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La Formation en muséologie :

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ou sur le site de l'Université : (document à télécharger colonne de droite) ou sur ce lien.

Master MEM

mardi 30 octobre 2012

Comment tout ça tient ?

Belle petite exposition d'architecture, dans laquelle un non-initié comprend enfin quelque-chose aux arcs-boutants, aux contreforts et autres portants... Par une démarche didactique fort sympathique, sous forme de jeux, de manips, et de dessins agréables, l'exposition propose un parcours très bien fait au pays des structures. On peut ainsi découvrir ainsi les hauts lieux de l'histoire architecturale bruxelloise. Exposition socratique s'il en est, c'est par le style de questions-réponses que l'exposition déroule sa narration. Alternant les propositions, tout un ménageant un rythme et une progression, avec des modules construits de manière symétrique dans lesquels s'identifie de suite la logique interne, le visiteur est pris par la main et conduit dans l'exploration d'une question d'ingénierie essentielle à la construction. Cette exposition gratuite au coeur de l'ancien marché des halles St Gery à Bruxelles, accompagnée d'un beau catalogue, est intelligente. Elle pose la question au visiteur à la fin de son parcours : "et au fait comment ce lieu même des halles tient-il ?" Commence alors les travaux pratiques.

dimanche 21 octobre 2012

A votre bon coeur... brisé

Le 104 organise une collecte originale en vue de la construction d'une exposition qui se tiendra à partir du 19 décembre jusqu'au 20 janvier 2013. L'exposition s'appellera Le Musée des Coeurs Brisés (en rouge sang évidemment) et exposera les chagrins d'amour. Pour cela les dons sont les bienvenus, tout ce qui vous rappelle vos amours défuntes est collectable (non ce n'est pas une faute, amour au pluriel devient féminin, bizarre, bizarre...). Exposition du patrimoine immatériel, puisque ce sont les histoires qui accompagneront les objets qui seront au final importantes. Le principe est intéressant et mérite d'être observé. Cela n'est pas sans rappeler la fraicheur de certaines expositions réalisées par des compagnies d'arts de la rue. Une exposition qui va nous faire pleurer c'est certain, on s'en régale déjà !

samedi 20 octobre 2012

Homo Mobilus

Après la petite exposition Emballage qui propose de tout comprendre sur ce qui alimente nos poubelles de déchets et la manière de rendre moins lourde la facture environnementale - bien que l'on puisse regretter que la chose soit pas suffisamment explicite dans le propos de l'exposition -, voici que le musée des arts et métiers s'intéresse aux portables et à nos méthodes de communication. Une petite exposition mécénée par Orange, intitulée Homo Mobilus,  qui ne s'attarde pas trop il est vrai sur les problèmes et les inconvénients éventuels de santé publique, - les choses ne sont abordées qu'au travers d'un document rébarbatif, alors que le reste de l'exposition est très interactive et attrayante. Cependant signalons de très belles manips et des audiovisuels, - certes pas toujours bien positionnés -, qui invitent à découvrir les métiers et les fonctionnements de ce qui est devenu quasi-indispensable dans nos relations de tous les jours. Un panorama simple et accessible sur l'histoire, mais peu de choses en revanche sur les aspects prospectifs concernant la téléphonie de demain.

jeudi 18 octobre 2012

Muséomix : cap sur Lyon

Une nouvelle édition de Muséomix : réinventer le musée vendredi et tout ce week-end au musée gallo-romain de Lyon. 80 participants, des ateliers et des échanges prometteurs, avec on l'espère la même énergie créatrice que pour l'édition au musée des arts décoratifs l'automne dernier. Il s'agit de repenser les médiations, et au-delà les fonctions et le sens du musée dans son territoire, puisque ce sont les publics qui sont au centre des réflexions. Le public pourra venir découvrir les prototypes toute la semaine prochaine au musée. L'opération s'inscrit dans un cycle qui se poursuivra par d'autres opérations dans d'autres lieux en 2013-2014, notamment avec divers partenaires au Québec. Les étudiants du master Expo-Muséographie de l'Université d'Artois y prennent leur place avec un groupe projet qui participera à l'opération lyonnaise avant d'imaginer une opération Muséomix sur le Nord-Pas de Calais en 2013. A suivre donc !
Consulter le site de Muséomix ici.

mercredi 17 octobre 2012

Mutualisation des sites

Belle journée d'étude à l'Abbaye St Vaast avec le musée des beaux arts d'Arras, le conservatoire, la médiathèque et les représentants de la ville, et en invités les Champs Libres de Rennes, le Rize de Villeurbanne, le Pavillon blanc de Colomiers, le Pole Culture de Viroflay, le musée des beaux arts de Dunkerque, avec autant d'études de cas et une journée introduite et animée par Jean-Michel Tobelem avec l'assistance de Frédéric Poulard. Les professionnels présents et les étudiants en muséologie de l'Université d'Artois qui avaient contribué à rendre possible cette journée ont pu alimenter leur réflexion et échanger sur les principes de la coopération culturelle et de la mutualisation.

vendredi 12 octobre 2012

Babel + Fables = Bravo

Le musée des beaux arts de Lille n'offre pas une exposition géniale, mais deux à l'occasion de Fantastic. Car très peu d'expositions dans le domaine des beaux arts sont aussi bien conduites, avec un vrai propos et une scénographie qui fait sens. Babel propose une métaphore au travers d'une proposition visuelle forte, mais surtout avec un parcours en quatre étapes qui structure clairement le propos et donc la compréhension par le visiteur. Les oeuvres présentées y sont judicieuses et l'on y fait de belles découvertes. Preuve s'il le fallait que l'on peut concevoir une exposition d'art à partir d'un discours construit et d'un véritable scénario et que cela n'est pas le fait des seuls musées de science et de société...  On explore ici le mythe, dans ses différentes facettes, avec des oeuvres qui y font écho parfois de manière étonnante. Le concepteur choisit de les faire parler et on les voit alors autrement qu'on l'aurait fait en les voyant dans une galerie. Tout l'art de l'exposition se révèle alors. Bien des conservateurs de musées d'art devraient venir voir cette exposition... On appréciera aussi le catalogue qui réserve de très beaux textes, dont l'un de Jean-Marie Dautel sur ce qu'exposer veut dire. Une initiative suffisamment rare pour être soulignée.
Fables du paysage flamand parait de prime abord plus sage et plus consensuelle, mais elle n'est pas moins structurée, et fait écho en quatre portions qui forment une totalité dans l'espace. Son plan d'exposition original avec un chemin de vie qui coupe l'espace entre monde fantastique et monde merveilleux ressemble au découpage d'un monde parfait, où le cercle s'inscrit dans le carré et détaille ses quartiers de diableries. Les oeuvres sont étranges, fortes, étonnantes, et nous envahissent comme des sorts dans ce pays incertain. C'est très cabalistique et là encore, la scénographie est judicieuse pour exprimer cela. Deux expositions que l'on prendra grand plaisir à revoir.

mardi 9 octobre 2012

Une exposition courageuse

Il n'est pas fréquent de dire qu'une exposition est courageuse, qu'elle est utile, et même nécessaire. Car elles sont rares les expositions traitant de l'Algérie. Le musée dauphinois avait avec Français d'Isère et d'Algérie et Mémoires d'immigrés commencé à s'atteler au sujet, et la question si sensible avait provoquée des violentes réactions. Il semble que la mémoire s'apaise, et les expositions servent aussi à cela. Même si Vies d'exil. Des Algériens en France pendant la guerre d'Algérie présentée à la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration ne traite qu'indirectement de la guerre d'Algérie, et qu'il faudra sans doute encore quelques années avant que l'on aborde ce thème frontalement dans une grande exposition, il demeure que cette démarche est courageuse car elle ouvre une brèche. Mariant avec justesse témoignages, documents d'époque et oeuvres contemporaines, l'exposition sait inviter, dans une économie de moyens, le visiteur à une réflexion nécessaire. Souhaitons que la CNHI trouve le soutien promis par la ministre de la Culture, puisque pour la première fois un ministre en exercice inaugurait officiellement l'événement.

dimanche 7 octobre 2012

Nuit Blanche et pluvieuse

Beaucoup de vidéos et de projections pour cette nouvelle édition de Nuit Blanche à Paris, quelques petites formes peu coûteuses, beaucoup de propositions qui font partie des expositions en cours par les institutions ou des oeuvres pérennes, mais aussi des installations remarquables. Retenons par exemple la mise en lumière de Jacqueline Dauriac du centre multifilière, l'installation performance de Emma Dusong à l'Ecole d'architecture de Paris Val de Seine, Ange Leccia à la Maison de la RATP... Parfois l'intention est bonne, mais l'on déplore la mise en exposition qui massacre les oeuvres, ainsi celles de Tkate MccGwire à la Galerie de Paléontologie ou encore une impression visuelle qui pourrait être plus remarquable comme à la Gare d'Austerlitz. Une mention spéciale pour la banque du souffle de Filomena Borecka à la mairie du XIème avec une sculpture sonore pénétrable, dans une belle mise en espace. Une oeuvre sensible et douce qui apaise dans l'agitation générale. Si le programme est alléchant, on regrette seulement le manque d'un classement par artistes en index, comme si l'on faisait ses choix que par les lieux...

samedi 6 octobre 2012

On avance !

A lire l'intéressant article de Bernard Hasquenoph sur le site Le Louvre pour tous sur la décision récente des Galeries nationales du Grand Palais de faire partie de son époque et d'autoriser la pratique de la photographie dans ses espaces d'exposition sous certaines conditions. Les oeuvres sur lesquelles les prêts ne le permettent pas seront simplement signalées, comme cela se fait désormais de plus en plus couramment, au Centre Beaubourg, au musée du Quai Branly... Demeure dans la réglementation, l'argument que l'on puisse interdire sous prétexte d'une trop forte affluence, argument qui nous parait irrecevable, sauf à mettre bientôt en place un système de minutage, comme dans certaines de ces églises italiennes, où vous payez pour X minutes de contemplation !.... Hormis cette réserve, dont l'application semble du reste difficile, saluons le pas fait par la RMN avec cette décision.
voir l'article complet et documenté ici :
http://www.louvrepourtous.fr/La-RMN-autorise-la-photo-dans-ses,746.html


mercredi 3 octobre 2012

Oeuvres en mutations

Une fois n'est pas coutume, puisque Michel Blazy nous invite au Grand Restaurant pour son exposition au FRAC Ile de France, le Plateau dans le XXème arrondissement, nous ne montrerons ici ni les escargots baveux, ni les fourmis ménagères puisqu'elles nous sont restées introuvables ni même les oranges en plein travail de décomposition, pas davantage l'image duale et en miroir de cette plante mi vivante mi morte, comme symbole d'une résurrection éphémère, pas même le cocon baveux qui semble hérissé d'une nouvelle vie. Toutes ces propositions artistiques sont intéressantes dès lors que l'on s'y attarde et que l'on s'emploie aux métaphores, à la poésie conceptuelle que peuvent nous inspirer, par l'intermédiaire de l'écriture, des oeuvres qui demeurent sans cela assez anecdotiques, pour ne pas dire des prouesses - gags de collégiens... Dédicaçons donc à Michel Blazy ce phénix rencontré l'autre nuit sur le boulevard Magenta, il aurait pu l'exposer et le signer  sans doute.

dimanche 30 septembre 2012

Postez vos impressions d'expo

Le 104 poursuit l'exploration de ses expositions participatives, avec l'exposition Par nature et  les installations de Joana Vasconcellos, de Céleste Boursier-Bougenot, de Moataz Nasr, de Ema Upadhyay, de Zimoun, de Gu Dexin, et de Christophe Beauregard. Oeuvres monumentales, organiques ou conceptuelles, l'exposition fait grande impression sur le public qui s'adonne avec bonheur aux sollicitations. Par exemple dans I am free, de Moataz Nasr, l'oeuvre ne prend vraiment sens et forme que dans la mesure où un visiteur devient acteur de l'oeuvre pour s'y impliquer. Ceux qui considèrent son envol peuvent alors se réjouir à en capter les expressions et poster cette liberté conquise aux quatre coins de la planète via les réseaux sociaux et ainsi accomplir la prophétie, l'oiseau s'envole bien au moins virtuellement sous d'autres cieux. Une question intrigue le visiteur et le conduira à revenir régulièrement dans le lieu : " à quoi ressemblera l'oeuvre de Gu Dexin le 17 mars, date de clôture de l'exposition ?" Invitons chacun à la découvrir au plus vite, dans toute sa fraicheur.

mercredi 26 septembre 2012

Sur l'ile Seguin

On espérait sans plus y croire un lieu dédié à la mémoire ouvrière et industrielle sur l'Ile Seguin, lieu oh ! combien mythique. Voilà où s'est joué la véritable histoire de France, et il est paradoxal que l'on ait pu songé à lui consacrer une maison en plein Paris avant que d'avoir construit en ce lieu un espace de témoignage. Jean Nouvel l'appelait de ses voeux dès le début des années 90, et il aura fallu attendre vingt ans avant qu'une exposition soit dédiée à l'aventure de Renault Billancourt. Certes le pavillon est modeste, mais il fait office de préfiguration et donnera envie peut-être à de plus amples développements. Le pavillon inauguré il y a peu est original, beau et bienvenu. Avec sa construction de containers assemblés comme des legos, il s'inscrit véritablement dans un geste contemporain. Le parti-pris d'un lieu potentiellement itinérant en fonction du développement ultérieur des projets sur l'ile est des plus judicieux. La muséographie signée par l'agence Altermuséo est bien équilibrée, entre faits historiques, dimensions sociales, témoignages, apportant ce qu'il faut de clés de lecture pour comprendre ou pour reconnaitre cette histoire forte. Les habitants proches se pressent dans ce pavillon et c'est un bel exemple de réalisations en trait d'union entre passé et devenir.

mardi 11 septembre 2012

Gerhard Richter

Aussi troublante qu'intelligente, l'exposition présentée à Beaubourg est brillante. Non seulement du fait de l'artiste dont l'oeuvre est convaincante, mais par le travail même de mise en exposition. Bien que les travaux soient fort différents, avec des évolutions et des inflexions notables tout au long de sa vie, une belle cohérence se dégage et l'on comprend aisément les variations entreprises. La commissaire Camille Morineau présente les oeuvres avec des rapprochements ingénieux déployant des jeux d'optiques et des visuels qui font le bonheur des photographes d'exposition. Car on prend un malin plaisir à cadrer, à trouver des jeux de lumière, de réflexion, de concerts de couleurs, et ainsi on se surprend à mieux voir, à mieux regarder les oeuvres, contrairement à ce que tous les esprits hautains prétendent. Les reflets des toits de la ville et des visiteurs qui s'y promènent passant du ciel parisien à l'incrustation dans les oeuvres de l'artiste signent ensemble une belle scénographie collective. On comprend par l'exposition combien Richter est loin de tous sectarismes, ouvert à la découverte et à l'expérimentation tout en maintenant une recherche constante cohérente. Voici une exposition qui démontre combien une exposition c'est bien plus qu'un rassemblement des oeuvres présentées.

dimanche 19 août 2012

Photographie et peinture à Ornans

Le musée Courbet d'Ornans, récemment rénové et que l'on verra avec plaisir, tant l'équipement est agréable, intelligemment bien fait, sachant doser avec délicatesse le bon niveau de médiations, les discours et la conduite du visiteur dans un parcours cohérent, propose également des expositions temporaires. Celle de cet été est consacrée aux relations entre la photographie naissante et les artistes plasticiens :  A l'épreuve du réel, les peintres et la photographie au XIXème siècle.
Très belle exposition, bien documentée et assez captivante pour comprendre la manière dont les artistes, notamment les peintres et les sculpteurs d'abord réticents se sont emparés de ce moyen de travail. On y apprend que Ingres était un fieffé hypocrite qui menait la bataille contre la photographie en art devant le tout Paris et qui s'en servait secrètement dans son atelier ! Surtout on apprécie les oeuvres de la fin du XIXème, notamment un splendide Corot, et les photographies de Tournachon. Cependant, pour nous, ce sont celles de Robert Demachy qui magnifiques de délicatesse, surpassent tout. Ces photographies font admirablement le lien entre le photographe et le peintre, puisque l'artiste retravaille ses photos en appliquant le procédé à la gomme bichromatée. L'exposition est de bonne taille, dans un cadre agréable et dans ce magnifique pays de Courbet !
Signalons aussi un concours photographique organisé par le musée pour l'occasion.
Puisque l'on parle du musée Courbet signalons cette intelligente politique du département du Doubs qui a rénové la ferme de Flagey et qui y programme des événements, mais aussi y accueille des personnes en gite, faisant vivre le patrimoine en lui apportant une diversité de subsides.

mercredi 15 août 2012

Elles à Rio

Si l'on peut revoir avec plaisir une adaptation de l'exposition Elles du Centre Georges Pompidou au musée d'art contemporain de Niteroi, le MAC, dans la baie de Rio de Janeiro, il faut reconnaitre que le lieu se visite d'abord et avant tout pour son architecture. L'incroyable prouesse de Oscar Niemeyer, célèbre architecte brésilien dont on peut admirer le travail un peu partout au Brésil, mais surtout à Brasilia, Rio et Sao Paulo se déploie de manière magistrale. Inauguré en 1996, le bâtiment projette toujours le visiteur dans le futur. Le musée d'art contemporain est d'une étonnante originalité, et tant l'intérieur que l'extérieur, les services avec l'espace restauration s'avèrent fort agréables. Certes les lieux d'exposition sont assez réduits, mais les coursives, les lignes du bâtiment le jeu avec le paysage, sont extraordinaires. Les photographes pourraient s'en donner à coeur joie si une idée saugrenue n'interdisait les photos à l'intérieur.
A noter lors de notre passage une exposition sur l'architecture dans la coursive, fort bien faite, qui propose maquettes d'architectures, panneaux explicatifs, interviews, films sur des projets internationaux.


mardi 7 août 2012

What are you doing after the apocalypse ?

Pour ceux qui n'auront pas pu voir l'exposition, il restera toujours le catalogue de l'exposition, qui comme toujours avec le Musée d'Ethnographie de Neuchâtel est des plus soignés et des plus captivants. On y trouve, chose précieuse pour le muséologue, des explications et des photos du montage de l'exposition, du moins de son démontage/remontage puisque le MEN a encore inventé une nouvelle folie ! Car le thème de cette exposition est déjà une gageure. Que pouvons nous bien faire après l'apocalypse que les médias nous promettent chaque jour ? Le pari de l'équipe a été de conserver la précédente exposition et de venir s'y lover, la détourner pour en proposer une nouvelle. Ainsi le visiteur retrouve la scénographie de Patrick Burnier élaborée pour Bruits, mais s'attache à la découvrir autrement, déstructurée/ restructurée en une nouvelle proposition. Le visiteur s'amuse ainsi à retrouver, repérer les traces, les identifier, les surprendre dans de nouvelles fonctions expographiques. Nouvelle approche d'un patrimoine impalpable. Nouvelle vie aussi pour le musée puisqu'il s'agit d'exposer des oeuvres d'art, celles de M.S. Bastian et Isabelle L avec un Bastokalypse hypnoptisant et puis Atomik Submarine, une prouesse de François Burland. C'est à la fois performance, installation, proposition théorique, puisqu'il s'agit de théâtraliser la destruction, du moins la métamorphose. Une nouvelle exposition importante qui conduit à de nouveaux défis muséologiques. Heureusement le catalogue en conserve la trace. Jusqu'où iront-ils ?

vendredi 3 août 2012

Alésia : trop de médiations tue la médiation

Très belle architecture, originale et intelligente, signée Bernard Tschumi, pour le centre d'interprétation du Muséo-Parc d'Alésia, inauguré en mars dernier en Côte d'Or. Cet élément fait partie d'un ensemble, constitué du champ de fouilles avec ses vestiges, de la statue et du futur musée rénové. C'est la première question que l'on peut se poser : était-ce raisonnable de faire dans un site aussi enclavé et peu habité, un musée plus un centre d'interprétation ? L'avenir dira si la fréquentation est au rendez-vous. Simplement le centre d'interprétation ne présente de ce fait que peu de collections, si ce n'est quelques éléments issus du musée de Saint Germain en Laye et des reconstitutions placées parfois sous vitrine, à tel point que le public est en droit de s'interroger et de douter face au peu de traces présentées.
Il s'agit ici d'expliquer la bataille, son enjeu, son contexte et son déroulé pour mieux comprendre le site. Hélas, les choix faits en terme de médiations sont peu probants, une pléthore de textes à l'hideux graphisme, dont la hiérarchie se fait très mal percevoir, agrémenté de multiples multimédias peu ergonomiques et surtout d'un audioguide remis systématiquement. Le visiteur ne sait plus où donner de la tête et comme on lui propose de plonger directement dans la matière et dans force détails, sans aucun parcours vraiment lisible, s'il n'est pas un peu informé en amont, il aura des difficultés à recomposer lui-même le récit et surtout à s'y intéresser. Il devra parvenir au terme de son parcours pour disposer d'une synthèse au travers d'un film qui résume les éléments dans une fiction au demeurant assez kitsch. Cela arrive un peu tard pour interpeller et susciter l'intérêt. C'est finalement la partie contemporaine sur Napoléon III qui parait la plus réussie. Enfin les animations et reconstitutions en extérieur sont intéressantes dans leur genre, mais paraissent un peu ridicules par leur taille. Signalons aussi une scénographie de l'exposition signée Guy-Claude François, avec quelques belles idées, mais dont on se demande comment elle va vieillir tant elle parait déjà mis à mal avant son premier hiver... Bref, on ressort du site en se disant qu'il est bien difficile de faire des expositions convaincantes...
à regarderhttp://www.dailymotion.com/video/xpmst3_museoparc-d-alesia_tv

vendredi 27 juillet 2012

Par nature

Le Domaine de Chamarande poursuit ses investigations Nature-Culture avec des présentations de jeunes artistes ou d'artistes confirmés explorant les relations et les visions sur l'environnement. De l'exposition présentée cet été, inégale, nous retiendrons surtout l'oeuvre de Ackroyd & Harvey intitulée Face to face et conçue spécialement pour le lieu de l'Orangerie. Tableaux spectaculaires vivants, puisque réalisés en herbe, en utilisant la sensibilité à la lumière du cycle de la photosynthèse pour révéler des images. Performance simple et étonnante qui nous interroge sur notre rapport au vivant, à la mort... En présentant le portrait d'agents du domaine, la volonté d'inscrire l'oeuvre dans le lieu est redoublée. On appréciera également dans le Château les propositions pleines d'humour de Thierry Boutonnier dont le distributeur d'oeufs dissimule derrière un humour potache des questions essentielles sur la société de consommation et sur la standardisation de nos modes de vie. A voir jusqu'au 30 septembre. 

vendredi 20 juillet 2012

Voir autrement le Brésil

Si à Paris, la Fondation Cartier pour l'art contemporain présente l'exposition Histoires de Voir dans une scénographie originale d'Alessando Mendini, avec la présence d'un grand nombre d'artistes brésiliens inscrits dans la mouvance de l'art brut, domaine atteignant désormais la reconnaissance évidente des grandes institutions ; de son côté le centre des expositions du Palais Impérial de Rio de Janeiro invite dans le même temps des artistes semblables, et parfois communs, à présenter également leurs oeuvres. Teimosia da Imaginaçao, est une exposition curieuse, rassemblant un grand nombre de contemporains, démontrant l'universalité des approches, tant les parentés sont évidentes avec d'autres artistes du monde entier, collectionnés par exemple au LAM de Villeneuve d'Ascq. Ressemblance au demeurant troublante, comme si un imaginaire humain enfoui s'y exprimait irrésistiblement.
Notons surtout que dans le même bâtiment du Palais Impérial, à l'étage, dans un autre genre, est exposée une superbe sélection des travaux de photographes brésiliens du Fond photographique ITAU. Notre palme d'or revient sans conteste pour ce qui nous concerne à Eustaquio Neves dont l'oeuvre est époustouflante. A voir par exemple ici.

dimanche 15 juillet 2012

Planétaire

Comme à la Fondation Electra avec Carbone 12, dans le monde entier des expositions donnent à penser les questions environnementales et à favoriser les prises de conscience citoyenne. Les artistes se mobilisent, et les convergences entre urgences planétaires, recherches scientifiques et actions artistiques participent des expositions passionnantes qui nous sont données à voir présentement. À l'occasion de Rio + 20, le jardin botanique de Rio de Janeiro présente une exposition où des artistes inventifs explorent les questions environnementales. Les Cités du futur sont appréhendées au travers d'oeuvres interactives. Des médiateurs accompagnent les visiteurs pour les sensibiliser. Le Jardin botanique présente ainsi des actions multiples en faveur de la biodiversité et de la prise de conscience citoyenne.

mercredi 4 juillet 2012

Carbone 12 : à la découverte du clim'art

L'association britannique Cape Farewell soutient et initie des projets artistiques en relation avec le développement durable. Cinq équipes sont présentées ici avec des travaux aboutis ou en cours de recherche. Les expéditions en terre australe sont passionantes et les relations tissées entre artistes et scientifiques prennent du sens. Toutes les réalisations ne sont pas aussi fortes bien sur, mais ce qui compte ce sont les processus de compréhension qui par les démarches mêmes des artistes, que l'on saisit au travers des reportages notamment de David Buckland, induisent immédiatement la sensibilisation du visiteur. La Fondation Electra présente les résultats dans une exposition très agréable et judicieuse, malgré le sujet pour le moins angoissant, à l'heure de Rio + 20. Si peu de solutions semblent se profiler pour l'avenir, les artistes cherchent à nous alerter, avec des moyens symboliques. A ce titre, les icebergs couleur rouge sang ne constituent pas les oeuvres les moins fortes.
A visiter jusqu'au 16 septembre, et à regarder toutes les démarches artistiques sur le site de l'Association Cape Farewell.

dimanche 1 juillet 2012

Les manuels de conception des expositions sont encore très peu nombreux, ils sont donc fort utiles. L'idée est bonne, mais pour de nombreuses raisons, elle est très difficile à réaliser. Ainsi l'ouvrage édité récemment chez Eyrolles, intitulé Concevoir et réaliser une exposition, de Carole et Marion Benaiteau, Olivia Berthon et Anne Lemonnier est bienvenu. Hélas, le titre est mensonger, car il s'agit en réalité de Concevoir et réaliser une exposition d'art, les auteurs maitrisant très approximativement les approches non artistiques de la mise en exposition.
Pour ne pas entrer dans les détails ici et être synthétique dans notre compte rendu, appliquons une approche comptable. La question de la définition du contenu de l'exposition est réglée en 7 pages, suivies de fiches métier et d'interviews, principe au demeurant intéressant. On y aborde du reste aucunement les questions à se poser en amont sur la destination, l'adéquation avec les publics visés, la cohérence avec le lieu, etc. La question de la scénographie se voit attribuée ensuite 14 pages, mais la communication a droit, elle, à 19 pages ! On aura compris que ce n'est pas vraiment le sens et ce que l'on dit qui importe dans une exposition... Enfin, la médiation, au sens large, a droit pour finir à 10 pages fort générales. Le livre traite entre temps des questions de régie, d'édition et de graphisme, sans doute de façon plus réussie.
Une seule fois le mot de muséographie est utilisé dans un entretien (p.54), ailleurs les auteurs préfèrent celui de commissaire. Quoique l'on en pense, peut-on se passer de définir les termes ? Ce n'est malheureusement pas là le seul problème.
On y lit en filigramne la manière dont on pense et conçoit l'exposition dans le monde des beaux-arts, et des choses savoureuses sont écrites, ainsi page 17 : "une fois la sélection d'oeuvres terminée, l'équipe scientifique de l'exposition rédige le contenu didactique". C'est, hélas, vraie dans bien des cas, et c'est toute la différence entre l'exposition d'objets, dans laquelle ces derniers sont sélectionnés d'abord, avec un enrobage construit ensuite, et l'exposition de discours où les idées prévalent à la sélection des expôts. Mais ce type d'exposition n'est pas du tout abordé dans l'ouvrage. Ici, il suffit "souvent d'une simple feuille A4" pour définir les intentions du concepteur (p.13). Bref, nous connaissons certains muséographes qui vont tomber de leur chaise.
Enfin, pas un mot n'est dit de l'évaluation des expositions...
Il est malheureux que l'ouvrage ne se soit pas cantonné à l'exposition d'art et qu'il déploie une ambition généraliste. Les intentions étaient louables. Il sera toutefois utile pour entrer dans le sujet et servir de guide, à la manière de la célèbre collection de manuels, Expographie pour les nuls.

mercredi 27 juin 2012

Saint d'Esprit des lieux

Au Louvre, Marie-Laure Bernadac poursuit l'imbrication des histoires, s'ingéniant à croiser la création contemporaine et les oeuvres consacrées. Pour cette fois c'est surtout le cadre qui est investit, dans le département des objets d'arts, au coeur des appartements cossus que Wim Delvoye le grand provocateur officie. Le maitre de cérémonies, puisque nous sommes semble-t-il en Grandes loges, y tatoue ses cochons, entortille les christs et rejoue le baiser de Rodin à la façon anamorphose. Les ciboires et autres calices environnent les maquettes écorchées de cathédrales, sans que l'on sache si on est plus proche de l'architecture, de la prouesse d'un compagnon du tour de France où de la démence kitschounette de l'art brut. Et c'est justement cette indistinction qui est intéressante, troublante, amusante, envoutante. Les églises s'enroulent comme des guimauves, des clochers poussent au ciel, et des vitraux hantent le paysage. Beaucoup d'oeuvres présentées l'an passé à Bruxelles, et bien d'autres, sont ici rassemblées où produites pour l'occasion. Pour communier, il manque Cloaca, mais quand même, pour le Louvre, la coupe est pleine. Il faut la boire jusqu'à la lie. C'est un pur bonheur, puisque Delvoye raffole des paradoxes.

vendredi 22 juin 2012

Les Maitres du désordre

Savant alliage entre les thèmes attendus de l'ethnologie sur le sujet (la reconnaissance universelle du chaos à la genèse de toutes les mythologies, la mise en ordre en dessein d'harmonie par la maitrise sociale, les voyages initiatiques des dimensions mystiques, enfin les catharsis pour rythmer et dompter les énergies), le tout mis en musique avec des prolongements plus surprenants sur la fête et les manifestations contemporaines dans une dernière salle qui fait un clin d'oeil manifeste à la muséographie neuchâteloise, et puis l'approche du thème par des oeuvres artistiques les plus contemporaines. La manière de tisser les fils est remarquable, d'ouvrir la discipline ethnologique si habituellement repliée sur elle-même (ce qui n'est pas là son moindre paradoxe) - et Jean de Loisy comme commissaire n'y est sans doute pas pour rien.
Exposition impressionnante par son assise : il est vrai que le premier texte prend bien soin de nous signaler que : "L'architecture de Jakob+MacFarlane a été conçue à dessein pour accompagner l'évolution des sensations psychiques du visiteur pendant son parcours. Il ne s'agit pas d'une simple scénographie, mais d'un objet poétique qui participe à la signification générale de l'exposition" 
Ainsi, attention !, dans cette exposition, la scénographie a du sens ! (c'est sympa pour les autres !). Bref, elle participe du message et elle n'est pas innocente. Le muséologue croit rêver et être déjà en proie aux hallucinations ! Jusque-là nous avions cru, naïvement sans doute, que c'était ce qui caractérisait la scénographie par rapport à la décoration... Mais, respect, nous sommes devant de la poésie matérialisée.
Il est vrai que la scénographie est très présente, au point que ceux qui viennent pour voir de beaux objets en sont énervés à croire le livre d'or, mais pour ceux qui cherchent dans les expositions à mettre en mouvement leur sens et leur intellect, c'est assez réussi. A voir au musée du Quai Branly jusqu'au 29 juillet (pourquoi est-ce si court ?).

samedi 16 juin 2012

Le Voyage à Nantes : c'est parti !

Depuis hier, ouverture officielle d'un programme de festivités hors du commun sur le territoire de Nantes et de la région. Avec Estuaire numéro 3, mais aussi un parcours dans les lieux institutionnels ou plus cachés de la ville, la manifestation imaginée par Jean Blaise joue du transdisciplinaire évidemment, démocratise et rend accessible l'art contemporain comme un art de rue, mêle les réjouissances et donne à la culture un horizon de proximité - bel oxymore ! Ane Leccia sur le Canal Saint-Félix, Fabrice Hyber, mais aussi Yan Pei-Ming, et Maurizio Cattelan au muséum. L'artiste universellement nantais, Pierrick Sorin et ses théâtres optiques, Les anneaux sur la quai des Antilles de Buren et Bouchain, mais aussi Orlan, Morelet, et puis le carrousel marin enchanté de l'île de Nantes, féerie de Patrick Bouchain. Nous ne pouvons tout énumérer, le programme est ici ! A voir et revoir la suite de triangles à Saint Nazaire de Fabrice Varini et aussi le jardin du tiers paysage de Gilles Clément sur le toit de la base sous-marine, une belle idée à développer et voir évoluer dans le temps. Nous avons adoré en avant-goût le Serpent d'océan, de Huang Yong Ping à St Brévin les pins.

mercredi 13 juin 2012

Des expositions à écouter

Il se trouve deux expositions en ce moment à Paris qui sont suffisamment originales puisqu'elles s'écoutent  tout autant qu'elles se visitent ! Martine Thomas Bourgneuf a invité dans un bel article critique ce week-end dans le journal Libération à visiter l'une d'elle, à savoir l'exposition sur la radio présentée au Musée des arts et métiers présentement. Belle exposition où l'on peut écouter des heures d'émissions, comme autant de témoignages de l'histoire et des évolutions de la radio en France. A noter, la scénographie attractive, et des collections du musée de la maison de la radio qui viennent appuyer un propos qui est surtout porté par le son. Un studio d'enregistrement, des interviews et une réflexion sur les évolutions actuelles futures concluent l'exposition.
C'est un peu la même chose, le son est omniprésent, pour l'exposition présentée à la Galerie des bibliothèques de la ville de Paris où une exposition dédiée à Paris en chansons offre une amusante rétrospective sur la ville. Certes, l'exposition ne dispose pas des mêmes moyens et ne joue pas dans la même catégorie, mais la démarche est sympathique. Une belle ambiance enveloppe le lieu, les visiteurs ne réfrénant guère leur envie de chantonner et de deviner qui vocalise au gré de la sélection faite par les concepteurs. Le sujet est immense, et l'on saisit combien la ville lumière fascine. Il y manque le volet des chansons de révolte qui ont si souvent habité les pavés de la capitale, mais cela mériterait une exposition en soi. On peut rechercher les chansons se rapportant à tel ou tel quartier, et ainsi se laisser surprendre.

A visiter également les deux sites internet : Paris en chansons
et le site du musée des arts et métiers qui propose une petite évaluation pour aider à sa refonte.

mardi 12 juin 2012

Curiosité angevine

En passant par Angers, n'hésitez pas à faire un détour par Beaufort en vallée pour visiter le musée Joseph Denais. Le lieu relate une histoire de la muséologie, certes bien connue des spécialistes, mais finalement encore peu visible de nos jours. Ce musée de collectionneurs installé au début du siècle dernier dans un curieux bâtiment, agrémenté d'une extension dans une ancienne caisse d'épargne, au coeur d'un charmant petit village, a été rénové par les soins du Conseil Général et inauguré il y a peu. La rénovation a respecté l'esprit du lieu et rend compte du charme de ces accumulations, avec des collections certes classées par thématique, mais dont l'enchantement réside surtout dans l'imaginaire suscité par des rapprochements incongrus. La partie contemporaine du musée n'est toutefois pas la plus convaincante. Puisque ce musée interdit à ces visiteurs de faire des photographies (on se demande bien pourquoi), nous nous étions promis de ne pas en parler sur ce blog, à l'instar de ce que nous faisons habituellement, mais nous n'avons pu résisté tant son caractère est singulier. Dommage que nous ne puissions donner envie de le découvrir en mettant l'eau à la bouche par quelques visuels...

jeudi 7 juin 2012

Circuler !

Circuler, quand nos mouvements façonnent les villes, exposition conçue et scénographiée par l'architecte et ingénieur Jean-Marie Duthilleul à la  Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris. Il s'agit de porter le regard sur le mouvement pour comprendre l'architecture et l'urbanisme, ce qui est une belle idée. Le propos est un peu trop centré sur le bâti lié aux transports, gares, aéroports, parkings... ce qui est un peu dommage, davantage que sur les logiques d'ensemble, les approches urbanistiques, les réseaux et les flux. Grande exposition qui fait le point d'abord sur le plan historique, mais qui ne délaisse pas la réflexion contemporaine et les aspects prospectifs dans sa dernière partie. Les extraits de films en grand nombre (mais quel film ne pourrait pas intégrer un pareil sujet ?!), sont là pour montrer combien le thème est redondant. Certes un peu répétitive, avec ses alignements de documents, notamment de photographies classées par thèmes, l'exposition aborde néanmoins quelques beaux sujets et fait preuve de belles innovations. Le graphisme y est plaisant et inventif. A voir avant le 26 aout.

mercredi 23 mai 2012

Mary Pickford : l'invention du 7ème art

Exposition pour connaisseur ! L'exposition sur Mary Pickford au musée McCord à Montréal intéresse par son thème, retraçant l'invention du star système par une femme contemporaine et collègue associée de Charlie Chaplin. Cette femme de génie n'hésite pas à prendre des risques, à créer sa maison de production et à se lancer dans les affaires à une époque où ce monde n'est guère ouvert aux femmes. Elle participe de l'invention des industries cinématographiques. L'exposition est prenante, même si l'on regrette malgré tout que les extraits de films présentés soient bien courts, ils mettent en appétit puis laissent sur sa faim. L'exposition présente essentiellement des objets se rapportant à la vie et aux succès de cette femme qui rencontre la célébrité avant que de connaitre des déboires. Pour celui qui ne connait pas cette héroïne nord-américaine (elle est originaire de Toronto), l'introduction pour remettre dans le contexte de l'époque est un peu trop sommaire. Toutefois, on se laisse prendre à découvrir avec plaisir celle qui a alors connu un succès populaire. Une belle figure du septième art à l'heure où certain(e)s critiquent le festival de Cannes pour sa politique trop masculine, ignorant que le cinéma est aussi produit par des femmes et qu'elles n'y tiennent pas que des rôles de jolies actrices. Mary Pickford fait partie des pionnier(e)s, cette exposition lui rend justice.

dimanche 20 mai 2012

Moi mon colon, l'expo que je préfère...

La muséologie n'est pas une longue marche en avant, affinant et précisant ses logiques pour parvenir à la meilleure des expressions. Il est des progressions et des retours en arrière, des avancées et des propositions rétrogrades. Certes, il en faut pour tous les goûts aussi. Tous les visiteurs ne recherchent pas la même chose dans les expositions. Toutefois, est-il vraiment raisonnable d'inaugurer en 2012 un musée en s'enorgueillissant de disposer de 50 000 objets ? Est-il opportun de les aligner dans les vitrines pour attester de son importance ? Faut-il s'en tenir au discours convenu et attendu ? Quand le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux s'en tient à présenter ainsi des alignements dans une scénographie plus ou moins heureuse, on demeure perplexe en songeant que l'Historial de Péronne  a déjà vingt ans et que ce qui a constitué alors une révolution ne semble pas avoir animé beaucoup la réflexion en Seine et Marne. Le musée d'Ypres est en cours de réfection et l'on en attend beaucoup tant la version précédente jouait sur un autre registre, qui dans son style était très convainquant. La volonté de sensibilisation du public doit-il conduire un musée de la première guerre mondiale à proposer des jeux ? Ne devrait-on pas conserver une certaine solennité et faire réfléchir, émouvoir, plutôt que d'amuser et impressionner ? Si le début de l'exposition, la période précédant la guerre, est assez bien fait, c'est qu'il y a peu d'objets à montrer, mais ensuite cela s'aggrave ! Pour finir, on défile devant des rangées d'objets classés comme en de vastes réserves ! Bref, il n'y a pas là l'oeuvre d'un musée renouvelant les formes de la muséologie pour le XXIème siècle !

A ce sujet voir l'intéressante analyse de Nicolas Offenstadt par ici.

vendredi 18 mai 2012

Néon, Who’s afraid of red, yellow and blue ?

Que la lumière soit. La Maison rouge s'illumine ces temps ci de drôle de façon. Première exposition consacrée à l'art du néon ! Genre populaire un brin méprisé, révélé ici par les plus grands noms, avec un panorama du genre des années 40 à nos jours, avec de très belles propositions de François Morellet, Lusio Fontana ou Bruce Nauman. Art renouvelé avec Claude Levêque, Sylvie Fleury, Jason Rhoades aujourd'hui. Une exposition qui se donne sans complexité, qui se laisse apprécier sans demander beaucoup d'investissement intellectuel. Il est peut être dommage que l'exposition se cantonne à l'artistique et ne soit pas une entrée pour s'interroger sur les nouveaux visages de la ville, la manière dont le néon transforme la perception urbaine et en quoi l'art y joue un rôle. La confusion entre les espaces, celui du boulevard et de la salle d'exposition, dans lequel le néon tient une place de premier plan pour hypnotiser le passant et le mettre sous le charme de la fée électricité est peut être le meilleur signe de cette artialisation de la vie... Les oeuvres sont ici un peu isolées et apparaissent parfois étranges, dans ce cas plus que dans d'autres peut être, alors qu'il faut les imaginer prendre place dans un environnement plus propice.

mardi 15 mai 2012

Quai Branly : toujours et encore !

La traduction en français de l'ouvrage de Sally Price, Au musée des illusions : le rendez-vous manqué du quai Branly vient s'ajouter à une longue liste de publications. Rarement un musée aura fait couler autant d'encre en si peu de temps. Si l'on considère l'histoire du musée de l'Homme et les polémiques qui entachèrent la création de Branly, puis sa réception, la littérature est impressionnante. La vision d'une célèbre anthropologue américaine est évidemment un regard inestimable. Il est dommage que le livre soit parsemé d'erreurs, de mauvaises compréhensions de certains aspects nationaux ou de parti-pris parfois un peu caricaturaux, ceci amenuise la portée d'un ouvrage qui demeure, malgré tout, important pour retracer l'histoire du lieu. Contrairement à d'autres témoignages d'acteurs impliqués, l'appréciation de Price pourrait paraitre plus objective. L'auteure apporte des éléments à la réflexion et dresse un sévère réquisitoire contre l'approche archaïque d'un musée qui se rêvait comme l'ouverture innovante du XXIème siècle. C'est tout-à-fait justifié. Toutefois, il est étonnant de voir que l'ethnologue qui comprend fort bien les Dogon, les Tifalmin ou les Paramaka, semble avoir beaucoup de difficultés en revanche pour comprendre la conception française de la laïcité ! Comme si l'intrication de la religion et du politique rendait la société américaine plus proche des sociétés traditionnelles... De même, on aimerait que la critique portée envers la France et de sa difficulté à aborder la période coloniale trouve son équivalent, car si les amérindiens gèrent le musée à Washington, nous n'avons encore guère vu d'exemples d'autoflagellation américaine sur les génocides remontant au temps des conquêtes ou sur les crimes contre l'humanité perpétrés pendant la guerre du Vietnam... Il est peut-être plus facile de donner la parole aux communautés que de s'adonner à une autocritique. Si nous avons beaucoup de désaccords avec les thèses défendues par l'auteure, notamment sur la politique des restitutions ou sur la légitimité de parole accordée aux descendants d'une culture (qui entérine un essentialisme que l'auteure critique par ailleurs), en revanche les analyses sur les idéologies qui sous-tendent le musée du quai Branly sont des plus pertinentes à examiner. Une lecture qui demeure par conséquent stimulante. 
et à écouter

jeudi 10 mai 2012

Projections abstraites

Très belle oeuvre de Carsten Nicolai, Unidisplay, présentée en ce moment au musée d'art contemporain de Montréal dans le cadre de l'exposition sur les abstractions géométriques. Nous ne sommes guère amateur du genre habituellement, mais les abstractions sont ici proprement envoutantes, avec une captation du regard qui se promène de la science à l'art, de l'abstraction aux évocations des séries aléatoires et du cosmos aux matrices informatiques. Le mur écran avec ses deux miroirs de côté est d'une grande portée évocatrice. Cet art mathématique est plus convaincant que celui vu dernièrement à la Fondation Cartier à Paris. Le travail sur le son de cet artiste allemand est également très en phase avec cet hypnotysme généré par l'image en mouvement. Les séries toujours recommencées, toujours différentes, les séquences, les motifs géométriques, les ruptures, et puis ces fenêtres qui s'ouvrent sur mille possibilités et qui en choisit une pour nous emmener dans une expédition, avant que de revenir à l'écran de contrôle pour en sélectionner une autre. Une oeuvre que l'on pourrait regarder des heures durant, tant elle est éternellement recommencée. A voir jusqu'au 27 mai.

jeudi 3 mai 2012

Tim Burton

Qui prétendra que la culture n'intéresse pas ? Il est vrai qu'elle ne fait guère débat, et que ces élections ont démontré que les seules questions culturelles abordées par les candidats concernaient Internet et Hadopi. Pour le reste, le Syndeac a beau faire des lettres ouvertes, l'association des conservateurs des livres blancs, la revue Cassandre lancer des forums de débats et d'interpellations... tout cela demeure confiné, et les partis politiques s'en désintéressent visiblement. Le public est pourtant au rendez-vous, les jauges sont pleines dans les théâtres, les fréquentations augmentent dans les cinémas, les musées attirent toujours davantage. Certes, il y a des expositions blockbusters qui peuvent expliquer cela. Ainsi l'exposition Tim Burton à la Cinémathèque. Pourtant ce n'est vraiment pas l'espace adapté pour recevoir des foules, mais le succès est impressionnant. Le lieu a déjà dépassé les 100 000 visiteurs et va très certainement battre le précédent record des 140 000 visiteurs de l'exposition Kubrick en 2011. Comme dans cette dernière les reliques sont présentées et des admirateurs viennent se recueillir. Bon l'exposition est sans doute émouvante pour les fans, mais c'est ce qui entoure l'exposition qui demeure pourtant le plus original. Les projections, mais surtout l'appel à participation pour réaliser son film d'animation par exemple. Et même des quiz au restaurant le 51 ! On trouvera tout cela sur le site de la Cinémathèque.

lundi 30 avril 2012

Brûler les oeuvres avant de brûler les musées

On se souvient du titre de l'article de Jean Jamin en 1999 qui posait la question : "Faut-il brûler les musées d'ethnographie ?", il faisait écho aux provocations des surréalistes invitant à bruler les musées pour stimuler la création contre tous les conservatismes. Certains disaient même le Louvre, crime suprême ! Les musées avaient alors mauvaise presse chez les artistes. Les temps ont bien changé et ce n'est pas par désir révolutionnaire que l'on voit aujourd'hui un conservateur menacé de brûler les oeuvres, puis passer à l'acte. C'est par désespoir, frappé par la disette budgétaire. Le conservateur du musée d'art contemporain de Casoria près de Naples lance ainsi un cri d'alerte, relaté par bien des médias, dont le Monde. Avec l'autorisation et le soutien des artistes concernés, il commence à faire le vide. Il n'y aura ainsi plus besoin de crédits pour entretenir ce patrimoine. En Espagne, le conservateur du musée du Prado n'imagine heureusement pas de telles extrémités, mais reconnait également une baisse de 30% de ses subventions et il avertit également dans le Monde d'une situation qui va devenir dramatique et intenable pour bien des sites plus modestes. Quand est-ce que l'on change de modèle économique et que l'on invente autre chose ?

mercredi 25 avril 2012

Nouveau Palais de Tokyo

Nous attendions sa réouverture : il y a de quoi se perdre en effet dans ces nouveaux espaces immenses du Palais de Tokyo. Avec une double présentation, gratuite en partie pour les propositions de la Fondation Pierre Bergé et Yves Saint Laurent et payante pour la Triennale Intense Proximité, le Palais expose de multiples oeuvres de la création contemporaine. Comment s'y retrouver ? Comment lire et comprendre ? Aucun accompagnement des visiteurs, de vagues cartels scotchés sur les poutrelles en béton, et puis rien d'autre. Certes quelques médiatrices sont présentes pour répondre, mais à quoi ? On ne sait pas, car il faudrait pour que l'on entame le dialogue que les oeuvres donnent une quelconque envie de se poser des questions. La plupart sont jetées là et nous laissent complètement froids. Contrairement aux propositions de l'art contemporain tel qu'on l'aime, quand il est occasion de conduire et de susciter une réflexion sur un thème, on saute ici d'une chose à l'autre comme dans n'importe quelle biennale. Vaste supermarché de la création contemporaine. Il y a bien le thème de l'ethnologie qui se voit instrumentalisé et récupéré, parce que tout se recycle dans cette société de consommation fusse t-elle culturelle. Le lieu est curieux et toujours étonnant à surprendre dans ce XVIème arrondissement de Paris, toujours plus friche et plus mode, ou plus moche pour cette nouvelle version.

samedi 7 avril 2012

Joel-Peter Witkin

Exposition dérangeante, comme on les aime, à la BNF Richelieu, avec ces oeuvres photographiques de Joel-Peter Witkin dont nous avions eu le plaisir de découvrir le travail il y a longtemps déjà. Oeuvres morbides, glauques, improbables, mais qui font référence à bien des obsessions qui ont hanté les artistes depuis toujours. C'est l'intelligence des concepteurs que de mettre en parallèle les héritages du passé depuis Goya, Rops, Picasso et bien d'autres et les productions de cet artiste hors norme. Si les clichés évoquant l'univers forain sont malheureusement moins bien représentés dans cette exposition, et que les oeuvres les plus difficiles à regarder sont également moins présentes, il y a malgré tout un beau panorama de ses productions. Avec toujours des compositions très soignées. Là où l'esthétisation des cadavres chez Van Hagens semble déranger, il apparait peu de réactions offusquées contre Witkins : est-ce parce qu'il est moins connu ? Est-ce parce qu'il ne tourne pas avec des expositions pensées comme des superproductions ? Ame sensible s'abstenir...

lundi 2 avril 2012

Artemisia

Il est plaisant de découvrir de nouveaux artistes qui nous avaient échappé, de les redécouvrir. C'est d'autant plus plaisant quand il s'agit d'une femme artiste, pionnière de l'histoire de l'art. Une belle figure à enseigner pour que toutes les petites filles puissent disposer enfin de modèles d'identification ! Alors que l'on entendait dire il y a peu de temps encore que c'était une fatalité, et que nous n'avions malheureusement que peu d'artistes féminins dans l'histoire de l'art... Quand on cherche, on trouve ! Nous aimons Elisabeth Vigée Le Brun, mais Artemisia Gentileschi est également fort intéressante. Comme le Caravage, il aura fallu trop attendre pour la redécouvrir. C'est un véritable plaisir, non seulement parce que son histoire est touchante et exemplaire, mais aussi parce que sa peinture est souvent prenante. Curieuse époque où l'on prenait plaisir à se repaitre dans les représentation du meurtre et de la violence, mais est-ce si différent aujourd'hui ? !

Remarquons quand même la politique commerciale agressive du musée Maillol, allez jusqu'à proposer du parfum et des savonnettes au nom de l'artiste en boutique, quand même est-ce bien raisonnable ? ...

mardi 27 mars 2012

Exhibitions. L'Invention du sauvage

Prenez des tableaux, des têtes en cire, des artistes, des hommes politiques, des affiches de spectacle et des cartes postales des expositions universelles, et toute iconographie où figure une représentation de l'Autre, de celui que l'on nomme pour cette exposition présentée au Quai Branly, le sauvage : figures mythologiques de l'homme des bois, monstres et êtres difformes et surtout figures d'hommes et de femmes noirs... Tout est bon du moment que cela permet de créer un discours manichéen et très binaire, simpliste à l'excès, mais très politiquement correct pour dénoncer le méchant Occident qui a construit l'Autre. Le problème c'est qu'à force de pointer toujours dans le même sens cela devient suspect, car la thèse ne tient pas très bien. S'il y a mise en représentation des noirs, des indiens ou des papous, c'est que tout est mis en représentation, y compris les bretons, les alsaciens, mais aussi les bourgeois dans les comédies musicales... C'est le paradigme du XIXème siècle que de mettre en représentation et c'est là l'origine de la société du spectacle. N'extraire qu'une facette où ne figure que des noirs est problématique. Mélanger les noirs et les monstres dans l'exposition est tout aussi douteux que dans la réalité de l'époque. Sans évoquer non plus le voyeurisme que l'on suscite chez le visiteur lui-même et que quelques miroirs ne suffissent pas à questionner. De même, ne peut-on pas accuser cette exposition de déployer une conception raciste (malgré la présence de la Fondation Thuram) ? Car que signifie de montrer des rois et des ambassadeurs à la cour du roi ? Les gens de pouvoir n'attirent-ils pas toujours la curiosité ? Où commence l'exotisme de l'Autre ? La reine d'Angleterre déplace également les foules ! Pourquoi montrer par exemple ces gravures d'ambassadeurs de Louis Surugue de Surgis si ce n'est que ce sont des hommes venus d'Afrique ou d'Asie ? Le racisme ne commence t-il pas ainsi ? Il serait possible de faire bien d'autres remarques. Est-ce honnête de mélanger sans avertir réellement le public les représentations de ceux qui étaient déplacés et forcés de s'exposer dans les expositions universelles, de ceux qui l'étaient pas leur propre pays, de ceux qui étaient rémunérés pour cela et qui bénéficiaient de contrat de travail ? Les artistes qui viennent danser alors, comme du Royaume du Siam, sont-ils parfois si différents de ceux qui viennent aujourd'hui à la Maison des cultures du monde ou sur la scène du Quai Branly ? Pourquoi ne pas s'attarder sur la revue nègre quand Joséphine Becker finançait ainsi les expéditions de la mission Dakar Djibouti, source de certaines collections du musée ? Comment le musée du QB lui-même présente t-il les autres cultures en les traitant comme des isolats dans ses expositions permanentes ? Plutôt que de clamer pour finir la disparition des zoos humains, ne serait-il pas intéressant de faire réfléchir le visiteur sur certaine forme de tourisme international, quand des hordes d'Occidentaux vont photographier par exemple les tribus du nord de la Thaïlande ? Une exposition certes très belle, mais dont le contenu est fort discutable... Heureusement, il reste un très beau catalogue qui témoigne de recherches conséquentes.

vendredi 23 mars 2012

Roulez Carrosses !

Ils sont arrivés enfin à Arras les fameux carrosses tant espérés de Versailles, ils ont pris place au coeur de l'abbaye Saint Vaast, entourés de tableaux les mettant en scène, selon leurs usages, à la chasse, à la guerre, par les rues et les champs. De forts beaux tableaux historiques, même si nous préférons malgré tout celui de Natier ! Du carrosse de Louis XV au premier véhicule de la République. En relatant l'évolution technique de ce moyen de transport, l'exposition convie à la découverte d'un pan de l'histoire de France, et braque le projecteur sur de beaux objets, demeurés longtemps dans l'ombre et l'oubli, donnant ainsi l'occasion de les restaurer. Les explications sont essentiellement historiques. Il est vrai qu'il n'est guère besoin de s'attarder longuemment sur le statut social qu'ils représentent, la symbolique du pouvoir qu'ils charrient quand on constate leur richesse et leur somptuosité. On ne viendra pas dans l'exposition non plus pour comprendre comment on les utilisait, la vie de ceux qui en usaient, la dextérité des conducteurs, encore moins les conditions de vie des palefreniers. Pour ça, mieux vaut aller voir L'Adieu à la Reine ! Rien non plus sur ce que cela impose de contraignant ou de souffrance éventuelle aux chevaux ! Non le visiteur viendra pour admirer de magnifiques objets, s'intéresser à l'histoire de France, tout ébloui des ors de la monarchie ! Les révolutionnaires avaient raison, il était prudent de dépecer le carrosse du sacre de Louis XVI ! La force de beaux objets peut être ferments contre-révolutionnaire.

Belle scénographie très posée de Frédéric Beauclair. Regrettons seulement que celui qui fait oeuvre de scénographie soit appelé muséographe (ici, comme au Louvre-Lens...). A croire que les plus grandes institutions n'ont pas encore compris la différence qu'il conviendrait pourtant de faire pour s'y retrouver quelque-peu entre ceux qui travaillent aux contenus et ceux qui les mettent en forme et en espace... Bref, sujet d'éternels énervements en lisant les génériques d'exposition...
Signalons enfin le travail remarquable d'actions culturelles conduit localement par les chargés de mission pour donner à l'exposition toute son envergure et sa place dans la cité.

vidéo sur l'expo : http://dai.ly/GQRdW1

samedi 17 mars 2012

L'oeuvre et ses archives

Exposition aux allures hermétiques, mais qui recèle plusieurs niveaux d'intérêts sur la plan muséologique, avec L'Oeuvre et ses archives, le CAPC présente trois oeuvres de sa collection permanente de Daniel Buren, Mario Merz et Claude Rutault. A priori, ce sont moins les oeuvres en soi de ces trois artistes qui retiennent l'attention que la réflexion à laquelle elles engagent sur leur condition de présentation et de conservation par l'institution. En effet, ces oeuvres ont été présenté dans des contextes et avec des modalités différentes selon les expositions, dès lors que faut-il adopter à l'avenir comme références ? D'une autre manière, que faut-il patrimonialiser et conserver comme étalon ? L'artiste peut faire évoluer ses oeuvres, les retoucher, revenir et les transformer, mais l'institution qui les acquiert, qui les conserve et qui les remet en scène dans de nouvelles expositions doit adopter quel parti-pris ? Au travers de documents d'archives, le CAPC invite ainsi le visiteur à s'interroger non seulement sur les processus de création, mais aussi sur les problématiques muséologiques que l'on peut appréhender du point du vue du conservateur.

lundi 12 mars 2012

Aller Retour vers le futur

Le message n'est pas toujours des plus limpides et l'on ne sait pas toujours si le futur a une belle gueule, mais les oeuvres présentées nous invitent à l'étrangeté. Cascade inversée de Heewon Lee, Micro-ferme et jardins hors sols de Damien Chivialle, ou animaux peu câlins pour Pleix, collectif de 7 artistes, dans Hybrid, puisque ces gentils animaux deviennent féroces dès que l'on veut en approcher, toutes ces propositions pourraient nous faire croire qu'il s'agit de mettre en scène nos rapports à la nature. Cette exposition à la Gaieté Lyrique est davantage préoccupée par une exploration temporelle.

L'espace est agréable, dédié aux arts numériques, il permet de faire revivre un lieu longtemps laissé à l'abandon. On devra tester le dispositif audioguidé qui invite à revisiter l'histoire de cette salle de spectacle, de l'abri pour éléphants au rez de chaussé, jusqu'au foyer et aux musiques de la folle vie parisienne à l'étage. Des courts témoignages et des extraits d'entretiens sont proposés selon les lieux à partir des flash codes, que l'on peut même alimenter grâce à un dispositif contributif. La technique d'interprétation des lieux de KOM.POST & ORBE est en test, elle va gagner très certainement de nombreux endroits dans un proche avenir.