Fort utile, cette première publication des livrets de l'IFREE, Institut de Formation et de Recherche en Education à l'Environnement, organisme de la Région Poitou-Charentes, est consacrée à l'Eco-conception des outils pédagogiques. Les expositions, les stands, les parcours d'interprétation, les malles pédagogiques et les autres outils de médiation, comme les livrets ou les outils pour les ateliers, tous omniprésents dans les musées sont passés en revue, au travers d'expériences et de consignes très claires. Les démarches sont présentées et analysées, des conseils prodigués pour choisir sa démarche, ses partenaires et prestataires, ses matériaux, les choix de mise en oeuvre. Si on pourra regretter que la lisibilité ne soit pas optimale du fait du petit format de la publication, cela s'explique par cohérence environnementale ! Des adresses, contacts et bibliographie permettent d'en faire un outil fort utile. Qui plus est, cette publication est distribuée gratuitement et peut même être téléchargée sur le site. Voir le site internet : http://ifree.asso.fr/papyrus.php
dimanche 20 juin 2010
Des outils pour l'écoconception
mercredi 16 juin 2010
Hommage à Poveda
Une exposition qui fait littéralement froid dans le dos. Christian Poveda avait choisi de relater la vie des maras, ces gangs de rues du Salvador prêts à tout pour survivre, vouant un culte à la mort et aux combats. Attaché à ces êtres étranges qui poussent le signe d'appartenance en signant et assignant leur corps à toutes les violences. Marquant l'autre, se désignant soi-même par des tatouages et des marques corporelles fascinantes, effrayantes. Assassiné le 2 septembre 2009, Christian Poveda y a laissé sa peau. Les musées de la cour d'or de Metz lui rendent hommage par une exposition de photographies fortes et troublantes. Son approche journalistique est plus qu'une galerie de portraits : reportage ethnographique à la Sanders ou à la Walker Evans des temps modernes ? La soixantaine de photographies et le film documentaire projeté, La Vida Loca, viennent témoigner d'un humanisme d'une grande intensité mais qui trouve ses limites par la fin tragique de leur auteur. La défonce, la violence, la mort, la vie à ses ultimes limites, une exposition qui dans ce lieu si beau et si paisible prend une dimension encore plus insoutenable.
samedi 12 juin 2010
Des objets pourquoi faire ?
Belle exposition comme on les aime, présentée au Musée de la vie bourguignonne jusqu'au 20 septembre, conçue de manière originale par un groupe composé de différentes personnes des musées de la ville de Dijon et piloté par Sophie Jolivet. L'événement s'inscrit dans le cadre des expositions présentées dans 16 villes de l'est de la France, de Suisse et d'Allemagne dans le programme Utopies et innovations. Tout garder ? Tout jeter ? Et réinventer ? Derrière cet étrange titre en trois questions se cache une exposition surprenante, avec un discours sur l'objet de musée, mais aussi sur les raisons de la conservation, sur le tri, sur le rebut, le rejet, le déchet, le recyclage, les secondes vies... Objet : évidemment, le mot obsède le muséologue. Objet conçu, acheté, conservé, collectionné, trié, jeté, recyclé... De taille modeste, à dimension humaine, l'exposition fait preuve d'inventivités, avec une kyrielle de petites idées sympas. La scénographe, Véronique Brotin, a trouvé des manières toniques de traiter le sujet, avec des moyens certes modestes mais qui l'ont justement conduit à innover pour donner à l'objet toute sa place, toujours mis au service d'un discours muséographique clair et synthétique. Les vidéos sont amusantes, et l'approche développement soutenable amené sans pesanteur. Des livrets pédagogiques attractifs sont à disposition pour approfondir la visite, et mieux encore ils sont téléchargeables sur le site.
mercredi 9 juin 2010
Pompidou Metz : incontournable !
Chapeau bas ! Beaubourg Metz est une réalisation superbe à tous points de vue. Qualité architecturale indéniable, belle finition, fonctionnalité adaptée, services aux visiteurs irréprochables. Il faut être honnête, nous nous y rendions avec une arrière pensée critique, car ouvrir avec une exposition intitulée Chefs d'oeuvre, c'était le risque de ne trouver qu'un alignement d'oeuvres majeures autosuffisantes pour faire exposition. Et bien il n'en est rien, ce n'est pas là une exposition de plus avec une simple compilation de trésors. C'est une vraie exposition de discours, avec des partis-pris, des manières de conduire le visiteur dans une exploration de l'art du XXème siècle en lui proposant des regards originaux. Laissons la surprise de la découverte, signalons simplement cette inscription intelligente dans le territoire, la remise en question des regards, les transversalités, les approches combinées. Le tout avec des médiations parfaites, des textes soignés et exemplaires. Les jeux scénographiques avec les allusions à la maison mère parisienne, les clins d'oeil entre les époques tout à fait ingénieux, les espaces agréables et variés en ambiance. Le site s'inscrit dans une rénovation urbaine bien conduite. Tout cela donne envie de se précipiter à Metz tous les week-ends ! Bravo !
jeudi 3 juin 2010
Mythologie du musée
Il est important de lire Bernard Deloche car c'est toujours stimulant pour l'esprit, cela réveille des conformismes qui guettent toujours. Sa dernière parution, Mythologie du musée au Cavalier bleu ne déroge pas. Bernard Deloche règle ses comptes avec l'institution musée comme un amoureux déçu. Il demande tant qu'il s'avère insatisfait des plaisirs qu'on lui prodigue. "Qui aime bien châtie bien " dit le proverbe populaire, et c'est ainsi qu'il faut comprendre les reproches de l'auteur. Deloche aurait rêvé tellement plus. Toutefois, il nous semble qu'à force de proclamer l'abstinence et le divorce, l'auteur développe une vision non seulement caricaturale, mais assez passéiste des lieux. A force de ne pas les fréquenter, il construit une mythologie du musée, sa propre mythologie, l'image d'une institution très éloignée de ce qu'elle est réellement. Ainsi, quand il écrit (p.56-57) que le musée est coupé du présent "refusant toute forme de rapports interactifs", l'information circulant à sens unique de haut en bas, nous ne pouvons pas le suivre. C'est vrai de l'archétype du musée, et il est vrai que beaucoup de musées de beaux arts sont encore ainsi, mais c'est faire silence sur tellement d'autres lieux, et pas seulement des musées de science, muséum, musées de société, écomusées... qui explorent actuellement des mises en dialogue, des échanges. Le Web.2 sert du reste beaucoup à cette co-construction des espaces de visite et même des discours.
mardi 1 juin 2010
App's à tout va
Les applications iphone se multiplient dans les musées. La pinacothèque de Paris conduit une campagne virulente pour proposer son application d'accompagnement à la visite, mais nous voulons attirer l'attention ici sur la démarche du musée Rodin qui avec l'exposition de l'artiste belge au goût provocateur Wilm Delvoye propose une application qui vient compléter et agrémenter la visite. De plus cette application, comme les anciens livrets de visite peut être conservé comme souvenir de l'exposition. Si elle est très belle et bien organisée, il est cependant dommage que le contenu soit si léger. Les réalisations de l'artiste pourtant étonnantes ne sont guère reproduites. Le musée reste très timide, sans doute par peur que l'on ne vienne pas voir l'exposition in situ ! Dommage que l'on ne puisse se remémorer les propositions à loisir une fois la visite effectuée. Pourtant ce système d'app's ouvre des potentialités formidables, non seulement des bonus sont possibles, comme le making off, avec le montage de l'exposition, mais aussi l'interview de l'artiste commentant son rapport à Rodin ou encore la possibilité pour le visiteur de laisser ses commentaires et d'interagir.
lundi 24 mai 2010
Dreamlands
Très très belle exposition que Dreamlands, Des parcs d'attractions aux cités du futur, présentée à Beaubourg, au croisement des utopies, des loisirs, de l'architecture et de l'urbanisme. Les expositions universelles ont proposé des visions enchantées d'une ville rêvées : divertissantes et ludiques faisant évoluer la notion de culture, vivifiée tout au long du XXème siècle par les artistes qui se sont adonnés à la confusion des genres et au ressourcement. Ainsi la culture populaire source d'inspiration éternelle de la culture savante s'est progressivement délayée dans une culture de masse diffusée par les industries culturelles. Ce mouvement vient de loin, comme en témoigne cette exposition qui conduit le visiteur dans une épopée originale : s'interrogeant par exemple sur la manière dont le parc d'attraction nourrit l'imaginaire de la ville et la renouvelle, ou sur les points de rencontre entre les utopies urbaines et les visions enchantées des parcs de loisirs... La construction de pseudo identités prend toute son ampleur dans ces villes thématiques des banlieues de Shanghai ou dans la ville rêvée de Dubaï, quand ville et parc de loisir ne font plus qu'un. Vivre dans des décors où le faux enchantement conduit parfois la vie toute entière à se confondre avec les logiques hollywoodiennes... Exposition très bien faite, discours bien conçu, belle scénographie, textes performants, oeuvres pertinentes... nous ne pouvons qu'être enchanté que Beaubourg renoue avec des expositions à dominante plus anthropologique. Il est juste amusant de constater que le Centre Beaubourg lui-même ne soit qu'évoqué par une maquette sans trop s'y attarder, alors que l'on se souvient de la critique féroce de Jean Baudrillard à son endroit, portant justement sur la société de spectacle et de cette formidable machine à transformer la culture en produit de consommation. Il aurait pu être courageux de le poser plus frontalement comme élément du débat ! Signalons également le catalogue d'exposition très pertinent.
dimanche 16 mai 2010
Retour d'Angola
Le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel avance doucement mais sûrement ! Selon une habitude peu courante dans les institutions, l’équipe du MEN prend le temps d’éditer ses catalogues d’exposition et de ne pas brusquer les choses. Ainsi tous ceux et celles qui ont visité Retour d’Angola retrouveront avec cette publication l’explication de la démarche et toute l’histoire liée non seulement aux périples de Théodore Delachaux dans les années 30, mais aussi l’histoire de l’exposition, et l’explication des choix muséographiques et scénographiques effectués. La parfaite articulation entre la partie recherche, scientifique, la partie orientation conceptuelle par les muséographes et les choix scénographiques remarquables de Patrick Burnier, est une fois de plus démontrée (notons que le catalogue avance le terme d’expographe plutôt que muséographe, ce qui fera plaisir à André Desvallées). On comprend ici combien l'exposition résulte d'un travail analytique considérable. Les vitrines sont comme dématérialisées pour donner à voir l'archive incarnée. Les effets ne sont pas seulement visuels, ils prennent sens avec le propos. C’est plus largement une réflexion globale sur le bâtiment lui-même et une occasion de repenser les dispositifs pour développer une histoire de l’institution et la poursuivre. Comme toujours au MEN, la publication n’est pas que le traditionnel catalogue d’exposition qui rend compte des recherches scientifiques, en marge et déconnecté de l’événement lui-même. En prenant le temps de le publier après l’ouverture, c’est aussi l’occasion de revenir sur l’exposition, sur sa construction et son intégration, et donc du point de vue muséologique, ce sont toujours des documents précieux. Ajoutons que c'est un magnifique ouvrage avec des très belles illustrations.
mardi 11 mai 2010
Faire des expositions sans le savoir
Il est de moins en moins rare que des lieux autre que des musées proposent des expositions. Ainsi les monuments historiques, les bibliothèques, mais aussi les centres interdisciplinaires et même les lieux dédiés au spectacle vivant. C’est une bonne chose en soi, cela démontre que le média exposition demeure incontournable pour communiquer à l’heure notamment des nouvelles technologies. Toutefois, cet enthousiasme à son revers, car si beaucoup de lieux spécialisés font des expositions peu abouties, les propositions de ceux qui n’ont aucune compétence et savoir faire en la matière aboutissent souvent à des résultats catastrophiques du point de vue muséographique. Loin de défendre des chapelles et pré-carrés, mais il faut dire simplement combien le métier de concepteur d’expositions réclame une technicité qui ne s’invente pas. Que les expositions ne soient pas réservées aux seuls musées, c’est très bien, et pour cela André Desvallées a proposé le terme de expographe plutôt que de muséographe, mais c’est encore mieux quand le professionnel en question est mobilisé. Pour cette raison, nous ne distinguons plus dans la formation dijonnaise l’option patrimoine et l'option musée, considérant qu’il est important que les futurs professionnels soient tous formés peu ou proue au métier de l’exposition. Mais il faudrait plus largement que les lieux aient recours à ces professionnels. Juste un exemple, la Maison folie de Mons propose une exposition fort intéressante sur l’après-pétrole, avec une rencontre entre des scientifiques de l’université et les utopies urbaines de Schiten. L’initiative est bonne, et il y a beaucoup de choses passionnantes dans cette exposition, mais c’est dommage qu’un travail muséographique n’ait pas accompagné le tout pour lier ensemble les parties et pour parvenir à une communication optimale pour le public.
jeudi 6 mai 2010
Aux chiottes l'artiste ?
Regardez bien cette photo prise par Lucas Jackson et publiée dans Le Monde 2 du 10 avril dernier. Vous vous dites : "voilà encore une de ces fantaisies provocatrices d'un de ces artistes propulsés par un musée d'art contemporain. Sans doute une évocation d'Abel Gance mixée à du Luis Bunuel ou une quelconque métaphore de la fin de l'art, si ce n'est une ultime salve contre la religion catholique qui nous fait ch..." Mais non, vous n'y êtes pas ! Ce n'est pas cela du tout. Et cela va faire pâlir bien des artistes qui auraient rêvé de signer une telle oeuvre. Non c'est la création désespérée des salariés de Jacob Delafon, fabriquant de sanitaires à Brives-la-Gaillarde qui protestent contre la fermeture de leur usine. De quoi nous faire réfléchir. Est-ce que ce que l'on voit habituellement dans les musées d'art contemporain n'a absolument rien de plus intéressant que les manifestations de la vie quotidienne et que l'art est devenu complètement nul ? Ou bien est-ce au contraire que cet art imprègne peu à peu l'ensemble de la vie sociale au point qu'elle rend celle-ci pleine de créativité ? Chacun tranchera, mais la rencontre est étonnante.
lundi 3 mai 2010
Plans d'évasion
Très belle exposition présentée à l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne, et qui ferme malheureusement normalement ses portes le 9 mai prochain. Michel François y présente Plans d'évasion, une exposition inventive dont la scénographie fait entièrement partie du process de création. Car voilà une exposition où la scénographie fait littéralement oeuvre, puisqu'elle invente un cheminement en miroir, l'exposition conduisant dans une sorte d'image inversée avec un espace qui répond à un autre espace comme une sorte de feuille de papier pliée en deux. Ce test de Rorschach à sa manière révèle les fantasmagories de l'artiste avec des oeuvres forts étonnantes. La symétrie est du reste constamment présente dans le travail de Michel François qui s'amuse des échos et des miroirs. Il y a de la fragilité, de la métamorphose captée à un instant T, des formes transitoires, des processus et des croissances, un cycle infini qui nous contemple. Tout y est en équilibre et en instance d'autres choses. Une exposition comme on aimerait en voir plus souvent dans les centres d'art contemporain...
dimanche 2 mai 2010
Le Musée hybride
Cette nouvelle contribution, Le Musée hybride de François Mairesse restera à n'en pas douter une publication de référence en muséologie. Issue de son habilitation à diriger des recherches, l'ouvrage fait un tour d'horizon très documenté des théories du musée, institution écartelée entre les logiques du marché et les modes de fonctionnement de service public. La proposition originale de l'auteur est de parier sur une troisième voie reposant sur la logique du don qui permet de sortir des classiques et dangereuses dichotomies. En explorant les modes d'organisation et de gestion du musée, François Mairesse démontre une fois de plus sa grande culture muséologique et livre non seulement une synthèse conséquente, mais aussi une approche originale qui fera date.
samedi 1 mai 2010
Bas les masques
Si vous n'avez pas encore vu l'exposition Carnet de voyage. En quête d'impressions, au Musée international du Carnaval et du Masque de Binche en Belgique, vous avez encore un mois puisque l'exposition y est prolongée. Cette exposition labelisée dans le cadre du Festival Europalia porte comme toute les manifestations de cette édition sur la Chine. Très belle approche du pays avec ses rituels, son théâtre et ses carnavals particuliers. Les dragons sont évidemment omniprésents. Scénographie soignée pour une traversée originale de la Chine permettant de découvrir le pays à partir d'une thématique peu commune (même si on pourra reprocher ici comme ailleurs des textes peu adaptés au contexte de l'exposition...). Profitons de la visite pour constater combien le musée à changé depuis 5 ans, devenant un musée de plus en plus séduisant et dépoussiéré grâce à l'action d'une conservatrice dynamique. Le propos anthropologique si riche sur cette thématique soulève une foule de pistes pour des expositions futures.
vendredi 30 avril 2010
Envol...
Ils et surtout elles sont parties en stage. Après une année à l'IUP, les étudiantes et étudiants en muséologie et patrimoine sont en stage. Ainsi en M2 :
dimanche 25 avril 2010
Sexe, mort et sacrifice
L'exposition Sexe, mort et sacrifice dans la religion Mochica au Quai Branly est impressionnante par les pièces présentées, non seulement du fait de la curiosité qu'elle suscite, mais surtout de par leur état de conservation. Ces céramiques datant d'avant le 7ème siècle semble avoir été faite avant-hier. Peu de choses du reste est dit dans l'exposition sur la manière dont on les a retrouvé, les conditions de leur conservation. Enfouis dans les sépultures, ces pièces accompagnaient les morts dans leur voyage dans l'inframonde. Le sujet n'aurait pas déplut à Georges Bataille bien sûr puisque Eros se marie avec Thanatos dans une belle équivoque. Les scènes d'accouplements, de fellations, de sodomies et autres joyeusetés sexuelles entre humains et non-humains témoignent d'une grande étrangeté des croyances de ce peuple. Il est sans doute très difficile d'expliquer les idées d'un peuple aussi éloigné dans le temps, mais cela n'excuse pas des textes d'exposition souvent trop chargés et abscons. Passons sur les fausses évidences qui fait associer systématiquement la sexualité génitale à une sexualité reproductive, comme si elle s'y réduisait toujours... Plus ennuyeux est l'approche pleine de certitude sur l'interprétation des pièces, il faut attendre le dernier panneau pour qu'une énigme questionne le visiteur. Pour le reste, l'exposition laisse croire que tout est su et connu, sans que l'interprétation donnée ne soit toujours très probante. De nombreuses contradictions peuvent pourtant être soulevées. Cette exposition conçue par le musée précolombien de Santiago du Chili, d'après le travail de recherche de Steve Bourget, professeur au Texas, rassemble des objets fort étonnant du musée Larco du Pérou.
samedi 17 avril 2010
L’identité, c’est embarrassant
On le sait la France a eu l’ingénieuse idée par son président d’inviter à un ministère de l’identité nationale, ce dernier ne s’est pas arrêté à ce douteux commandement, puisqu’il a promis également un musée de l’histoire de France. Le rapprochement des deux initiatives fait frémir quand on sait combien l’histoire a souvent été mise au service des idéologies nationalistes. Que peut-il sortir d’un musée de l’histoire de France dans un tel contexte ? C’est ce qui pose problème, au delà de la question du pourtour de la chose, des collections mobilisées et des scientifiques qui peuvent s’investir dans un tel projet. La Roumanie peut à cet égard nous faire réfléchir, Bucarest dispose non seulement d’un musée du paysan roumain, qui a servit à défendre les conceptions nationalistes des tenants successifs au pouvoir, mais aussi d’un musée d’histoire roumaine qui présente des données archéologiques en toute évidence, sans mentionner que la nation roumaine et plus encore l’Etat sont des créations récentes. Comment présenter des vestiges gréco-romain dans un tel lieu ? Plus encore le musée national d’art, n’est pas seulement national, il est déclaré Musée national d’art de Roumanie, ce qui est largement faux car il détient aussi des collections fort heureusement non roumaines. Mais cette obsession à bâtir le national va se loger dans toutes les occasions. On reconnaît une puissance à son détachement à l’affirmer.
mardi 13 avril 2010
Une exposition pour mieux voir
Très belle exposition que celle présentée à la Grande Halle de la Villette, en complément du spectacle de Johann Le Guillerm, l'artiste y développe une démarche qu'il investi depuis nombre d'années. Nous avions vu sa Motte, il y a une dizaine d'années à la Ferme du Buisson, la revoilà, qui a grandit et qui a généré plein de petits. Ses recherches sur la mobilité sont étonnantes, mais plus que tout ce sont les découpes de mandarine qui font impression... La scénographie de l'exposition est très belle, et les médiations très bien intégrées, si bien que le visiteur peut se laisser aller aux grès des imaginaires de Le Guillerm et de ses dérives scientifico-poétique. Car s'il y a manifestement du Léonard de Vinci chez cet homme là, il y a aussi du Joseph Fourier et de tous ses descendants surréalistes. La faculté à inventer des mondes est sans doute plus que tout inhérent au circassien, mais l'artiste quitte ici la piste pour investir l'art contemporain, le monde de la recherche scientifique comme celui de l'utopie. Le signe d'un original qu'il faut particulièrement surveiller ! Car si ses spectacles sont excellents ses expositions le sont également.
mercredi 7 avril 2010
Le Fabuleux destin du quotidien
Superbe exposition d'art contemporain au MACS, Grand Hornu, dans le Hainaut avec une belle synergie entre les expositions de design et d'art contemporain habituellement présentées séparément et alternativement dans le lieu. Un très beau catalogue présente cette convergence et démontre combien il devient de plus en plus difficile de séparer les objets fonctionnels imaginés par les designers des créations contemporaines. En imaginant combien le quotidien est traversé de ces approches sensibles et innovantes, l'exposition propose un va et vient aussi stimulant que jubilatoire. Exceptionnellement une scénographie spécifique est proposée pour cette exposition avec des socles pour les objets présentés, ce qui n'est pas le lot des oeuvres contemporaines habituellement. On a particulièrement apprécié l'oeuvre de Angel Vergara Santiago, dénommé Les Voisins, oeuvre relationnelle s'il en est, qui n'est pas sans faire penser au travail de Esther Shalev-Gerz (voir ci-dessous). Ici, en photographie la proposition de Robert Therrien.
dimanche 4 avril 2010
Ton image me regarde
Dans cette exposition, Ton image me regarde, présentée jusqu'au 6 juin au Jeu de Paume, Esther Shalev-Gerz propose plusieurs oeuvres pertinentes dans lesquelles l'interaction sociale est tout à la fois la matière première et la finalité. Ce sont les mises en relation qui intéresse l'artiste. Aussi elle met en dialogue et en confrontation, en interaction par l'action de la parole conduite à se libérer. Nous retiendrons ici plus particulièrement une proposition qui a retenu plus que les autres notre attention, tant son principe intéresse les passionnés de muséologie. Au travers de photographies et de cinq audiovisuels rendant compte d'entretiens avec des acteurs intervenant dans l'entretien de la mémoire du camp de concentration de Buchenwald, l'artiste pointe dans MenschenDinge combien des objets retrouvés peuvent être porteur de sens et servir à rendre compte de l'humanité qui nous relie les uns aux autres. Un simple peigne, une bague, un miroir, une cuillère, un fer à repasser... des objets du quotidien qui en disent long quand on les interroge sur le quotidien des camps justement. Ce n'est pas l'objet en soi qui intéresse, mais ce qu'il permet d'exprimer des relations entre les hommes, de leur finitude comme de leur universalité. Ce n'est pas parce qu'ils sont des reliques ou par fétichisme qu'il faut les conserver et les considérer, c'est parce qu'ils nous permettent de saisir de manière sensible les trajectoires d'hommes et de femmes qui ont fait l'histoire. On pourra regarder une vidéo d'un entretien avec l'artiste :
mardi 30 mars 2010
Babel'gique
Le festival des Cyclopédies, conduit par les étudiants de l'IUP tous les deux ans se termine. En mettant le cap sur la Belgique, après le pays Basque, la Palestine ou les gens du voyage, il s'agit à chaque édition de voir comment l'art peut être un point de dialogue entre les personnes. Danse, théâtre, création plastique, musique, cinéma, littérature, expositions rencontres et conférences... les manifestations se déroulent sur une semaine dans divers lieux de la ville.
Outre le musée du slip, une plaisanterie belge de Jan Bucquoy, et une très belle proposition d'action culturelle autour de la bande dessinée et du dessins, attirons l'attention ici sur deux expositions, l'une, photographique, proposée par les étudiantes de muséologie suite au voyage d'études en Belgique en février dernier, l'autre Zwanze your way de Katherine Longly (photographe) et Mélanie Ferrier (graphiste) avec des parcours subjectifs au travers de Bruxelles et de Dijon, des regards de passants, et un fil conducteur original.
samedi 27 mars 2010
L'Art : une histoire d'expositions
L'ouvrage de Jérôme Glicenstein, maître de conférences au département d'Arts plastiques de l'Université Paris 8, trouve très certainement une place de choix dans les références en muséologie. Peu d'ouvrages traitent des choix en matière d'exposition et de la manière dont celle-ci participe de la relation esthétique. C'est un point de vue muséologique qu'adopte l'auteur alors que bien souvent les approches des oeuvres sont indépendantes des contextes de leur présentation. Si l'ouvrage traite principalement des expositions d'art contemporains, les analyses peuvent nourrir une approche du musée et de l'exposition en général. L'exposition comme fiction, comme dispositif, comme langage, comme relation, comme événement, comme oeuvre... ? L'accompagnement, les médiations, les critiques de l'exposition, les choix des commissaires participent de la place de l'art dans notre société et des conditions de sa réception. Cet effort de compréhension de l'art s'inscrit dans une réflexion concrète nourrie par la grande connaissance du milieu par son auteur. Ajoutons que le livre dispose d'une belle écriture, claire et compréhensible, ce qui assez rare dans le domaine pour ne pas le souligner.
vendredi 26 mars 2010
La mort vous va si bien
La mort est de saison. Après DeadLine cet hiver au musée d’art moderne qui présentait les dernières oeuvres des artistes au seuil de la mort, et avec le crime à Orsay, voici les vanités. Le musée Maillol présente une très belle exposition (C'est la vie ! De Caravage à Damien Hirst), avec des oeuvres intéressantes et si le crime rôde à Orsay, ici ce sont les têtes de mort et les squelettes qui envahissent un musée habituellement habité de créatures plutôt bien en chair ! De très belles pièces sont exposées, mais ici comme là bas, le discours est un peu pauvre, on vient y voir des oeuvres avant tout, guère un propos que voudrait nous adresser un auteur ayant une thèse à défendre à leur endroit. Surtout, c’est le dialogue bizarrement entretenu entre les oeuvres classiques et les propositions contemporaines qui est un peu déroutant. Le choix de séparer entre les différents étages du musée des oeuvres qui auraient pu gagner à davantage se côtoyer peut s’admettre, mais alors pourquoi ne pas tenir la chose jusqu’au bout, et placer malgré tout quelques oeuvres contemporaines dans l’étage des vanités peintes il y a plusieurs siècles ? Cela est assez incompréhensible et semble un peu déplacé. Toutefois ne boudons pas notre plaisir, cela nous change des monographies d’artistes, et toutes ces expositions à thème ouvrent la voie à de belles réflexions.
mercredi 24 mars 2010
Crime et châtiment
Une exposition sur le crime, c'est un bel exercice. On en attend nécessairement beaucoup, car le thème est tout sauf banal. Et bien sûr, on l'imagine un peu, alors on désire être surpris. C'est pour découvrir la chose autrement et que le concepteur nous fasse entrevoir les choses différemment que l'on s'y presse. C'est un peu le problème de cette exposition présentée à Orsay sous le patronage de Robert Badinter et de Jean Clair. L'exposition est bien, mais sans grande surprise. Le parcours est attendu. Le meurtre de Caen pour origine, le crime comme esthétique en fin de parcours avec l'art contemporain. Le parcours trop contraint par des espaces ingrats est chaotique. Il eut été préférable de monter cette exposition au Grand Palais en bénéficiant d'un peu plus d'espace. Une guillotine fait sensation d'entrée de jeu, mais elle est si mal présentée qu'elle perd beaucoup de son impact. Comme si les concepteurs n'avaient pas osés aller au bout de leur démarche. Ce n'est pas une de ces expositions à thèse, telle que celles signées naguère par Régis Michel au Louvre, on pense évidemment à La Peinture comme crime. Ici c'est l'inverse, le crime est mis en peinture, mais le discours demeure un peu pauvre... Il y a bien sur du contenu, mais comme toujours présent davantage dans le catalogue, tandis que l'exposition se contente de mettre en place des oeuvres, en laissant le visiteur se débrouiller avec ça. Cela vaut la peine, mais à visiter hors des périodes d'affluence, si vous voulez entendre battre le coeur de l'exposition.
lundi 22 mars 2010
Monde injuste
mercredi 17 mars 2010
Former nos petits architectes
dimanche 14 mars 2010
Qui inventera un musée d’ethnologie politiquement incorrect ?
C’est assez fatiguant tous ces musées d’ethnologie qui exaltent le temps passé. Comme si celui-ci était regrettable. Ces expositions entendent nous faire venir la larme à l’oeil. Bien sûr ils s’en défendent et prétendent oeuvrer pour la science et la mémoire. Mais qui osera faire un jour des expositions pour rappeler toutes les souffrances infligées, tous les rituels ridicules, toutes les injustices et les inégalités qu’endurèrent spécialement les femmes, les enfants ou encore les bêtes au nom des fameuses traditions ? Qui rappellera l’absolue bêtise proférée par monsieur le curé, l’aveugle croyance et les effets négatifs de toutes les superstitions ? Qui montrera l’affranchissement et l’émancipation que représentèrent l’éducation et la modernité ? L’abandon de tous ces outils, exposés avec gourmandises dans les présentations, fût souvent une formidable conquête de la liberté. Voilà les musées d’ethnologie qu’il nous faut, et qu’on arrête de nous montrer des collections empreintes de tout un discours nostalgique envers un temps qui n’est plus. Ce sont ces remarques qui me vinrent en visitant le musée du paysan roumain, temple d’une mémoire célébrant le temps passé. On y adore la beauté de la croix ! (voir cette photo d'un cartel...). L’identité nationale s’est forgée ici, à Bucarest, par ce musée fortement idéologique et dévolue à affermir le sentiment collectif. Le parti paysan y puisa sans doute ses forces et puis le parti communiste en fit son instrument de propagande. Il a connu depuis cent ans des phases passionnantes d’instrumentalisation comme beaucoup de semblables musées d’ethnologie. Il doit être rénové, ce serait merveilleux s’il pouvait enfin mettre en oeuvre une approche iconoclaste.
vendredi 12 mars 2010
A voir à Mons, en attendant 2015
Si Mons fête son élection puisqu'elle se prépare à être capitale culturelle européenne en 2015, elle a déjà de beaux atouts. Ville au dynamisme culturel impressionnant au regard de sa taille, elle dispose non seulement d'une scène nationale active avec le Manège qui fonctionne en binôme avec celle de Maubeuge, d'une maison folie depuis 2004, et de nombreux équipements pour les expositions. Lieu de culture scientifique avec le PASS à Frameries et haut lieu de l'art contemporain avec Le Grand Hornu, c'est l'exposition du BAM, Musée des Beaux-arts de Mons que nous voulons signaler ici. "Collections montoises des XVè et XVIe siècles. Sous bénéfice d'inventaire 1", voilà un titre pour le moins curieux. A partir d'une peinture énigmatique et anonyme La Mort, seule certitude, Michel De Reymaeker, le conservateur, développe une analyse et une réflexion sur la mort des plus audacieuses. Les oeuvres anciennes et contemporaines dialoguent et interrogent notre regard sur les périodes et les transversalités. Pauline Picry, la scénographe, a intelligemment pensé l'espace selon la métaphore contenu dans le tableau, avec des zones thématiques de l'exposition structurées selon la composition du tableau. Le principe simple en soi est ingénieux et aboutit à une exposition conceptuelle où l'on sent la pensée incarnée dans l'espace, chose si rare dans les musées pour ne pas le signaler.
mercredi 10 mars 2010
Au pays des merveilles de Juliette
Scarpa a fait Vérone. Du moins il a rénové et proposé un musée dans le château de Vérone, le Castelvecchio des Scaligieri, qui demeure cinquante ans après d’une belle modernité. C’est assez rare pour ne pas le mentionner, le musée d’art et d’histoire de Vérone pensé et aménagé par Scarpa reste une belle référence architecturale, toujours agréable et convaincante. Certes le travail muséographique a davantage vieilli, notamment l’éclairage y est problématique. On peut ainsi constater combien ce qui pouvait passer dans les années 50/60 est devenu prioritaire. Les lustres imaginés par l’architecte, fut-il des plus célèbres, ne suffisent pas à emporter l’adhésion et surtout s’avèrent très inefficaces. En revanche, les cimaises n’ont pas pris une ride, et peuvent toujours faire école. Un musée à ne manquer sous aucun prétexte. Evidemment, on visitera le musée aussi pour ses très belles collections, mais cela mérite t-il mention ?
lundi 8 mars 2010
Du patrimoine au matrimoine
Si les promotions de l’Institut National du Patrimoine compte environ un quart d’hommes dans ses effectifs, si on en juge par les promotions 2009 et 2010, le déséquilibre est plus flagrant encore pour ce qui concerne les formations universitaires appelées à former souvent les adjoints, les attachés et assistants de conservations. Il serait plus exact de féminiser les noms automatiquement car ce sont le plus souvent des femmes. La promotion dijonnaise cette année est ainsi exclusivement féminine, et ce n’est pas unique. Pour intervenir dans d’autres formations, j'ai le loisir de constater que ce secteur des musées (à l'image de celui des bibliothèques) est de plus en plus féminin. Certains estiment que cette féminisation accrue aura des effets à long terme. Si la baisse des salaires est manifeste depuis quelques années, il ne faut pas tomber pour autant dans un essentialisme qui envisagerait automatiquement des effets. Cependant en cette Journée internationale du droits des femmes (et non "Journée de la Femme" comme nous l'entendons sans cesse dans les médias...), nous pouvons nous interroger sur les significations de cette féminisation. Les hommes seraient-ils devenus insensibles au patrimoine ? Alors pourquoi ne pas changer de terme, parlons désormais de « matrimoine », peut-être cela donnera-t-il l’occasion de remettre à plat ses notions et de les penser autrement ? !! D'inventer d'autres repères... Chiche ?
samedi 6 mars 2010
Développement soutenable et muséologie
Développement durable ou soutenable ? Cette question en ouverture du colloque tenu à l'IUP Denis Diderot les 4 et 5 mars, s'est poursuivie en interrogeant les fondamentaux du développement durable et en ajoutant aux trois piliers consacrés dans les textes classiques, ceux de l'économie, du social et de l'environnement, un quatrième, celui de la culture. Des intervenants de grandes comme de petites institutions muséales, nationales ou locales, dijonnaises ou parisiennes et même québecoises, se sont relayés pour donner des multiples exemples des actions conduites ou à conduire tant dans le domaine de la conservation, de la gestion des collections ou des établissements, de l'écodesign, des rénovations architecturales, que de la sensibilisation des publics et des actions conduites dans le domaine de la médiation. En attendant une publication sur le sujet, que nous préparerons dans les prochains mois, avec Aude Porcedda avec qui nous avons eu le plaisir de conduire ce colloque international, il est possible de regarder le petit reportage de France 3, sur le lien de la chaîne !
jeudi 4 mars 2010
Toujours RAS à Tokyo
Etrange phénomène, cette nouvelle exposition, Pergola, tout comme la précédente peut se dérouler dans une profonde indifférence qui nous appelle une fois encore à sa rencontre. On se presse au Palais de Tokyo pour rien, juste parce qu’il n’y a rien qui le justifie. Parce que plus rien nous interpelle, et que c’est justement cela le non-événement. Nous avons connu une période où l'événementiel régnait en maître, voici venu le temps où c’est l’absence de toute chose qui nous convoque. Les plus anciens se souviendront que Malraux désignait la culture comme ce qui nous permettait de puiser des éléments de signification alors que l’on se regardait dans la glace et que l’on y contemplait son visage de mort. C’était valable pour la culture classique. Ensuite fût le temps où le reflet lui-même nous interrogeait, la mort nous passait à la question et l’on trouvait dans ce supplice de délicieuses promesses de no futur. Voici le temps où plus rien ne se passe, la glace est vide, notre reflet muet, nous n’avons plus de question et aucune réponse ne retient de toute façon notre attention. Tout cela ne nous divertit même pas, c’est juste Rien. Règne le calme des zombis que nous incarnons, en visiteurs satisfaits de constater une nouvelle fois l’inanité de toute ce déballage. Marc-Olivier Wehler a réussi le tour de force de conduire le Palais de Tokyo a son extrême limite de non lieu où l’art présente l’intérêt d’incarner le total désintérêt. On y vient quand même, parce qu’il faut bien être quelque-part.
lundi 1 mars 2010
Les mille et uns costumes des Bigoudénes
Adeptes de bigoteries et de costumes traditionnels, il était naturel que Bretons et Roumains se rencontrent et s’attirent mutuellement. On ne sait pas si beaucoup de bretons partirent un jour en pèlerinage en Transylvanie, mais les peintres roumains firent comme d’autres, au début du siècle dernier, leur voyage en Bretagne. Ils y peignirent de belles choses, des femmes aux costumes traditionnels surtout, des prières et des chapelles, et puis aussi des marins, la mer et quelques scènes de genre. Le musée départemental breton de Quimper et le musée national d’art de Roumanie se sont donc associés pour proposer une exposition fort belle que l’on peut découvrir en ce moment au Palais des arts de Bucarest. Il est malheureux que la Roumanie soit toujours en prise avec la croyance et la proie de religieux dignes héritiers des temps obscurs, espérons que cette influence bretonne l’aide à s’en sortir pour remiser enfin toutes les bondieuseries définitivement au musée. Ne désespérons pas, après tout la Bretagne a finit par devenir elle aussi moderne.
samedi 27 février 2010
Rock au musée
Drôle d’ambiance au musée du jouet de Colmar pour des concerts atypiques ! Les poupées n’en reviennent toujours pas de voir déambuler les spectateurs le verre de bière à la main dans cet ancien cinéma porno reconverti en drôle de musée il y a maintenant une vingtaine d’années ! C’est pour faire vivre le lieu avec d’autres usagers et donner un coup de jeune à l’institution que les musiques actuelles ont investi la place de manière fort sympathique, il faut bien le dire. Dans une ambiance bon enfant, il s’agit de proposer des rencontres un peu décalées. C’était réussi pour ce concert de Jookabox dimanche dernier.
dimanche 14 février 2010
Musée à vendre ?
Inaliénabilité, sous ce mot imprononçable se cache un débat politique et grave. Serpent de mer de la muséologie, il revient en surface régulièrement, avec toujours plus de forces dès lors qu'une idéologie libérale revêt le manteau des fausses évidences. On l'a vu dernièrement avec le rapport Jouyet et fort heureusement repoussé par le rapport Rigaud. Les arguments ont beau être démontés les uns après les autres, il y a toujours des tentatives pour revenir à la charge. Les réserves des musées seraient pléthoriques, inutiles, et il conviendrait de gérer les actifs, de porter la logique des flux tendus dans le domaine patrimonial. Faut que ça serve !
samedi 13 février 2010
Diversité de la muséographie belge
Une semaine d'aventures muséographiques dans le Hainault Belge avec les étudiantes de muséologie de Dijon et de Liège pour cette semaine d'étude conjointe. Visites et rencontres de professionnels durant une semaine. Le Pass à Frameries, le Musée de la photographie à Charleroi, Le Bois du Cazier, le Musée Royal de Mariemont, le Centre de la gravure à La Louvières, Le MACS au Grand Hornu, le BAM, musée des beaux arts de Mons, le Mundaneum et l'exposition du Manège sur les transports de l'Après pétrole, le musée du masque et du carnaval de Binche, puis pour finir le musée Hergé à Louvain la neuve. Semaine bien remplie alors que Mons célèbre sa nomination comme Capitale Culturelle 2015. Pays attachant, rencontres multiples et complémentaires, une belle aventure. Une nécessaire découverte des réalités muséologiques sur le terrain et de belles synergies.
samedi 6 février 2010
Faut que ça saigne
Le monde feutré des musées, où sévissent des conservateurs le plus souvent très bien élevés (pas comme ces saltimbanques du spectacle vivant !!), n'est pas habitué des polémiques, des invectives, des prises à parti, encore moins des insultes. Dans cet ouvrage, l'auteur, Paul Werner, n'y va pas de main morte. Son expérience au Guggenheim de New-York semble l'avoir rendu cynique et adepte du vitriol. Mais tout le monde en prend pour son grade, le Metropolitan Museum comme les grands musées qui n'hésitent pas à se lancer dans l'exportation de leur marque à l'autre bout de la terre... Si le propos lapidaire est parfois un peu gratuit, il n'empêche que l'on s'amuse beaucoup à lire ces lignes et que le fond n'est sans doute pas à balayer d'un revers de main. La globalisation de la culture, pour reprendre le sous-titre, concerne aussi les musées. C'est salutaire de le rappeler. Si le livre n'a pas la portée théorique du Malaise dans les musées de Jean Clair, il complète sous un autre ton la critique.
mardi 2 février 2010
Musées et développement durable
Une fois n’est pas coutume : faisons l’annonce du colloque international que nous co-organisons avec Aude Porcedda, chargée de mission au musée de la Civilisation de Québec les 4 et 5 mars prochains : «Musées et Développement durable». De nombreux partenaires se sont investis sur l’opération : SMQ, Société des Musées Québecois, OCIM, Biosphère de Montréal, Zoo de Granby, EANA Terre des possibles, Muséum d’Histoire Naturelle de Dijon, Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris... et beaucoup d’autres institutions seront représentées lors de ces journées : la Cité des Sciences et de l’Industrie, la Cité de l’architecture et du patrimoine, la Bibliothèque National de France, les Muséums nature de Montréal, le Musée de la Civilisation, le Musée des Confluences, le Palais de la Découverte, le Musée des Beaux-arts de Dijon, le Musée de plein air des Maisons Comtoises, le Musée de l’Ile d’Oléron, la direction des parcs et jardins du Conseil Général des Hauts de Seine, l’Espace naturel de Lille Métropole, ainsi que l’agence Altermuséo, des chercheurs, des consultants... Nous aborderons principalement trois thèmes : les actions de sensibilisation et les expositions sur le développement durable ; l’écodesign et la rénovation architecturale intégrant ces principes ; enfin la gestion des établissements. Les journées seront l’occasion de présenter des actions, des programmes internationaux de partenariat, et de réfléchir aussi sur les notions, avec en amont des communications sur la notion même de développement durable et une introduction par l’agence Alterre Bourgogne.
Pour les renseignements et inscriptions, voir ici :
http://web.me.com/cserge1/Séminaires_Denis_Diderot/Podcast/Podcast.html
lundi 1 février 2010
Jouer à soigner la planète: Clim Way
Les centres de sciences et de culture scientifique sont souvent très performant sur les médiations et les techniques de sensibilisation des publics, c'est ce que prouve une fois encore Cap Sciences à Bordeaux qui propose parmi ses expositions virtuelles un jeu en ligne sur le développement durable : Clim Way. Présent à Copenhague, Cap Science se distingue et est remarqué particulièrement pour cet outil de sensibilisation qui apporte des informations scientifiques de manière simple et ludique. Le jeu très performant est accompagné aussi de vidéos thématiques qui constituent des précieuses ressources. Une forme de médiation judicieuse et originale. A découvrir sur le site.
samedi 23 janvier 2010
Musées du monde sur IPhone
et même des chasses au trésor pour votre iPhone. Vous trouverez des visites guidées vidéo et audio, le plan des musées et même le détail des collections. Visitez le site web de votre musée favori ou découvrez-en d'autres, comme ceux du musée du Louvre et du Portland Art Museum. |









