Etrange phénomène, cette nouvelle exposition, Pergola, tout comme la précédente peut se dérouler dans une profonde indifférence qui nous appelle une fois encore à sa rencontre. On se presse au Palais de Tokyo pour rien, juste parce qu’il n’y a rien qui le justifie. Parce que plus rien nous interpelle, et que c’est justement cela le non-événement. Nous avons connu une période où l'événementiel régnait en maître, voici venu le temps où c’est l’absence de toute chose qui nous convoque. Les plus anciens se souviendront que Malraux désignait la culture comme ce qui nous permettait de puiser des éléments de signification alors que l’on se regardait dans la glace et que l’on y contemplait son visage de mort. C’était valable pour la culture classique. Ensuite fût le temps où le reflet lui-même nous interrogeait, la mort nous passait à la question et l’on trouvait dans ce supplice de délicieuses promesses de no futur. Voici le temps où plus rien ne se passe, la glace est vide, notre reflet muet, nous n’avons plus de question et aucune réponse ne retient de toute façon notre attention. Tout cela ne nous divertit même pas, c’est juste Rien. Règne le calme des zombis que nous incarnons, en visiteurs satisfaits de constater une nouvelle fois l’inanité de toute ce déballage. Marc-Olivier Wehler a réussi le tour de force de conduire le Palais de Tokyo a son extrême limite de non lieu où l’art présente l’intérêt d’incarner le total désintérêt. On y vient quand même, parce qu’il faut bien être quelque-part.
jeudi 4 mars 2010
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