On le sait la France a eu l’ingénieuse idée par son président d’inviter à un ministère de l’identité nationale, ce dernier ne s’est pas arrêté à ce douteux commandement, puisqu’il a promis également un musée de l’histoire de France. Le rapprochement des deux initiatives fait frémir quand on sait combien l’histoire a souvent été mise au service des idéologies nationalistes. Que peut-il sortir d’un musée de l’histoire de France dans un tel contexte ? C’est ce qui pose problème, au delà de la question du pourtour de la chose, des collections mobilisées et des scientifiques qui peuvent s’investir dans un tel projet. La Roumanie peut à cet égard nous faire réfléchir, Bucarest dispose non seulement d’un musée du paysan roumain, qui a servit à défendre les conceptions nationalistes des tenants successifs au pouvoir, mais aussi d’un musée d’histoire roumaine qui présente des données archéologiques en toute évidence, sans mentionner que la nation roumaine et plus encore l’Etat sont des créations récentes. Comment présenter des vestiges gréco-romain dans un tel lieu ? Plus encore le musée national d’art, n’est pas seulement national, il est déclaré Musée national d’art de Roumanie, ce qui est largement faux car il détient aussi des collections fort heureusement non roumaines. Mais cette obsession à bâtir le national va se loger dans toutes les occasions. On reconnaît une puissance à son détachement à l’affirmer.
samedi 17 avril 2010
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