Ambiance intime pour exhibitionnisme assuré, l’exposition Sophie Calle à la BNF est d’une scénographie aussi fine qu’originale, et rien que pour le travail de Daniel Buren, mérite le détour. Le fait que l’artiste fasse œuvre de sa vie n’est pas pour surprendre les connaisseurs, l’idée est convaincante, audacieuse et bien menée.
Au cœur de l’interprétation, il s’agit de faire s’approprier par 107 femmes une lettre de rupture reçue par Sophie Calle, comme pour mieux la digérer collectivement. Chacune y va de sa compétence et de son registre. On découvre ici une chanteuse lyrique, là une anthropologue, ailleurs une romancière, et même une femme clown. Découvrir comment chacune va mettre en scène la lettre est amusant et aborde des registres censés dévoiler des points restés obscurs de l’écriture, mais aussi de son locuteur. La part de jeu et d’autodérision est sympathique, car l’humour est au rendez-vous. Pour cette raison, l’approche parfois sérieuse et grandiloquente de certaines interprétations est pour le moins déplaisante. Certaines interprètes n’hésitent pas à frôler le ridicule en corrigeant les fautes d’orthographe de la lettre, en donnant des leçons de savoir vivre où en conduisant une critique féministe au raz des pâquerettes qui confinent au croquignolesque. Évidemment l’artiste n’y est pour rien, même si le nombrilisme est ici redoublé quand l’interprète entend se mettre en avant au travers de sa lecture malgré la signature ultime d’une œuvre de Sophie Calle. Bref, il s’agit d’œuvres enchâssées, ou plus exactement d’un narcissisme au carré. Un exercice de style curieux et assez intéressant à explorer. Le public semble comblé. Et la salle Labrouste du site Richelieu, lieu magnifique, est découvert autrement, même si l’impertinence de convertir une salle de lecture en lieu de consultation d’écrans déplaira sans doute à certain.
jeudi 29 mai 2008
« Prenez soin de vous » : la Biennale de Venise au 58 rue Richelieu
lundi 26 mai 2008
L'Argent et la culture scientifique

Pour son 26ème Congrès l’AMCSTI, Association des musées et centres pour le développement de la culture scientifique technique et industrielle, avait choisi de se pencher sur L’Argent et la culture scientifique et technique. Organisé par le CCSTI de Corté, ce qui a permis de dévoiler les atouts de la Corse en la matière, les journées ont alterné, après la conférence d’ouverture de Françoise Benhamou, entre témoignages d’expériences et ateliers thématiques. Après un premier atelier auquel nous participions avec Claude Fourteau et Juliette Raoul-Duval sur la question de la gratuité des musées, animé par Bernard Favre, la question de l’évaluation, mais aussi de la formation aux nouveaux métiers ont ensuite été traité.
Pour plus d’informations sur le programme : AMCSTI.
mercredi 21 mai 2008
Du South Kensington Museum au Victoria et Albert Museum
Le choix de la galerie du temps du musée londonien est certes sujet à controverse, mais on ne peut nier son originalité. Des espaces spécifiques sont dédiés dans chaque partie à des approches pédagogiques et ludiques pour les enfants, les œuvres sont mises en contexte, et des audiovisuels complètent les discours écrits. Des petites manips modestes, mais efficaces font comprendre le propos. Sans conteste, une référence intéressante à voir et revoir.
mardi 20 mai 2008
C’est beau une usine qui dort
Étonnante exposition présentée par le Palais de Tokyo, intitulée Cellar door. Loris Gréaud y propose une installation peu banale. Rythmée, l’exposition dort et se réveille, par intermittence se met en mouvement comme une formidable entreprise de déconcertation de son visiteur.
Visite d’entreprise artistique en somme, le propos est d’exposer l’invisible, l’immatériel et le potentiel qui demeurera à jamais virtuel. Certains éléments sont totalement hypothétiques, ne fonctionnant par exemple que si aucun mouvement ne se produit dans l’espace, c’est-à-dire en l’absence de visiteur. Gageure dans un lieu d’exposition, cela produit quelques stimulations entre visiteurs pour ruser et s’encourager à demeurer immobile, Film pour le vide demeurera pourtant énigmatique car il y a peu de chance qu’aucune perturbation ne survienne avant que le projecteur ne rentre en action.
Plusieurs propositions confinent au canular, ainsi cette forêt en poudre à canon prête à exploser en cas de visiteur indélicat, ou encore ces tubes fluorescents dont le gaz lumineux est remplacé par du propane, danger potentiel en cas de connexion électrique. Frissons garantis pour visiteurs du XVIème arrondissement, alors que d’autres préféreront les jeux de paint-ball pour transformer toute matière en art. Mais il est vrai que cela fait longtemps que l’art contemporain nous a habitué à transformer la merde en or, et réciproquement, disons que cette belle proposition a le mérite de l’originalité pour créer des interactions et de l’art irréel. Une curiosité à voir.
lundi 5 mai 2008
En formation dans les musées...
Ils sont partis en stage de muséologie patrimoine…
Les étudiants de la promotion de Master 2 de muséologie et gestion valorisation du patrimoine sont partis en stage
Hélène est en stage à l’agence Abaque à Paris, elle travaillera plus particulièrement sur le projet de l’intégration multimédia au musée de Tarbes.
Marie-Hélène est en stage à l’association Fées d’hiver à Crévoux et travaille sur les sentiers d’art contemporain en milieu naturel.
Mélanie est en stage à la DRAC Bourgogne, service patrimoine, elle réalise un diagnostic sur l’éducation au patrimoine en Bourgogne.
Audrey est en stage à l’Espace de l’Art concret à Mouans Sartoux, elle travaille sur les outils de médiation.
Nolwen, étudiante en formation continue, collabore à la réalisation de parcours de visite à développer dans le futur muséoparc d’Alésia.
Cécile est en stage à l’espace patrimoine de la mairie de Talant, où elle participe à un projet d’exposition sur le patrimoine disparu de la commune.
Yuyu est en stage à l’agence Eurologique à Paris, elle travaillera plus particulièrement sur le projet du musée Soulages à Rodez.
Lucie est en stage au service de valorisation du patrimoine au département de Côte d’or où elle concevra une mallette pédagogique à destination des scolaires.
Fabien est en stage au muséum de Neuchâtel, il collabore à la préparation de la future exposition.
Julien, étudiant en formation continue, est régisseur au FRAC bourgogne, il travaille sur les problématiques de présentation et conservation de l’art contextuel.
Mélanie est en stage au Centre d’études médiévales d’Auxerre pour rédiger une étude de faisabilité d’une matériauthèque pour le patrimoine.
Gaétan est en stage la cinémathèque eurorégionale Jean Vigo de Perpignan.
Anne est en stage au Mémorial de la Shoah à Paris, elle collaborera à la future exposition et réfléchit à la question spécifique de l’accueil des enfants.
Aurélie, étudiante ERASMUS, venant de l'Université de Liège sera en stage au MUCEM à Marseille.
mardi 29 avril 2008
Le Pavillon Du Bonheur provisoire - Bruxelles
Étonnante exposition, étonnante architecture surtout ! Comment mieux représenter avec ironie les grandes manifestations populaires, surtout lorsqu’elles se déroulent en Belgique, qu’avec un empilement de caisses de bière ? C’est ce qu’a osé l’équipe qui a relevé le défi de faire une exposition commémorative de l’exposition universelle de Bruxelles de 1958. Il faut voir cela, c’est époustouflant, pas moins de 33000 caisses auront été nécessaire pour ce lego géant.
Au pied du célèbre et imposant Atomium, le bâtiment qui a lui seul mérite la visite, dont la simplicité n’égale que l’ingéniosité, abrite une petite exposition sur les expositions universelles. Le propos est simple et clair, efficace. Les témoignages sonores notamment, le système de double projection des bandes d’actualités de l’époque et du même film commenté par un analyste actuel, tout cela est original et efficace.
Dommage que, malgré un prix d’entrée non négligeable pour le grand public, et malgré le peu de dispositif présent, la moitié de ceux-ci ne fonctionne pas après 15 jours d’ouverture... C’est le revers de la médaille d’une opération montée trop rapidement. De même, le propos de la salle de projection cède trop facilement à son dispositif. Au-delà du sensationnel - une projection dans un cube à 5 faces, cela fait toujours son effet -, le contenu consiste en une succession d’images et de quelques propos inaudibles. Tout cela n’est pas fait pour apprendre grand chose, simplement pour confirmer quelques représentations déjà largement diffusées ailleurs (et même dans l’exposition elle-même, puisqu’on peut revoir des images déjà vues sur les bornes audiovisuelles de la salle précédente). Bref, encore une fois, on peut regretter que l’absence de recherches initiales approfondies laisse place à l’unique impression visuelle. Mais il est vrai que nous sommes dans l’esprit des expositions universelles : avant tout du tape à l’œil.
À voir jusqu’au 19 octobre.
Pour en savoir plus : http://www.atomium.be
lundi 28 avril 2008
L’évènement au musée

Le 11 avril dernier, le Louvre organisait son colloque annuel PARTAGES à l’auditorium, avec pour thématique : L’évènement au musée. Il ne s’agissait pas de traiter de la question de l’exposition temporaire, mais plutôt de l’intégration des formes du spectacle vivant dans les lieux de patrimoine, et plus particulièrement les musées.
Après l’introduction de François Vaysse, nous avons eu le plaisir d’animer la table ronde du matin. Celle-ci a réuni Anne Dufourmantelle, dont l’approche introductive sur la notion d’événement fût passionnante et Anne Krebs dont la communication aboutie à une synthèse brillante des implications et des effets recherchés. Entre ces deux communications, Bernadette Dufrêne, Nicolas Frize, Frédérique Lesueur, Cyrille Gouyette, Belem Barbosa proposèrent à leur manière des points de vue complémentaires sur la question.
L’approche s’est poursuivie avec intérêt par la table ronde de l’après-midi, conduite par Marie-Christine Bordeaux qui recevait Emmanuel Wallon, Olivier Winchester, Tino Seghal, Jean Blaise, Dominique Cominotto et Roland Schön. En alternant les communications de praticiens, d’analystes, d’artistes et d’animateurs de structures culturelles la journée a su trouver un rythme et une progression. Les ponctuations et intermèdes poétiques de Frida Morrone et de la Compagnie Les Sans Cou donnèrent des respirations aux réflexions.
Les communications seront prochainement mis en ligne sur le site du Louvre : voir ici.
dimanche 20 avril 2008
Musée Sir John Soane
Tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des musées trouveront le musée de Sir John Soane de Londres merveilleux. Maison de collectionneur qui a transformé son domicile en musée, visité dès 1833, le lieu est à la fois maison d’hommes illustres, cabinet de curiosité, premier musée public et phénomène en soi.
En faisant don à la Couronne de son bien, le fondateur ordonna de tout préserver en l’état, ainsi pour son plus grand bonheur, le passionné de musée peut faire une excursion dans le XVIIIème siècle.
Sir John Soane, architecte célèbre se passionnait pour les antiques, mais aussi pour les œuvres d’art et les objets curieux. Ainsi, des tableaux des plus célèbres y figurent, notamment de William Hogarth, mais ce sont surtout les dispositifs inventés pour les présentations dans des espaces exigus qui, parce que muséographiquement ingénieux, sont fascinants. Des surprises attendent ainsi le visiteur. Jeux de volumes architecturaux, jeux de miroirs, jeux des présentations et des accumulations, le musée est riche par ses collections, mais surtout par ses dispositifs. Ajoutons que le visiteur y est reçu avec tact. Le lieu est des plus charmants, et comme le musée Arlaten participe d’une histoire essentielle pour la muséologie.
mercredi 9 avril 2008
Vers une redéfinition du musée ?

Vers une redéfinition du musée ?, sous la direction de François Mairesse et André Desvallées, L’Harmattan, 2007.
Le concept de musée est évolutif. Malgré les apparences, et bien que l’institution affiche un principe de permanence et de stabilité, en réalité ses objectifs et ses missions sont relatifs à la période historique dans laquelle il se développe. C’est également parce qu’il est pluriel, et qu’il ne se résume pas au seul musée de beaux-arts, qu’il est parfois complexe de le délimiter. Depuis trente ans, l’ICOM, organisme consultatif de l’UNESCO pour les musées, a par exemple reconnu les zoos et les aquariums comme relevant de sa compétence. Plus récemment, le patrimoine immatériel à fait son apparition et conduit à transformer les conceptions.
Déjà, dans les années 70, la question de la participation et de la mission sociale du musée avait conduit à le penser comme un outil au service du développement des communautés davantage que comme une institution de préservation, de conservation et de recherche. Bien sûr, selon les pays, les sensibilités et les volontés, sa définition varie.
Facteur de mise en relation sociale ou lieu de préservation d’une mémoire, de savoir-faire ou encore de capitalisation de trésors, la façon de le penser à des incidences concrètes sur sa gestion et sur les actions qui y sont conduites, sur la façon de les mettre en œuvre, ainsi que sur les publics auxquels on prétend s’adresser. La mission didactique a longtemps prévalu, il semble qu’elle soit souvent dénoncée à présent. De même la délectation et la contemplation sont reléguées au profit de l’expérience du visiteur, de la découverte et des divertissements que celui-ci y trouve.
Dans cet ouvrage, différents muséologues mettent en perspective leur conception du musée, sous la houlette d’André Desvallées et de François Mairesse. Ils écrivent depuis des pays différents, de l’Asie à l’Amérique du Sud, du Canada aux Pays de l’Est. Pour cela, le volume fait sentir les divergences culturelles et les hésitations de la langue qui ne donnent pas toujours exactement les mêmes nuances à un concept.
Les contributions érudites d’André Desvallées sont précieuses. Le texte de François Mairesse pour servir d’entrée au terme de musée dans un thésaurus en chantier est passionnant, mais c’est le papier d’André Gob, introduction très drôle et très fine au débat, qui ravit le lecteur. Son dialogue socratique sait refléter les débats contemporains et les appréciations des uns et des autres. Rien que pour ce texte, le volume mérite le détour.
dimanche 6 avril 2008
Visite de musées suisses
Dernier et ultime voyage d’étude avec la promotion des étudiants en muséologie et patrimoine du Master 2 pour l’année 2007-2008.
Marc-Olivier Gonseth, directeur du MEN, musée d'Ethnographie de Neuchâtel, nous recevait pour visiter l’exposition actuelle : Retour d’Angola.
Puis nous avons visité l’exposition du muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel et sa toute dernière exposition Le Propre du singe, le musée et site archéologique du Laténium, et l’exposition actuelle Par Toutatis, la religion des Celtes, puis l’Alimentarium de Vevey et son exposition temporaire De la cuisine à l’usine.
Deux journées bien remplies avec des visites de sites, qui dans leur extrême différence, sont tous remarquables du point de vue muséographique.
samedi 22 mars 2008
‘Europe toute’ à Bruxelles : deux expositions pour nous faire aimer l’Europe.
« Qui trop embrasse mal étreint », dit le proverbe. C’est en somme la critique que l’on pourrait adresser à l’exposition C’est notre histoire, qui se tient jusqu’au 12 mai 2008 à Tour et Taxis à Bruxelles.
Car si l’intention est bonne, si l’entrée de l’exposition s’avère particulièrement réussie avec des installations efficaces, et que de bonnes idées la structurent, - notamment avec les 27 histoires de vie pour inviter à découvrir par approches subjectives, 27 personnes qui nous font part de leur appréciation de l’Europe tout au long de la visite -, il n’empêche que sur bien des points cette exposition laisse songeur. Idéologiquement, des assertions sont problématiques, notamment quand la vision de l’Europe fait la part belle à une vision assez libérale, comme si une autre Europe n’était pas envisageable, comme si le triomphe de l’Europe actuelle était le nec plus ultra.
Surtout, l’exposition est étouffante par son trop plein. À force de passer en revue tous les sujets, dans une approche politiquement correcte et convenue, plus prégnante au fur et à mesure de la progression de la visite, l’exposition fait perdre la tête au visiteur soudain pressé d’en finir ! La scénographie spectaculaire est au demeurant parfois assez gratuite.
Au final, c’est le pendant d’une autre exposition visible également cet hiver dans la capitale européenne Le Grand Atelier, dont le propos centré sur les influences et les courants artistiques vise à nous démontrer également comment l’Europe s’est construite par la circulation des œuvres et des artistes. On n’assimile pas là l’Europe à sa construction institutionnelle et il s’agit de décrypter le jeu des influences quelques siècles en amont. Le commissaire Roland Recht a ainsi voulu dessiner des lignes de force.
Bien qu’alignant 350 chefs d’œuvres incontestables venus de 27 pays européens, l’exposition s’avère, au final, également assez ennuyeuse, le propos n’apparaissant pas des plus aboutis. Si la scénographie est annoncée d’une grande originalité avec son système en chambres, la réalité de la visite laisse place à un parcours assez banal et sans grande surprise. Certes, les œuvres sont superbes, mais cela suffit-il ? Dans une exposition temporaire, le plaisir de la contemplation des œuvres doit-il occulter toute pensée novatrice ?
Les sites:
C'est notre histoire
Le Grand Atelier, Chemins de l’art du Vème au XVIIIème siècle
jeudi 20 mars 2008
Internet et le nouveau musée

Internet change ! Le nouveau Web offre des possibilités démultipliées qui n’épargnent pas les institutions. Si jusque-là les sites de musées étaient surtout conçues comme des livres proposant des contenus, apparaissent de nouvelles fonctionnalités plus interactives. Ainsi des groupes de discussion, des forums d’échanges, des plateformes ou des blogs permettant d’animer des débats…
Proposés par certains musées pour amener les visiteurs à prolonger leur visite, à engager le dialogue, ces outils visent à maintenir un lien avec l’institution. D’autres vont plus loin et inventent même des expositions conçues collectivement via le Web.
Nouvelle forme du participatif muséal ?
Sans doute des choses sont à explorer en ce domaine, et nous sommes certainement aux prémices d’une nouvelle aventure muséologique.
Plus modestement, mais s’inscrivant dans cette modernité, le musée d’Agen maintient le contact avec ses visiteurs potentiels durant son déménagement et invite à le rejoindre sur
http://agen.musee.over-blog.com/20-index.html
jeudi 13 mars 2008
Musée et Guerre, quels rapports ?

Étonnant livre que celui d’André Gob sur les relations des musées aux périodes de guerre. D’une grande érudition, il s’agit moins d’un livre d’histoire, comme en prévient du reste l’auteur dans sa préface - même si l’histoire en forme la matière première -, que d’un livre de muséologie. Car avec aisance, André Gob passe d’une période à l’autre, de la Révolution à Bagdad, des campagnes napoléoniennes aux restitutions récentes, de la période hitlérienne au massacre des Bouddhas de Banyan. Cette absence de progression chronologique n’en fait pas pour autant un mélange hétéroclite, mais une promenade intellectuelle pour mieux comprendre le sens du musée, ses missions et ses comportements, même quand ils sont répréhensibles ou pervers. Il faut par conséquent saluer cet exercice courageux, qui fera grincer très certainement quelques dents, car l’auteur n’hésite pas à dire ce qu’il pense, même si cela dérange. Il s’en prend notamment aux comportements qui oubliant l’intérêt public privilégient la collectionnite. Le pillage, la saisie, la spoliation, le butin… autant de concepts que ce livre contribue à définir. Le dernier chapitre est une remarquable démonstration à laquelle parvient l’ouvrage en rassemblant les éléments présentés au cours du livre. Certes, on pourrait discuter certains aspects, et prétendre par exemple que le butin de guerre est malgré tout un moindre mal, car il y a au moins reconnaissance de la notion de trésor, alors que le pire pour le musée est sans doute la destruction pure et simple par des actes que l’on n’hésiterait pas, pour notre part, à identifier à la barbarie (s’il est encore possible d’utiliser ce terme de nos jours…). Les récents événements en Irak ou en Afghanistan en donnant des exemples malheureux. Mais l’auteur mentionne aussi avec justesse la responsabilité américaine dans les saccages.
Plus généralement, les récits qui sont faits dans l’ouvrage tiennent le lecteur en haleine, car ce sont à chaque fois des formidables aventures, celle des œuvres, des hommes, des musées... Ajoutons que des transitions sont ménagées à chaque chapitre, avec des éclairages de quelques pages, sur des études de cas, contributions d’une dizaine de spécialistes européens sur chaque domaine.
mardi 11 mars 2008
Regards croisés sur une étude de cas

Afin d’illustrer l’élaboration d’un Projet Culturel et scientifique dans un établissement, Mathieu Pinette a pris lors de son intervention auprès des étudiants de muséologie l’exemple du travail qu’il conduit actuellement pour le site de l’écomusée du Creusot – Montceau-les-Mines.
Hugues de Varine, membre de l’équipe d’origine, a parlé du site d’un autre point de vue dans le cadre de ses cours. Françoise Fortunet, présidente de l’association de l’écomusée, Serge Chaumier, membre du conseil des experts ont apporté des compléments.
Puis nous sommes allés sur le terrain où les étudiants ont pu rencontrer les professionnels du site et mieux comprendre la complexité de l’histoire du lieu et se faire une opinion par eux-mêmes au travers de visites et de rencontres. Une prochaine visite nous conduira à la découverte des antennes.
lundi 10 mars 2008
Fissure à la Tate Modern
La photographie joue ici un rôle central dans l’appropriation et sert à l’appréhension de l'œuvre dans l’espace. Chacun recherche le meilleur cadrage, la façon de rendre compte de cette stupéfiante installation. Le public joue avec cette béance, s’étonne, s’inquiète même, les enfants enjambent et comptent les pas, les plus inquiets s’alarment de ce que ce bâtiment à peine inauguré soit en proie à de telles perturbations géologiques ! Ceci donne matière à échanges entre visiteurs et à l’expression évidente d’un ravissement général.
De l’art qui bouscule, le bâtiment et le reste…
http://www.tate.org.uk/modern/exhibitions/dorissalcedo/default.shtm
samedi 8 mars 2008
Musée de la Lunette
Comme chaque année, fin février, la journée de conservation préventive s’est déroulée au sein du musée de la lunette de Morez dans le Jura, journée animée par sa directrice Tiphaine Le Foll. Belle occasion pour les étudiants de voir, et pour moi de revoir une nouvelle fois, ce musée attachant.
Ils ne sont pas si nombreux les musées qui mêlent les regards, allant de la présentation du patrimoine industriel aux explications techniques et scientifiques, de l’histoire locale aux dimensions artistiques, de l’ethnologie aux aspects économiques. Le bassin de Morez a, par son histoire particulière, vécu, et continue de vivre, de l’activité de production de la lunette.
Ce musée, inauguré en 2003 dans un bâtiment original, en rend compte. Les magnifiques collections de Pierre Marly-Essilor y trouvent un écrin, mais ce sont aussi les dispositifs audiovisuels qui retiennent le visiteur pour l’amener à s’interroger sur un objet que beaucoup juge trop vite incongru. Des surprises vous y attendent, pour le visiter : voir ici.
D'un Château l'autre
Le séminaire que nous avons organisé à l'automne avec Philippe Poirrier et la MSH sur les projets culturels dans les châteaux et monuments historiques est en ligne !
Journée de rencontres à laquelle participaient:
- Philippe Poirrier, Professeur d'Histoire contemporaine, UdB
- Anne Meillon, directrice de la régie départementale des châteaux de la Drôme,
- Paul-Hervé Parsy, administrateur, conservateur des collections du Château d’Oiron (Deux Dèvres)
- Marie-Cécile Tomasina, du Château d’Auvers-sur-Oise
- Jean-Michel Tobelem, de l'agence Option Culture
- Mathieu Pinette et Christian Degrigny du château de Germolles (Bourgogne)
- Annie Ruget de l'association de L'Ecomusée de Pierre de Bresse
- Philippe Mille, Chargé du dossier Châteauneuf au Conseil Régional de Bourgogne.
- Claude Patriat, Directeur de l'IUP Denis Diderot
Il est possible d'écouter les contributions en ligne :
http://mshdijon.u-bourgogne.fr/msh_cnrs/multimedia/Patrimoines/2007-2008/chateau/Chateau1.htm
lundi 25 février 2008
Photographier au musée ?

La Lettre de l’OCIM de janvier février 2008 est paru :
outre un article d'Anne Jonchery sur la famille au musée, et de Michèle Gunn sur la désinsectisation des collections ou encore d'Abel Prieur et Louis Rulleau sur le technique du moulage,
signalons un article signé par Véronique Parisot et Serge Chaumier sur la question de la photographie dans les musées,
ainsi qu’un compte rendu de lecture par nos soins sur deux romans dont l’univers d’action est le musée pour l'un et le métier de muséographe pour l'autre… !
Quelle place pour le muséographe et pour le scénographe ?
Un débat sur le métier, ses spécificités et ses contours, ses relations au commanditaire, mais aussi au muséographe, a donné lieu à des échanges virulents lors d’un atelier particulièrement stimulant. Agnès Levillain, avec qui nous avions écrit l’an passé un article sur le métier de muséographe dans La Lettre de l’OCIM pour tenter d’éclairer des terminologies et des fonctions trop souvent imprécises, a dû défendre une conception malmenée par des intérêts divergents.
Car loin d’être seulement des questions de mot, les termes rendent compte de positions et de délimitations de métiers en pleine constitution. Le métier de scénographe et celui de muséographe correspondent à des réalités distinctes, chercher à les brouiller n’est ni anodin, ni sans conséquence sur les méthodologies suivies. Pascal Payeur a bien résumé la situation lors de sa présentation en introduction de la matinée.
L’après-midi, à l’invitation de Nadine Sallabert, un atelier sur la démarche du muséographe a été tenu. J’ai tenté d’y rappeler les carences actuelles des formations qui conduisent à ce métier, et la nécessaire clarification qu’il conviendrait de faire, du côté de l’université.
Pour plus d’informations sur les formations aux métiers de la culture, voir notre article :
http://mshdijon.u-bourgogne.fr/msh%5Fcnrs/UCultures/Revue_1.pdf
dimanche 24 février 2008
La Centrale de Montemartini
mercredi 20 février 2008
Séminaire sur les Centres d'interprétation
Deux jours de rencontres sur les Centres d’interprétation : organisés conjointement entre l’Institut Denis Diderot, la MSH de Dijon, l’université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, et le CNFPT Bourgogne, le séminaire s’est ouvert à l’ensemble des étudiants des universités concernées, mais aussi à une quarantaine de professionnels venus de la France entière.
Une vingtaine d’intervenants ont présenté des études de cas ou des approches analytiques du centre d’interprétation.
Un journaliste culturel en parle sur son blog, merci à lui !
http://deshommesetdespierres.hautetfort.com
Les actes de ce séminaire seront édités sous forme de deux publications à paraître fin 2008, sous la direction de Daniel Jacobi et Serge Chaumier.
samedi 16 février 2008
Vénus interdite

Drôlerie, pudibonderie ou élément révélateur d'un nouvel ordre moral activé par un communautarisme animé de religieux ? Chacun interprétera à sa guise. Demeure ce fait divers qui relate que le métro a retiré les affiches d'une campagne publicitaire pour une exposition à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Londres consacrée à Lucas Cranach l'Ancien.
jeudi 14 février 2008
Muséologues, professeurs invités dans la formation
Chaque année, des professeurs sont invités dans la formation de muséo de Dijon : cette année nous avons le plaisir de recevoir pour une série de cours quelques personnalités de la muséologie : - André Gob, professeur de muséologie à l’université de Liège - Marc-Olivier Gonseth, directeur du musée d’ethnographie de Neuchâtel - François Mairesse, directeur du musée Royal de Marimont en Belgique - Raymond Montpetit, professeur de muséologie à l’UQAM
Exposition Petits Coq-à-l'âne

Monter sur ses grands chevaux… Avoir une araignée dans le plafond… Faire l’autruche… Triple buse... La nuit tous les chats sont gris… Elles sont rares les expositions qui sont réellement tout public, au sens où l’accessibilité ne le cède en rien à l’exigence. Plaire à un enfant de six ans comme à un homme âgé, à un lettré comme à celui qui n’a pas eu la chance de faire de longues études, c’est la définition que donnait en quelque sorte Vilar du théâtre populaire. L’exposition Petits Coq-à-l’âne me semble dans son extrême simplicité correspondre à cette définition. Elle est d’une intelligence rare. Ludique tout en étant une invitation à découvrir, à s’interroger pour s’instruire, l’exposition invite à jouer avec soi-même et avec ceux qui nous accompagnent. Le muséum de Neuchâtel qui en est l’instigateur l’avait accompagné d’un véritable canular audiovisuel, mais sa présentation au muséum d’Orléans démontre qu’elle fonctionne à merveille en elle-même. Chaque petite installation se décrypte comme un rebus qui invite à comprendre la langue et son tutoiement avec les sciences naturelles. L’exposition pourrait être présentée aussi bien dans un muséum d’histoire naturelle, que dans une maison d’écrivain ou un musée d’art contemporain. Une gageure étonnante. Souhaitons à cette exposition de connaître une longue vie d’itinérance, elle le mérite.
Exposer, c'est oser ?
Comme chaque année, le rendez-vous de décembre, au Conservatoire de l’agriculture, le COMPA à Chartres propose deux jours de rencontre et de réflexions sur une thématique. Cette année, l’invitation est lancée autour d’un thème central : « Concevoir, étudier, fabriquer l’exposition ». De nombreux scénographes sont invités et deux ateliers stimulants sont conduits sur les questions de scénographie. Les définitions autour des concepts de muséographe, de scénographe, de programmiste sont l’objet d’échanges passionnants. Nous sommes invités à discuter de la proposition : « exposer, c’est oser », croisant les points de vue de Pascal Payeur, de Martine Thomas Bourgneuf, de Nathalie Crinière, de Ruedy Baur. Une journée est ensuite consacrée à la future exposition internationale du pavillon français à Saragosse sur l’eau, exposition qui devra être en partie réintégrée au COMPA. Un atelier se penche en parallèle sur l’exposition temporaire présentée actuellement au COMPA : « les affiches de campagne ». Il est rare qu’une rencontre de ce type ose aller autant dans le concret pour présenter et disséquer ainsi les process de l’exposition. Cette deuxième journée est vraiment originale, elle donne matière à comprendre. Le COMPA a promis des actes de colloque que nous lirons avec plaisir.
mardi 5 février 2008
Petit délice pour muséologue ! Il Museo Ettore Guatelli
C’est près de Parme que l’on peut découvrir cette petite merveille muséologique ! Amoureux de l’objet, Ettore, collectionneur fou, a accumulé sa vie durant toutes sortes de choses, des réveils autour de son lit, des gamelles et des cruches dans sa cuisine, des limes et des marteaux dans son atelier, des tracteurs dans son jardin, en disposant chaque objet à une place choisie, composant d’esthétiques séries délirantes. Confirmation que c'est moins l'objet qui prime ici pour le regard du visiteur que sa mise en scène. Moitié Palais du Facteur Cheval par les compositions et les créations, moitié musée d’arts et traditions populaires, puisque l’homme a contribué à préserver certains objets menacés de disparition, la maison est devenue musée. Petit lieu confidentiel, paradis incroyable pour le muséologue, Il Museo Ettore Guatelli est un délicieux endroit, aussi magique que déroutant. On évolue de pièces en pièces comme dans un rêve, un roman d'Alain-Fournier. Espérons que la rénovation ne lui fera pas perdre cet indéfinissable charme. Comme toujours en ce cas, le lieu est prisonnier d'une tension douloureuse: assurer la pérennité des collections et maintenir l'esprit du lieu. Pour ceux qui en veulent en savoir plus : http://www.museoguatelli.it/ Un superbe livre Il Museo è qui. Il Museo Ettore Guatelli di Ozzano Taro est publié en italien chez Skira (2005).
Culture et social : quel partenariat ?
Une journée sur Culture et Social s’est tenue le 23 janvier 2008, journée destinée à sensibiliser les étudiants de l’IRTESS de Dijon aux questions culturelles et les étudiants de l’Institut Diderot aux questions sociales. Ce séminaire est organisé conjointement avec l’association Itinéraires singuliers. Il fait suite aux deux journées organisées avec les mêmes acteurs, et relayé par la revue Cassandre au TDB en décembre 2006. Une cinquantaine de professionnels de la région Bourgogne et Franche-Comté ont également participé aux échanges de la journée.
Le principe s’avérant enrichissant, une thématique spécifique sera abordée chaque année.
Exposition Bêtes et Hommes
lundi 4 février 2008
M Chat fait des siennes

Invité à une rencontre débat sur l’art en espace public au muséum d’Orléans le 1er décembre, et plus particulièrement autour de ses interventions dans la ville, j’ai eu l’occasion de découvrir le travail impertinent de M. Chat. Le musée des beaux-arts d’Orléans avait osé une confrontation étonnante avec ses collections. Nous aurions aimé être une souris… pour écouter les commentaires !
Publications: Le Goût des autres, de l'exposition coloniale aux arts premiers
Ceux qui s’intéressent aux musées d’ethnologie liront avec un intérêt certain le livre de Benoît de L’Estoile : Le Goût des autres, de l’exposition coloniale aux arts premiers, Flammarion, 2007.
Figures de l'Artifice : une expo, une publi
En attendant, ceux qui auraient fait la bêtise de louper cette exposition peuvent se consoler avec un catalogue de l’exposition qui, chose trop rare, présente le travail de muséographie des concepteurs. Cela en fait un outil exceptionnel pour réfléchir sur la démarche muséographique : Figures de l'artifice, édité par Marc-Olivier Gonseth, Yann Laville et Grégoire Mayor. Textes de Patrick Burnier, Amin Ladhani et Christopher Pannett; Suzanne Chappaz-Wirthner; Daniela Cerqui et Kevin Warwick; Olivia Gazalé; Marc-Olivier Gonseth, Yann Laville et Grégoire Mayor; Olivier Goulet; Patrick J. Gyger; Gérald Minkoff; Ulrich Weber. Bibliographies. 21 x 27 cm, 240 p.
ISBN 978-2-88078-031-9 © 2007
broché CHF 50.00. ISBN-10 2-88078-031-4 ISBN-13 978-2-88078-031-9Plus que quelques jours pour visiter l’exposition exceptionnelle du MEN, le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel : Figures de l’Artifice. Au-delà de l’intérêt pour le thème, l’exposition doit être vue par tous ceux qui s’intéressent à la muséologie, c’est une prouesse intellectuelle d’une rare force. La démarche conceptuelle s’incarne dans une mise en espace et un déroulé discursif qui suit de manière étonnante le parcours du visiteur. Outre des mises en scène d’une qualité esthétique réjouissante, l’exposition procède par métaphores et symbolismes pour convier à la réflexion. Comme X, Le musée Cannibale ou Remise en boîtes, la forme et le fond atteignent ici à une symbiose que l’on constate trop rarement. Cette première exposition de l’ère post-hainardienne augure des meilleurs auspices, nous avons hâte de découvrir la prochaine exposition prévue pour cet automne qui portera sur les questions de jeunesse, de révolte et de consommation. Figures de l’Artifice confirme en tous les cas une relève à la hauteur de l’histoire du lieu, avec une jeune équipe passionnée et passionnante.
Voyage d'étude à Chambéry
En décembre dernier, voyage d’étude à Chambéry avec les étudiants : comme chaque année (après Nancy, Grenoble, Mulhouse, St Etienne, Lille, Bourges, Tours…), nous poursuivons notre exploration et jetons notre dévolu sur une ville pour proposer aux étudiants de réaliser un diagnostic des politiques culturelles, aussi bien dans les domaines de la muséologie que du spectacle vivant, des bibliothèques ou du patrimoine, selon les options ce chacun. Des rendez-vous avec les professionnels, les élus, les acteurs locaux, et des visites de sites sont organisés. Cette année, les étudiants de muséologie se sont penchés sur l’histoire et l’évolution de la Maison des Charmettes, du musée savoisien, du musée des beaux-arts et du CCSTI. Les acteurs du département nous ont également présentés leur action, ainsi que la FACIM dans la mise en valeur des patrimoines savoisiens.
Visites de sites
Visite des musées de Besançon, de la Citadelle et de ses musées, musée comtois, musée de la résistance et de la déportation, muséum, puis du musée du temps, en novembre dernier avec les étudiants de muséologie à l’occasion de la venue comme professeur associé de Raymond Montpetit, professeur de muséologie à l’UQAM à Montréal et professeur invité dans la formation de muséologie.
Colloque et Visites de sites en Wallonie
Colloque sur la muséalisation de l’art à l’université de Liège en octobre 2007 : voyage en Belgique avec les étudiants de muséo. Ceux-ci ont pu assister durant trois jours à des débats passionnants organisés conjointement par la formation d’André Gob de l’université de Liège et de Raymond Montpetit de l’UQAM. Nous en avons profité également pour visiter quelques sites, le Bois du Cazier, lieu d’une force émotionnelle incomparable, le Préhistosite de Ramioul, lieu original à la muséographie également exemplaire, le PASS, lieu de science et société impressionnant à découvrir, ainsi que le musée Royal de Mariemont, à l’histoire mouvementée et passionnante.
Le Musée de la Chasse et de la Nature, Paris
Après rénovation, Le Musée de la chasse et de la nature a ré-ouvert ses portes l’an passé en faisant un bruit feutré, sans grand tapage médiatique, sans cor de chasse pour ameuter les foules de visiteurs. Peut-être parce qu’il a opéré sa mue et que de musée de la chasse, il est devenu avant tout musée de la nature. Comme l’animal que l’on surprend au cours de sa promenade, il faut mériter ce nouveau lieu en le découvrant comme un joyau secret niché au cœur de Paris. Certes, le musée connaît un succès indéniable, mais il demeure à taille humaine, avec une fréquentation qui ne le transforme pas en galerie marchande. L’hôtel particulier qui l’abrite a été agrandit avec pertinence pour déployer les espaces et aérer des collections qui souffraient d’une image vieillotte et un peu ringarde. Le musée est devenu un lieu parisien des plus pertinents. L’approche de la nature y est délicate, composée par petites touches savamment dosées. L’expographie est superbe dans la finesse de sa finition, l’articulation particulièrement sensible entre collections du musée et invitations faite à des artistes d’habiter l’espace pour proposer un dialogue intelligent. L’émotion qui saisit le visiteur est une porte d’accès aux connaissances stimulantes pour la pensée. L’équipe a osé faire le pas et ne pas céder à l’hagiographie envers le fondateur (celui-ci se trouve simplement évoqué au dernier étage par la reconstitution de sa cabane de chasse), et assumer le passage à un musée moderne, pleinement inscrit dans un rapport nouveau à la nature. Ce musée participe à inventer de nouvelles relations, et il est certain que le visiteur retournera avec plaisir voir les expositions des artistes invités régulièrement à faire partager leurs perceptions. Site : http://www.chassenature.org/site_musee/musee-home.html
"Cent ans d'ethnographie sur la colline de Saint Nicolas"
Le MEN, Musée d’Ethnographie de Neuchâtel, propose avec cet ouvrage non seulement un fort bel objet pour tous ceux qui veulent se remémorer les expositions célèbres du lieu, mais aussi un instrument de travail pour le chercheur et le muséographe. En présentant à l’occasion de son anniversaire, l’histoire du musée, mais aussi des fiches détaillées des expositions conduites sous la direction de Jacques Hainard, le MEN fournit là un outil précieux. À signaler un article de Marc-Olivier Gonseth qui propose une typologie des expositions au regard des démarches et des orientations conceptuelles. Seul regret, l’absence puisque publié concomitamment de la dernière exposition de l’équipe avant le départ de Jacques Hainard pour Génève, Remise en boites, exposition renversante de subtilités et d’imaginations. Il faudra compléter avec le catalogue et le texpo publié à cette occasion. Ne boudons pas notre plaisir, cet ouvrage figure aux indispensables pour ceux que la muséo intéresse.
Un pôle de ressource national sur le patrimoine
Le CNFPT Bourgogne devient pôle de ressource national sur les questions patrimoniales : cette compétence permet d’espérer de nouvelles collaborations à l’avenir, comme nous l’avons fait sur les deux journées organisés sur les services d’inventaire en 2005 et 2006, et sur les deux jours sur les centres d’interprétation en janvier 2008. Le CRCM a collaboré avec le CNFPT sur la mise à jour du dossier sectoriel sur le patrimoine, une édition est en cours.
dimanche 3 février 2008
Publications: La Place des Publics
La Place des Publics, sous la direction de JACQUELINE EIDELMAN MELANIE ROUSTAN BERNADETTE GOLDSTEIN, De nouvelles approches socio-économiques pour mieux déterminer la politique des publics du musée, La Documentation française, 2008. Un ouvrage qui fait le point sur les études de connaissance des publics dans les musées et d'évaluation des expositions, recherches conduites depuis 2000. Sommaire et informations: http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110067937/index.shtml
Vient de Paraître:
Quelle formation en muséo ?
Le parcours de formation de l'Institut Denis Diderot de l'Université de Bourgogne existe depuis une vingtaine d'année, précurseur des formations aux métiers de la culture, une option en muséologie et muséographie est développée pour former de jeunes professionnels, mais aussi des professionnels en formation continue.

