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Master MEM

vendredi 11 avril 2014

Air à Lille

Mon Dieu que d'Air dans le Nord Pas-de-Calais ! Après Appel d'Air à Arras, voici Open Air à Lille ! Oui ! le groupe Air invité par le très beau Palais des Beaux Arts pour des interventions musicales inédites. En ouvrant le cycle Open Museum, le nouveau conservateur Bruno Girveau lance un grand coup d'air frais dans l'institution, et cette première édition est à cet égard prometteuse. Voilà de l'originalité et du dynamisme, comme l'inauguration l'a prouvé, avec un public nombreux et rajeuni. Des oeuvres ont été choisi par les musiciens et des compositions musicales les donnent à voir autrement, avec une interprétation singulière à chaque fois. Plusieurs oeuvres d'artistes contemporains, de Xavier Veilhan, Yi Zhou, Linda Bujoli, Mathias Kiss, s'insèrent dans le parcours des expositions permanentes du musée, un peu à la manière de ces intrus que le musée national des beaux arts de Québec avait imaginé il y a quelques années. Jusqu'au 24 aout, à Lille, le visiteur pourra visiter un musée mis en musique. Une expérience originale qui atteste que les musées bougent.

samedi 29 mars 2014

Appel d'Air à Arras

Quel souffle sur Arras quand l'art contemporain s'immisce jusque dans les sous sols des grands places ! Bel événement Appel d'Air présenté par 6 de nos étudiantes et ex-étudiantes mettant en scène les créations de 15 artistes dans un lieu incongru : le parking de la Grand Place. Puisque l'ère de la voiture est désormais derrière nous, il est temps de songer à reconvertir les parkings ! C'est ce que suggère cette édition tout en finesse sur la respiration, dévoilant de nouveaux espaces interstitiels où la poésie est enfin libre de s'installer. Dans ces no man's land que sont les parkings souterrains, les artistes revigorent nos neurones et célèbrent la vie, par des plantes et des promesses de nouveaux horizons. Une très belle énergie. Bravo pour ce commissariat d'exposition, pour les médiations et même l'atelier scientifique, bravo pour la technique, l'administration et la communication du projet. Avec une superbe affiche et un graphisme de qualité. Voici la 1ère édition. A suivre ?
et sur Facebook

dimanche 23 mars 2014

FRAC à Dunkerque

Belle réalisation que ce bâtiment signé par l'agence Lacaton et Vassal d'une grande originalité. Aux anciens chantiers navals a été apposé un clone, en verre et en élégance, juste traversé par une future rue reliant la ville et ses nouveaux quartiers, à ceux de Malo-les-bains. Véritable projet de rénovation urbaine qui accompagne la mutation de la plus grande ville portuaire. Le bâtiment pourra paraitre un peu vide, mais il offre les espaces disponibles pour les innovations et événementiels à venir, avec des espaces modulables et fonctionnels. Le FRAC Nord-Pas de Calais dispose désormais de réserves digne de la hauteur de ses collections, d'un centre de ressources accueillant, d'un terrasse et d'un espace pour les soirées festives.  Ses espaces de présentation sont d'une belle facture. Demeure la question de la régulation du climat dans ce bâtiment et les coûts de fonctionnement qu'il risque de générer. De même, nous sommes assez sceptiques sur les chauffages placés à 5 mètres de haut sous les plafonds, mais l'usage dira s'il est agréable de fréquenter les futures expositions. Pour l'heure, Le Futur commence ici.

mercredi 12 mars 2014

Nouvelles histoires de fantômes pour grandes personnes

L'exposition d'abord présentée au Fresnoy dont nous avions parlé l'année passée, en décembre 2012, est arrivée au Palais de Tokyo, accompagnée de tous ses fantômes. Ceux que Didi-Huberman et Arno Gisinger viennent mettre en scène comme des démons d'après l'Atlas Mnémosyne ouvrage datant du début du XXème publié par l'historien de l'art Aby Warburg. Des extraits de films sont projetés comme autant d'images évocatrices, de mémoires qui hantent le siècle, rappelant les mises au tombeau contemporaines. L'effet est moins spectaculaire au Palais de Tokyo qu'au Fresnoy où la grande salle de bal se prêtait à merveille à cette juxtaposition. L'étourdissement qui en résultait, jouant du chaos et de la profusion, trouve un air plus sage et mieux rangé dans cet espace allongé. Le fait que l'on puisse déambuler directement dans les images, alors qu'on les surplombait et qu'elles conservaient ainsi un caractère sacré de mise en terre, sur lesquels le spectateur se penchait, était plus fort à Tourcoing. Il est toujours intéressant de revoir une exposition et de comprendre combien sa scénographie lui donne une autre tournure, une nouvelle interprétation. Au Palais de Tokyo, le visiteur profane en quelque-sorte ce qui était au Fresnoy respectueusement maintenu à distance.

vendredi 7 mars 2014

La Nuit en pleine lumière

Exposition consacrée à la Nuit au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris. Beau thème, traité de manière convaincante, en quatre grands espaces : la nuit dans sa dimension astronomique, les animaux de la nuit et leurs comportements, le sommeil et enfin les imaginaires de la nuit. Trois séquences scénographiées avec trois partis-pris qui permettent au visiteur de vivre trois moments particuliers et d'éviter la lassitude. La première séquence propose des manips pour comprendre la nuit, avec une installation, Le Stellarium, application adaptée pour le muséum qui est forte impressionnante. Certains aspects sur les croyances rappellent une exposition déjà ancienne sur La Lune co-réalisée par le Musée de la civilisation et Confluence. Le Muséum propose ensuite une autre grande parade des animaux de la nuit, mêlant indistinctement les provenances géographiques, en portant une attention sur chaque sens qui permet aux espèces de se repérer et de s'adapter aux conditions nocturnes. Une exposition qui devrait sans nul doute trouver un grand succès auprès des visiteurs et itinérer dans d'autres institutions en région dans les années à venir.

dimanche 2 mars 2014

L'avenir du musée est-il dans l'enfance ?

Etonnant de constater lors d'un récent voyage au Québec combien les expositions destinées aux enfants ont le vent en poupe. Ainsi le musée de Pointe à Callière consacre tout l'espace de l'ancienne douane pour une exposition sur les Pirates et Corsaires. Espace de jeux et/ou espace de découvertes et de socialisation ? Le musée Mc Cord lui préfère initier aux sciences, avec Jouets, Mission Cosmos avec une exposition dont certains visiteurs s'émeuvent dans le livre d'or qu'à 14 dollars l'entrée, ce soit un peu excessif. Le musée de la civilisation, devenu depuis peu Les Musées de la civilisation, propose également une petite exposition sympathique sur l'art brut pour les enfants et aussi un regard sur les jeux vidéos (Follement jeux vidéos). De son côté bien sur le centre des sciences à Montréal adresse également de grands espaces d'exposition à cette cible de publics. Autant d'expositions qui auront pour effets espérons-le de fournir une autre image du musée aux enfants et de leur donner l'envie d'y revenir souvent. Si on compare ces initiatives nombreuses outre-atlantique, les offres en France semblent pour le moment plus réduites.

jeudi 20 février 2014

Cap sur les Jeux vidéos

 Depuis l'exposition réalisée par Pierre Giner au CNAM, et ensuite à l'Imaginarium (Play again),  puis l'exposition présentée au Grand Palais, voici que la Cité des Sciences propose une exposition sur les jeux vidéos retraçant l'épopée de son développement depuis 40 ans. Sous la houlette de Pierre Duconseille, commissaire de l'exposition, il s'agit d'explorer les formes et les techniques. L'exposition est intéressante à comparer à celle proposée actuellement au Musée de la civilisation à Québec qui vient d'ouvrir également une exposition dédiée au sujet. Elles sont très proches, même si l'aspect historique est plus didactique dans le dernier cas. Dans les deux expositions, des experts proposent une lecture sociologique dans une vidéo en fin de parcours. Certains aspects de la scénographie sont également convergents. Les techniques récentes pour créer des animations en prenant en compte les paramètres externes (pluie, heure du jour, lumière, etc.) sont assez impressionnantes à découvrir. Ces expositions dans lesquelles on ne visite pas sans jouer proposent une version radicale de l'expérience de visiteur, où celui-ci compose nécessairement le parcours par son implication. Le public adolescent semble en raffoler, et sans doute ceux qui n'ont pas du tout cette culture du jeu vidéo ont plus de mal à entrer dans le propos. Signalons une exposition sur le même thème aux Champs Libres à Rennes : Play Time.

samedi 8 février 2014

Scandaleux ! Les petites économies du Louvre

Le site Le Louvre pour tous dévoile les intentions en matière de politique tarifaire du Louvre, dont le nouveau directeur annonce de supprimer la gratuité du premier dimanche du mois, en haute saison. Il était bien la peine qu'Aurélie Filippetti fasse de la culture pour tous son credo... Et que les études conduites jadis par le service culturel du Louvre démontrent, contre tous les arguments idéologiques, que la gratuité avait bel et bien des effets de démocratisation. Car il s'agit là moins de petites économies que d'arguments idéologiques. La gratuité oppose depuis le début du XXème deux conceptions du musée, et Claude Fourteau qui a beaucoup oeuvré pour alimenter la réflexion dans ce domaine a suffisamment démontré combien ce débat n'avait pas qu'une valeur symbolique.
Bref, nous citerons seulement ce mot de Clemenceau qui déjà s'exclamait : "Laissez rêver les pauvres !". Enfin, il est vrai que la gratuité de la Galerie du Temps au Louvre-Lens est décidée et prise en charge par le Conseil Régional Nord-Pas de Calais et pas par le Louvre Paris. Bref, la honte pour cette nouvelle direction du Louvre Paris...
En un mot allez signer et faire signer la pétition mise à place par Le Louvre pour tous

mercredi 5 février 2014

Guide de conception des expos

Enfin le voilà ! Le Guide de conception des expositions, intitulé Projet d'exposition. Guide des bonnes pratiques, document élaboré par un collectif auquel nous avons participé, et qui aura travaillé pendant presque trois ans pour présenter cette version définitive à l'occasion du Sitem 2014. Regroupant des membres de l’Association des scénographes, la Fédération des Etablissements Publics Locaux, des juristes, des assureurs, des représentants des maitres d’ouvrages, etc., sous la houlette de François Lejort, le guide a pour ambition, non de normer, mais d’apporter des conseils méthodologiques pour impulser de bonnes pratiques. Car les démarches sont souvent acadabrantesques, comme aurait dit un ancien Président !, le Guide vise par conséquent à apporter des éléments factuels et synthétiques. On se reportera à d’autres ouvrages pour compléter sur tel ou tel point, mais ce vade-mecum comble un vide dans le domaine. 
Téléchargeable gratuitement sur internet pour assurer une diffusion maximale, il était souhaitable d'en disposer d'exemplaires imprimés pour qu’il puisse prendre place physiquement parmi les ouvrages de références des multiples acteurs qui collaborent à la production des expositions.  

lundi 27 janvier 2014

L’Association Muséographes (Les)


La profession de muséographe avait besoin d’un groupement faisant reconnaitre les spécificités de ce métier. C’est chose faite avec une association qui regroupe des personnes dont la compétence est manifeste, parce qu’elles ont oeuvré depuis 30 ans dans ce secteur, et qu’elles ont participé à affiner des méthodologies et à permettre à ce secteur d’exister pleinement. 
L’association vise à regrouper des personnes faisant métier de muséographe, que ce soit en indépendant ou en institution. Elle permettra également d’approfondir tel ou tel aspect. Il faut donc saluer le développement d’une association qui vise à faire comprendre les caractéristiques d’un métier souvent mal compris et à conseiller les maitres d’ouvrage. (Saluons également au passage le logo de ce groupement professionnel que nous ne résistons pas à citer en image). 
Voir le site ici : http://les-museographes.org et le lien sur Facebook
Nous co-organisons ensemble les premières rencontres de la muséographie, sur le Commissariat d’exposition, le 7 février prochain, à Lens. Renseignements sur ce lien

dimanche 19 janvier 2014

Les dessous de l'Isère

Exposition coquine au musée dauphinois ? Moins qu'il n'y parait à première vue, même si le sujet semble croustillant et que quelques jeux de mots parsèment l'exposition. Le propos rappelle que la culotte est d'un usage récent, les publicités mettent en scène les évolutions des dessous féminins, et les gaines et corsets de nos arrières grands-mères nous étonnent encore. Mode de vie, habitude de consommation, tendance de la mode, érotisation de l'espace public par la pub, histoire du quotidien et de l'intime... Les photos de Chloé Prigent intitulées Les dessous culottés posent avec ironie des regards malicieux sur la standardisation habituelle du corps des femmes dans les représentations publiques. Mais le plus important, c'est l'exploration de cette aventure industrielle en Isère qui démontre l'importance quantitative des implantations, et les crises économiques qui conduisent à reléguer bien des usines dans le passé. Certes, les conditions de vie des ouvrières à l'atelier sont assez peu abordées, mais il n'est pas simplement question de faire rêver les hommes, mais de dire combien le capitalisme s'implante, utilise des savoir-faire puis jette des individus quand il n'en a plus besoin ou qu'il les a utilisé, sans état d'âme. L'industrie du dessous en Isère est l'occasion de s'intéresser à des facettes bien souvent oubliées dans les lieux de mémoire...

samedi 11 janvier 2014

L'exposition : Théâtre du Monde

L'exposition est un théâtre, le reflet du théâtre du monde, le rapport que nous entretenons ainsi à la réalité. Cette vision muséologique prend une tournure singulière dans l'exposition Théâtre du Monde, présentée à La Maison rouge, sous le commissariat de Jean-Hubert Martin. Dans la lignée de ses expositions précédentes tenues, depuis Les Magiciens de la Terre, il s'agit de mélanger les expôts quelque-soient leur provenance, et qu'ils soient artistiques, artisanaux ou ethnographiques, en dépassant les cloisonnements. En organisant l'exposition selon dix-sept thématiques ou chapitres, l'exposition propose un parcours existentiel dans l'aventure humaine et de sa relation au monde. Si le classement discursif est pour nous plaire, donnant ainsi un propos construit transversal, et si la scénographie est intelligente, le dialogue des oeuvres souvent plaisant, on regrettera malgré tout qu'au sein de ses parties, hormis un court texte d'introduction, les objets soient livrés sans mise en relation spécifiée. C'est au public de faire le travail, or si l'exposition doit certes être finie par le public par sa réception, le commissaire peut quand même aller au-delà de la seule juxtaposition. Sous prétexte de laisser l'interprétation libre, on prend le risque d'un certain ésotérisme ou d'un sentiment d'un investissement minimal. Signalons également l'oeuvre remarquable proposée en parallèle par les amis de la Maison rouge.

mercredi 1 janvier 2014

Pasolini Roma

Le véritable dessein d'une exposition de cinéma n'est-il pas de frustrer le visiteur et de le rendre insatisfait ? Ce faisant, mis en appétit de voir les films évoqués, il se précipitera dans les salles obscures et sur les collections de DVD en vente à la boutique. Car c'est bien ce que l'on ressent une fois encore, en visitant l'exposition Pasolini à la Cinémathèque. Certes, les documents classés par périodes chronologiques du cinéaste ne sont pas sans intérêt et l'on fait de belles trouvailles, mais malgré tout ce type d'exposition demeure d'un grand ennui. Il y manque de la fantaisie, que ni la scénographie d'une grande économie, ni le propos biographique ne suffit à insuffler. On ne perçoit aucune véritable thèse tenue par les concepteurs, ce qui est fréquent dans cette approche hagiographique. Il serait plaisant que la cinémathèque traite à l'avenir de sujets d'expositions de manière plus transversale, plutôt que de faire ce succéder des monographies de cinéastes, dont le propos est quelque peu attendu.

dimanche 29 décembre 2013

Kanak : l'Art est une parole

Certes, l'art est une parole, pour citer le sous-titre de l'exposition Kanak, mais ce n'est pas nécessairement une parole politique ! Car l'exposition du Quai Branly demeure quand même bien discrète sur les sujets susceptibles de fâcher. Certes, Jean-Marie Tjibaou est largement présent, s'inscrivant dans les traces du grand héros Altaï, figure de la grande insurrection et pionnier des pères de l'indépendance, mais de celle-ci il n'est plus question, comme si l'appartenance à la France constituait une évidence et qu'il ne fallait plus aborder les questions du colonialisme, pourtant largement conspuées dans d'autres expositions. Non, dans la présente présentation, on se recueillera avec dévotion devant de beaux objets, devenus artistiques, c'est-à-dire comme nettoyés et neutralisés de toute leur charge subversive. Certes, il est toujours intéressant de voir des objets énigmatiques, dommages qu'une fois encore on les sacralise comme des reliques plutôt que de se pencher avec force détails sur leur sens et fonctionnalité dans la société en question. Inutile de s'interroger non plus sur l'art actuel (hormis quelques créations présentées en fin d'exposition) et sur la situation des Kanaks aujourd'hui.

mardi 24 décembre 2013

Tony Oursler au MAC's

Très belle exposition ingénieuse et réalisée sur mesure, puisque la plupart des pièces sont originales ou adaptées au MAC's sur le site du Grand Hornu. Avec Phantasmagoria, Tony Oursler prend possession d'un lieu et envoute le spectateur en lui proposant de remonter aux origines du cinéma, monde enchanté de George Méliès bien sur, mais aussi celui moins connu de Robertson et de tous les inventeurs de l'image animée jusqu'aux films fantastiques contemporains. C'est donc une exposition d'art contemporain mais dont les créations revisitent l'histoire des techniques par la même occasion. Des clins d'oeil - c'est le cas de dire ! - d'une belle pertinence et avec la performance d'une exposition montée avec dextérité. Des plus petits bijoux lorsque les projections se réalisent sur des miniatures, avec des personnages s'agitant dans des cavernes aux projections immersives où le visiteur est englobé au point de s'y fondre. Une exposition souvent empreinte d'humour et de poésie, en sus du fantastique. L'artiste a aussi souhaité convier des enfants des écoles et la dimension d'action culturelle participative est donc également présente.

jeudi 19 décembre 2013

Art orienté objet : la nature fusion

Le Musée de la chasse et de la nature continue de nous surprendre et de nous ravir. Avec Marion Laval-Jeantet et Benoit Mangin, l'exposition Art orienté objet, est détonnante, non seulement parce que l'oeuvre Transe Fusion est mi-humoristique mi-mutante, puisque l'artiste rend compte de ses visions après s'être fait injectée du sang de cheval. A la manière d'Orlan, le corps est sujet à expérimentation, et aura nécessité ici 4 années de recherches préalables en biotechnologies. D'autres oeuvres sont plus simples dans leur forme, mais tout aussi efficaces, ainsi La visitation ou La Machine à faire chanter les cerfs dans la brume. Comme toujours le musée de la Chasse dissémine dans ses collections permanentes des oeuvres temporaires. Ainsi avec finesse, le permanent devient cette nature dans laquelle il faut repérer par surprise l'animal artiste, du moins son oeuvre !! Les salons du musée sont ainsi peuplés de rencontres étranges ! Encore une exposition de qualité, avec des oeuvres produites pour l'exposition, accompagnée d'un catalogue d'une belle facture, et d'un petit texpo à 1 euro pour le visiteur qui voudra conserver une trace de sa visite. Une belle initiative.

lundi 16 décembre 2013

Nouveau Musée d'Histoire de Marseille

Le nouveau musée d'histoire de Marseille, lieu qui a compté dans l'histoire de la muséologie, et notamment de la muséologie nouvelle, vient de faire l'objet d'une rénovation conduite tambour battant. Décidée en 2009, le musée a été réouvert en septembre dernier dans le cadre de Marseille 2013. Très belle réalisation conduite de main de maitre, avec le Studio Adeline Rispal pour une scénographie sobre et claire. Se déployant sur 3500 m2, le musée apporte enfin une offre muséale municipale digne de ce nom... Certes, le choix fait d'une typographie en rouge ne favorise pas la lisibilité, surtout en lettrines sur le verre des vitrines, et le choix d'un petit journal distribué au visiteur pour lui révéler les contenus n'est pas des plus efficients, surtout en cas de rupture de stock ! Mais le propos lui est passionnant, car il s'agit de dévoiler des aspects en retournant des idées toutes faites ou en faisant s'interroger le visiteur. Les audiovisuels très, peut-être même trop nombreux tant ils sont parfois juxtaposés dans le parcours, participe de la réussite du lieu et de son intérêt. La manière de mettre en parallèle des méthodes antiques avec les méthodes actuelles, par exemple pour la barque cousue, est audacieux et très convaincant. Enfin les parties plus contemporaines, parfois moins développées, devraient faire l'objet d'expositions à venir.

samedi 14 décembre 2013

Happy Birthday Mister Perrotin

L'exposition proposée au Tri Postal, en forme de retrospective de la Galerie Perrotin, pour ses 25 ans, intitulée Happy Birthday, est évidemment hétéroclite, c'est une exposition de galerie qui vise à démontrer de la pertinence des choix artistiques faits, davantage que d'une cohérence entre les artistes présentés ou d'un quelconque discours. Le visiteur y prendra donc ce qui l'intéresse et pourra être sensible à l'un sans l'être à l'autre. Aucun propos ne lui est adressé et nous avons affaire à la forme la plus expressive de l'art pour l'art. Personnellement, - et comme Martine Aubry ! -, nous avons pris beaucoup de plaisirs à voir les oeuvres de JR dont le travail de composition urbaine à partir des visages du quartier est impressionnant. De même Tatiana Trouvé avec son installation de fils de plomb inversé nous déséquilibre. Les propositions de Damien Hirst avec With dead head sont assez insoutenables (mais de toute façon nous oublierons assez vite les oeuvres de Hirst puisqu'il nous interdit de les photographier !) et celles de Maurizio Cattelan nous font toujours sourire. D'autres oeuvres sont davantage vues et revues, mais c'est logique. Les montrer participe d'une volonté de partage et de démocratisation bienvenue.

jeudi 12 décembre 2013

Trouble Makers au 104

Etonnante exposition sensorielle, emblème de l'exposition expérientielle, Trouble Makers. Sensation versus digital, dans le cadre du festival Némo, présentée au 104. Si Dans la brume électronique de Kurt Hentschläger emporte le succès, le fait de signer une décharge avant de rentrer n'étant pas sans amplifier l'effet, les autres oeuvres sont également étonnantes. Nous avons bien aimé Epiphanie acoustique de Julien Clauss, même si sa présentation en église serait sans doute plus forte. Chacune des huit propositions est pertinente. Les ailes de l'hypnose de Heewon Lee (ici en image), est captivant, tout comme Les Ondes de choc visuel de Annica Cuppetelli et Cristobal Mendoza. Monumentale musique des sphères de Michel et André Decostero, dans son apparente simplicité, fascine tout autant.

mardi 10 décembre 2013

Deux expositions participatives à Arles

Deux propositions d'expositions participatives en ce moment à Arles.

  • L'une co-construite entre le musée Arlaten et les communautés des gens du voyage, notamment via les enfants investis en relais avec leur famille et entourage. Par des inventaires participatifs et un gros travail d'actions culturelles, l'équipe du musée profite de la fermeture du musée et de sa rénovation pour tisser des liens et entreprendre des actions avec des populations traditionnellement plus éloignées du musée. Cela conduit à une petite exposition inventive et sympathique, intitulée A la Gitane qui est présentée à l'Espace Van Gogh jusqu'au 15 décembre.
  • La seconde proposition "Racontes moi le Chaland" est celle du Musée de l'Arles antique, qui a conduit un travail avec les écoles de la ville et le quartier où a été conduit le chantier de fouilles dans le Rhône en face du musée. Les habitants ont même initié un char pour une fête locale qui est présenté dans l'exposition. Ces démarches sympathiques témoignent de l'évolution des institutions qui savent marier exigence dans de grandes expositions, comme celle présentée dernièrement sur Rodin et actions culturelles participatives, pour renouveler l'intérêt et l'ancrage des musées dans la communauté. 
  • Le visiteur pourra en profiter pour découvrir par ailleurs la très belle extension du musée, ouverte récemment, sur laquelle nous pourrons revenir. 

samedi 7 décembre 2013

Au bazar du genre : une exposition utile

Seconde exposition temporaire du Mucem, Au Bazar du genre. Féminin/Masculin en méditerranée. Pourquoi en méditerranée ? C'est la question que l'on pourrait se poser, alors que les questions autour de culture machiste y sont juste esquissées au regard de leur importance dans le bassin méditerranéen... C'est surtout de féminisme et de discriminations sexuelles dont il est question, davantage que de culture masculine, même si les phénomènes sont évidemment liés. En tous les cas, l'exposition est convaincante et même si certains se plaignent du semblant de bazar dans le parcours, c'est en réalité un bazar très organisé que le commissaire Denis Chevalier compose avec ses acolytes et avec le Bureau des Mésarchitectures comme scénographes. L'exposition, c'est rare, est nécessaire en ces temps de bêtise collective où la théorie du genre se voit attaquée par tous ceux qui n'ont pas reçu la moindre once d'enseignement en sciences sociales... Réactionnaires de tous poils unis dans une grande entreprise de régression collective... Il est donc salutaire qu'un grand musée pointe à son ouverture la nécessité d'affirmer les combats communs pour le féminisme et l'égalité des droits.

jeudi 5 décembre 2013

Le Noir et le Bleu au Mucem

Une semaine passée à Marseille et Arles avec les master 2 Expographie Muséographie de l'Université d'Artois , belle occasion pour rencontrer des professionnels in situ, participer au colloque du Mucem, mais aussi voir et revoir certains sites et expositions, notamment celles du Mucem. L'exposition Le Noir et le Bleu. Un rêve méditerranéen de très belle facture et pour laquelle le commissaire général Thierry Fabre propose une vision un brin clivée, mais dans un beau parcours mis en scène par l'Atelier Maciej Fiszer. Proposition classique dont l'harmonie est indéniable pour dialoguer sur ce qui fait civilisation et ce qui la nie. Si les approches du tourisme opposé aux violences diverses constituent un résumé un peu rapide des subtilités contemporaines, il n'empêche que les dominations historiques et actuelles sont traitées avec conviction au travers de propositions artistiques intéressantes. Nous sommes moins convaincus par le début de l'exposition, car le très beau tableau de Miro a pour effet de cacher le propos introductif et pour cela le visiteur a du mal à entrer dans la thèse défendue, et il faut quelques salles pour comprendre de quoi il s'agit. Ce manque d'une plus grande explication en introduction n'occulte pas la grande réussite de l'exposition au final.

mardi 3 décembre 2013

Exposer le cinéma

Le musée national du Cinéma de Turin est un curieux endroit. Il a tout pour plaire. D’abord de formidables collections, un lieu fabuleux digne de tous les films de science fiction, un propos et des contenus plutôt pertinents et bien pensés, une scénographie certes un peu carton pâte, mais ce n’est pas mal venu relativement au sujet. Le travail de François Confino est plutôt amusant et ingénieux. On passe un moment agréable et instructif. Toutefois, il y a quelque-chose qui ne fonctionne pas. C’est sans doute l’agencement des séquences qui est parfois un peu morcelé, mais même ce montage syncopé pourrait être défendu, au final le gros problème du lieu, c’est la signalétique ! Celle-ci quasi absente amène le visiteur à être sans cesse perdu, indécis sur son parcours, et de ce fait à produire un effet de zapping et de picorage. C’est d’autant plus stupide qu’il ne faudrait pas grand chose pour améliorer très sensiblement le lieu. Il faudrait repenser le parcours du point de vue du primovisiteur. Revoir l’accompagnement et la progression, faire des choix plus tranché, car en l’état le visiteur est obligé à des choix insatisfaisants. Le personnel semble du reste hésiter lui-même, puisqu’aucun ne nous a conseillé le même sens de visite ! Un lieu par conséquent qui vaut la peine, même s’il pourrait être plus abouti qu’il ne l’est. 

A signaler une prochaine soutenance de thèse à l'EHESS de Stéphanie-Emmanuelle Louis sur l'histoire de l'exposition du patrimoine cinématographique, sous la direction de Christian Delage, le jeudi 19 décembre. 

jeudi 28 novembre 2013

Lightopia : un monde de lumières

Très belle exposition au Vitra Design Muséum de Bâle, intitulée Lightopia, il s'agit des Utopies de Lumières, charmant titre au demeurant, plein de promesses dans cette époque obscure que nous traversons. De très belles propositions de design et de mise en espace, le tout dans une scénographie soignée. Certaines propositions sont magnifiques, comme celle intitulée Flying Flame on display de Moritz Waldemeyer et Ingo Maurer. Dommage que le site internet de l'exposition soit un peu avare de renseignements, d'autant que les visiteurs ne sont pas autorisés à photographier, même s'il est permis de le faire sur sollicitation pour des motifs professionnels. Le lieu est toujours étonnant, avec sa collection de bâtiments signés des plus grands noms de l'architecture : Franck Gehry évidemment, mais aussi Herzog & de Meuron, Sanaa, Zaha Hadid, Tadao Ando, Richard Buckminster Fuller, Jean Prouvé, etc. Certains bâtiments au demeurant peu accessibles, car avant tout industriels, se nuisent un peu les uns les autres, malgré tout c'est impressionnant !

lundi 18 novembre 2013

Dans la ligne de mire

L'exposition de création de bijoux contemporains au musée des arts décoratifs intitulée Dans la Ligne de Mire est à la fois surprenante et décalée. Quelle stupeur de découvrir cette ambiance néo-punk aux couleurs sadomasochiste dans ce lieu que l'on pense trop souvent si feutré ! Les installations de sept créateurs se logeant dans les espaces du musée, et notamment dans les dioramas est une démarche géniale pour redonner intérêt à ses compositions que l'on finit par ne plus voir. Beaucoup de musées disposant de dioramas pourraient s'en inspirer, c'est une belle source d'inventivité. Et l'exposition d'une cinquantaine de créateurs dispose d'une scénographie audacieuse, signée par Les Designers anonyme, (travail qui pourrait du reste être davantage mis en avant sur le site internet du musée, site fort bien fait au demeurant).

samedi 16 novembre 2013

Dirk Braeckman à Namur

Le très coquet musée Félicien Rops à Namur présente une exposition en plusieurs volets, d'Otto Dix à la Maison de la Culture, de George Grosz  et Dirk Braeckman au musée. Ses dessins pour la plupart traitant de 14/18 sont émouvants et souvent bien plus prenants que de grandes démonstrations. La terreur, l'effroyable et le dégoût y sont contenus, selon les perspectives développées par l'artiste. Ses révoltes envers les destinées humaines et envers contre tous les Dieux irresponsables des massacres ou des inégalités sur cette terre sont habilement pointés par le crayon. Ses oeuvres n'ont rien perdu de leurs actualités, notamment lorsqu'il s'agit de croquer la lutte des classes. A l'heure des commémorations qui apparaissent, cette exposition est bienvenue. On profitera de cette visite pour revoir ce sympathique petit musée et ses collections sur Félicien Rops, l'éternel facétieux.

lundi 11 novembre 2013

Museomix : 3ème service

ça y est fin d'édition ou presque pour cette 3ème fête Museomix. Les équipes ont remixé le musée dans six endroits du monde puisque l'Angleterre et le Québec, mais aussi Nantes, Grenoble, Paris et bien sur Lens étaient de la partie. Inventer imaginer ensemble, c'est l'objectif premier, partager, prendre un bon moment et bousculer le musée, et puis dénicher des idées qui peut-être demain vont s'envoler vers des développements... Près de 50 prototypes sont sortis de ces six lieux mêlant Fab'Lab et lieux de performance (réaliser en trois jours un prototype).
Au Louvre-Lens, le MuseomixenNord, animé par les étudiantes du Master Expo-Muséographie de l'Université d'Artois, de belles idées ont germé, que l'on peut voir encore lundi 11 novembre toute la journée, mais aussi mercredi 13 après-midi.
Et puis tous les prototypes restent présentés sur le site de Museomix.

mercredi 6 novembre 2013

Ma petite cuisine de rue

Le concours de micro-architecture Minimaousse 5 ouverts aux étudiants des écoles d'architecture, d'ingénieur, de design et des écoles d'art porte pour cette édition sur les cantines de rue. Croisant un regard ethnographique composé des projections photographiques des cuisines de par le monde et des réalisations primées par le jury l'exposition est agréable à déguster ! Les prototypes ingénieux sont présentés à la Cité de l'architecture jusqu'au 2 décembre prochain. Ma Cantine en ville, voyage au coeur de la cuisine de rue se propose de sensibiliser à l'alimentation et à l'espace public. C'est aussi la question de la convivialité et du vivre ensemble qui parcourt de manière souterraine, convoquant dans nos cités européennes les formes plus courantes ailleurs, en Asie ou en Amérique latine par exemple. Bien sur nous avons dans le nord la baraque à frites ou le camion pizza, mais devant la richesse des formes de par le monde, le visiteur se prend à rêver que ces propositions esquissées par les talentueux lauréats du concours viennent à irriguer les villes de nouvelles sociabilités.

dimanche 27 octobre 2013

Montréal vu par ses artistes

Avec l'exposition A Montréal, quand l'image rôde, le studio national du Fresnoy invite la commissaire Louise Dery pour présenter des artistes montréalais, la plupart vidéastes. Une petite quinzaine d'artistes sont ainsi mis à l'honneur dans une très belle scénographie d'Alain Batifoulier et Simon de Tovar, mise en espace qui permet la concentration et la découverte pas à pas sans perturbation des vidéos les unes par rapport aux autres. On ne peut pas dire qu'il y ait un thème qui rattache des démarches nécessairement forts différentes, puisqu'elles n'ont finalement en commun que d'être produites par des artistes d'une même ville. Nous retiendrons surtout la proposition de Jean Dubois, avec Brainstorm, qui propose au visiteur de mélanger et inventer des concepts derridiens dans une belle occupation spatiale. Nous aimons beaucoup anarchique, destinerrance, atomystique...

samedi 26 octobre 2013

Penone à Versailles

Derniers jours pour découvrir les installations de Guiseppe Penone au Domaine de Versailles. Certes, il faudra affronter les foules pour pénétrer dans l'antre du Château et accéder jusqu'aux trois oeuvres en salle. En revanche, celles installées dans le parc sont plus abordables, et peut-être plus intéressantes aussi. Car elles viennent en contraste avec cet environnement bourgeois et guindé. Arbres renversés, décomposés et servant de rouleaux d'impression comme un immense textile déroulé dans les jardins, les oeuvres invitent à renouveler le regard sur ce lieu classique et propret. Il faudra cependant bien viser, car lors des animations dites des Grandes eaux, vous ne pourrez pas accéder à l'exposition sans payer le supplément ! Apparemment les publics venant spécialement pour l'exposition ne sont guère pris en compte...

lundi 14 octobre 2013

La médiation culturelle


Il y a des fausses évidences et la médiation culturelle en est une. Ce terme aujourd’hui galvaudé et utilisé à toutes les sauces méritait quelques clarifications. C’est ce que nous avons tenté de faire avec mon collègue François Mairesse, en réalisant une synthèse de la littérature et tout en présentant une vision engagée de la médiation culturelle. Loin d’être un instrument de simple transmission d’informations, - c’est la vision pauvre et simpliste de la chose -, la médiation culturelle vise quelque-chose d’essentiel au sein même de la compréhension humaine et des interrelations entre les êtres. C’est son pouvoir de mise en relation, de création, d’expression et de révélation qui est fondamental.  Nous espérons que nous apporterons là quelques éléments susceptibles d’intéresser les professionnels et les futurs professionnels pour éclairer ce qui prime dans les modes d’action.

A noter qu'un colloque sur la question, Les Mondes de la médiation culturelle, est par ailleurs prévue à l’université Paris 3 les 17-18-19 octobre sur le même thème, il permettra d’apporter des exemples et de compléter les analyses par des études de cas aussi riches que variées. 

vendredi 11 octobre 2013

Tous des sauvages !











Tous des sauvages !, voilà le titre provocateur de l’exposition de l’année présentée à l’Abbaye de Daoulas. La volonté manifeste est de surprendre et de provoquer, saine démarche pour une institution qui s’est donnée pour mission de briser les idées reçues et de faire s’interroger sur l’altérité, la différence et le rapport au monde. Avec des expositions anthropologiques qui convoquent toujours de très belles collections ethnographiques, il s’agit de pousser la réflexion dans des contrées aussi complexes que nécessaires. Le monde en proie à la xénophobie si ce n’est au racisme a besoin d’expositions sur le thème. Construite à partir de l’ouvrage de Levi-Strauss, Race et histoire, et revenant sur les thèses de l’auteur, Pierre Nédélec, chargé du projet, invite à une réflexion sur la nature du sauvage, «mon intime, mon frère», aurait dit Baudelaire... Avec le musée d’ethnographie de Genève avec lequel cette coproduction est assurée, l’exposition propose à Daoulas une belle scénographie signée par Gulliver


samedi 5 octobre 2013

Nuit étudiante au Louvre-Lens

Première nocturne étudiant au Louvre-Lens, et intervention de la faculté Jean Perrin de Lens, des étudiants de Lille et des étudiantes et étudiants de l'université d'Artois, en master Expographie Muséographie pour proposer des médiations décalées et inventives. Des choses sympas pour réinventer le discours sur les oeuvres. Une opération montée très vite, mais pour sensibiliser autrement et tenter de transformer le musée en un lieu de vie qui ne soit pas nécessairement toujours sérieux et guindé. Manière de tester aussi les possibilités en vue du prochain Muséomix qui s'y déroulera du 8 au 11 novembre prochain.
On pourra consulter la galerie photo sur le compte Facebook : par ici


mercredi 2 octobre 2013

Bob Verschueren

Curieux domaine que Trévarez dans le Finistère, où la réalité augmentée permet de s'imaginer l'intérieur d'un château qui réserve bien des surprises à l'intérieur. Magnifique parc aussi, avec ses écuries où est présenté l'exposition Bob Verschueren, avec une installation gigantesque intitulée Débardage. Un cheval de bois, figé, comme pétrie en pleine course, tirant 4 boules célestes composées en rhododendron, plante commune au lieu. Etrange sculpture pleine d'énigmes et de mystères, sujette à nourrir les imaginaires. Projet artistique composé avec des bénévoles et amplement restitué avec une explication sous forme de reportage photographique du montage fort intéressant et une mise en contexte  grâce aux présentations des autres travaux de l'artiste belge, depuis ses premières expériences jusqu'aux plus récentes et impressionnantes réalisations.

mercredi 25 septembre 2013

Charles Ratton et l'invention des arts primitifs

Intéressante exposition qui vient de se clôturer au musée du Quai Branly sur Charles Ratton collectionneur et marchands, amateur d'arts dits primitifs. Le commissaire Philippe Dagen et le conseiller scientifique Maureen Murphy invitent à explorer l'émergence d'un intérêt esthétique apparu avec le siècle qui succède à un intérêt pour la chose exotique et l'objet ethnographique. Evidemment, il n'est pas anodin qu'une semblable exposition soit présentée au MQB, lieu dont la genèse même est également liée à la vie d'un collectionneur Jacques Kerchache. On voit comment les surréalistes et l'ensemble de la gente artistique et intellectuel du XXème siècle sont fascinés et se réfèrent constamment aux collections exotiques. On peut y vérifier combien le marché de l'art est lié à la reconnaissance institutionnelle que porte l'exposition. C'est aussi l'occasion de revisiter une série d'expositions du XXème siècle et ce n'est pas le moindre intérêt muséologique. On constate sur les photographies anciennes combien la scénographie à pris d'importance dans les expositions contemporaines ! On pourra s'étonner que l'exposition débute en faisant référence à l'exposition coloniale de 1931, sans jamais la présenter réellement...

jeudi 19 septembre 2013

Vivre en Camus


L’exposition « Vivre en Camus » au musée de Harnes, proposé dans le cadre d’un projet tuteuré avec les étudiantes du Master Expographie Muséographie de l’Université d’Artois et en partenariat avec la Ville Pays d’Art et d’Histoire de Lens-Liévin et le musée de Harnes, permet de mettre en valeur un aspect peu connu de la reconstruction. La collecte d’archives et de témoignages auprès des habitants de cette cité donne lieu à une exposition sympathique par l’empathie qu’elle déclenche chez les intéressés. Nombreux aux deux inaugurations, les locaux démontrent l’attachement et la sensibilité dont ils font preuve. Ce beau projet d’exposition est d’abord la mise en oeuvre d’une véritable action culturelle, investie, militante, car conduite pour les intéressés. L’exposition est la manifestation concrète d’un long processus pour faire émerger des mémoires et construire des relations de confiance. Elle met en scène, en musiques et en paroles, la vie quotidienne de cette cité ouvrière. A voir jusqu’au 29 septembre. 
A lire également sur : L'Art de muser

jeudi 12 septembre 2013

Landru - 6h10 - Temps clair


Pourquoi Landru a t-il connu un tel succès ? Devenue figure mythique, donnant lieu à une production culturelle populaire impressionnante, au travers de chansons, de cabarets, de films, l’assassin fascine dès son arrestation, et le tout Paris se précipite à son procès, donnant lieu à un feuilleton médiatique mémorable. Ce n’est pas seulement l’inimaginable de ce personnage à la double vie, père tranquille qui abuse de pauvres femmes en leur volant leurs biens, avant de les découper en tous petits morceaux afin de les enfourner dans sa chaudière, affaire rassemblant le sexe, l’argent, la mort dans une visée diabolique derrière des apparences de l'homme comme il faut. L'effroi est ambivalent car on sent que le public ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine sympathie pour cet odieux personnage, rien à voir avec Jack l’éventreur en quelque-sorte. L’exposition présentée au Musée des lettres et manuscrits a le mérite d’attirer l’attention sur le phénomène. Exposant les pièces du dossier, elle met également en lumière ce que l’on oublie trop, la présence massive de femmes seules alors que bien des hommes sont morts à la Grande Guerre. Landru est effrayant dans sa méthodologie soignée. Pourtant celui-ci s'évertuera à nier malgré toutes les preuves. L’exposition ne résout pas l’énigme, mais tient en haleine, simplement mais efficacement. 

mardi 10 septembre 2013

Ouverture d'un nouveau parcours au musée des beaux-arts de Dijon


Incontestable réussite pour cette première phase de travaux au musée des beaux arts de Dijon, qui a inauguré le week-end dernier son parcours Moyen-Age et Renaissance. De nouveaux espaces gagnés dans le Palais qui agrandissent de beaucoup le musée. Une rencontre rare entre les collections et le bâtiment  du Palais des ducs et des Etats de Bourgogne qui est désormais largement explicité et mis en valeur. Très bel écrin architectural, réhabilité par les Ateliers d’Yves Lion, et magnifique travail conduit sous la houlette de Sophie Jugie, conservatrice du musée et de son équipe. Il faut saluer outre les oeuvres, la plupart restaurées pour l’occasion, et la scénographie équilibrée, le travail de muséographie, c’est-à-dire sur les contenus (n’en déplaise au vocabulaire encore en usage dans les musées de beaux-arts...), et tout particulièrement les médiations déclinées pour différents publics. Elles sont particulièrement soignées et efficaces. C’est remarquable de constater combien la chose est devenue naturelle et combien elle plait aux publics. Ainsi les multimédias, mais aussi les tables de salle fournissent des contenus clairs et bien calibrés. Outre la rénovation du site internet du musée, saluons également la publication d’un très bel ouvrage, fort utile, qui présente le chantier et les différents corps de métiers mobilisés. Il montre comment en rénovant le musée, un palais est révélé puisque ça a été l’occasion d’entreprendre des recherches et de mieux connaitre ce bâtiment pourtant réputé. Publié aux éditions Faton, c’est un ouvrage aussi rare qu’utile, et dont l’idée était judicieuse. Nous attendons avec impatience désormais l’inauguration de la seconde tranche des rénovations ! 

dimanche 8 septembre 2013

Musée de l’automobile


Belle réussite que ce musée de l’automobile deTurin que François Confino a accompagné pour sa scénographie. Sans conteste réussi, le lieu prend une tournure convaincante, même pour des gens comme nous, plutôt rétifs aux plaisir de l’automobile... C’est sans doute parce que la collection est manifestement exceptionnelle et d’une grande ampleur que la réussite passe si bien sans jamais tomber dans le parc d’attraction, ce qui est le risque majeur d’une telle démarche scénographique. Les ambiances, les propos, la manière d’apporter des notes d’humour et de grandes trouvailles rendent la visite fort agréable. Une démonstration de main de maitre de ce dont le pouvoir de la scénographie est capable. A comparer avec d’autres, comme le musée de Mulhouse qui a cherché à améliorer par petites touches ces espaces en devenant Cité de l'automobile, on sent combien un programme pensé de manière globale et cohérente peut faire la différence. Ne pas hésiter à prévoir une bonne demi-journée pour les amateurs !

mardi 3 septembre 2013

My Joburg : Johannesburg vu par ses artistes

Idée simple mais efficace que celle de ce cycle suivi par La Maison Rouge à Paris, de présenter une ville par l'intermédiaire de sa scène artistique. Ce que le lieu appelle des scènes artistiques "périphériques" de l'art contemporain, avec un reste de condescendance un peu surprenant, mais pour habiliter aussitôt des villes comme point d'intérêt majeur. Après Winnipeg au Canada, voici donc la ville de Johannesburg à l'occasion de la saison France-Afrique du Sud. Ville minière récente, identité qui imprègne bien des oeuvres présentées, c'est aussi l'occasion de découvrir une ville et de mieux connaitre un pays. Apprécions l'accompagnement, tant par le petit livret d'aide à la visite toujours très bien conçu, que par les textes d'exposition, qui ont pour souci de rappeler le contexte, la situation géopolitique, historique, sociologique, pour mieux situer les oeuvres. Chose suffisamment appréciable et pas si fréquente dans les centres d'arts... Les artistes et commissaires associés Bettina Malcomess et Dorothee Kreutzfeldt présentent leur travail et celles de leur concitoyens. Nous ne citerons pas ici les oeuvres, juste une seule monumentale et représentative de notre vision stéréotypée de l'Afrique du Sud, celle de Jane Alexander, appelé Security, qui fait froid dans le dos (mais comme on ne peut faire de photographies dans cette exposition, encore des oeuvres qui resteront enfermées dans le silence... - pour un aperçu, voir ici).

dimanche 1 septembre 2013

Spectacle vivant hors du musée !


Une fois n’est pas coutume, attardons nous sur une video mise en ligne par le Rijksmuseum d’Amsterdam. Toujours innovant sur les médiations, le musée avait, on s’en souvient demandé, il y a une dizaine d’années, à Peter Greenaway de réaliser une proposition artistique sous forme d’événementiel à partir de la Ronde de nuit de Rembrandt (voir aussi son film), véritable Joconde de l’institution. C’était dans le noir que l’on découvrait un tableau qui prenait vie sous l’effet d'un spectacle multimédia. C’était d’autant plus judicieux que ce tableau a connu des scénographies fort différentes par le passé, mais toujours mis en scène comme une pièce de théâtre, souvent avec rideaux rouges et apparition. Le 13 avril dernier, le tableau a été réinstallé suite à rénovation du musée, et il est donc temps de marquer les esprits et de fêter ça.
Dans l’expérience présente, nous sommes dans une autre dimension, mais toujours dans une filiation théâtrale, davantage du côté des arts de la rue si l’on veut. N’en disons pas trop, si ce n’est que performance artistique, médiation culturelle, communication et volonté de démocratisation se rejoignent ici de manière efficace. Quand le tableau s’incarne parmi nous... Très amusant : à voir sur You Tube


mardi 27 août 2013

La Fin des musées ?


 Drôle de titre que celui choisit sans doute par l'éditeur de Catherine Grenier pour son ouvrage La Fin des musées ? Car c'est plutôt une réflexion prospective à laquelle invite l'auteure, directrice adjointe du musée national d'art moderne. Véritable projet intellectuel, puisque c'est ainsi que Catherine Grenier nomme fort justement le projet général que doit se donner une institution, qui, selon l'auteure, doit être le projet d'un musée polymorphe, c'est-à-dire ouvert sur le monde, la cité, le présent, les publics, les artistes... Observatrice attentionnée de la mondialisation, du risque d'uniformisation des musées et de la pluralité de la création contemporaine, Catherine Grenier invite à un musée à la fois plus ouvert sur l'autre et plus cohérent dans sa définition. L'ouvrage s'il est intéressant, l'est d'autant plus qu'il énumère des idées généreuses, il est vrai très politiquement correctes, mais sans hélas vraiment préciser comment parvenir à transformer l'institution pour dépasser les apories que l'auteure recense très justement dans la première partie. Face aux différentes crises et aux dérives que nomme Catherine Grenier, le musée doit découvrir de nouveaux modes de fonctionnement et une nouvelle économie. L'imprécation est suffisamment généralisante pour former un bon projet d'établissement et emporter l'adhésion... L'ouvrage s'appuie sur l'analyse des grandes institutions d'art moderne de par le monde et propose de réaffirmer les missions fondamentales du musée, mais aussi d'en offrir une approche plus large et plurielle à l'avenir. Puisse cet ouvrage contribuer à convaincre les conservateurs de l'ancienne école...