuelle. Des expositions comme ça, ce sont des perles rares. Mais laissons la parole au bac à glaçons, la matrice du scénario de l'exposition !
vendredi 4 janvier 2013
Démocratiser l’art contemporain
Libellés :
exposition
mercredi 2 janvier 2013
Un musée à visiter pour son enveloppe ?
Libellés :
actualités des musées,
exposition
Le centre d’art contemporain de Graz est spectaculaire et l’on n’hésite pas à venir de loin pour le voir. Inauguré en 2003 à l’occasion de la capitale européenne de la culture, il est intéressant de constater que dix ans plus tard l’architecture reste étonnante. Ce "gentil extraterrestre" comme l’appelle les habitants s’est posé là au sein d'une coquette ville historique classée au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est plutôt sympathique de voir ce mariage bien fonctionner. Le problème est que, par un syndrome trop courant, on visite d’abord l’architecture, car non seulement le programme ne semble guère adapté aux fonctions muséales, mais les expositions présentées sont, en cette fin décembre, plutôt rébarbatives. Véritable caricature des centres d’art contemporains dans ce qu’ils ont de plus affligeants où l’on aligne par exemple des séries de téléviseurs diffusant des vidéos d’artistes, aux contenus plus ou moins abscons, mais à regarder debout en enfilade, même si elles durent 7, 20, 50 voire 95 minutes chacune ! Ce manque d’attention au visiteur, qui de ce fait déserte les lieux, est emblématique (avec de telles souffrances, on se croirait presque au Consortium à Dijon !). On rêve alors de forcer les commissaires à s’infliger la visite de leur exposition !
lundi 31 décembre 2012
Les voyages forment les étudiants !
Libellés :
voyage d'étude formation muséologie
jeudi 27 décembre 2012
Mise en lumière à Vienne
Libellés :
actualités des musées
Collections de mise en lumière. Si le musée de Unna en Allemagne (cf. notre critique du 8/09/2011) nous avait davantage impressionné, l'exposition de Dan Flavin, intitulée tout simplement Lights n'est pas inintéressante, même si l'on n'y reste pas des heures ! Les perpectives et les ambiances déclinées sont particulières. Toutefois, il faut bien avouer que c'est surtout le bâtiment qui retient notre attention, le Mumok en plein centre de Vienne capte évidemment l'intérêt. Car il était osé d'implanter un tel bâtiment en plein coeur du quartier historique des musées. Si le musée Léopold en face ne brille pas particulièrement par son intérêt architectural, il faut reconnaître que le Mumok n'est pas pleinement réussi non plus. Son toit bombé n'est pas du meilleur effet. Plus globalement, les musées de Vienne en général ne détonnent pas pour leur muséographie ou leur scénographie. Si le muséum conserve évidemment son charme, et le musée d'histoire de l'art (Kunst Historiches Museum) ses magnifiques collections, comme le musée Albertina ou le musée du Belvédère leur intérêt pour leurs collections d'Egon Schiele ou de Klimt, ils ne sont pas davantage que le musée des arts décoratifs (le MAK) récemment rénové très à la pointe de la muséo. On sera en revanche captivé par la curieuse collection de cire du Josephinium de l'université de médecine. Un musée certes confidentiel.
lundi 24 décembre 2012
La ville magique
Libellés :
exposition
Très belle exposition, que propose le LAM de Villeneuve d'Ascq, fortement construite et structurée, à partir de trois villes : New-York, Berlin, Paris, occasion de présenter des oeuvres plus ou moins connues, mais surtout de les faire dialoguer et de les marier aux productions cinématographiques de leur époque, aux créations littéraires, aux appréciations des poètes au travers de citations choisies. Si la ville est d'abord une ville fantôme, architecturale, elle se rêve habitée, se peuple de foules solitaires, puis de fantasmes, de passants étranges, enfin de meurtres et d'êtres louches. Les artistes en rendent compte. L a scénographie est métaphorique sans être pesante et trouve d'ingénieuses solutions parfois pour mettre en valeur les oeuvres, isoler le spectateur pour visionner un extrait de film, pour mettre en regard des approches convergentes. Dommage que l'on ne puisse y faire des photographies, mais à défaut on pourra se reporter au site internet et au catalogue.
jeudi 20 décembre 2012
Exposer les hommes nus
Libellés :
exposition
Dieu sait si le musée est prolifique en corps nus, mais il s'agit généralement de corps féminins tant les artistes depuis le XIXème siècle en proposent. Les corps masculins sont peu fréquents si on exclu les antiques, corps de Dieux, d'athlètes ou d'éphèbes. C'est pour briser le tabou que le musée Léopold à Vienne présente cette exposition choc. Cependant, au-delà de l'oeuvre provocante et un brin racoleuse qui fait le support de l'affiche, le reste est assez sage et même un brin décevant. La réflexion demeure assez basique, et le parcours en histoire de l'art esquive le corps masculin glorifié par le 3ème Reich où ne s'y attarde guère. Pourtant, il y aurait été intéressant de suivre le fil, et de mieux comprendre ce rapport si ambivalent au corps masculin au cours des âges. Ce qui est montré est assez commun et attendu, et la réflexion anthropologique demeure en deçà de ce que l'on pourrait attendre sur le sujet. La fin de l'exposition n'évite pas le poncif de la sexualité homosexuelle, comme si le sujet ne pouvait être que celui-là. Plus intéressante est l'approche féministe, même si les oeuvres choisies ne sont pas les plus pertinentes.
dimanche 16 décembre 2012
Touch. Le monde au bout des doigts
Libellés :
exposition
Ingénieuse exposition, comme souvent à la Fondation Claude Verdan à Lausanne, dédiée au toucher : Touch. Le monde au bout des doigts. Le musée de la main conduit d'exposition en exposition de pertinentes explorations sur le corps, les sens, la médecine, le rapport à la vie dans ses aspects biologiques et ses interactions avec la société. Le regard anthropologique est toujours de mise. Les moyens sont souvent modestes, mais l'intelligence est de mise pour trouver des moyens de médiations opérants. Un véritable discours est construit, cohérent et structuré, qui invite le visiteur à une réflexion immersive et expérientielle sur un sujet donné. A partir du toucher, les sens sont ici sollicités, puis progressivement interrogés dans leur interactivité physique. Les illusions sensorielles, les relations corps - cerveau, puis les extensions du corps, le corps démultiplié, prolongé, remplacé amène en douceur au corps virtuel. Le second étage propose des expériences et des vidéos de prospectives captivantes. Une visite agréable, amusante et instructive, suscitant une véritable interactivité entre visiteurs.
mercredi 12 décembre 2012
Temps de fantômes
Libellés :
exposition
Nous ne sommes plus à Halloween, mais les fantômes pullulent ces temps ci. A la maison Victor Hugo à Paris une exposition sur les spirites ne retient guère l'intérêt, mais participe de cet univers hanté qui sévit surtout en Nord Pas de Calais. C'est au Fresnoy bien sur que l'on peut voir la formidable exposition de Georges Didi-Huberman et Arno Gisinger, Histoires de fantômes pour grandes personnes. Ingénieuse, l'exposition part de la planche de Warburg comparant des mises au tombeau, projetée telle une élévation et transposée au plan horizontal par une série d'images et d'extraits de films qui ont marqué nos mémoires. Ce sont les images qui sont fantomatiques dans Mnémosyne 42, où sur un océan de larmes et de lamentations, nous nous embarquons immobile depuis le bastingage. Belle proposition où se télescopent les archives, les films de répertoires et l'actualité.
Le Nord Pas de Calais accueillent bien d'autres fantômes, dans les reflets du Louvre-Lens, au coeur de La Ville magique du LAM, ou encore très présentifiés dans l'exposition Phantasia au Tri Postal. Mais nous en reparlerons !
Le Nord Pas de Calais accueillent bien d'autres fantômes, dans les reflets du Louvre-Lens, au coeur de La Ville magique du LAM, ou encore très présentifiés dans l'exposition Phantasia au Tri Postal. Mais nous en reparlerons !
samedi 8 décembre 2012
Aux reflets de nos rêves
Libellés :
actualités des musées
Il faut bien avouer que nous étions dubitatif lorsqu'il y a quelques années nous entendions dire que le Louvre-Lens se devait d'être un musée du XXIème siècle, innovant et visionnaire. Nous pouvons enfin commencer à apprécier, même si la période de croisière de cet énorme paquebot arrimé à Lens prendra certainement quelques mois pour se régler. Il faut tout d'abord noter l'enthousiasme formidable de la population qui était bien présente lors de ce week-end de portes ouvertes, en prémisse de l'ouverture au public le 12.12.12. La foule jusqu'à tard dans la nuit donnait déjà le ton : le Louvre était attendu dans un bon esprit. C'est déjà un point positif que cette réception généreuse.
Bien sur, certains esprits chagrins pourront regretter que les médiations soient encore bien timides (mais sans doute pas encore installées complètement) et ce n'est pas à ce sujet, il est vrai, que le lieu est révolutionnaire. D'autres s'étonnent que l'intérieur du Pavillon de verre soit si peu convaincant et que la présence incongrue des géants en fin de parcours procède d'un racolage régionaliste complètement décalé. Les critiques les plus fines déplorent le manque de lisibilité de cette grande leçon d'histoire de l'art, et des liens comparatifs entre les oeuvres. Mais c'est là s'accrocher à une vision du musée trop classique. Les plus réactionnaires des critiques reviennent sur l'absence des chefs d'oeuvre au Louvre Paris. Laissons cela, si le Louvre-Lens est novateur, c'est qu'il se place ailleurs et autrement. Là où nous ne l'attendions pas.
Dans une certaine mesure, il vient confirmer ce qui n'était encore qu'une amorce au musée du Quai Branly, l'autre musée qui se proposait lui aussi d'ouvrir une nouvelle ère de la muséologie, celle du nouveau siècle. Bien des points communs semblent pouvoir être établis. D'abord François Mairesse y trouvera confirmation de ce concept qu'il entend proposer, de "muséologie de passage". Car ce sont des espaces de ballade traversés, davantage que des lieux visités, qui caractérisent aujourd'hui les espaces d'exposition. Mais surtout en affirmant la stricte égalité des expôts, en plaçant les oeuvres sur un même registre, abordées systématiquement de la même manière et en vouant l'effet de surprise à l'ensemble plutôt qu'à chacune des pièces de la collection, s'incarne une forme scénographique inattendue. Si l'on parcourt ici un paysage c'est d'abord celui de la collection rassemblée et dévoilée dès l'entrée.
Surtout, ce qui est purement génial dans la proposition du Louvre-Lens et qui pour nous signe ce lieu comme un événement muséologique inégalé, c'est qu'il fait le lien entre le musée physique et le musée virtuel. Ce qui est extraordinaire, ce sont les reflets, les jeux d'optique, les dépassements, les détournements, les floutés et l'échos des images. Car tout conduit à une perception incertaine, du pavillon d'accueil avec ses murs de verre aux reflets de la Galerie du Temps. Les oeuvres surgissent alors du temps retrouvé et trop vite disparu. C'est finalement la leçon que nous donne le Louvre-Lens, quelques oeuvres surgissent, rescapées d'un long et continu écoulement du temps qui s'évanouit inexorablement dans la perte et l'oubli. Les reflets sont comme des rêves, métaphore suprême de l'image, par nature évanouie, évanescente. Les visiteurs eux-mêmes ressemblent à ces esquisses d'architectes, qui fait que l'on ne se sent plus soi-même véritablement physiquement matériel. C'est là le suprême et malicieux retournement, une ode au portrait dans un lieu fantomatique. Arrachés à l'oubli et à la mort quelques visages, signés de Raphael, d'Ingres, ou de Georges de La Tour alors que tout le reste s'efface...
Nous sommes entrés dans l'ère du virtuel et de la dématérialisation, c'est ce que le Louvre-Lens nous signifie. Demeure quelques oeuvres qui surgissent de ce néant, pour mieux y disparaitre sans doute à terme, nous rappelant modestement que tout est éphémère, y compris ces traits de génie. Vanité des volontés patrimoniales sans doute que de prétendre en conserver les traces. De manière subliminale, le Louvre-Lens inscrit sa réflexion dans la post-médiation. A l'heure de la fragilité généralisée, d'une espèce humaine plus que jamais en péril, la Galerie du Temps revient sur cette histoire longue, mêlant brusquement les époques et les civilisations, en une formidable tirade exaltée et tel le génie de la lampe merveilleuse rend le tout vaporeux (donnant une autre signification encore au concept d'art à l'état gazeux d'Yves Michaud). C'est très fort et visionnaire.
Le Louvre-Lens est un mirage, non pas des sables, mais des mines. Un coup de grisou tout blanc, une violence douce, comme de la ouate, l'éther du temps qui passe et s'évanouit. Une trop belle image, posée là comme un ovni, dans ce pays longtemps considéré comme un trou noir. Une révélation fugitive de nos sensations. Ce qui compte ici dans cette prouesse, ce ne sont pas tant les oeuvres que les reflets. Revenir à la caverne de Platon, pour repenser le monde. Ce qu'au fond tous les habitants se demandent encore : "tout cela est-il vraiment réel ? Est-ce que cela nous est bien arrivé ?".
Bien sur, certains esprits chagrins pourront regretter que les médiations soient encore bien timides (mais sans doute pas encore installées complètement) et ce n'est pas à ce sujet, il est vrai, que le lieu est révolutionnaire. D'autres s'étonnent que l'intérieur du Pavillon de verre soit si peu convaincant et que la présence incongrue des géants en fin de parcours procède d'un racolage régionaliste complètement décalé. Les critiques les plus fines déplorent le manque de lisibilité de cette grande leçon d'histoire de l'art, et des liens comparatifs entre les oeuvres. Mais c'est là s'accrocher à une vision du musée trop classique. Les plus réactionnaires des critiques reviennent sur l'absence des chefs d'oeuvre au Louvre Paris. Laissons cela, si le Louvre-Lens est novateur, c'est qu'il se place ailleurs et autrement. Là où nous ne l'attendions pas.
Dans une certaine mesure, il vient confirmer ce qui n'était encore qu'une amorce au musée du Quai Branly, l'autre musée qui se proposait lui aussi d'ouvrir une nouvelle ère de la muséologie, celle du nouveau siècle. Bien des points communs semblent pouvoir être établis. D'abord François Mairesse y trouvera confirmation de ce concept qu'il entend proposer, de "muséologie de passage". Car ce sont des espaces de ballade traversés, davantage que des lieux visités, qui caractérisent aujourd'hui les espaces d'exposition. Mais surtout en affirmant la stricte égalité des expôts, en plaçant les oeuvres sur un même registre, abordées systématiquement de la même manière et en vouant l'effet de surprise à l'ensemble plutôt qu'à chacune des pièces de la collection, s'incarne une forme scénographique inattendue. Si l'on parcourt ici un paysage c'est d'abord celui de la collection rassemblée et dévoilée dès l'entrée.
Surtout, ce qui est purement génial dans la proposition du Louvre-Lens et qui pour nous signe ce lieu comme un événement muséologique inégalé, c'est qu'il fait le lien entre le musée physique et le musée virtuel. Ce qui est extraordinaire, ce sont les reflets, les jeux d'optique, les dépassements, les détournements, les floutés et l'échos des images. Car tout conduit à une perception incertaine, du pavillon d'accueil avec ses murs de verre aux reflets de la Galerie du Temps. Les oeuvres surgissent alors du temps retrouvé et trop vite disparu. C'est finalement la leçon que nous donne le Louvre-Lens, quelques oeuvres surgissent, rescapées d'un long et continu écoulement du temps qui s'évanouit inexorablement dans la perte et l'oubli. Les reflets sont comme des rêves, métaphore suprême de l'image, par nature évanouie, évanescente. Les visiteurs eux-mêmes ressemblent à ces esquisses d'architectes, qui fait que l'on ne se sent plus soi-même véritablement physiquement matériel. C'est là le suprême et malicieux retournement, une ode au portrait dans un lieu fantomatique. Arrachés à l'oubli et à la mort quelques visages, signés de Raphael, d'Ingres, ou de Georges de La Tour alors que tout le reste s'efface...
Nous sommes entrés dans l'ère du virtuel et de la dématérialisation, c'est ce que le Louvre-Lens nous signifie. Demeure quelques oeuvres qui surgissent de ce néant, pour mieux y disparaitre sans doute à terme, nous rappelant modestement que tout est éphémère, y compris ces traits de génie. Vanité des volontés patrimoniales sans doute que de prétendre en conserver les traces. De manière subliminale, le Louvre-Lens inscrit sa réflexion dans la post-médiation. A l'heure de la fragilité généralisée, d'une espèce humaine plus que jamais en péril, la Galerie du Temps revient sur cette histoire longue, mêlant brusquement les époques et les civilisations, en une formidable tirade exaltée et tel le génie de la lampe merveilleuse rend le tout vaporeux (donnant une autre signification encore au concept d'art à l'état gazeux d'Yves Michaud). C'est très fort et visionnaire.
Le Louvre-Lens est un mirage, non pas des sables, mais des mines. Un coup de grisou tout blanc, une violence douce, comme de la ouate, l'éther du temps qui passe et s'évanouit. Une trop belle image, posée là comme un ovni, dans ce pays longtemps considéré comme un trou noir. Une révélation fugitive de nos sensations. Ce qui compte ici dans cette prouesse, ce ne sont pas tant les oeuvres que les reflets. Revenir à la caverne de Platon, pour repenser le monde. Ce qu'au fond tous les habitants se demandent encore : "tout cela est-il vraiment réel ? Est-ce que cela nous est bien arrivé ?".
mardi 4 décembre 2012
Enfin, il est là !
Libellés :
actualités des musées
Nous l'attendions avec impatience ! Enfin, il est là, presque accessible. Inauguré ce soir. Découvert de nuit le week-end prochain avec les étudiants du master ! Et pour nous tous à partir du 12.12.12.
Qui-suis-je ?
http://www.youtube.com/watch?v=zQ2zkNC_XYw&feature=player_embedded
Inscription à :
Articles (Atom)


















