Le muséum de Neuchâtel propose Sacré Science ! avec pour sous-titre Croire ou savoir, une exposition consacrée par conséquent aux croyances. L'exposition débute par une immersion dans un royaume d'illusions et de formes évanescentes évocatrice de la prise de contact de l'homme avec l'univers. Comment s'y retrouver ? Se donner des motifs d'explication par la croyance avant que de mettre en ordre, de mesurer, de comprendre... Les salles suivantes s'attardent donc au moyen de petites manips sur la compréhension de phénomènes physiques. Un café du commerce avec l'acteur fétiche du muséum, - qui figure désormais dans toutes les
expositions, ce qui enlève tout effet de surprise -, propose de petites fictions pour mettre en question les affirmations qui se veulent scientifiques et qui ne sont souvent que scientistes. Ainsi les OGM, le nucléaire... en prennent pour leur grade, la manière de tourner celui qui conteste en dérision est-il le seul moyen pour le musée de faire entendre une parole critique ? Il est vrai que bien peu de lieux osent encore aller sur le terrain de la mise en cause des affirmations des experts, cependant ramener l'opposition au café du commerce est pour le moins ambivalent. De même que l'on reste sur sa faim dans la dernière salle, qui se contente de mettre en écho les croyances de toutes sortes, en laissant le visiteur se débrouiller avec tout ce fatras, dans lequel se mêle charlatanisme et approches plus crédibles. Une exposition qui donne un certain goût d'inachevé.
mardi 26 avril 2011
Sacré sciences !
mercredi 20 avril 2011
Les dinosaures et les modernes
vendredi 15 avril 2011
Turak à Lyon
Drôle d'expo au musée Gadagne de Lyon avec les créations de la compagnie de Michel Laubu, la compagnie Turak Théâtre. Nous avions aimé leurs spectacles délirants dans différents festivals de rue, et l'exposition de ces petites créations dans "Appartement témoin" est des plus savoureuses. Parodie d'art brut qui n'est pas sans évoquer bien sûr le travail d'Opus, avec son Conservatoire des curiosités ou le Musée Bombana de Kokologo ou de la compagnie des Vernisseurs avec son Musée de Monsieur P. Bien sur chaque compagnie a son univers propre, très bricolé pour ce qui est de cette installation, et c'est ce qui fait son charme (pour en comprendre l'esprit, il faut absolument visiter les sites internet de ces compagnies qui sont des petits bijoux). Par cette installation, le musée historique de Lyon a le courage de surprendre, cela fait du bien au sein d'un musée qui manque totalement de fantaisie.
lundi 11 avril 2011
Portraits de la pensée
jeudi 7 avril 2011
Tous cannibales !
"Au bout du compte , on nous élève pour nous becter !", dixit Léo Ferré. "Alors bectons !". Tous cannibales donc. Manger l'Autre pour se l'approprier, pour le neutraliser, pour s'investir de sa puissance, les raisons pour lesquelles la société a recours au cannibalisme sont diverses. Le MEN avait exploré cette piste version philo-anthropologique, et c'est en ce moment la Maison Rouge qui aborde la question. Et Dieu sait si depuis Goya l'idée a hanté les imaginaires des artistes. L'exposition présentée à la Fondation Antoine de Galbert fait dialoguer les oeuvres de toutes les époques, et bien évidemment donne la parole aux plus contemporaines. Nous n'avons pas toujours compris tous les rapprochements, mais il y a de belles propositions, de quoi faire frémir ! La commissaire : Jeanette Zwingenberger a fait de belles sélections et le parcours "délicieux" rencontre un beau succès. La revue Art Press publie un numéro spécial pour l'occasion.
mardi 5 avril 2011
Histoire de Strasbourg : partie 1
Nous attendons avec impatience la seconde phase prévue pour 2013 du musée historique de Strasbourg, elle traitera de la période contemporaine, la plus captivante sans doute. Car c'est ce qui sera le plus épineux à traiter. Pour la première partie, le musée se tient à mi-chemin entre Nantes et Lyon en quelque-sorte : c'est plutôt réussi, et même si ce n'est pas aussi enthousiasmant que le Château des ducs de Bretagne, cela n'est pas aussi catastrophique que le musée de Gadagne. Dans la lignée des musées d'histoire, Strasbourg vaut le détour. En effet, il y a un effort ici de mise en discours et de problématisation. Surtout, la prise en compte du visiteur avec des tentatives d'interactivité et de jeux éducatifs sont plutôt convaincants. En revanche, on ne sait pas comment il est encore possible de faire le choix des audioguides à infra-rouge, c'est une aberration muséographique ! Il ne faut vraiment pas s'intéresser aux comportements des visiteurs pour choisir une technique aussi stupide ! La scénographie québecoise est certes un peu attendue et pas toujours très belle - ce n'est du reste pas sans rappeler l'Historial de Vendée par certain côté -, mais elle fonctionne plutôt bien. Le multimédia sur le plan relief fait son effet, même si cela ne mange pas de pain en terme de contenu. Bref, on attend la seconde partie, car pour l'heure la fin est un peu abrupte !
samedi 2 avril 2011
Des déchets au musée
Waste Land : avec pour sous-titre De la poubelle au musée, voilà un film bien singulier réalisé par Lucy Walker. On découvre au Brésil la plus grande décharge du monde et les milliers de travailleurs qui viennent improviser un recyclage que la société n'a pas su organiser. Cette banlieue de Rio de Janeiro est terrible, et c'est avec un grand courage que Vik Muniz, artiste de son état, dont la spécialité est de recycler les déchets en oeuvre d'art va s'immerger dans cet environnement durant trois ans. Il y découvre et il y fait se révéler des personnages attachant. Il construit avec eux une oeuvre participative des plus pertinentes. Les catadores réinventent leur vie par leur implication et par les effets de cette action artistique, qui porte en elle-même son action culturelle. C'est un très bel exemple de ce que l'action artistique et culturelle peut porter d'espoir et d'humanisme. Les oeuvres étonnantes (on peut voir une oeuvre de Vik Muniz en ce moment à la Maison rouge à Paris) sont vendues en galerie et se retrouvent dans les grandes collections.
jeudi 31 mars 2011
Inquiétudes muséales
C'est un avenir sombre pour les musées que prédit le journal Le Monde. Après Le Livre blanc de l'association des conservateurs qui n'était pas d'un optimisme débordant, voici que deux articles sont publiés qui ne décrivent pas un avenir réjouissant.
lundi 28 mars 2011
Le MUCEM se questionne
Le MUCEM, futur Musée des Civilisations Europe Méditerranée a invité durant trois jours professionnels de la muséologie et de la muséographie, chercheurs et ethnologues à échanger et dialoguer autour de cinq tables rondes sur les musées d'ethnographie et les perspectives pour le MUCEM. Rappelons que le lieu doit ouvrir en 2013 pour accompagner Marseille Capitale européenne de la culture. Cinq rapports préliminaires élaborés par cinq jeunes chercheurs talentueux ont été proposé comme source pour les échanges. Certes, il eut fallu plus de temps pour résoudre les contradictions dans lesquels se trouvent les musées d'ethnologie, mais parions que la publication qui sortira peut être de ces rencontres permettra d'apporter une contribution intéressante. Nous avons été enchanté de pouvoir y rencontrer également les collègues et notamment faire la connaissance de muséologues venus d'Allemagne, du Portugal, d'Angleterre, d'Espagne, du Québec ou encore des Pays Bas.
jeudi 24 mars 2011
Confluences dévoile ses réserves
Le musée des Confluences propose une exposition au musée gallo-romain de Lyon-Fourvière sur ses acquisitions et ses collections. Les objets sont d'une grande beauté, mais présentés comme en leur réserve, classés et à peine sortis de leur emballage. Que l'on ne croit pas pour autant qu'ils se présentent au visiteur en tenue négligée, bien au contraire l'apprenti muséologue pourra y admirer les conditionnements parfaits et les étuis et mousses parfaitement découpés pour assurer une conservation parfaite.
lundi 7 mars 2011
Le musée, une institution à inventer ?
Qu'arrive t-il à André Gob ? Qu'est-ce qui peut le conduire à se poser ce type de question ? En effet, Le musée, une institution dépassée ? est le titre de son dernier ouvrage paru chez Armand Colin. Rassurons-nous ce n'est qu'une facétie d'éditeur car l'auteur n'est pas en prise aux doutes, il suffit de le lire pour s'en convaincre. Comme nous, il est certain que le musée est une structure pleine d'avenir, à réinventer peut-être, mais certainement pas vieillotte et poussiéreuse ! S'il était possible de s'interroger sur la fin des musées dans les années soixante-dix, à présent c'est plutôt l'excroissance et le développement vertigineux de l'institution qui pourrait la mettre en péril et non son inertie. C'est du reste cette piste de réflexion que suit André Gob en analysant tour à tour les modes de gestion, le développement des musées à l'international, les nouvelles pratiques un tantinet commerciales. Ainsi, c'est parce qu'il s'échappe parfois des logiques de services publics que le musée peut se révéler dépassé, dans la mesure où il renie ses origines fondatrices. Malgré tout, même si l'auteur est critique sur certaines dérives, il oeuvre pour permettre aux musées de se déployer et de donner le goût aux étudiants de s'y investir et de le réinventer. Ce petit essai est en quelque-sorte une porte d'entrée pour tous ceux qui veulent s'initier à la réflexion contemporaine en muséologie.
mardi 22 février 2011
Le musée de musées
Le rêve de tous muséologues est de constituer le musée de musées (ce que tente judicieusement le Projet scientifique et culturel du futur musée Arlaten), et son cabinet des curiosités, il le compose en collectionnant les lieux étranges et surprenants, les musées bizarres. Ainsi le site Musées-Oh ! propose le musée insolite de la semaine et nous visitons avec gourmandise ces lieux étranges surannés, délirants ou fantasques, fruit du délire de passionnés. Nous n'avons malheureusement pas visité celui évoqué par un article du Monde en date du 20-21 février et nous dérogeons donc à notre règle de ne parler que de ce que nous avons vu, mais l'article est intéressant. Il s'agit d'un couple de Zagreb qui a constitué une collection composée d'objets disparates, mais qui tous ont en commun d'être issus de cadeau de couples, désormais séparés. Que faire d'un souvenir tendre, attaché à des émotions et à une histoire, alors que celle-ci est devenue passée et souvent triste ? Une réponse : le mettre au musée -comme si celui-ci était vraiment synonyme intrinsèquement de relégation (une thèse chère à Octave Debary !). Est-ce vraiment là un musée ? Ne s'agit-il que d'une collection farfelue ? Est-ce juste un amas d'objets fétiches ? Ou bien est-ce l'occasion de tenir des discours sur le couple, l'amour, le souvenir... ? A raconter des histoires de vies ? Pourquoi vouloir laisser des traces, que nous dit tout cela du rapport à la mort toujours présent dans l'amour ? Bien des sujets exaltants pour le muséologue !
lundi 14 février 2011
A propos des musées d'art

Numéro consacré aux musées d'art sous la houlette d'André Gob et Raymond Montpetit, ce nouveau numéro de la revue Culture et Musées, intitulé La (R)évolution des musées d'art regroupe des contributions variées et est complété d'un dossier sur les scénographies, issu des travaux de l'Ecole du Louvre.
samedi 12 février 2011
L'architecture au menu
Seconde rencontre à la Maison de projet du Louvre-Lens samedi après midi avec la présentation de plusieurs projets de rénovation ou création de musée. Un public attentif a entendu les explications sur le musée intégré à la Cité de la Dentelle de Calais, puis le LAM de Villeneuve d'Ascq, avant que de finir par le projet du Louvre-Lens. Le chantier qui se poursuit est des plus impressionnant, une sorte de paquebot échoué dans le bassin minier. Les réactions envers cette architecture d'exception, toute de blancheur et de transparence dans ce pays des gueules noires, sont assez contrastées. Certains estiment que c'est une vision du paradis qui apparaît, mais comme tout paradis il n'est pas sans ambivalence dans une région qui souffre encore de beaucoup de précarité et de problèmes sociaux. Sans doute ce nouvel établissement apportera fierté et dynamisme pour renaître autrement demain. L'exposition de toiles du Louvre reproduites dans le stade Bollaert, intitulée Le Louvre en sang et or est osée, nous serions curieux de surprendre des réactions un soir de match, mais pour ça ne comptez pas sur moi !!!
mercredi 9 février 2011
Le livre blanc des musées
Pendant que le ministère organisait une grande messe sur les politiques culturelles à la Grande Halle de la Villette vendredi dernier, l'Association Génerale des Conservateurs des Collections Publiques de France présentait au Conseil Economique Social et Environnemental son livre blanc. Celui-ci présente un diagnostic de l'état des musées en France et pointe quelques-unes des nombreuses sources d'inquiétude dans la profession. La commercialisation des musées, la montée en puissance de l'externalisation des services dans les musées, les antennes à l'international, la baisse redoutée des financements de la part des collectivités..., une logique plaidant pour l'intercommunalité, ou encore le regroupement possible des conservations départementales et des services de l'inventaire de la Région dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales sont semble t-il des hypothèses envisagées...
mardi 8 février 2011
Voici Google Art Project
Tout le monde en parle ! Mais effectivement il faut annoncer la naissance de Google Art Project, car malgré les remarques de quelques grincheux sur la qualité de certaines vues, il se pourrait bien que l'on assiste à l'origine d'une nouvelle ère pour les musées. Il y aura peut être un avant et un après Google Art Project ! Car si peu d'oeuvres sont encore en ultra haute définition, il est probable que ceci s'améliore très vite, comme cela a été le cas pour Google Earth ou Google Maps.
- D'abord, il ne faut pas redouter que la visite des musées sur écran détourne des musées réels, bien au contraire, on sait que ce sont les lieux les plus connus virtuellement qui attire le plus physiquement (pour les avoir vus / faits..., - aussi les musées qui interdisent encore la photographie pour réserver des surprises sont-ils ringards...).
- Ensuite, on peut se demander quelle vision donne du musée cette visite virtuelle ? Il est frappant de constater que les musées sont vides ! des musées sans visiteurs ! C'est sans doute un fantasme de touriste qui rêve d'avoir le Louvre pour lui tout seul, mais pour un muséologue cela fait frémir ! On dirait qu'une bombe à neutrons est passée par là ! Bref, des musées sans vie... cela renforce le cliché d'un musée hors du monde...
- Parmi les 17 musées présentés, combien de musées d'art à votre avis ?! Le stéréotype du musée sort renforcé... à quand le musée du Lacet de la Terrasse sur Dorlay ??!! Bref, la diversité muséale doit être aussi un objectif !
- Enfin, ne boudons pas notre plaisir, Malraux serait aux anges, Google Art project permet à tout un chacun de se constituer son musée imaginaire en collectant et composant son musée personnel. Parions que les applications interactives vont pouvoir se développer pour échanger et créer à partir de là...
lundi 7 février 2011
Et un musée de l'Europe ?
Alors L'Amérique, c'est aussi notre histoire ! Nous n'en doutions pas à vrai dire, et cette nouvelle exposition présentée à Tour et Taxis à Bruxelles, en préfiguration perpétuelle du musée de l'Europe n'est guère convaincante. Si quelques belles séquences accueillent le visiteur, comme ce passage entre l'aire du paquebot et le débarquement en Amérique, le reste n'est guère probant. Mais au-delà de la scéno de carton pâte, c'est surtout le discours qui est affligeant. Grosso-modo un ouvrage de classe de 3ème sert à construire le propos, sans aucune surprise, sans prendre à rebours le visiteur. Tous les attendus sont là, de la découverte des indiens d'Amérique, de la conquête, à l'indépendance de la nouvelle République. Et puis les passages par les guerres mondiales, la guerre froide, l'American way of live, et tutti quanti. Bref, aucune surprise, que des stérérotypes en brochette... L'exposition n'est pas au niveau de C'est notre histoire, premier épisode de cette panoplie. Que dire aussi de ce mélange allègre de vrais objets et de copies, sans avertissement spécifique du public ? Les expositions grand public ne devraient pas être synonymes d'expositions au rabais...
samedi 5 février 2011
A propos du Musée de l'Histoire de France
Cela est devenu une idée fixe : créer un musée de l'Histoire de France, ce projet présidentiel fait couler beaucoup d'encres. Les tribunes se multiplient, chacun y allant de son avis, ce qui est très bien. Certains n'en veulent pas du tout, d'autres ailleurs, pas aux Archives nationales, mais par exemple dans l'Hôtel de la Marine place de la Concorde, d'autres l'espèrent sur un autre thème, comme la colonisation, l'esclavage...
mardi 1 février 2011
A vos appareils photos, citoyens !
dimanche 30 janvier 2011
Jouer avec les oeuvres ?
Permettre de jouer avec les oeuvres, virtuellement s'entend, cela ne doit pas donner des hauts le coeur à ceux qui prêchent le respect et la contemplation, l'un n'empêche pas l'autre. La délectation peut aussi se marier avec le
décalage de regard. Il y a un temps pour chaque chose. L'humour est une manière de s'approprier aussi les oeuvres, de les regarder autrement. C'est ce que fait Léo Caillard dans de drôles de photographies. Signalons au passage le très beau blog buzzeum.com qui a repéré ses oeuvres, et que nous citons ici. Ce blog apporte des informations intéressantes sur les musées et les expositions dans une très belle présentation.
vendredi 28 janvier 2011
Une exposition fantôme !
L'exposition est censée traiter des revenants dans l'histoire de l'art, de belles affiches en vante l'originalité. Car il est vrai que le sujet est très original et on se délecte par avance de cette exposition que l'on imagine déployant un discours sur la figure vaporeuse des apparitions, spectres, ectoplasmes et autres zombis... Nous nous attendions à explorer des facettes cachées du Louvre et redécouvrir peut-être des tableaux et dessins que nous avions mal vu, dans lesquels les fantômes nous avaient échappés. Hélas, l'expo est bien évanescente, non pas tant parce qu'elle comporte en tout et pour tout vingt oeuvres, mais parce que son discours est assez peu imaginatif. Une fois les oeuvres décrites, cela laisse le sentiment d'une juxtaposition un peu artificielle. Il y a peu de problématisation, et on ne perçoit parfois qu'un rapport lointain entre les apparitions d'Ossian, les danses macabres et le retour des morts vivants ! On s'amusera en revanche d'une série de plaques animées par une tirette, des diablotins y dansent dans un dispositif assez original.
vendredi 21 janvier 2011
Exposer la photographie
Une fois n'est pas coutume, invitons à aller visiter un autre site ! Belle introduction à la question de la photographie et de son exposition, réflexions conduites par François Cheval, conservateur du musée Niepce de Chalon-sur-Saone et iconoclaste devant l'éternel... mais, un conservateur d'un musée de la photographie pouvait-il être autre chose qu'un briseur d'images ?! A l'occasion d'un voyage en Chine, François Cheval fait part de ses analyses et de la signification de l'image pour nos sociétés. La photographie est un élément essentiel dans la rencontre, la captation, l'apprivoisement, peut-être la neutralisation ou la possession de l'altérité : mettre l'autre en image et l'exposer... De très belles photos, anciennes et contemporaines, sont mises en perspective pour accompagner et faire respirer la réflexion que propose cet entretien au long cours avec Didier de Faÿs. A savourer par ici.
mardi 11 janvier 2011
La dentelle de Calais
Magnifique, le nouveau musée de la Cité de la dentelle et de la mode de Calais est un très bel équipement. Son architecture subtile (de Moatti et Rivière) qui donne un ancrage moderne à une ancienne usine du centre ville, une scénographie signée Pascal Payeur qui est toute de grâce et de délicatesse, enfin une muséographie intelligente qui traite des sujets avec concision et efficacité : le visiteur a tout pour être heureux ! Il faut espérer qu'ils seront nombreux à faire le détour, car la ville un peu enclavée et il faut le dire peu attractive, le mérite. Son histoire est passionnante à qui sait prendre le temps de la découvrir. Certes, la visite s'adresse davantage à un visiteur individuel qu'à un enfant désireux de jouer, toutefois, si le discours est exigeant, il n'est pas complexe et il peut être appréhendé par tous les publics. L'approche anthropologique mêle l'histoire, la sociologie, les arts décoratifs et la mode, les techniques, les innovations industrielles, le design... On regrettera bien entendu que, une fois de plus, ici comme à St Etienne, Roubaix et dans nombre de lieux, l'approche sociale et contemporaine soit minimisée, mais dans une période d'incertitudes sur le devenir industriel local, on comprend que le sujet soit trop sensible et trop politique pour être abordé... Une très belle réalisation à découvrir.
jeudi 6 janvier 2011
Conservateurs : un métier à décrypter
C'est assurément ce que fait Frédéric Poulard, brillant historien des politiques culturelles en considérant l'évolution des musées depuis quarante ans, il considère la manière dont les professions se restructurent sans cesse. Dans son Conservateurs de musées et politiques culturelles : l'impulsion territoriale, l'auteur signe un ouvrage de référence. Car c'est la montée en puissance de l'intervention des collectivités territoriales qui est déterminante dans les métamorphoses que le chercheur analyse. Livre dense par son contenu, les informations dispensées seront utiles tant à ceux qui exercent le métier pour prendre du recul avec le terrain dans lequel ils évoluent que pour les étudiants qui entendent s'y professionnaliser. Ouvrage d'histoire autant que de sociologie, il est agrémenté d'études de cas, de portraits de situations et fourmillent de données concrètes. Il enrichit ainsi une collection Musées-Mondes dirigée par Jacqueline Eidelmann et Mélanie Roustan à la Documentation française qui s'impose désormais comme un lieu incontournable de la muséologie.
mercredi 5 janvier 2011
Le bestiaire de Neuchâtel
Plus que 3 jours pour voir l'exposition Espèces en voie d'apparition, avec les oeuvres de François Riou, "entomologiste de la grande distribution marchande", comme l'artiste se définit lui-même ! Magnifique exposition, aussi belle que drôle, comme sait en proposer souvent le muséum de Neuchâtel. Exposition que l'on peut labeliser sans hésiter "développement durable !" puisque l'artiste travaille avec des matériaux récupérés pour constituer son bestiaire. Exposition à visiter en famille, avec des jeunes enfants comme avec le grand-père, chacun va rire, s'extasier et s'émouvoir. Une exposition qui devrait circuler en toute logique dans tous les muséums de France... Mais nous nous étions dit la même chose pour l'exposition Du coq à l'âne, et nous ne l'avons revu qu'à Orléans. Celle-ci aura t-elle plus de chance ? C'est en tous les cas à souhaiter, car c'est une belle proposition.
lundi 3 janvier 2011
Cherchez le renard...
Drôle d'exposition que celle de Francis Alÿs au Wiels, ancienne brasserie bruxelloise transformée en nouveau centre d'art contemporain. L'artiste présenté aime à mettre en scène l'attente, notamment dans ses vidéos. Il explore des tensions, des mouvements et des cycles. Ainsi la longue danse des moutons autour d'une place que guide ou que suit un homme selon les moments, les interventions pour repeindre soigneusement au pinceau des lignes jaunes en Amérique du Sud ou encore pour tracer des interrogations sur le mur de Jérusalem. De toutes ses vidéos, celle présentée dans l'entrée (seule oeuvre que l'on ait le droit de photographier) est assez comique : au moyen de caméras de surveillance on assiste aux errances d'un renard enfermé dans un musée londonien ! Mais de toutes les propositions, c'est la danse avec la tornade qui a le plus de succès.
dimanche 2 janvier 2011
Le musée Picasso nous fiche la honte
Pour le musée Picasso, l'année se termine honteusement et ternie une fois de plus l'image de la France à l'étranger. Le journal Le Monde nous apprend dans son édition du 28 décembre que la conservatrice n'a pas voulu prêter d'oeuvres pour une grande rétrospective montée par le musée de Zurich au motif qu'aucun prêt n'était accordé durant le temps des travaux du musée parisien. En réalité, il s'agit surtout de permettre la location d'expositions à l'international, beaucoup plus rentable. Ainsi la logique de la location des oeuvres se substitue aux prêts entre collègues dans une logique toujours croissante de commercialisation des musées. De plus, un mépris très parisien semble avoir été de mise pour traiter la demande... Espérons que l'ensemble des prêteurs participant à l'exposition de Zurich refuseront en coeur de prêter à l'avenir au musée Picasso quand celui-ci en aura besoin. Ce sera un juste retour des choses. En attendant la profession traite de grincheux ceux qui s'en offusquent et clame avec Jack Lang qu'il n'y a aucun malaise...
jeudi 23 décembre 2010
Les démons de l'orient : l'histoire en spectacle
Le musée d'Orsay propose une exposition Jean-Léon Gérôme. Exposition assez classique dans son mode d'approche, puisqu'on n'y éprouvera guère de surprise sur le plan scénographique, ni même muséographique. Le discours tenu est assez attendu, mais cela n'empêche pas de se régaler de peintures. Souvenir d'une époque où le peintre sait peindre, même s'il met déjà son art au service d'une production un peu suspecte, ne regardant guère aux compromissions, les oeuvres longtemps honnies de Gérôme sont souvent saisissantes, notamment les oeuvres rapportées d'un Orient lointain. Ces peintures ont construits les imaginaires occidentaux autant qu'elles s'en sont nourries. Certes, les périodes font osciller le peintre dans des directions très diverses, en renouvellent le style, et le font parfois flirter avec l'opportunisme. On regrettera le peu de discours contextuel proposé par les concepteurs de l'exposition, car si la critique des contemporains est effleurée, elle n'est guère mise en lumière par une explication des enjeux. Au visiteur de se débrouiller pour mieux comprendre ou pour seulement contempler.
samedi 18 décembre 2010
Yes is more
Superbe exposition originale à Arc en rêve à Bordeaux sur l'agence BIG, jeune agence danoise, des plus extraordinaires par les propositions faites depuis 2005. Incroyablement prolixe, dévoreuse de projets, boulimique d'aventures, l'agence impressionne par sa capacité à inventer et rebondir. L'exposition présentée sous forme de BD polar est des plus réussie, elle captive et plaît à tout public, ce qui est une performance pour une exposition d'archi. Les superbes maquettes permettent de faire des allers-retours entre la frise constituée de vignettes, de documents et de films, et la visualisation en 3D. Trente maquettes, 130 mètres de longueur d'un ruban qui déroule un fil que suit le visiteur lecteur avec étonnement. Chaque projet est présenté comme une aventure, et on se prend au jeu de savoir comment cela va finir, et souvent cela finit mal, du moins sans réalisation réelle. On comprend mieux ainsi les espoirs et douleurs de ce métier.
mercredi 15 décembre 2010
Concepts clés de muséologie
En attendant un menu plus copieux avec Le Dictionnaire de muséologie à paraître en avril prochain chez Armand Colin, voici Les Concepts clés de muséologie, produit par le comité de l'ICOM : l'ICOFOM, sous la direction d'André Desvallées et François Mairesse. Ce petit recueil distribué à l'occasion de la Conférence générale du Conseil international des musées de Shanghai en novembre dernier regroupe 21 concepts clés rédigés par neuf auteurs. Bien évidemment des impasses sont faites, dans un premier temps, mais le professionnel comme l'étudiant en muséologie pourront déjà trouver matière pour engager la réflexion sur l'évolution du secteur avec des notions aussi différentes que Architecture, Collection, Communication, Education, Ethique, Exposition et bien d'autres entrées...
dimanche 12 décembre 2010
Indépendances !
Exposition dense aux dires de la conceptrice de l'exposition ! Effectivement elle parait si riche à première vue qu'il existe un risque de s'y perdre, mais au final, le visiteur entre dans le sujet, se passionne et se laisse envoûter. Car c'est une exposition qui s'apprivoise, qui demande à être approchée avec une certaine lenteur pour entrer dans son propos et comprendre son cheminement. Ce n'est pas là une de ces expositions que l'on peut traverser distraitement, soit on s'y applique et on l'apprécie, soit elle nous échappe. Il faut dire que le sujet est complexe : croisement de l'histoire belge dans son rapport à sa colonie congolaise et de l'histoire des indépendances africaines. Le lien de la Belgique au Congo est douloureux mais aussi fait de joies partagées, de beaucoup d'affections et de liens durables. Ainsi, il est étonnant de constater combien les visiteurs sont impliqués, combien ils se sentent concernés par cette histoire. Combien les membres de la communauté congolaise s'y rendent avec attention. C'est la chance du musée de Tervuren que d'entretenir une relation privilégiée avec des publics que tout devraient séparer. Celui des férus d'ethnographie, mais aussi des descendants de colons comme des membres de la communauté congolaise. Plus qu'ailleurs, le musée joue ici son rôle de médiateur et de "raccommodeur" des souffrances passées.
mercredi 8 décembre 2010
S'envoler les pieds sur terre
Le FRAC Lorraine propose une exposition assez audacieuse dans ses intentions, interroger la relation de l'art contemporain à la religion. Qu'est-ce que les artistes contemporains peuvent bien avoir à dire de la religion ? Il ne s'agit pas ici de montrer Jean-Paul II écrasé sous une météorite comme nous y avait habitué Maurizio Cattelan et c'est bien dommage ! Ce ne sont pas non plus les Christs entortillés comme des guimauves à la Wim Delvoye, non plutôt une réflexion assez sérieuse sur la religion et qui peut prendre des formes assez surprenantes. La vidéo de Cristina Lucas cassant une énorme statue de Moïse à coup de massue est évidemment provocatrice et spectaculaire. Certes, Moïse appartient aux trois religions du livre, mais le vieux cornu est quand même très connoté judaïsme, et l'artiste aurait eu encore plus de courage en massacrant Mahomet, mais c'était prendre de plus gros risques ! Car le propos de l'artiste est de dénoncer la place faite aux femmes par ces figures d'un Dieu patriarche et macho. C'est très bien, mais il va falloir plusieurs masses à la fois. L'exposition n'est pas toujours convaincante, mais elle a le mérite de nous faire redécouvrir un lieu fort agréable, assez incongru pour un FRAC, aménagé à l'époque dans un hôtel particulier par Jean-François Bodin.
samedi 4 décembre 2010
REHAB, l'art de re faire
Belle exposition sur le recyclage utile à la production des oeuvres, inspiration pour des éco-artistes. Belle exposition dont nous ne vous montrerons rien, puisque la photographie y est interdite comme il en est toujours à l'Espace Electra. Stupide attitude de vouloir maîtriser la communication en empêchant les visiteurs de s'approprier l'exposition par la photographie à l'heure de la circulation généralisée des informations. Pourquoi d'ailleurs y permettre le dessin et le croquis et pas la photographie ? Bref, nous ne devrions même pas parler de cette exposition puisque les commissaires ne veulent pas que des tiers la montrent, mais en même temps c'est une petite exposition intéressante qui fonctionne en trois chapitres. Le premier traite des oeuvres produites avec les matériaux recyclés, le second traite d'une réflexion verte au travers de leur production, et le troisième allégorise le déchet pour le faire disparaître dans autre chose, plus conceptuel. Nous avons particulièrement aimés les oeuvres de Pauline Bastard, Eva Jospin ou Lucie Chaumont. Les cartels ne sont pas très fonctionnels pour lire les oeuvres, mais ils ont l'avantage d'être très complets et explicatifs et leur graphisme original. Mais nous ne vous les montrerons pas non plus !
mardi 30 novembre 2010
It's Fun To Work at the New MFA !
Il fallait oser faire un clip sur la rénovation du musée de Boston, mais bon cela donne un coup de jeune assurément. Regardons plutôt la vidéo ! En attendant la visite...
dimanche 28 novembre 2010
Chut ! Voici Bruits
Toujours aussi fabuleuse, comme des tours de prestidigitation conceptuelle, les expositions du MEN nous laisse à chaque fois pantois. Cette nouvelle exposition Bruits, premier volet d'une trilogie sur le patrimoine immatériel, n'a rien à envier aux excellents exercices précédents présentés au MEN. L'équipe sait se renouveler tout en creusant le même sillon et les questions lancinantes qui l'animent : l'objet, sa mémoire, sa conservation et son usage, sa récupération ambivalente... Il ne faut pas trop en dire, juste qu'il y est question de coquillages, de conques ultra-marines, de caisses, de périscopes, d'industries, de déserts et de festivals ! Il y est question aussi de contrôle, de mesure et de patrimonialisation. Et de bien autres choses. Les explorateurs du son y sont célébrés. Avec l'énoncé de ce bric-à-brac, nous espérons faire comprendre qu'une prouesse de conceptualisation tient le tout et structure un propos des plus cohérents. Comme toujours, et c'est là une force qui s'inscrit de manière de plus en plus évidente au fur et à mesure des expositions, la muséographie et la scénographie sont étroitement orchestrées, à un point rare dans le monde des expositions. Le talent de Patrick Burnier est, une fois de plus, à souligner. Bref, à voir de toute urgence. Ce que nous avons fait avec les étudiants de muséo, qui en sont revenus comme toujours bluffés !
samedi 27 novembre 2010
Les manuscrits de la discorde
Michel Guerrin dans Le Monde daté du 25 novembre revient sur la question des restitutions au travers de l'exemple des manuscrits coréens détenus par la Bibliothèque Nationale de France depuis qu'ils ont été pillés par la marine française en 1866. Depuis des années, la Corée du Sud demande la restitution de ce qui est considéré en Corée comme un trésor national. Nous avions compris la portée symbolique, mais aussi la charge émotive qui entourait cette demande de restitution et l'attachement à ces biens lors d'un voyage en Corée il y a deux ans, plusieurs personnes s'en étant alors émus. Qui connaît vraiment ces manuscrits en France ? Est-ce une raison pour que Nicolas Sarkozy promette une restitution en marge d'un sommet ou entre deux négociations commerciales, sans même prendre l'avis des experts ? (Le Monde du 13 novembre). Jack Lang peut bien inventer une distinction entre patrimoine universel et bien entrant dans le domaine de l'identité nationale (tribune du 18 novembre), tout cela est assez fumeux (autant que cette notion même d'identité nationale !!), comment et qui fera la distinction entre les biens détenus par les musées ? Il serait plus raisonnable de prendre en compte la situation et de se demander si ces objets ne seraient pas mieux conservés et mieux valorisés par un pays qui, bien qu'équivalent à la France en nombre d'habitants se trouve être bien plus riche, et donc mieux doter pour entretenir son patrimoine... Longtemps l'argument de la conservation a été mis en avant pour s'opposer aux restitutions, les musées non occidentaux n'étant soit-disant pas assez bien dotés... Cet argument était dangereux, aujourd'hui il s'inverse. Les musées sud-coréens sont non seulement magnifiques, mais ils sont fréquentés par la population, et surtout la jeunesse, comme nul musée européen... Bref, l'affaire est loin d'être simple... Ne faudrait-il pas condamner les restitutions dont on voit bien la boite de pandore qu'elles ouvrent et en même temps prendre la mesure de cette demande ? La solution du prêt est évidemment très contestable par son hypocrisie, mais ce n'est peut-être pas idiot. Après tout en classant le patrimoine comme mondial justement, il est affirmé qu'il appartient à tous, et par conséquent tous sont susceptibles de l'entretenir. Ne faudrait-il pas proposer que ce soit le projet de valorisation proposé qui décide de celui qui va le mettre en oeuvre ? Car depuis 1866, qu'est-ce que la France a fait pour ces manuscrits ? Nous ne doutons pas que la Corée dispose d'un meilleur projet...
dimanche 21 novembre 2010
Citoyens ! A nos portes-monnaies !

Le Musée du Louvre conduit une campagne de collecte de fonds pour acquérir un tableau de Lucas Cranach absolument superbe : Les Trois Grâces. Ce n'est pas là, une oeuvre de plus, c'est un joyau absolu. Allez constater de vous même sur le site. Bref, nous sommes pour un mécénat populaire qui fasse vivre cette union indissoluble entre un peuple et son musée, celui de la Nation, ouvert généreusement à la planète entière. Mais bon, il y a quand même des limites, espérons qu'ils ne l'enverront pas après à Abou Dhabi... (quoique, cela ne serait peut-être pas idiot d'envoyer quelques nus pour les décoincer !) Revenons à notre sujet, c'est bien de revivifier ce qui était courant à la fin du XIXème, les souscriptions pour les arts, ce qui nourrit ainsi un débat et une attention dans la population. Nous avons jusqu'à fin janvier pour donner, rappelons-nous que la déduction des impôts est dans ce cas très importante. Par exemple, si vous contribuez à hauteur de 200 euros, vous ne donnez en réalité que 66 euros... Allez un petit geste pour les fêtes, offrez-vous un atome de Cranach ! Vous ne le regrettez pas !
samedi 20 novembre 2010
Pratiques d'évaluation au musée
Nouveau volume, le sixième, d'une collection qui se complète progressivement et sûrement. Cet ouvrage, conçu par Nathalie Candito, chargée d'évaluation au sein du musée des Confluences, et épaulé par Corinne Allainé, s'avère un outil très précieux. En s'appuyant sur une démarche empirique, à partir des multiples enquêtes conduites dans le musée, l'auteure propose une formalisation théorique et méthodologique aisément transposable pour les autres sites. Les diverses méthodes sont présentées et illustrées par des exemples et des synthèses très pragmatiques sont faites pour bien faire comprendre les démarches. Demeure la nécessité de mettre en oeuvre l'évaluation pour se l'approprier, mais cet ouvrage vient combler un manque certain sur le domaine. Nous avions pour projet avec Joëlle le Marec d'un tel ouvrage depuis longtemps, mais le temps nous a manqué pour le réaliser, nous sommes heureux de voir ce projet enfin concrétisé avec un apport de qualité. Les illustrations très plaisantes de Rose Poupelain agrémentent la lecture. La bibliographie, certes incomplète, mais on comprendra qu'il est impossible de citer tout le monde, permet au lecteur qui le désire d'aller plus loin.
mardi 16 novembre 2010
Le CICSTMSEAONN on adore !
Quelle réjouissance que de voir les médiations développées au musée s'inspirer du théâtre de rue, car cela fait immanquablement penser aux univers décalés que produisent les compagnies les plus farfelues. Pour l'exposition Dans l'Ombre des dinosaures, au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris Les Chevreaux suprématistes, équipe d'artistes inspirés, que nous avions déjà remarqué lors de l'exposition Bêtes et Hommes à la Grande Halle, ont conçu des petites vidéos adorables. Il est rare que l'humour soit utilisé dans les expositions en France, et la veine fait plutôt penser à ce que l'on peut désormais appeler "une tradition" du muséum de Neuchâtel. Avec CICSTEMSEAONN, on rit et cela égaye une exposition qui serait sans quoi un brin austère. Car l'exposition est belle mais étonnante avec ses partis pris scénographiques très différents selon les espaces thématiques. Notons que l'on retrouve sur le site internet fort bien fait, les jeux déployés dans l'exposition pour poursuivre ou retrouver les plaisirs de sa visite. On pourra même y retrouver les fameux films intégralement.
samedi 13 novembre 2010
Wim Delvoye en fait trop
Incroyable Wim Delvoye qui après ses cochons tatoués et autres machines à merde (voir Cloaca n°5 présenté à Montréal en janvier 2009 et relaté dans nos anciennes chroniques), ou sa bétonneuse en bois sculptée présentée ce printemps au Grand Hornu, adore nous surprendre encore en proposant une "revisitation" des églises baroques. Ses cathédrales ne sont pas en allumettes, mais elles rivalisent dans le détail évoquant tour à tour les travaux des compagnons (ses prouesses ne démériteraient pas au musée des compagnons de Tours), l'art populaire ou tout simplement la folie d'un maniaque mégalomane. Car la performance du détail répond à l'excessif, puisqu'il installe un clocher de 16 mètres de haut en terrasse du musée des Bozar de Bruxelles. Mais ce que nous avons le plus aimé ce sont ses christs tourbillonnants, d'une grande beauté, tant en dessins qu'en sculptures, évoquant tant l'ADN que les colonnades de Saint Pierre de Rome. Christs en série aux allures mécaniques qui viennent tournoyer comme des nageurs infatigables ou des derviches tourneurs !
jeudi 11 novembre 2010
La Teuf au Bozar
Soirée spéciale avec DJ, lasers et boissons énergisantes mercredi soir, au Bozar. La jeunesse danse et s'amuse tout en visitant les expositions, notamment celle de Gilbert et Georges. Grande et magnifique exposition rassemblant près de 85 oeuvres parmi les plus récentes. Kaléidoscopes chargés de multiples couleurs et de références à la perfide Albion. Ce qui compte ce sont les performances qui se jouent devant les toiles, les mariées affolées, la bizarrerie de ce moment particulier quand le musée se transforme en boite de nuit et que l'ivresse emporte l'art dans des sidérations médusées. S'agit-il de mieux voir ? Est-ce là la démarche permettant de sensibiliser la jeunesse dorée bruxelloise aux exigences artistiques ? Plus simplement est-ce ainsi assumer le musée comme lieu de vie et de débordement possible ? L'affaire est-elle tout simplement rentable à huit euros l'entrée plus boissons indispensables aux rythmes de la transe ? Peu importe le succès assuré de l'opération montre que le lieu d'exposition s'affranchit de ses anciennes pesanteurs conservatrices pour s'inventer un peu plus chaque jour.
dimanche 24 octobre 2010
SOS pour les musées !
On le murmurait, mais on n'osait y croire, le musée de l'Assistance publique et des Hôpitaux de Paris est menacé de disparition. Ce lieu qui a présenté de fort belle exposition par le passé n'aurait plus les moyens d'exister et serait condamné à disparaître, ou du moins à n'exister que sporadiquement, pour les groupes où à l'occasion des événementiels. Ainsi Paris verrait disparaître un des rares lieux qui a une approche de type musée de société. Car on les compte sur combien de doigts les lieux parisiens qui proposent des expositions qui ne soient pas dans le registre de l'esthétique ? Le musée de l'assistance publique est un lieu trop méconnu, alors qu'il recèle non seulement des collections, mais aussi des ressources pour conduire des actions et des sensibilisations essentielles, à l'interconnexion entre social et culture. Espérons que ce ne soit pas le signe annonciateur d'une longue série de coupures budgétaires qui président à la fermeture d'établissement...
jeudi 21 octobre 2010
La Galerie pour enfants du muséum
Nouvel espace pour les petits parisiens au Muséum national d'histoire naturelle de Paris tout récemment inauguré. La Galerie pour enfants présente la biodiversité urbaine au travers de manips ingénieuses et d'une scénographie signée par Pascal Payeur d'une grande qualité. Le parcours de la ville à la jungle est très bien organisé, car le propos tenu, au travers d'audiovisuels et d'informations sous forme de jeux, mais aussi de textes plus classiques, est particulièrement convainquant. Un travail impressionnant quant on sait la difficulté à concevoir des manips et espaces pour enfants. Avec les lieux rénovés de la Cité des sciences et la mezzanine pour enfants, mais aussi le lieu pour les adolescents, au Centre Beaubourg, les familles parisiennes sont choyées, et n'auront plus de raison de jalouser les londoniens ! Reste au musée d'art à proposer à leur tour des formes dédiées arrivant à ce niveau de qualité.




