C’est assez fatiguant tous ces musées d’ethnologie qui exaltent le temps passé. Comme si celui-ci était regrettable. Ces expositions entendent nous faire venir la larme à l’oeil. Bien sûr ils s’en défendent et prétendent oeuvrer pour la science et la mémoire. Mais qui osera faire un jour des expositions pour rappeler toutes les souffrances infligées, tous les rituels ridicules, toutes les injustices et les inégalités qu’endurèrent spécialement les femmes, les enfants ou encore les bêtes au nom des fameuses traditions ? Qui rappellera l’absolue bêtise proférée par monsieur le curé, l’aveugle croyance et les effets négatifs de toutes les superstitions ? Qui montrera l’affranchissement et l’émancipation que représentèrent l’éducation et la modernité ? L’abandon de tous ces outils, exposés avec gourmandises dans les présentations, fût souvent une formidable conquête de la liberté. Voilà les musées d’ethnologie qu’il nous faut, et qu’on arrête de nous montrer des collections empreintes de tout un discours nostalgique envers un temps qui n’est plus. Ce sont ces remarques qui me vinrent en visitant le musée du paysan roumain, temple d’une mémoire célébrant le temps passé. On y adore la beauté de la croix ! (voir cette photo d'un cartel...). L’identité nationale s’est forgée ici, à Bucarest, par ce musée fortement idéologique et dévolue à affermir le sentiment collectif. Le parti paysan y puisa sans doute ses forces et puis le parti communiste en fit son instrument de propagande. Il a connu depuis cent ans des phases passionnantes d’instrumentalisation comme beaucoup de semblables musées d’ethnologie. Il doit être rénové, ce serait merveilleux s’il pouvait enfin mettre en oeuvre une approche iconoclaste.
dimanche 14 mars 2010
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